Etudes économiques
Arménie

Arménie

Population 3 millions
PIB par habitant 4188 $US
D
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 7,5 5,2 5,0 -2,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,0 2,5 2,0 2,8
Solde public / PIB (%) -4,8 -1,8 -1,5 -2,1
Solde courant / PIB (%) -2,4 -9,4 -7,0 -7,0
Dette publique / PIB (%) 58,9 55,8 55,0 54,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Résistance de l’économie aux bouleversements politiques
  • Volonté réformatrice en matière de corruption, justice, concurrence
  • Ressources minières significatives (or, cuivre, molybdène, zinc)
  • Soutien financier important des organisations internationales et de la diaspora
  • Relative flexibilité du taux de change du dram
  • Membre de l’Union économique eurasienne (UEEA) et accord de partenariat avec l’UE

POINTS FAIBLES

  • Accord de confirmation (2019/2022) de 250 millions USD avec le FMI-Enclavement géographique aggravé par un déficit d’infrastructures et la fermeture de deux frontières sur 4
  • Dépendance aux minerais (40 % des exportations et près de 10 % du PIB) et à l’agriculture, malgré la diversification en cours
  • Forte dépendance à l’égard de la Russie (commerce : 27 % des exportations et 26 % des importations dont du gaz, IDE, transferts des expatriés, sécurité : soutien dans le conflit avec l’Azerbaïdjan)
  • Dollarisation élevée de l’économie (60 % des dépôts bancaires)
  • Niveau de chômage élevé et persistant (19 %, 40 % pour les 18-30 ans), malgré une population décroissante
  • 30 % de la population sous le seuil de pauvreté,
  • Conflit avec l’Azerbaïdjan à propos du Haut-Karabakh et calme précaire sur la frontière avec l’enclave azérie du Nakhitchevan

APPRECIATION DU RISQUE

Demande intérieure dynamique mais sensible aux facteurs extérieurs

L’activité devrait encore faire preuve de robustesse en 2020, toujours portée par la demande intérieure. La consommation des ménages (87 % du PIB) profitera de la hausse de 23 % du SMIC (octobre 2019). La politique budgétaire restera légèrement accommodante avec l’adoption d’un taux unique d’imposition des revenus de 23 % remplaçant une échelle de 23 à 36 %, une revalorisation des salaires de certaines catégories de fonctionnaires ainsi que des pensions. L’inflation, en dépit du dynamisme de la consommation et de la hausse des droits de douane sur les importations, devrait être modérée, pour autant que les prix alimentaires et de l’énergie ne dérapent pas. Ajouté à la fermeté du dram, cela pourrait permettre à la banque centrale de poursuivre la baisse prudente de son taux directeur (5,5 % en octobre 2019). Il ne faut pourtant pas surestimer l’impact de la politique monétaire, car le crédit joue un faible rôle et le taux moyen des prêts bancaires dépasse 12 % dans une économie encore fortement dollarisée (plus de 50 % des dépôts et du crédit). L’évolution des transferts des expatriés (plus de 15 % du PIB, dont 70 % de Russie), capitaux pour la consommation, est incertaine, même si l’économie russe pourrait profiter du lancement d’un programme d’investissements publics. L’investissement des entreprises, même s’il restera modeste (17 % du PIB), devrait profiter du développement du tourisme, de la confection et, surtout, des services informatiques, ainsi que de la stabilisation de la situation politique. En outre, les entreprises bénéficieront de la baisse de l’imposition des bénéfices de 20 à 18 %, ainsi que de la hausse du seuil d’imposition. Par contre, la reprise du développement de la mine d’or d’Amulsar, stoppé en 2018 pour des raisons environnementales et pour cause de blocage des accès, reste incertaine. La dépense publique hors défense demeurera contrainte par la consolidation budgétaire. La contribution des échanges extérieurs à la croissance devrait rester négative du fait de la vigueur des importations et de l’impact défavorable de l’atonie européenne sur les exportations. De plus, si le cours de l’or devrait évoluer favorablement, celui du cuivre pourrait baisser.

 

Consolidation budgétaire et stabilisation du déficit courant

Les bouleversements politiques n’ont pas remis en cause la consolidation budgétaire initiée en 2016. Elle vise, très progressivement, à alléger la dette libellée à 78 % en devise (dont 50 % en dollars et 30 % en DTS) et à dégager des moyens supplémentaires pour l’investissement et le social. L’augmentation de la dépense fiscale ne la remettra pas en cause, ni la nouvelle augmentation du budget militaire en 2020 après, déjà, + 33 % en 2018 et + 26 % en 2019. Les recettes budgétaires (22 % du PIB en 2018) devraient continuer de bénéficier d’un environnement économique favorable et d’une meilleure collecte fiscale suite à l’informatisation de l’administration fiscale en 2019, à l’automatisation des déclarations de revenu (2020) pour lutter contre l’évasion fiscale, ainsi qu’à l’augmentation de la taxe sur les jeux et des droits d’accise (alcools, tabac).

Le déficit courant devrait se maintenir à un niveau élevé en 2020. Le déficit des échanges de biens devrait rester proche de 14 % du PIB. Les transferts de la diaspora et des travailleurs expatriés, minorés des rapatriements de revenus par les investisseurs étrangers, en compenseront une moitié. Le déficit restant sera financé par des prêts sur projets des organismes financiers internationaux (EBRD, ADB), des IDE, ainsi que l’endettement public. La moitié de l’endettement extérieur, estimé à 88 % du PIB, est portée par l’État et un quart par les banques. Il est très largement à moyen et long terme, ainsi que de nature concessionnelle.

 

Équilibre entre l’Ouest et la Russie

Suite aux manifestations du printemps 2018, le Premier ministre a été contraint d’abandonner le pouvoir qu’il détenait depuis 2008. Cette Révolution de Velours a porté à la tête d’un nouveau gouvernement réunissant des représentants de l’opposition et des personnalités qualifiées, le chef de la contestation, l’ancien journaliste Nikol Pachinian. Après avoir démissionné pour provoquer des élections législatives anticipées en décembre, sa coalition « Mon pas », comprenant le parti Contrat Civil qu’il dirige, a remporté une écrasante victoire (70 % des voix), lui permettant de s’assurer une majorité au Parlement (88 députés sur 132), suffisante pour opérer des changements constitutionnels. Son programme met l’accent sur la corruption, la perméabilité entre les affaires et la politique, l’économie informelle, le renouvellement du personnel judiciaire et la fin des monopoles. Tout en entretenant ses relations avec l’Occident, il ménage la Russie, présente dans le pays militairement et économiquement, en l’assurant de l’intangibilité de la politique extérieure (appartenance à l’Organisation du traité de sécurité collective). Il va devoir gérer l’impatience et l’espérance de changement, notamment des jeunes confrontés au chômage quatre fois plus élevé en ville qu’en zone rurale et deux fois plus élevé dans leur tranche d’âge que pour le reste de la population.

Au plan géopolitique, le conflit armé avec l’Azerbaïdjan persiste à propos de l’enclave autoproclamée indépendante du Haut-Karabagh, officiellement azéri mais peuplé très majoritairement d’Arméniens, et des territoires azéris adjacents occupés par les indépendantistes soutenus par l’Arménie. Le cessez-le-feu à la frontière avec l’enclave azérie du Nakhitchevan est précaire, la sécurité dans la région dépend surtout de l’équilibre entre les belligérants maintenu par la Russie et, accessoirement, par la Turquie et l’Iran.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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