Etudes économiques
Bahrein

Bahrein

Population 1,3 million
PIB par habitant 24146 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 2,9 3,0 2,5 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 2,8 1,4 2,5
Solde public / PIB (%) -13,5 -13,8 -10,2 -8,2
Solde courant / PIB (%) -2,5 -4,6 -4,3 -3,3
Dette publique / PIB (%) 65,0 75,0 83,5 92,0

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Économie relativement diversifiée et ouverte (pétrole, gaz, aluminium, pétrochimie, services financiers, tourisme)
  • Présence de la principale base navale américaine dans la zone (Ve Flotte de l’US Navy)

POINTS FAIBLES

  • Diminution des réserves d’hydrocarbures et exposition aux fluctuations de leurs cours
  • Très vives tensions sociopolitiques entre minorité sunnite au pouvoir et population chiite majoritaire alimentées par le contexte régional de tensions avec l’Iran et d’embargo sur le Qatar
  • Dépendance envers la main d’œuvre étrangère
  • Dette publique très élevée

Appréciation du risque

Nouveau tassement de la croissance en 2018

En 2017, l’économie de Bahreïn a été résiliente à l’atonie du marché pétrolier grâce à une politique budgétaire expansionniste contra cyclique. L’engagement, en 2011, du CCG à verser 10 milliards USD d’aide au développement en dix ans, permet au gouvernement de limiter ses dépenses tout en maintenant un important effort d’investissement à travers, notamment, l’extension de l’aéroport de Manama et la construction d’un pipeline avec l’Arabie Saoudite, qui devrait être opérationnel début 2018. Mais en 2018, la demande sera affaiblie par de nouvelles mesures d’austérité. La baisse de confiance des ménages et des entreprises, alimentée par la conjoncture économique et politique, limitera l’expansion du secteur privé. Toutefois, d’importants investissements privés continueront d’être attirés par le régime fiscal avantageux et permettront la modernisation de l’industrie de l’aluminium (second poste d’exportations après le pétrole), de l’offre touristique et stimuleront le secteur de la construction. Le secteur bancaire maintiendrait sa vitalité, contribuant pour 16 % du PIB. La régulation et supervision adéquate du secteur ont permis d’assurer des niveaux de capitalisation et de liquidités. Alors que Barhein est particulièrement vulnérable aux bas prix de la bauxite et du pétrole (le prix d’équilibre budgétaire du baril serait supérieur à 100 USD), et que la production est réduite par les accords de l’OPEP, l’économie non-pétrolière assure une croissance de 2 %. Si la faiblesse de la demande et la vigueur du dollar ont ralenti l’inflation en 2017, l’introduction d’une TVA de 5 % à l’échelle du CCG, prévue pour début 2018, et des pressions par les prix de l’alimentation et de l’immobilier la rehausseront en 2018.

 

Les finances publiques en situation critique

Les recettes pétrolières représentant près de 80 % des recettes publiques, la conjoncture fragilise les comptes publics du Bahreïn qui, contrairement aux autres pays du Golfe, sont déficitaires depuis 2009. En 2018, le déficit restera conséquent en dépit des efforts de rigueur budgétaire. L’État a engagé un programme de privatisation de certains services publics (eau et électricité) et la vente de ses parts dans certaines grandes entreprises. En 2018, il augmentera les taxes et les redevances pour les usagers du service public. Malgré des réductions, les subventions continueront cependant de représenter 20 % du budget. Le contexte d’instabilité sociopolitique limite les possibilités d’un ajustement budgétaire plus structurel, comme celui observé dans d’autres pays du CCG. Le gouvernement cherche à faire porter le poids de la rigueur par les résidents étrangers. Les salaires des fonctionnaires, une grande partie des dépenses publiques, ne devraient donc pas connaître de coupes majeures. Les investissements en construction de logements sociaux seront maintenus.

Le défi du royaume est de rééquilibrer ses finances tout en préservant la croissance, largement stimulée par les dépenses publiques. Pour pouvoir financer son déficit, et soulager la tension exercée par la baisse des réserves de devises, le royaume a effectué, en septembre 2017, une émission de 3 milliards USD de titres souverains et a sollicité le soutien financier de l’Arabie Saoudite, des Émirats Arabes Unis et du Koweit. Alors que la note souveraine est en catégorie spéculative, le succès de l’émission repose sur la confiance des investisseurs quant à l’intervention des autres membres du CCG pour rendre soutenable l’arrimage au dollar et la dette publique, qui s’alourdira en 2018.

 

Légère résorption du déficit du compte courant

Le déficit du compte courant se réduira en 2018, suite à la hausse attendue des prix du pétrole, car, malgré les efforts de diversification, le pétrole représente la moitié des revenus des exportations. Le creusement du déficit du compte courant, engagé en 2014, a eu pour conséquence la fonte des réserves internationales, qui représentent à 1,2 mois d’importations fin 2017. Alors même que le royaume dispose des plus faibles réserves de change parmi les exportateurs de pétrole, la hausse des taux directeurs américains devrait, en outre, accroître les pressions spéculatives contre l’ancrage au dollar américain. L’arrimage sera maintenu en 2018, au vu d’une annonce du gouvernement et du soutien financier attendu des membres de la CCG. De plus, le pays garde un ratio dette extérieure/PIB encore très élevé, qui sera d’environ 130 % en 2018.

 

Tensions sociopolitiques persistantes dans un environnement régional en mutation

Les tensions qui opposent la population chiite majoritaire et l’élite dirigeante sunnite se sont renforcées suite à la répression des deux forces d’opposition chiites, al-Wefaq puis Waad. Dans un contexte d’accusation de soutien iranien à la majorité chiite, les exécutions ont repris en 2017, pour la première fois depuis 2010. L’absence de force d’opposition organisée laisse prédire la victoire du roi aux élections des représentants au sein de la chambre basse, prévues pour novembre 2018. La faiblesse des ressources publiques et les mesures d’austérité laissent craindre qu’aux contestations politiques s’ajoute un mouvement de contestation sociale. Cette situation influe négativement sur un environnement des affaires jusqu’ici assez favorable, grâce aux efforts déployés pour améliorer les compétences locales, stimuler le secteur privé, et attirer davantage d’investissements étrangers.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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