Etudes économiques
Construction

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • La croissance démographique mondiale et la tendance à l’urbanisation entretiennent la demande de logement
  • Les taux d’intérêt bas facilitent les emprunts

Faiblesses

  • Les prix immobiliers demeurent surévalués dans plusieurs pays de l’OCDE
  • Dettes des ménages élevées
  • Surcapacités en Chine 

Evaluation des risques

Les faits marquants
Permis de construire

Permis de construire (Variation annuelle, en %)

En 2016, l’activité immobilière dans les pays avancés a profité de la hausse des revenus des ménages aidée par une inflation très faible (0,8% en moyenne). De plus, les taux bas ont joué un rôle de catalyseur, les encours de prêts immobiliers augmentant nettement.

En Europe, les entreprises apparaissent relativement solides à l’image de la baisse des défaillances. Cette tendance devrait se poursuivre n 2017, à l’exception du Royaume-Uni qui devrait souffrir des effets du débat sur le Brexit : baisse de la confiance nette des ménages britanniques, des investisseurs étrangers et la dépréciation de la livre augmentant le coût des importations dont le secteur dépend.

Les anticipations du resserrement de la politique monétaire américaine en décembre et les incertitudes liées aux élections présidentielles ont conduit le secteur à ralentir au deuxième semestre 2016 aux Etats-Unis.

Dans les pays émergents les risques sont plus élevés. En Chine, l’envolée des prix immobiliers n’est pas soutenable et la dette des ménages commence à croître (40% du PIB en 2016). En Amérique latine, l’activité est pénalisée par le chômage et l’inflation. Au Moyen-Orient les pertes de revenus liés à la faiblesse du baril de pétrole et les risques sécuritaires pénalisent le secteur

Demande

La situation des ménages apparait résiliente et les prix repartiront à la hausse dans les pays développés en 2017. Mais cette reprise intervient alors que des surévaluations des prix immobiliers persistent (Nouvelle-Zélande, Royaume-Uni, France, Canada, Suède, Belgique) ou que des ménages restent très endettés (Etats-Unis, Royaume-Uni). Du côté des émergents, la demande asiatique en logements résiste alors que la baisse des cours des matières premières a déstabilisé les revenus des ménages sud-américains et moyen-orientaux. Fin 2017, les prix de vente moyens pourraient retrouver leur niveau d’avant crise financière de 2008.

L’inflation augmentera sensiblement dans les pays avancés en 2017 (1,7%). En conséquence, les taux d’intérêt directeurs de certaines grandes banques centrales pourraient augmenter, principalement au Royaume-Uni et aux Etats-Unis. Si le cycle américain semble entamer un retournement, le secteur de la construction sera soutenu par les travaux publics. Alors que D. Trump en a fait l’une des priorités de sa campagne, les infrastructures américaines vieillissantes devraient être modernisées. En Europe, la demande de logements sera en outre supportée par l’arrivée de migrants (3 millions en 2016 et 2017 selon la Commission européenne). En Allemagne, si les permis de construire ont augmenté de 17% en 2016, cette dynamique profitera pleinement au secteur en 2017. La péninsule ibérique se reconstruit rapidement également avec une progression des permis de 15% en 2016 en Espagne et supérieure à 35% au Portugal. En outre, l’activité dans le sud de l’Europe (croissance du PIB attendue à +2,3% en Espagne, + 0,8% en Italie et +1,3% en France), portera également le secteur.

Si les pays émergents exportateurs de pétrole et de métaux bénéficieront en 2017 d’un léger rebond des prix, l’ampleur de la baisse des cours en 2015 a conduit à la mise en place de taxes ou à la baisse de subventions, afin de sauvegarder une partie des comptes publics (Brésil, Colombie, Equateur, Malaisie, Arabie Saoudite). Ce coût supplémentaire pour les ménages continuera de grever leur revenu et freinera leurs achats immobiliers en 2017. De plus, malgré ces taxes, les Etats exportateurs ont vu leurs déficits publics s’accroître et ont réduit leurs projets d’investissements en infrastructures (Arabie Saoudite, Qatar).  

Après une période de développement rapide en Chine, la croissance du secteur immobilier se tassera car le secteur est en surcapacité. Les effets du stimulus budgétaire entamé en 2016 s’essouffleront et l’investissement immobilier stagnera en 2017. Néanmoins, un ajustement plus ample du secteur apparaît de plus en plus probable. L’étude de Coface sur les délais de paiement en Chine (Enquête sur les délais de paiement en Chine par Coface, mars 2016) fait en outre apparaitre de très nombreux retards de paiement dans le secteur.

Offre

n Europe, les entreprises de la construction profiteront  d’une demande bien orientée en 2017 après une longue période d’atonie pour consolider leur trésorerie. En outre, la présence des multinationales dans les pays émergents sera moins handicapante qu’en 2016 car la croissance devrait y rebondir (+4,1% en 2017).

Ainsi, le groupe LarfargeHolcim, leader mondial des ventes de matériaux de construction, a enregistré à la fin du troisième trimestre 2016 un chiffre d’affaires (CA) inférieur à celui des trois premiers trimestres de 2015 (-1,8%). Si le groupe enregistre une diminution de son CA dans l’ensemble des régions, c’est l’Amérique du Nord qui résiste le mieux (-0,6%). Il met en avant l’existence de marchés contraignants tels que l’Inde et la Malaisie qui connaissent des surcapacités dans la construction exacerbant la concurrence ou le Brésil qui manquait de débouchés en 2016. Le secteur pourrait néanmoins rebondir au Brésil dès 2017 car le Président Temer a mis en place un « plan » qui consiste à attirer les investisseurs locaux et étrangers à travers 34 projets d’infrastructures liés à la privatisation d’aéroports, du rail, de centrales électriques ou encore de la compagnie des eaux. En outre, Coface prévoit un rebond de l’activité au Brésil de 0,6% en 2017. Au Mexique, malgré une croissance bien orientée (+1,5% en 2017), le pays, premier partenaire commercial des Etats-Unis, pourrait souffrir de l’élection de D. Trump. En outre, la baisse du prix des matières premières a conduit le gouvernement à baisser ses dépenses. L’Etat a annulé deux projets de transports ferroviaires de passagers. (les lignes Mexico-Querétaro et Mérida-Cancún) et à annoncer en 2016 une réduction de 720 millions de dollars de ses dépenses en infrastructures.

De même, si au Moyen-Orient, l’offre de logements demeure soutenue par de nombreux plans de développements d’infrastructures, comme au Qatar (Coupe du monde 2022) ou à Dubaï (Expo 2020), l’affaiblissement des cours de l’or noir a eu pour effet de diminuer le nombre de projets dans cette région. En effet, les déficits publics s’y sont creusés, l’Arabie Saoudite et Oman annulant ainsi deux projets ferroviaires.

En Europe, la pression de la demande en construction sur l’offre est palpable. En France, l’emploi dans le secteur s’est accru au premier trimestre et sur un an pour la première fois depuis 2012. Si l’offre de logements neufs est structurellement insuffisante, la reconduction de la loi Pinel soutient les projets immobiliers à des fins locatives. L’Etat français s’est donné comme objectif la construction de 500 000 logements par an. En Allemagne, le constat est similaire avec une hausse annuelle de l’emploi dans le secteur à fin 2016 après avoir connu une tendance baissière entre 2011 et 2015. En Europe, l’offre bon marché de crédits immobiliers perdurera en 2017 et contribuera à augmenter la pression sur l’offre de logements. Les prix continueront d’être orientés à la hausse dans ces régions.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

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