Etudes économiques
Corée du Sud

Corée du Sud

Population 51,2 millions
PIB par habitant 27535 $US
A2
Evaluation des risques pays
A1
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(e) 2018(p)
Croissance PIB (%) 2,8 2,8 3,1 2,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,7 1,0 1,9 1,9
Solde public / PIB (%) 0,6 1,8 1,9 0,4
Solde courant / PIB (%) 7,7 7,0 5,1 5,5
Dette publique / PIB (%) 39,5 40,0 39,8 39,6

 

(e) : estimation (p) : prévision 

POINTS FORTS

  • Base industrielle diversifiée
  • Leader sur l’électronique haut de gamme
  • Système éducatif performant
  • Dépenses publiques élevées en R&D
  • Augmentation des investissements coréens en Chine, au Vietnam et en Inde 

POINTS FAIBLES

  • Sidérurgie, textile et industrie navale affectés par la concurrence chinoise
  • Poids des importations de matières premières
  • Endettement élevé des ménages et des petites entreprises
  • Vieillissement de la population 
  • Chômage des jeunes important en dépit d’un système éducatif performant
  • Imprévisibilité du régime de la Corée du Nord
  • Poids des chaebols dans l’économie

Appréciation du risque

Les exportations et le stimulus budgétaire soutiennent la dynamique de croissance

Bien qu’en légère baisse, la croissance devrait rester robuste en 2018 grâce aux exportations et au soutien budgétaire. La demande pour les semi-conducteurs devrait continuer à porter les exportations, bénéficiant au secteur secondaire et aux conglomérats industriels (chaebols). Les Jeux Olympiques d’hiver à Pyeongchang, ainsi qu’un accord sur l’amélioration des relations diplomatiques avec la Chine pourraient accroître le nombre de touristes chinois (-45% en 2017 après une hausse de 36% en 2016) et les revenus correspondants. La contribution des exportations pourraient néanmoins être moins fortes qu’en 2017 face à la hausse des tensions commerciales entre les Etats-Unis et la Chine, vers laquelle la Corée du Sud envoie un quart de ses exportations, à 79% composées de produits intermédiaires. Une règlementation plus stricte sur les crédits immobiliers, mise en place pour freiner la spéculation sur les prix, devrait peser sur l’investissement dans la construction. De plus, malgré les opportunités offertes par le secteur des TIC, l’augmentation du coût du travail, la stagnation de la productivité, et la hausse de l’impôt sur les sociétés pourraient conduire à une décélération de l’investissement privé. Cette situation sera aggravée par un environnement difficile, dans un contexte de baisse de confiance des entreprises face au risque de guerre commerciale. En revanche, toute retombée négative devrait être amortie, bien que partiellement, par une politique budgétaire plus expansionniste. Une hausse de l’emploi public, du salaire minimum et des dépenses sociales permettrait de soutenir une consommation qui restera cependant contrainte par le poids de la dette des ménages (155 % du revenu disponible).

L’inflation se stabiliserait autour de la cible de la banque centrale (2 %), suite à la hausse des prix du pétrole et la forte dépréciation du won. Cette logique sous-tend la décision de la banque centrale, en novembre 2017, d’opérer une hausse de 25 points de base de son taux d’intérêt directeur, la première depuis 2011. La politique monétaire devrait rester neutre en 2018, afin d’éviter d’étrangler la consommation de ménages très endettés.

 

L’excédent budgétaire persiste, malgré le stimulus

L’excédent budgétaire devrait se réduire, sous l’effet de la politique expansionniste. La masse salariale de l’Etat devrait gonfler avec l’embauche de 9 500 fonctionnaires supplémentaires. L’augmentation du salaire minimum dans les secteurs public et privé, diverses subventions visant à réduire les inégalités et le soutien financier aux PME augmenteront également les dépenses. La progression de celles-ci dans le domaine social sera partiellement compensée par une baisse des dépenses en infrastructure. Afin de répondre à la menace nord-coréenne, le budget de la défense est également en hausse. En passant de 22 % à 25 %, le taux d’imposition maximum sur les sociétés contribuera à une hausse des recettes fiscales.  La dette publique, qui affiche un niveau inférieur à celui de ses pairs de l’OCDE, devrait rester stable et présente un risque faible.  En revanche, l’endettement des ménages, qui a continué de grimper en 2017, constitue une source d’inquiétude.

En 2018, l’excédent courant devrait se stabiliser. La balance des biens resterait excédentaire, même si la croissance des exportations serait légèrement inférieure à celle des importations face à la hausse des prix du pétrole et la dépréciation du won. La normalisation des relations avec la Chine devrait permettre aux flux de touristes de se stabiliser, après avoir dégringolé en 2017. Le déficit des services ne devrait donc pas se creuser en 2018 et pourrait, même se réduire grâce aux Jeux Olympiques d’hiver.

Les réserves de change demeureront à un niveau confortable, alors que la remontée du taux d’intérêt directeur de la banque centrale devrait permettre d’atténuer le risque d’une dépréciation induite par une fuite de capitaux, consécutive au resserrement de la politique monétaire de la Fed.

 

Moon Jae-in ouvre la voie à une ère de paix

Suite à la destitution, en mars 2017, de Park Geun-hye, touchée par un scandale de corruption, Moon Jae-in (Parti démocrate) a été élu président avec un programme économique visant à stimuler la croissance, engager des réformes sociales et réduire l’influence deschaebols. Après près de 10 ans de présidence des conservateurs, et malgré les circonstances de l’élection, la transition s’est déroulée en douceur.

Sa cote de popularité est en hausse grâce au succès de sa politique de dialogue avec la Corée du Nord, comme en témoigne la victoire écrasante de son parti aux élections locales de juin 2018.

Après une année 2017 tendue avec la Chine et son voisin du nord, Moon Jae-in a organisé avec succès deux sommets historiques en 2018 avec le leader nord-coréen Kim Jung-Un. En avril 2018, s'est tenu le premier sommet intercoréen en plus d'une décennie. A l’issue du sommet a été signée la déclaration de Panmunjom, dans laquelle les deux dirigeants s’accordent sur la dénucléarisation de la péninsule coréenne ainsi que sur une plus grande coopération entre les deux pays, jetant ainsi les bases de relations pacifiques. Cette première réunion a donné le ton au sommet américano-coréen tant attendu qui s'est tenu en juin à Singapour. Suite à la rencontre des deux dirigeants le retour des restes des soldats américains a été organisé, réglant ainsi une question brûlante vieille de plusieurs décennies. Cette décision de Pyongyang, conformément à la déclaration de Singapour, autorise l’optimisme quant à la poursuite du dialogue, un autre sommet intercoréen a eu lieu en septembre 2018 à Pyongyang. Les risques d’un retournement de situation ne peuvent toutefois pas être écartés, en particulier en ce qui concerne les relations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord, comme l'ont démontré les multiples événements qui ont précédé le sommet de Singapour.

 

Dernière mise à jour : Octobre 2018

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