Etudes économiques
Burundi

Burundi

Population 11,2 millions
PIB par habitant 307 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,5 1,7 1,9 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 16,1 -2,6 -0,8 5,5
Solde public ** / PIB (%) -4,5 -4,9 -4,4 -4,7
Solde courant / PIB (%) -11,3 -11,8 -9,7 -8,3
Dette publique * / PIB (%) 44,2 50,9 53,8 55,5

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus. **Année fiscale du 1er Juillet au 30Juin.

POINTS FORTS

 

Richesses naturelles (café, thé, or)

 

Membre de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE)

 

2e réserve mondiale de nickel (6% du total) et exploitation de terres rares

 

 

POINTS FAIBLES

  • Enracinement de la crise politique débutée en 2015
  • Réduction de l’aide internationale à la suite de la crise politique
  • Tensions frontalières avec le Rwanda
  • Économie peu diversifiée et vulnérable aux chocs externes
  • Enclavement géographique
  • Activité bridée par le manque d’infrastructures et d’accès à l’électricité
  • Diminution de la population active avec la fuite d’une partie de la population à cause de la crise politique

Appréciation du risque

Croissance toujours limitée par l’absence des bailleurs de fonds

Le contexte politique et social tendu continuera de peser sur l’économie. La croissance restera modérée en 2020. Dans l’hypothèse de conditions climatiques normales, l’agriculture devrait maintenir son rythme de croissance. La hausse prévue des prix internationaux du café en 2020 devrait encourager une augmentation de sa production. La population, largement dépendante de l’agriculture (36 % du PIB et 90 % des emplois), bénéficiera de la hausse consécutive des revenus, engendrant une contribution positive de la consommation privée (83 % du PIB) à la croissance. Néanmoins, le plan de nationalisation de l’industrie du café constitue un risque à la baisse, car l’intervention des pouvoirs publics peut être préjudiciable à l’investissement étranger. Par ailleurs, une forte contribution de l’exploitation minière est probable. Comme pilier du développement, le gouvernement la soutient à travers l’octroi de licences d’exploitation pour favoriser l’investissement privé. L’importance du secteur croît depuis que les États-Unis ont déclaré vouloir diversifier leur approvisionnement en terres rares à la suite du conflit commercial avec la Chine. Le Burundi est en effet le seul pays africain qui produit actuellement des terres rares, grâce notamment à la compagnie Rainbow Rare Earths, détentrice de la mine Gakara. Cette exploitation de terre rare a fait du secteur minier le principal apporteur de devises devant le café et le thé. Toutefois, la croissance des industries devrait ralentir en raison de la faiblesse des investissements et d’un environnement toujours difficile. L’inflation reviendra en territoire positif.

 

Persistance des déficits jumeaux

Le déficit budgétaire se creusera en 2020 en raison de l’augmentation des dépenses publiques liées aux élections cette année. D’après le budget approuvé par le Parlement, celles-ci devraient augmenter de 8,3 % en 2020, dont 61 % concernent les dépenses courantes de l’État constituées pour plus de la moitié par les charges salariales. Les recettes de l’État, qui devraient progresser de 7,3 %, proviendront des revenus fiscaux, des dons, des recettes non fiscales, des recettes exceptionnelles (privatisation ou liquidation d’entreprises publiques), ainsi que des placements financiers. Le gouvernement fera appel au marché domestique pour se financer en émettant des bons du trésor et des obligations (plus de 80 % du total), ainsi qu’à la banque centrale en dernier ressort. La dette publique est à 70 % domestique.

La réduction du déficit courant devrait se poursuivre en 2019, et ce, malgré la diminution des transferts des expatriés et officiels. Structurellement déficitaire du fait des larges importations de produits manufacturiers et de pétrole qui devraient stagner en 2020, le déficit de la balance commerciale sera contenu par la légère hausse des exportations de produits miniers (38,2 % du total) et agricoles (43 %). Le faible niveau des aides extérieures sera insuffisant pour financer le déficit courant. Le développement des IDE, grâce au soutien du gouvernement, devrait, lui aussi, participer au financement et réduire l’utilisation des réserves de change (0,9 mois d’importations en juin 2019) de la banque centrale qui continueront, malgré tout, de baisser, accentuant la dépréciation du franc burundais et le manque de liquidité dans l’économie.

 

Une année électorale à haut risque

Le président, Pierre Nkurunziza, a déclaré qu’il ne se représentera pas à la prochaine élection présidentielle prévue le 20 mai 2020, alors qu’il pourrait se présenter légalement, conséquence de la modification très critiquée de la Constitution en mai 2018 pour prolonger les mandats présidentiels. Au moment de l’écriture de cette fiche, aucun successeur n’a été désigné comme candidat du parti au pouvoir CNDD-FDD. Ce dernier devrait remporter la victoire avec un minimum d’obstruction, car la petite opposition n’a pas la capacité de mobiliser un soutien. De plus, des règles plus strictes régissant les élections en vertu du nouveau code électoral promulgué le 20 mai 2019 (par exemple, des frais de dossier élevés pour le dépôt des candidatures) entraveront les perspectives de l’opposition lors des prochaines élections. Le gouvernement de M. Nkurunziza n’est guère incité à céder du terrain, l’opposition ayant été sévèrement affaiblie au cours des mesures de répression successives depuis la crise politique liée aux élections de 2015/2016. La surveillance internationale du pays, notamment celle de l’UE s’est par ailleurs, intensifiée ces derniers mois du fait de l’approche des élections mais aussi des mesures prises par le président pour consolider le pouvoir et restreindre l’intervention internationale. En effet, en mars 2019, le gouvernement a fermé le Bureau des droits de l’homme des Nations unies dans le pays, déclarant qu’il avait fait des progrès suffisants pour améliorer la situation des droits humains et que sa présence n’était donc plus nécessaire. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) a rejeté la demande d’adhésion du Burundi en raison de la persistance de la crise politique. Cette dernière a annihilé les efforts réalisés pour améliorer l’environnement des affaires (166e sur 190 au Doing Business 2020).

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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