Etudes économiques
Congo, République démocratique du

Congo, République démocratique du

Population 86.7 millions
PIB par habitant 478 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,4 3,7 3,8 4,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,9 40,8 23,2 13,5
Solde public / PIB (%) -0,9 0,4 -0,2 0,3
Solde courant / PIB (%) -3,6 -3,1 -3,0 -2,8
Dette publique / PIB (%) 19,3 18,2 20,9 19,9

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Ressources minérales abondantes (cuivre, cobalt, diamant, or, étain)
  • Important potentiel hydroélectrique
  • Mobilisation internationale et coopération régionale pour résoudre les conflits dans la région des Grands Lacs
  • Annulation de la dette dans le cadre des initiatives PPTE et IADM

POINTS FAIBLES

 

  • Tensions dans l’est du pays avec la présence de nombreux groupes armés : Forces démocratiques de libération du Rwanda, Allied Democratic Forces, milices « maï-maï »…
  • Situation humanitaire précaire dans la région du Kasaï, à l’origine de tensions avec l’Angola
  • Crise politique irrésolue depuis la décision de la Cour suprême de repousser les élections présidentielles de 2016
  • Très forte dépendance aux cours des matières premières
  • Faiblesse des infrastructures (transports, énergie, télécommunications)
  • Déficit de gouvernance et faiblesse des institutions
  • Niveau de pauvreté élevé

Appréciation du risque

Le secteur minier masque la faiblesse de la demande intérieure

En 2019, la croissance devrait continuer de monter en puissance, essentiellement soutenue par le secteur minier. Les exportations de minerais, particulièrement de cuivre et cobalt, devraient continuer à progresser, en ligne avec l’évolution de la production. La fermeture temporaire de la mine de Kamoto, à cause de problème de teneur en uranium dans l’hydroxyde de cobalt, devrait néanmoins limiter les gains de production en 2019. En revanche, cette fermeture devrait soutenir les prix du cobalt, qui ont chuté après avoir atteint un niveau record en mars 2018. Le secteur minier devrait également continuer de drainer l’investissement privé. Néanmoins, la mise en vigueur d’un nouveau code minier, qui préoccupe les industriels du secteur, pourrait peser sur les investissements. Ce code prévoit notamment des augmentations de taxes et redevances, impose aux sociétés minières que leur capital soit détenu, a minima, à hauteur de 10 % par les citoyens congolais et interdit, sauf dérogation, l’exportation de minéraux bruts pour les nouveaux permis d’exploitation. Grâce à la hausse des recettes minières, mais aussi grâce aux financements extérieurs dans le cadre du Plan national stratégique de développement, l’investissement public, notamment dans le développement des infrastructures, devrait progresser également. Une détérioration sévère de la situation politique et sécuritaire dans le pays suite aux élections pourrait, néanmoins, avoir un impact sur les financements extérieurs. La contribution de la consommation privée devrait rester anémique, à cause des nombreux conflits, de l’épidémie de maladie à virus Ebola dans l’est du pays et de l’inflation encore élevée, qui affligent une population (près de 75 %) largement touchée par la pauvreté.

Une position extérieure fragile

Après avoir été grevé en 2018 par l’organisation des élections, le solde budgétaire devrait redevenir légèrement excédentaire en 2019. Toujours largement dominées par le poids de la masse salariale, les dépenses devraient progresser, notamment dans les domaines de la sécurité, de la santé (pour contenir Ebola) et dans les infrastructures. La hausse des taxes et redevances dans le secteur minier (environ 30 % des recettes totales) devrait, néanmoins, permettre d’absorber cette hausse de la dépense. La dette étant encore à un faible niveau, et largement concessionnelle, le risque de surendettement reste limité.

Le solde courant devrait rester déficitaire, grevé par la balance des services et des revenus. Respectivement, ce sont les services liés à l’exploitation minière et les rapatriements de profits qui entretiendront leurs déficits. Le déficit courant devrait se réduire légèrement, à la faveur de la progression de l’excédent commercial, grâce aux exportations minières et à une croissance des importations limitées par la faible demande intérieure. Les IDE, essentiellement dirigés vers le secteur minier, financent le déficit, mais restent exposées à une détérioration de la situation sécuritaire et politique où à une baisse des prix du minerai. Les réserves de change, qui représentent un peu plus d’un mois d’importations, seraient insuffisantes pour éviter une dépréciation brutale du franc congolais.

Une situation politique, sécuritaire et humanitaire critique

Après deux ans et une semaine de reports houleux, suite au refus de Joseph Kabila (au pouvoir depuis 2001) de démissionner de la présidence à la fin de son deuxième et, constitutionnellement, dernier mandat, les élections présidentielles, législatives et provinciales se sont finalement tenues le 30 décembre 2018. Marqué par de nombreux dysfonctionnements et le report du vote dans certaines circonscriptions (Béni, Butombo et Yumbi), ce scrutin, supposé être le premier transfert de pouvoir pacifique depuis l’indépendance du pays (1960), n’avait toujours pas délivré son verdict au moment de l’écriture. Emmanuel Ramazani Shadary, désigné comme dauphin par un Joseph Kabila qui n’entend pas se retirer de la vie politique et pourrait de nouveau se présenter en 2023, et les opposants Martin Fayulu et Félix Tshisekedi se sont déclarés vainqueurs. Alors que l’assistance de l’ONU et certains observateurs internationaux ont été refusés préalablement au vote, la commission électorale est déjà accusée de favoriser M. Shadary. Les soupçons de fraude ont été renforcés par la décision du pouvoir de couper internet après le vote. Dans un contexte sécuritaire et humanitaire déjà critique en certains endroits du territoire, ce processus électoral chaotique peut faire craindre une période d’instabilité et une flambée de violence, notamment en cas d’annonce d’une victoire de M. Shadary. La situation dans le Kasaï, où l’insurrection des Kamwina Nsapu contre le pouvoir central avait plongé la région dans la violence en 2016 et 2017, pourrait de nouveau s’embraser. De plus, les nombreux groupes armés dans l’Est du pays (Kivu) continuent leurs exactions. Fragilisées par la violence et les déplacements de population, ces régions sont également touchées par la maladie à virus Ebola. Déjà responsable de plus de 300 morts, l’épidémie peine à être contenue à cause de ces violences. En dépit de la mission de l’ONU chargée de la protection des civils (MONUSCO), les conflits continuent de contraindre les populations au déplacement. Les nombreux conflits dans les zones frontalières génèrent également des tensions régulières avec ses voisins, particulièrement avec l’Angola, le Rwanda et l’Ouganda. Ces nombreuses sources d’instabilités politique et sécuritaire, au même titre que la corruption, la faiblesse de la gouvernance et le déficit d’infrastructures contribuent au climat des affaires extrêmement dégradé du pays (184e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2019).

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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