Etudes économiques
Cambodge

Cambodge

Population 16,0 millions
PIB par habitant 1379 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 7,0 6,9 6,9 6,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,0 3,0 3,0 3,3
Solde public / PIB (%) -2,9 -1,8 -3,9 -4,7
Solde courant / PIB (%) -8,7 -8,5 -10,8 -9,9
Dette publique / PIB (%) 33,0 30,4 31,7 33,8

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

 

  • Industrie textile dynamique
  • Secteur touristique dynamique et à fort potentiel
  • Réserves d’hydrocarbures offshore (pétrole et gaz)
  • Soutien financier de donateurs bilatéraux et multilatéraux
  • Intégré dans un réseau régional (ASEAN)
  • Population jeune (65 % de la population a moins de 30 ans)

POINTS FAIBLES

  • L’importance de l’agriculture pour l’emploi et le PIB rend l’économie vulnérable à la metéo
  • Sous-développement des réseaux d’électricité et de transport
  • Manque de main-d’œuvre qualifiée
  • Dépendance à l’égard des financements concessionnels en raison de la faiblesse des ressources fiscales
  • Grandes lacunes en matière de gouvernance, niveaux élevés de corruption
  • Taux de pauvreté élevé ; faibles niveaux de dépenses de santé et d’éducation

Appréciation du risque

La croissance devrait rester dynamique en 2019

La croissance devrait continuer à bénéficier de la vigueur de la demande intérieure, soutenue par l'augmentation des dépenses publiques et la croissance rapide des salaires (grâce aux augmentations du salaire minimum), la consommation privée représentant 75 % du PIB. Le revenu disponible des ménages augmentera, même si le secteur agricole, qui emploie un quart de la main-d'œuvre, risque encore de souffrir de la faiblesse des prix des matières premières agricoles. L'inflation restera contenue car l'économie est largement dollarisée, ce qui la met à l'abri de l'inflation importée, et l'inflation est modérée par le durcissement de la politique monétaire américaine. Les investissements publics cibleront principalement l'éducation, l'agriculture et les infrastructures. Les investissements privés sont plus importants que les investissements publics. La Chine restera un investisseur majeur dans le pays à travers des PPP et des projets entièrement chinois. Les IDE devraient continuer à augmenter, en particulier dans le secteur textile, mais s'essouffleront à moyen terme en raison de l'augmentation des salaires et de la concurrence des pays voisins (Bangladesh et Myanmar notamment) et de la remise en question de l'accès au marché unique européen. Les exportations manufacturières (plus de 90 % du total des exportations), et en particulier les vêtements et les chaussures, continueront de croître régulièrement. Toutefois, la contribution du secteur extérieur à la croissance sera neutralisée par la poussée des importations. Le secteur des services continuera à progresser, notamment grâce à la forte croissance du tourisme et de l'industrie des jeux de casino. Le secteur de la construction contribuera également à la croissance, grâce aux investissements chinois, à l'essor du marché immobilier et au développement des infrastructures touristiques.

Déficits substantiels qui génèrent une dépendance vis-à-vis des financements extérieurs

Le déficit budgétaire devrait se creuser en raison de l'augmentation des dépenses. Elle ne sera pas compensée par la hausse des recettes liée au dynamisme de l'économie et à l'amélioration progressive du recouvrement des impôts. Le parti au pouvoir détenant tous les sièges au Parlement, l'augmentation du budget a été votée à l'unanimité. Il prévoit d'augmenter le budget de la défense de 10 % et les dépenses sociales de 16 %. L'augmentation des dépenses reposera en grande partie sur des financements extérieurs ; les dons bilatéraux et les prêts concessionnels, principalement de Chine et de Russie, représentent environ 8 % des recettes publiques. Par conséquent, le poids de la dette publique continuera d'augmenter. Détenue presque entièrement à l’international (la moitié est due à la Chine) et libellée en devises étrangères, elle restera viable en 2019, car elle est largement concessionnelle. Le niveau des réserves de change est satisfaisant, couvrant environ six mois d'importations, ou la quasi-totalité du niveau de la dette extérieure.

Le crédit continue de croître rapidement, en particulier dans l'immobilier et la construction, tandis que le secteur bancaire reste fragile en raison d'une surveillance insuffisante et de la concentration des risques dans le secteur immobilier. De plus, l'économie étant fortement dollarisée, les devises étrangères représentant la quasi-totalité des dépôts, ce qui expose les banques à d’importants risques de change.

Le déficit de la balance courante restera important, principalement en raison de la hausse continue du déficit commercial, le coût des importations de biens d'équipement, de biens intermédiaires et de produits pétroliers augmentant plus vite que les prix des exportations. La croissance du tourisme contribuera à maintenir un excédent de la balance des services. Les niveaux élevés de l'aide internationale et des envois de fonds des travailleurs expatriés compenseront le rapatriement des dividendes par les sociétés étrangères. Des entrées régulières d'IDE, notamment en provenance de la Chine et du Japon, permettront de financer le déficit de la balance courante.

Le parti au pouvoir remporte tous les sièges parlementaires dans un simulacre de démocratie et de stabilité

Après les élections législatives de juillet 2018, le Parti populaire cambodgien (CPP) au pouvoir a regagné tous les sièges au Parlement. Les élections ont été largement perçues par les observateurs internationaux, les États-Unis et les pays européens, comme injustes et antidémocratiques. L'opposition avait bénéficié d'une lassitude à l'égard du règne de Hun Sen (Premier ministre depuis 1998) et de tensions sociales liées aux expropriations et aux mauvaises conditions de travail dans le secteur textile. Cependant, avant les élections, le gouvernement avait dissous le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), principal parti d'opposition, bannit 118 de ses membres de la vie politique pendant cinq ans, et emprisonné son chef pour trahison. La répression a également visé les médias et les ONG. Plus tard en 2018, le Premier ministre Sen a libéré certains membres de l'opposition, ce qui a été perçu comme une concession aux critiques des valeurs du régime – l'UE a néanmoins annoncé une révision de l'accès préférentiel du Cambodge au marché unique. Dans le même temps, les liens avec la Chine se renforcent, le pays devenant un allié diplomatique et un investisseur majeur au Cambodge.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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