Etudes économiques
Congo, République démocratique du

Congo, République démocratique du

Population 81,6 millions
PIB par habitant 470 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 9,5 6,9 2,4 2,6
Inflation (moyenne annuelle) 1,2 1,3 5,9 40,4
Solde budgétaire / PIB (%) 1,3 -0,1 -0,8 -1,0
Solde courant / PIB (%) -5,0 -4,1 -4,4 -4,2
Dette publique / PIB (%) 16,8 18,8 21,5 24,3

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Ressources minérales abondantes (cuivre, cobalt, diamants, or, étain)
  • Important potentiel hydroélectrique
  • Mobilisation internationale pour résoudre les conflits dans la région des grands lacs

POINTS FAIBLES

  • Recrudescence des violences dans l’Est du pays (Kivu)
  • Crise sécuritaire provoquée par la rébellion de Kamwina Nsapu dans le Grand-Kasaï
  • Crise politique suite à la décision de la Cour Suprême de repousser les élections présidentielles
  • Faiblesse des infrastructures (transports, énergie, télécommunications) et déficit de gouvernance
  • Niveau de pauvreté élevé
  • Réserves de change à un niveau critique (moins d’un mois d’importations environ)

Appréciation du risque

Croissance limitée par des obstacles intérieurs et extérieurs

En 2016, le pays a principalement souffert de la baisse des prix des matières premières exportées, à commencer par ceux du cuivre, et atteint un niveau de croissance historiquement bas. En 2017, la croissance accélérerait légèrement, soutenue notamment par une augmentation de la production de cuivre et un redressement des cours miniers, mais demeurerait relativement faible. Le secteur des industries extractives devrait donc être le principal moteur de la croissance, alors que les efforts de diversification entrepris par le gouvernement en 2016 dans le cadre du Plan national stratégique de développement (PNSD), en cours d’élaboration, ne devraient permettre de soutenir que modestement les secteurs de l’agriculture, de la télécommunication et des transports.

L’instabilité politique et sécuritaire devrait continuer d’alimenter l’aversion au risque des investisseurs étrangers (baisse de 28 % des flux d’IDE en 2016). La consommation privée souffrira  de l’inflation très élevée qui découle, principalement, de la dévaluation du franc congolais. Sous pression, la devise a perdu près de 25 % de sa valeur face au dollar en 2016, près de 20 % au premier semestre 2017. Les faibles canaux de transmission de la politique monétaire vers l’économie réelle endiguent les efforts de la Banque Centrale pour contenir l’inflation.

 

Persistance des déficits jumeaux malgré l’évolution favorable des cours miniers

En 2017, en dépit de l’augmentation des recettes fiscales, grâce à la remontée des cours miniers, le déficit budgétaire devrait persister. En effet, alors que la croissance a atteint en 2016 son niveau le plus bas en 15 ans, le gouvernement a présenté un budget 2017 expansionniste visant à soutenir la croissance qui passe par une augmentation significative de la dépense. De plus, la dégradation de l’environnement politique pourrait amputer le pays d’une partie de la contribution des aides extérieures aux revenus. Le poids de la dette publique, considérablement réduite grâce à son allégement en 2010 par les créanciers internationaux, reste supportable.

En dépit de la progression des exportations de produits miniers, le déficit courant devrait demeurer important en 2017. Le déficit élevé des balances des services et des revenus dû aux paiements des salaires des employés étrangers et aux rapatriements des profits des compagnies étrangères maintiendra le solde courant en territoire négatif. En revanche, l’excédent de la balance commerciale devrait s’amplifier grâce à l’augmentation de la production de cuivre, et, plus généralement de la bonne tenue des exportations d’or et de cobalt. La pression sur la devise congolaise ne s’allègere pas dans les prochains. Les réserves de change, qui ne couvraient plus que trois semaines d’exportations à la fin du premier trimestre 2017, s’épuisent petit à petit et ne peuvent plus être exploitées par la Banque Centrale pour soutenir le franc congolais. En dépit d’un risque non négligeable de crise de liquidités, un soutien du FMI, afin de soulager les comptes extérieurs, semble exclu sans stabilisation de la situation politique et sécuritaire.

 

Crise sécuritaire aigüe, crise politique sans issue

La situation sécuritaire en RDC s’est récemment détériorée. En effet, malgré la défaite du groupe rebelle M23 en 2013, les violences à l’Est du pays (Nord et Sud-Kivu), théâtre de massacres sporadiques de civils perpétrés depuis octobre 2014 par les groupes Maï-Maï, milices patriotiques constituées sur une base essentiellement ethniques, connaissent une recrudescence préoccupante ces derniers mois. Depuis août 2016, le Grand Kasaï, au centre du pays, est également en proie à un épisode intense de violences sur fond de conflit ethnique après que Jean-Pierre Mpandi, chef coutumier (portant le titre de Kamwina Nsapu) contestant le pouvoir central de Kinshasa, fut tué lors d’une opération militaire. Ce que l’on appelle désormais la rébellion de Kamwina Nsapu a déjà fait plus de 3 300 morts d’après l’église catholique.

A ce contexte sécuritaire dégradé s’ajoute une crise politique. La décision de la Cour Suprême de reporter les élections présidentielles, initialement prévues en décembre 2016, a permis au président Joseph Kabila, après deux mandats consécutifs de cinq ans, de finalement rester en poste après plusieurs tentatives infructueuses. Un accord conclu avec l’opposition le jour de la Saint-Sylvestre 2016 prévoit, certes, la tenue de l’élection présidentielle, au plus tard, en décembre 2017. Toutefois, à mesure que les mois de l’année 2017 s’égrainent, et, comme indiqué par la Commission électorale au mois de juillet, la tenue des élections avant cette date semble de plus en plus compromise. Si ce probable retard tient, partiellement, à l’incapacité du gouvernement d’assurer un scrutin dans le Kivu et le Grand-Kasaï, il est également le fruit de la réticence du Président à appliquer l’accord de la Saint-Sylvestre. Cette réticence est symbolisée par la nomination de Bruno Tshibala, dissident de l’opposition, au poste de Premier Ministre, Ce choix est apparu comme une provocation aux yeux de la coalition de l’opposition, le « Rassemblement », qui soutenait la candidature de Félix Tshisekedi, fils de l’opposant décédé en février 2017, Etienne. En imitant plusieurs leaders d’Afrique Sub-saharienne qui ont contourné les limitations constitutionnelles de fin de mandat, Joseph Kabila a fait échouer son pays au test de la première alternance démocratique depuis l’entrée en vigueur de la Constitution en 2006 et, ainsi, alimenté la colère populaire. La vague de protestations contre le président Kabila a été réprimée dans la violence et des partisans de l’opposition écroués. Dans un pays souffrant de corruption et de faibles performances en matière de gouvernance, les crises politique et sécuritaire ponctuent un environnement des affaires extrêmement défavorable (184ème sur 190 pays dans le classement Doing Business 2017).

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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