Etudes économiques
Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire

Population 24,3 millions
PIB par habitant 1 466 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 8,8 8,2 6,7 7,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,2 0,7 0,9 1,5
Solde public / PIB (%) -2,9 -4,0 -4,5 -3,8
Solde courant / PIB (%) -1,4 -1,8 -2,8 -2,7
Dette publique / PIB (%) 47,8 47,8 48,7 48,3

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources : hydrocarbures, minerais (or, cuivre, fer, manganèse, bauxite) et richesses agricoles (premier producteur mondial de cacao, café, sucre, noix de cajou)
  • Infrastructures en cours de modernisation
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Renforcement de la stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Économie dépendante des aléas climatiques et de l’évolution des cours du cacao, principal produit d’exportation
  • Lacunes encore à combler en matière de gestion des finances publiques, d’infrastructures et d’environnement des affaires, en dépit des progrès accomplis
  • Lents progrès en matière de réconciliation nationale

Appréciation du risque

Croissance vigoureuse malgré quelques turbulences

En 2017, la croissance, bien que vive, a été moins vigoureuse à cause de la baisse de la production pétrolière et celle des prix du cacao. En 2018, les investissements seront encore un élément moteur de la croissance. L’investissement public continuera notamment d’être porté par la poursuite des grands travaux publics d’infrastructures dans le cadre du second Plan national de développement (PND 2016-2020). Les secteurs de la construction, des transports et de l’énergie continueront ainsi d’être des moteurs de la vigoureuse croissance ivoirienne. Ces investissements publics, combinés aux diverses réformes entreprises pour améliorer le climat des affaires, devraient également soutenir l’accroissement de l’investissement privé. L’agriculture, l’agro-industrie, le secteur minier, manufacturier ou encore les services (télécommunication) seront des activités privilégiées. Désireux de développer l’industrie pétrolière et gazière, le gouvernement a, en revanche, rencontré des difficultés à attiser l’intérêt des investisseurs après notamment plusieurs revers dans la phase d’exploration. Les prix du pétrole, probablement plus fermes en 2018 pourraient néanmoins encourager de nouveaux projets dans les hydrocarbures. Après avoir souffert en 2017, les revenus d’exportations liés au cacao devraient croître faiblement, en lien avec l’évolution des prix de l’or brun. L’entrée en production de la mine d’or de Sissingué au premier trimestre 2018 pourrait, en revanche, être une addition bienvenue aux exportations. Avec quelques 6 millions d’Ivoiriens dépendants de la filière cacaotière, la consommation des ménages pourrait pâtir des prix bas du fruit de leur travail. Néanmoins, les perspectives de croissance de la consommation privée demeurent positives, grâce notamment à la stabilité des prix.

 

La chute des cours de l’or brun précipite un ajustement budgétaire

Creusé en 2017 par les conditions socio-économiques difficiles (baisse des prix du cacao, versements de primes pour répondre aux revendications sociales), le déficit budgétaire devrait se réduire en 2018. La maîtrise des dépenses courantes permettra de libérer des marges pour celles d’investissements en capital prévues pour la réalisation du PND 2016-2020. La rationalisation de certaines exonérations fiscales et l’amélioration de la mobilisation des impôts doivent permettre aux recettes de progresser lors du prochain exercice fiscal. Les réformes du système fiscal seront soutenues par le FMI dans le cadre des programmes triennaux de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC) dans lesquels est engagé le pays depuis fin 2016. Le niveau de la dette publique demeure modéré, en-deçà notamment de la norme de l’UEMOA de 70 %, et les indicateurs de soutenabilité et de liquidité indiquent un risque de surendettement mesuré. L’accumulation de dette, particulièrement extérieure, est encadrée par la stratégie de gestion de la dette de manière à garantir la pérennité du financement de l’État.

La dégradation de l’excédent de la balance des biens, consécutive au repli des recettes d’exportations, dans le sillage des cours du cacao, a eu pour effet de détériorer le déficit du solde courant en 2017. En 2018, dans un contexte de relative faiblesse des prix du cacao, et malgré la production vigoureuse, la balance des biens ne devrait pas enregistrer d’amélioration significative. Croissance économique rapide et programme d’investissements publics continueront à nourrir la demande d’importations. Comme au cours des dernières années, les comptes des services, des transferts et des revenus demeureront déficitaires. En dépit de la détérioration du solde courant, les investissements directs étrangers et les emprunts extérieurs, notamment concessionnels, financeront le déficit.

 

Une stabilité politique encore fragile

La réélection, sans heurts, en 2015 d’Alassane Ouattara a permis de tourner la page des violences qui ont suivi l’élection de 2010. Néanmoins, malgré la victoire de la coalition bipartite au pouvoir (Rassemblement des républicains - RDR) lors des élections législatives de 2016, la stabilité politique demeure fragile. Un référendum constitutionnel boycotté par l’opposition la même année a notamment rappelé que la réconciliation entre les ivoiriens n’est pas encore achevée. Des mutineries au sein de l’armée au cours du premier semestre 2017 ont également ramené le sujet de la stabilité politique au cœur du débat. Le paiement des primes réclamées par les mutins afin de mettre fin à la crise pourrait saper la crédibilité du président Ouattara. En effet, alors que la déconnection entre le dynamisme de la croissance et le sentiment de stagnation du niveau de vie alimente la frustration, l’accord trouvé entre le gouvernement et les mutins, dont les détails n’ont pas filtré, passe mal auprès d’une population qui souffre encore du manque de travail et de la qualité insuffisante des services publics. De plus, les revendications des fonctionnaires, qui avaient conduit à des grèves en janvier 2017, pourraient également ressurgir, puisque leurs représentants estiment, toujours, que les négociations pour obtenir des augmentations et le paiement d’arriérés de salaires n’ont pas abouti. Ces sources d’instabilité pourraient être exacerbées, alors que la course à la succession d’Alassane Ouattara, qui, conformément à la Constitution, devrait se retirer en 2020 après avoir servi deux mandats consécutifs, s’intensifie.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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