Etudes économiques
Albanie

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Population 2,8 millions
PIB par habitant 3945 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015 (p)  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 1,8 2,8 3,3 3,6
Inflation (moyenne annuelle) 1,6 1,9 1,0 1,8
Solde budgétaire / PIB (%) -6,0 -4,8 -2,5 -2,2
Solde courant / PIB (%) -12,9 -11,2 -13,0 -14,0
Dette publique / PIB (%) 72,1 72,7 73 71,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Candidat à l’adhésion à l’Union européenne 
  • Jeunesse de la population
  • Potentiel minéral (pétrole, chrome, cuivre, fer-nickel, silicates, charbon) et hydroélectrique
  • Faible déficit énergétique
  • Façade maritime dotée de plusieurs ports
  • Fermeté de la monnaie, le lek, face à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Importance de l’économie informelle (30 à 40%)
  • Pauvreté (PIB par tête = 30% de la moyenne européenne), place réduite de l’éducation (3% du PIB)
  • Dépendance à la pluviométrie : agriculture (23% du PIB pour 45% des emplois) et hydroélectricité (95% de l’électricité)
  • Faiblesse des infrastructures de transport
  • Manque d’efficacité et politisation de la justice et de l’administration
  • Corruption et crime organisé

appréciation du risque

Croissance soutenue par l’investissement et la consommation

La croissance devrait encore augmenter en 2017. Elle continuera de profiter de la poursuite de l’investissement étranger dans les infrastructures, notamment dans l’énergie avec la poursuite de la construction du gazoduc Trans adriatique destiné à transporter le gaz azéri jusqu’en Italie, ainsi que celle du complexe hydroélectrique sur la rivière Devoll. Ces installations permettront de relayer une production pétrolière locale qui a atteint son pic en 2014. A l’inverse, l’investissement local restera contraint par l’étroitesse des marges de manœuvre budgétaires et la prudence des banques. Ces dernières, en grande partie filiales de groupes italiens, autrichiens et grecs, sont confrontées au poids élevé de leurs créances douteuses dans leur portefeuille (21,4 % fin août 2016) et à une forte « euroisation » de leurs dépôts (50 %) et de leurs prêts (56,6 %). Dans ces conditions, la reprise du crédit au secteur privé devrait être modérée et le taux d’intérêt moyen sur les prêts en lek (7,7 % à l’été 2016) rester élevé, malgré un taux directeur réduit à 1,25 % en mai 2016. De son côté, la consommation des ménages devrait s’animer quelque peu du fait de la progression du taux de participation liée à la diminution de l’économie informelle et de celle de l’emploi, même si le chômage reste élevé (16%, 30% parmi les jeunes).

 

L’assainissement budgétaire nécessaire à la réduction du poids de la dette

L’assainissement budgétaire se poursuit et ne semble pas devoir être remis en cause par la tenue des élections générales et l’expiration de la facilité de crédit élargie du FMI, cette année. Des réserves ont été passées pour faire face à l’indemnisation des expropriations de l’ère communiste. Le coût du secteur de l’électricité pour l’Etat, estimé à 0,3 % du PIB, devrait encore diminuer avec l’installation de compteurs, la modernisation des infrastructures et la fin progressive du tarif subventionné. La collecte fiscale profite de la réduction de l’informalité et de l’informatisation, et l’amélioration de la gestion des investissements a permis de supprimer les arriérés de paiement envers les fournisseurs. L’enjeu est d’autant plus important que la dette pèse encore lourd. Sa part domestique (50% du total) a une échéance moyenne de 2 ans et constitue 20 % des actifs des banques commerciales.

 

Important déficit courant largement financé par les IDE

Les échanges de marchandises sont très déficitaires, à hauteur de 22 % du PIB en 2015. Cela résulte de l’étroite base productive (textile, chaussure, pétrole, minerais, électricité) qui contraint à importer les biens d’équipement et de consommation. Plus de la moitié des exportations sont destinées à l’Italie. Les échanges de services sont excédentaires à hauteur de 5 % du PIB grâce au tourisme et au perfectionnement passif d’articles d’habillement. Les transferts des émigrés sont atones, en lien avec la conjoncture grecque et italienne, mais représentent 7,4 % du PIB. L’essentiel du financement du déficit courant provient des investissements directs étrangers (IDE), ce qui signifie que les importations liées aux infrastructures s’autofinancent. L’aide budgétaire et au développement (FMI, Banque mondiale, UE) contribue aussi pour une part réduite. Malgré l’importance du financement non générateur de dette, la dette extérieure représentait 74,2 % du PIB fin 2015. Elle est à relativiser par le fait que 42 % sont portés par l’Etat sous forme de prêts publics à long terme et 23 % sont liés aux IDE. Le solde se répartit entre entreprises non financières et banques.

 

Le résultat des élections de juin 2017 ne devrait pas ralentir les réformes

Dans la perspective d’une adhésion à l’UE, les réformes structurelles se poursuivent. En plus de la réforme du marché de l’électricité, le système des retraites a été modifié, notamment pour introduire plus de proportionnalité entre les cotisations et les prestations. En juillet 2016 est intervenue une réforme constitutionnelle visant à combattre l’inefficacité et la corruption. Il reste à adapter la législation en conséquence. Il s’agit d’un enjeu, tant pour l’adhésion à l’UE que pour favoriser les investissements étrangers. Un mois plus tôt, une réforme du droit des faillites a été adoptée. Elle est censée permettre aux banques de réduire leurs créances douteuses en facilitant la mise en jeu des garanties. Beaucoup reste à faire pour améliorer l’efficacité administrative, responsabiliser les échelons locaux, combattre le crime organisé et toutes sortes de trafic avec l’Italie. La coalition dirigée par Edi Rama et composée du Parti socialiste et du Mouvement socialiste pour l’intégration remet son mandat en jeu en juin de cette année face au Parti démocrate de Lulzim Basha.

  

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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