Etudes économiques
Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire

Population 26,3 millions
PIB par habitant 2 230 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 6,8 6,5 1,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,4 0,8 2,5 2,0
Solde public / PIB (%) -2,9 -2,3 -5,0 -4,0
Solde courant / PIB (%) -3,6 -2,7 -4,0 -3,0
Dette publique / PIB (%) 53,2 52,0 57,0 59,0

(e): Estimate (f): Forecast

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources : richesses agricoles (premier producteur mondial de cacao, café, sucre, noix de cajou, caoutchouc), hydrocarbures, minerais (or, cuivre, fer, manganèse, bauxite)
  • Infrastructures en cours de modernisation
  • Expansion de la classe moyenne, même si la pauvreté touche encore 40% de la population et le travail des enfants n’a pas disparu
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Maîtrise de l’inflation à travers l’appartenance à l’UEMOA et sa monnaie commune

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux aléas climatiques et à l’évolution des cours du cacao, principal produit d’exportation ; l’agriculture représente 22% de la valeur ajoutée du PIB, mais 70% de la population et 40% des exports
  • Faible place pour la transformation des produits agricoles : l’industrie manufacturière représente 13% du PIB et ses produits 8% des exports
  • Lacunes encore à combler en matière de gestion des finances publiques, d’infrastructures, d’accès aux services bancaires, et d’environnement des affaires, en dépit des progrès accomplis
  • Faiblesse de la recette publique : 14% du PIB
  • Dominance de l’informalité : 90% de l’emploi et 70% de la valeur ajoutée ; production clandestine de cacao nuisant à la tenue du cours
  • Forte inégalité de richesse entre Abidjan et le reste du pays
  • Lents progrès en matière de réconciliation nationale

Appréciation du risque

Après la crise, retour à une forte croissance

En 2020, la crise sanitaire a mis fin à une succession d’années à forte croissance. Les exportations de cacao (50% du total), de café, de noix de cajou, de coton, de banane et d’ananas ont souffert de la baisse de la demande mondiale, ainsi que de la désorganisation du transport. Malgré la modération des importations entraînée par l’affaiblissement de la demande intérieure, la contribution des échanges à la croissance fut négative. Mais, c’est la méforme de la demande intérieure qui fut la cause principale de la contre-performance. La consommation et l’investissement privés ont été atteints par les mesures de lutte contre la pandémie (couvre-feu, isolement d’Abidjan, fermetures des frontières, marchés, restaurants et écoles, restrictions, au transport), malgré la mise en place d’un plan de soutien équivalent à 5% du PIB prévoyant des aides aux agriculteurs, des versements aux ménages, des reports d’échéances fiscales et de facturation d’eau et électricité. Les ménages ont été aussi confrontés au renchérissement des prix alimentaires dû aux problèmes d’approvisionnement, tandis que les agriculteurs voyaient leur revenu chuter avec la baisse des volumes de cacao commercialisés. Les services (50% du PIB), notamment les télécommunications, les transports, le commerce de détail, et la construction ont été affectés.

2021 devrait voir une nette reprise à laquelle l’effet de base favorable ne sera pas étranger. Les exportations devraient retrouver de la vigueur, tout comme l’investissement public dans le cadre du Plan national de développement 2021-2025 avec l’extension du port d’Abidjan, le développement des infrastructures de transport avec le Niger et le Burkina, les infrastructures liées à l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations de football 2023, et la construction d’une route vers Dakar. Les investissements étrangers prendront de la vitesse, non seulement dans l’agriculture, mais aussi dans l’industrie extractive. La consommation des ménages devrait aussi reprendre des couleurs, en lien avec le redémarrage de la demande et une récolte abondante de cacao. Le prix minimum garanti aux producteurs a augmenté de 21% pour la récolte 2020-21 (débutée en octobre) grâce au redressement des cours et à la mise en place, en coopération avec le Ghana, du différentiel de revenu de 400 dollars la tonne payable par les acheteurs s’ils veulent bénéficier du label équitable. Le tourisme, en plein essor jusqu’en 2019 (7% du PIB), redémarrera lentement. Cependant, une dégradation du contexte politique et social après les élections législatives de mars 2021 pourrait nuire à la reprise.

 

Dégradation modérée des comptes

La crise, avec la diminution des recettes et l’augmentation des dépenses, a provoqué une détérioration modérée des comptes publics. Il ne devrait s’agir que d’un intermède dans le processus d’amélioration reposant sur la réforme administrative, la numérisation et, paradoxalement, la sous exécution de la dépense. Le besoin accru de financement a été initialement couvert par le FMI à hauteur de USD 886 millions, la suspension du service de la dette bilatérale pour 205 millions, et l’émission de bons « COVID-19 » à hauteur de 0,6% du PIB auprès de la banque centrale régionale. Ultérieurement, le pays a émis, sans difficulté, à plusieurs reprises des bons COVID-19 sur le marché régional, ainsi qu’un milliard d’euros sur le marché international avec un taux de 5% à 11 ans. La consolidation budgétaire devrait reprendre dans le cadre de la négociation de nouveaux accords de financement avec le FMI. Le faible poids de l’investissement (4% du PIB en 2019), celui élevé de la masse salariale, l’opérationnalisation progressive de la couverture maladie universelle et l’amélioration de la qualité de l’éducation et de la santé feront partie des enjeux.

Le déficit courant s’est peu creusé en 2020, restant modéré. La baisse des exportations a été partiellement compensée par celle des importations de biens d’équipement et d’énergie. Le déficit des services a baissé avec les achats de services liés à l’export et à la réalisation des projets d’infrastructure. Celui des revenus primaires n’a pas fluctué, l’augmentation du service de la dette étant balancée par la diminution des rapatriements de bénéfices par les investisseurs étrangers. Cela ne fut pas le cas de celui des transferts privés, puisque les remises des expatriés ont diminué, alors que celles des travailleurs immigrés variaient peu. En 2021, le déficit courant devrait retrouver son niveau d’avant-crise, les évolutions observées en 2020 s’inversant, avec la réapparition de l’excédent commercial. Le financement restera largement assuré par un bouquet d’IDE, de financements concessionnels et d’investissements de portefeuille.

 

Situation politique fragile

Alassane Ouattara, président depuis 2011, a remporté la présidentielle d’octobre 2020 avec 94% des voix. Les principaux candidats d’opposition, Affi N’Guessan et l’ex-président Henri Konan Bédié (1993-1999), avaient demandé aux électeurs de boycotter le scrutin qui s’est déroulé dans la violence avec des morts. Ils contestaient la légitimité du sortant à se représenter pour un troisième mandat, alors que la constitution de 2016 limite leur nombre à deux. L’intéressé et la cour constitutionnelle avaient, au contraire, estimé que le nouveau texte remettait les compteurs à zéro. Par ailleurs, cette cour avait rejeté quarante des quarante-quatre candidatures, notamment celles de l’ex-président Laurent Gbagbo (2000-2010) et de l’ex-président de l’Assemblée nationale Guillaume Soro, acteur de la vie politique ivoirienne depuis plus de 20 ans. Les législatives, repoussées, devraient se tenir en mars 2021 dans un climat non apaisé, avec le risque de voir une répétition de la crise de 2010-2011. Tous ses acteurs sont encore sur la scène, prompts à se servir des inimitiés et des inégalités ethniques et régionales. Le parti présidentiel, le Rassemblement des Houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) est favori. L’opposition estime la commission électorale partiale et le découpage électoral trop favorable au RHDP.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

Haut de page
  • Français
  • English