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25/07/2017
Risque pays et études économiques

Les banques du Golfe sont pressées d’affiner et d’adapter la gestion des liquidités face à un nouveau cycle économique

- Nouveau rapport économique de Coface -

  • La faiblesse des prix de l’énergie et la réduction des dépenses publiques dans la région du CCG exercent des pressions sur l’octroi des crédits.
  • En dépit du contexte économique actuel, les pays du Golfe devraient enregistrer une forte croissance des prêts (+4,9 % en 2017).
  • En 2017 et 2018, les banques seront plus sélectives dans l’octroi des crédits.
  • Des options de financement alternatives existent dans un contexte où les conditions de financement s’avèrent plus restrictives

 

Stabilité des prix du pétrole : un impact différencié sur le financement des entreprises

 

La stabilité des prix du pétrole à un niveau bas pèse sur les conditions de liquidité dans l’ensemble des pays du Conseil de coopération du Golfe, causant un ralentissement des recettes fiscales publiques, un resserrement de la liquidité dans le secteur bancaire, une hausse des coûts de financement et une baisse de la croissance (2,1 % en 2017, d’après les prévisions de Coface). Selon le rapport, une nouvelle réduction des subventions de l’Etat exacerberait le ralentissement de la croissance des dépôts.

Les taux interbancaires ont augmenté et la masse monétaire s’est réduite dans la région. Cette situation est particulièrement préoccupante pour le Sultanat d’Oman et le Bahreïn, qui possèdent les amortisseurs fiscaux et externes les plus faibles de la région. Cela signifie que le resserrement monétaire a eu un impact plus marqué sur le financement des entreprises dans ces deux pays comparé aux autres, notamment les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite, qui bénéficient d’un matelas financier plus solide.

Globalement, la croissance des prêts devrait enregistrer une nette progression de 4,9 % en 2017. Toutefois, elle est nettement inférieure à la croissance annuelle moyenne de 9,2 % enregistrée entre 2012 et 2016.

Pour Seltem Iyigun, économiste à Coface : « Avec des ressources limitées, les banques seront plus sélectives dans l’octroi de prêts en 2017 et en 2018. Ceci limitera l’accès des entreprises au financement, en particulier pour les TPE et les PME qui représentent des risques plus élevés ».

 Les marchés des capitaux devront jouer un rôle plus important dans le financement

Le cours du pétrole a reculé de plus de 75 % entre la mi-2014 et janvier 2016 et s’est redressé partiellement depuis. Cette chute s’est traduite par une détérioration des conditions financières et commerciales dans de nombreux pays et a poussé certains pays à adopter des mesures d’austérité, telles que l’annulation de projets à faible priorité, l’augmentation des taxes administratives et l’arrêt de certaines subventions.

Massimo Falcioni, directeur des pays du Moyen-Orient à Coface, explique: « Le système bancaire des pays du Golfe est confronté à de nouveaux défis, à la suite du recul des cours du pétrole. Le coût du financement a augmenté, en raison des hausses des taux d’intérêt US (avec des répercussions inévitables sur le dirham émirien indexé sur le dollar américain). Des ajustements de capitaux sont nécessaires suite à la mise en application récente de Bâle III qui exige des banques une quantité significative d’actifs liquides de haute qualité en 2018-2019».

Le rapport de Coface met en évidence comment la forte dépendance vis à vis du pétrole a fait chuter les recettes publiques dans de nombreux pays de la région, ce qui, à son tour, a eu des répercussions sur les liquidités dans le secteur bancaire et les résultats des entreprises. Les budgets de la région ont affiché pour 2017 une réduction des dépenses publiques qui entraînera le report de certains projets importants. Les entreprises auront encore plus de difficultés à gérer les flux de trésorerie et les banques réduiront le nombre de projets de grande envergure à financer, alors qu’il s’agit d’une de leurs premières sources de profitabilité.

« Les banques du Golfe doivent affiner et adapter la gestion des liquidités pour affronter le nouveau cycle économique. Les excédents des comptes courants ont reculé et les excédents budgétaires se sont transformés en déficits. Par conséquent, la capacité du secteur public à accumuler des liquidités dans le système bancaire a diminué», ajoute Massimo Falcioni.

Par ailleurs, le bas niveau des prix du pétrole a poussé certains pays du Golfe à puiser dans leurs propres ressources pour financer les déficits budgétaires : dans l’environnement des affaires actuel, les marchés des capitaux seront amenés à jouer un rôle plus important pour la levée de fonds. Faire appel aux marchés obligataires internationaux aiderait les gouvernements du CCG à soulager la pression exercée sur la liquidité et à trouver des sources supplémentaires qui pourraient être utilisées pour le secteur privé. En 2016, les gouvernements ont levé 38,9 milliards de dollars par le biais d’émissions internationales d’obligations et, malgré la reprise des cours du pétrole, devraient continuer à faire appel aux marchés en 2017.

« Le resserrement des liquidités non seulement exerce une pression sur le financement des grandes entreprises et des PME, mais il augmente les risques commerciaux associés aux problèmes de solvabilité et aux défauts de paiement. Dans un tel contexte, la protection des transactions commerciales comme stabilisateur, mais aussi comme accélérateur est fortement recommandée afin de favoriser l’essor du secteur non pétrolier», conclut Massimo Falcioni.

Le resserrement des conditions de liquidité pousse également les grandes entreprises à faire appel à des options de financement alternatives telles que des introductions en bourse et à se tourner vers des fonds de capital-investissement pour couvrir leurs besoins en capitaux.

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Meriam RACHDI

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