Etudes économiques
Albanie

Albanie

Population 2,9 millions
PIB par habitant 4545 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,4 3,8 4,0 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 2,0 2,3 2,7
Solde public / PIB (%) -1,8 -1,4 -2,0 -1,8
Solde courant / PIB (%) -7,6 -6,9 -7,0 -7,0
Dette publique / PIB (%) 73,2 71,8 71,0 69,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Candidat à l’adhésion à l’UE
  • Potentiel minéral (pétrole, chrome, cuivre, fer-nickel, silicates, charbon) et hydroélectrique
  • Façade maritime dotée de plusieurs ports
  • Main-d’œuvre abondante et peu onéreuse
  • Fermeté de la monnaie, le lek, face à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Importance de l’économie informelle (30 à 40 %)
  • Pauvreté (PIB par tête : 30 % de la moyenne européenne), place réduite de l’éducation (3 % du PIB)
  • Dépendance à la pluviométrie : agriculture (25 % du PIB pour 45 % des emplois) et hydroélectricité (95 % de l’électricité)
  • Manque d’efficacité et politisation de la justice et de l’administration
  • Corruption et crime organisé, parfois lié au trafic de drogue

appréciation du risque

Croissance soutenue par la demande intérieure

Malgré une légère décélération depuis le second semestre 2018, la croissance devrait rester élevée en 2019. La consommation des ménages continuera de profiter de la baisse du chômage, y compris parmi les jeunes (de 34 à 22 % depuis 2015), ainsi que de la progression du taux de participation liée à la diminution de l’économie informelle et à l’augmentation de l’emploi, tant pour les femmes que pour les hommes. L’activité continuera de profiter de la poursuite de l’investissement étranger dans les infrastructures, particulièrement dans l’énergie avec la poursuite de la construction du TAP destiné à transporter le gaz azéri jusqu’en Italie, ainsi que celle de la seconde usine (Moglice) du complexe hydroélectrique sur la rivière Devoll. Le réseau électrique fait logiquement l’objet de développement pour assurer la distribution interne et externe de la production supplémentaire attendue. Ces installations permettront de relayer une production pétrolière locale qui a atteint son pic en 2014. À l’inverse, l’investissement local, avec notamment la construction ou la modernisation de routes et de voies ferrées (ligne Tirana-Durres) sera contraint par la consolidation budgétaire et la prudence des banques. Ces dernières, essentiellement filiales de groupes turcs (un tiers des actifs), italiens, et autrichiens, continueront de réduire le poids de leurs créances douteuses dans leur portefeuille (13 % à août 2018 contre 21 % deux ans plus tôt) et celui de l’euro (environ la moitié) dans leurs dépôts et leurs prêts. Dans ces conditions, la progression du crédit aux entreprises devrait rester faible et le taux d’intérêt moyen sur les prêts en lek et en euro rester relativement élevé. En dépit de la fermeté du lek et de la stabilisation du prix de l’énergie, l’inflation augmenterait, alimentée par le dynamisme de la demande intérieure. Cela conduirait la banque centrale à remonter son taux directeur, abaissé à 1 % en juin 2018 afin de diminuer la pression à l’appréciation de la monnaie. Si l’ensemble des secteurs devraient enregistrer de bonnes performances, la production électrique, soumise à la pluviométrie, est difficile à prévoir.

La consolidation budgétaire nécessaire à la réduction du poids de la dette

Après une pause liée aux élections de juin 2017, l’assainissement budgétaire reprendra lentement en 2019. L’enjeu est d’autant plus important que le poids de la dette, même s’il diminue, reste lourd. Malgré les émissions récentes (500 millions d'euros sur sept ans à 3,55 % en octobre 2018) visant à allonger la maturité et à réduire son coût, 40 % sont encore à court terme et 60 % sont détenus par des banques locales dont elle constitue 25 % des actifs. Son refinancement est estime à 20 % du PIB (2018). Au poids de la dette s’ajoute la responsabilité de l’État dans le cadre des contrats réalisés en partenariat avec le privé (routes, santé, éducation) qui pourraient atteindre 1 milliard d'euros. L’objectif est de dégager un excédent primaire (c.-à-d. hors intérêts) suffisant pour alléger la dette. Le coût du secteur de l’électricité pour l’État devrait diminuer avec l’installation de compteurs, la modernisation des infrastructures et la fin progressive du tarif subventionné. La réforme des retraites et celle de l’administration territoriale devraient aussi concourir. La collecte fiscale profite de la réduction de l’informalité et de l’informatisation, et l’amélioration de la gestion des investissements a permis de supprimer les arriérés de paiement envers les fournisseurs.

Important déficit commercial financé par les IDE

Les échanges de marchandises resteront très déficitaires (22 % du PIB en 2018), malgré la moindre progression des importations liée à l’achèvement des grands projets dans l’énergie. Cela résulte de l’étroite base productive (textile, chaussure, pétrole, minerais, électricité, matériaux de construction) qui contraint à importer les biens d’équipement et de consommation. La moitié des exportations sont destinées à l’Italie. De plus, le solde est sensible à la pluviométrie à travers la fluctuation des ventes d’électricité d’origine hydroélectrique. L’excédent des services (9 % du PIB) augmenterait grâce au tourisme et au perfectionnement passif d’articles d’habillement. À l’inverse, les transferts des émigrés (8 %) pourraient pâtir d’une mauvaise conjoncture italienne. Les IDE financent largement le déficit courant, ce qui signifie que les importations liées aux infrastructures s’autofinancent. Malgré l’importance du financement non générateur de dette, la dette extérieure représentait 67 % du PIB fin juin 2018. Elle est libellée en euros, à maturité longue (80 %), surtout due à des créanciers publics ou en lien avec des IDE.

Les réformes devraient se poursuivre

Le Premier ministre Edi Rama et le parti socialiste ont obtenu une majorité absolue aux élections de juin 2017. Dans la perspective de l’adhésion à l’UE, les réformes structurelles vont donc se poursuivre, malgré les tensions avec l’opposition. Il s’agit d’une condition, tant pour l’adhésion à l’UE que pour favoriser les investissements étrangers. Beaucoup reste à faire pour améliorer l’efficacité administrative et judiciaire, responsabiliser les échelons locaux et lutter contre la corruption et le crime organisé et toutes sortes de trafics avec l’Italie. Les textes et les poursuites sont là, mais les condamnations pas encore en rapport. Par ailleurs, les projets hydroélectriques soulèvent de plus en plus d’opposition pour leur atteinte à l’environnement.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

Haut de page
  • Français
  • English