Etudes économiques
Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire

Population 25,6 millions
PIB par habitant 1681 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (f)
GDP growth (%) 7.7 7.4 7.3 6.9
Inflation (yearly average, %) 0.6 0.4 -0.6 0.5
Budget balance (% GDP) -4.5 -4.0 -3.1 -3.2
Current account balance (% GDP) -2.8 -4.7 -4.2 -4.2
Public debt (% GDP) 49.8 53.2 52.8 52.2

 

(e): Estimate. (f): Forecast.

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources : hydrocarbures, minerais (or, cuivre, fer, manganèse, bauxite) et richesses agricoles (premier producteur mondial de cacao, café, sucre, noix de cajou)
  • Infrastructures en cours de modernisation
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Renforcement de la stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux aléas climatiques et à l’évolution des cours du cacao, principal produit d’exportation
  • Lacunes encore à combler en matière de gestion des finances publiques, d’infrastructures et d’environnement des affaires
  • Lents progrès en matière de réconciliation nationale

Appréciation du risque

Des perspectives de croissance exposées au risque politique

En 2020, la croissance devrait rester forte, soutenue principalement par l’investissement. La montée en puissance de celui du privé devrait continuer à porter la construction, l’agro-industrie et les services (commerce, transports et TIC particulièrement). Il bénéficiera de l’impulsion de l’investissement public dans le cadre du Plan national de développement (2016/2020) avec, par exemple, le projet de transport urbain d’Abidjan ou les infrastructures liées à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations de football 2023. Néanmoins, l’incertitude politique liée à l’élection présidentielle à grands enjeux d’octobre 2020 devrait alimenter la prudence de certains investisseurs, freinant la contribution de ce levier de croissance. Si une hausse des dépenses sociales pourrait soutenir la consommation privée, sa contribution pourrait aussi être contrainte par la perspective électorale si l’anxiété gagnait les ménages et les entreprises. La demande intérieure dynamique devrait favoriser une augmentation des importations, qui pèsera sur la contribution des échanges extérieurs, en dépit d’une probable augmentation des exportations agricoles (cacao, coton), minières (or) et pétrolières (produits raffinés). En outre, encore aux prises avec le virus de la pousse de cacao gonflée (cacao swollen shoot virus), la filière de l’or brun, qui devrait connaître une légère augmentation de sa production en 2020, pourrait être confrontée à de nouvelles difficultés en cas de baisse des cours internationaux.

 

Les dépenses liées à l’élection, principal risque budgétaire

En 2020, le déficit budgétaire devrait rester proche de la norme de convergence de l’UEMOA (- 3 % du PIB). Le dynamisme de l’activité économique et les efforts en matière de recouvrement devraient soutenir la hausse des recettes fiscales, qui représentent moins de 17 % du PIB. Les dépenses d’investissement, principalement dans les projets d’infrastructures, devraient continuer de mobiliser la majeure partie des ressources budgétaires. Elles intégreront la réalisation du Programme social du gouvernement (2019/2020) avec, notamment, l’opérationnalisation progressive de la couverture maladie universelle. Les dépenses courantes devraient progresser sous l’impulsion des frais d’organisation de l’élection, alors que les efforts en matière de maîtrise de la masse salariale publique devraient être poursuivis. Le coût du service de la dette devrait aussi augmenter. Le déficit devrait être financé par des emprunts domestiques et extérieurs. La politique budgétaire devrait également bénéficier du soutien des programmes du FMI qui devraient être prolongés en 2020. La dette, à son plus haut niveau depuis que le pays a bénéficié d’une restructuration dans le cadre de l’initiative PPTE, devrait se stabiliser. Le risque de surendettement reste vulnérable à des chocs extérieurs (chute des prix du cacao par exemple) ou domestiques, avec notamment le risque de dérapages budgétaires à l’occasion des élections.

Le déficit courant devrait se stabiliser après avoir subi en 2017 l’effet conjugué d’une dégradation des termes de l’échange (avec la baisse des prix du cacao) et de la hausse des importations. L’excédent commercial devrait rester quasi inchangé, la hausse des importations de biens d’équipement compensant celle des exportations. Les déficits des balances des services, avec le fret et les services liés à la réalisation des projets, des revenus, avec les rapatriements de profits des entreprises étrangères et les paiements d’intérêts de la dette, et des transferts, à cause des envois de fonds des travailleurs étrangers, feront basculer le solde courant en négatif. Les flux financiers, principalement les IDE, prêts projets et investissements de portefeuille, financeront le déficit courant et pourraient participer à l’accumulation des réserves de change communes de l’UEMOA.

 

Le spectre de la crise de 2010-2011 au-dessus de l’élection 2020

Exerçant la fonction de président depuis 2011, suite au conflit post-électoral de 2010-2011 (environ 3 000 victimes), Alassane Ouattara a été réélu en 2015 sans heurts témoignant d’une relative normalisation du climat politique. Toutefois, l’élection présidentielle prévue le 31 octobre 2020 pourrait s’avérer plus tumultueuse. L’ambiguïté entretenue par le président autour d’une candidature à un troisième mandat, en principe interdit par la Constitution de 2016 qui n’indique pas si la limitation à deux mandats s’applique rétroactivement, est notamment une source de crispation. La recomposition de la commission électorale, opérée pendant l’été 2019, a fait l’objet de controverses. Les tensions sont aussi avivées par la perspective d’un retour des querelles entre les trois forces politiques qui se disputent le pouvoir depuis trois décennies. La scission, en 2018, de l’Alliance entre le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix du président Ouattara et le Parti démocratique de la Côte d’Ivoire de l’ex-président Henri Konan Bédié (1993-1999), et l’acquittement de crimes contre l’humanité, en début d’année 2019, de l’ex-président Laurent Gbagbo (2000-2010) ont remis sur le devant de la scène politique tous les acteurs de la crise de 2010-2011. Bien que la candidature de ce dernier paraisse hypothétique, après que la procureure de la CPI a fait appel de son acquittement en septembre 2019, il exercera probablement une influence dans l'élection par le biais du Front populaire ivoirien. L’émission d’un mandat d’arrêt international, en décembre 2019, suite à des accusations de tentative de déstabilisation et détournement de deniers publics à l’encontre de Guillaume Soro, acteur de la vie politique ivoirienne depuis plus de 20 ans et candidat déclaré à l’élection présidentielle, pourrait alimenter la nervosité. Dans ce contexte, la réforme constitutionnelle envisagée par le président Ouattara au premier trimestre 2020 pourrait s’avérer clivante. En ravivant certaines tensions, cette élection promet déjà de mettre à l’épreuve la fragile réconciliation nationale de la dernière décennie.

 

Dernière mise à jour : février 2020

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