Etudes économiques
Burundi

Burundi

Population 11,5 millions
PIB par habitant 270 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 0,2 0,4 -3,2 2,8
Inflation (moyenne annuelle, %) -2,8 -0,7 7,5 5,2
Solde public / PIB (%)* -6,8 -8,3 -9,6 -8,7
Solde courant / PIB (%) -14,5 -17,9 -20,7 -20,8
Dette publique / PIB (%)** 50,5 57,4 65,0 68,9

(e) : Estimation (p) : Prévision *1er Juillet N-1/ 30 Juin N **Dons inclus

POINTS FORTS

  • Richesses naturelles (café, thé, or)
  • Membre de la Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE)
  • 2ème réserves mondiales de nickel (6% du total) et exploitation de terres rares

POINTS FAIBLES

  • Enracinement de la crise politique débutée en 2015
  • Réduction de l’aide internationale à la suite de la crise politique
  • Tensions frontalières avec le Rwanda
  • Économie peu diversifiée et vulnérable aux chocs externes
  • Secteur agricole peu productif (30% du PIB et 90% de la main d’œuvre)
  • Enclavement géographique
  • Activité bridée par le manque d’infrastructures et d’accès à l’électricité
  • Diminution de la population active avec la fuite d’une partie de la population à cause de la crise politique

Appréciation du risque

Les terres rares : élément clé pour la reprise

La crise du COVID-19 a brisé la fragile reprise amorcée à la suite de la crise de 2015. Les mesures prises pour lutter contre la COVID-19 sont restées limitées sur le territoire (des recommandations pour respecter la distance physique et se laver les mains). La frontière terrestre avec le Rwanda a été fermée pour les marchandises et les personnes, celle avec la République Démocratique du Congo aussi (sauf pour les marchandises), alors que celle avec la Tanzanie est restée ouverte. Les frontières terrestres ont été ré-ouvertes en août 2020. Les vols commerciaux sont autorisés depuis novembre après avoir été interdits en mars 2020. Le système de santé burundais est l’un des plus fragiles au monde et nécessite des investissements afin d’affronter la pandémie. Le plan de réponse à la pandémie afin de renforcer le système de soins de santé, le filet de sécurité sociale et certaines parties du réseau routier pour faciliter l'accès aux personnes malades représente 4,7% du PIB (USD 150 millions) sur la période 2020-2021. Le secteur des services est le plus touché par le COVID-19 à cause la baisse de la demande et les mesures de restrictions de déplacements. Le chômage devrait particulièrement augmenter dans la capitale Gitega puisque les services y sont le plus présent (tourisme, hôtellerie, services commerciaux). Cela affecte la consommation privée (80% du PIB), d’autant plus que le pouvoir d’achat diminue. En effet, la hausse des prix de denrées alimentaires et des biens importés à la suite de perturbations ont provoqué une accélération de l’inflation, qui devrait cependant décélérer à mesure que les pressions à la hausse sur les prix s’atténueront. La reprise devrait reposer sur l’industrie minière, grâce notamment à la compagnie Rainbow Rare Earths, détentrice de la mine Gakara. L’importance du secteur croît depuis que les États-Unis ont déclaré vouloir diversifier leur approvisionnement en terres rares à la suite du conflit commercial avec la Chine. Le Burundi est le seul pays africain qui produit actuellement des terres rares. Cette exploitation de terre rare a fait du secteur minier le principal apporteur de devises devant le café et le thé. Toutefois, la croissance des industries devrait ralentir en raison de la faiblesse des investissements et d’un environnement toujours difficile.

 

Persistance des déficits jumeaux

Le déficit budgétaire s’est creusé en 2020 en raison de l’augmentation des dépenses publiques liées aux élections et à la lutte contre la COVID-19. Mais les revenus issus de l’exploitation minière devraient augmenter en 2021. Le gouvernement fera appel au marché local pour se financer en émettant des bons du trésor et des obligations, ainsi qu’à la banque centrale en dernier ressort. La dette publique est à 70 % domestique. Le gouvernement a obtenu un allègement de la dette à hauteur de 0,2% du PIB pour la période juillet-octobre 2020 auprès du FMI, dans le cadre du Fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes. Cet allègement de dette pourrait s’étendre jusqu’à avril 2022 pour un montant total de USD 24,97 millions (0,8% du PIB).

Du côté des comptes extérieurs, la diminution du coût des importations dû à la baisse des cours du pétrole a été compensée par les importations de produits médicaux dans le cadre de la lutte contre la COVID-19 en 2020. La dépendance aux importations du fait de la faible production locale continuera d’alimenter le déficit courant en 2021. Structurellement déficitaire du fait des larges importations de produits manufacturiers et de pétrole, le déficit de la balance commerciale sera contenu par la légère hausse des exportations de produits miniers (38,2 % du total) et agricoles (43 %), notamment de café. Le faible niveau des aides extérieures sera insuffisant pour financer le déficit courant. Les réserves de change (inférieures à 1 mois d’importations) de la banque centrale continueront de baisser, accentuant la dépréciation du franc burundais et le manque de liquidité dans l’économie.

 

Malgré un nouveau président, le pays reste isolé sur la scène internationale

Suite aux élections présidentielles du 20 mai 2020 et à la mort subite du président sortant Pierre Nkurunziza début juin 2020, le nouveau président élu Evariste Ndayishimiye issu du Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), a pris ses fonctions prématurément le 18 juin 2020. Il avait devancé le principal candidat de l'opposition, Agathon Rwasa, président du Conseil national pour la liberté (CNL). Malgré le changement de leader, une continuité politique est le scénario le plus probable, certains membres du nouveau gouvernement provenant de l’ancien. L’ancien président sous-estimant la COVID-19, la lutte contre la COVID-19 a pris un nouveau tournant (subvention de l’achat de savon, politique de test mise en place) avec la prise de fonction d’Evariste Ndayishimiye. Sur le plan extérieur, le Burundi reste exclu de la scène internationale depuis 2015, et les relations avec l’ouest devraient rester limitées malgré le nouveau gouvernement. L’enquête pour crime contre l’humanité de la Cour Pénale Internationale continue malgré le décès de l’ancien président, dont la candidature pour un 3ème mandat avait provoqué une crise politique et sociale en 2015. La Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) avait rejeté la demande d’adhésion du Burundi en 2019 en raison de la persistance de la crise politique. Cependant, il devrait se rapprocher de partenaires multilatéraux (FMI, Banque Mondiale) afin de lutter contre la pandémie. Le Burundi est classé 185/189 dans le classement de l’Indice de Développement Humain de l’ONU.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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