Etudes économiques
Côte d'Ivoire

Côte d'Ivoire

Population 24,3 millions
PIB par habitant 1 466 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018(p) 2019(p)
Croissance PIB (%) 8,2 7,8 7,4 7,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,7 0,8 0,6 1,4
Solde public / PIB (%) -3,9 -4,2 -3,8 -3,2
Solde courant / PIB (%) -1,1 -2,1 -2,7 -3,1
Dette publique / PIB (%) 47,0 46,8 48,3 47,3

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources : hydrocarbures, minerais (or, cuivre, fer, manganèse, bauxite) et richesses agricoles (premier producteur mondial de cacao, café, sucre, noix de cajou)
  • Infrastructures en cours de modernisation
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Renforcement de la stabilité politique

POINTS FAIBLES

  • Économie dépendante des aléas climatiques et de l’évolution des cours du cacao, principal produit d’exportation
  • Lacunes encore à combler en matière de gestion des finances publiques, d’infrastructures et d’environnement des affaires, en dépit des progrès accomplis
  • Lents progrès en matière de réconciliation nationale

Appréciation du risque

Croissance robuste, malgré une baisse graduelle

Alors que l’effet de rattrapage post-crise politique de 2011 s’estompe, la croissance devrait continuer à baisser en 2019. Elle restera néanmoins vive, portée par les investissements. Les secteurs de la construction, des transports et de l’énergie devraient continuer à se montrer vigoureux, sous l’impulsion de l’investissement public dans les grands travaux d’infrastructures, dans le cadre du second Plan national de développement (PND 2016-2020), comme l’expansion du port autonome d’Abidjan qui se poursuivra. Les améliorations du climat des affaires et un recours accru au PPP contribueraient au soutien de l’investissement privé. Ce dernier visera notamment les secteurs de la transformation (agro-industrie en particulier) et des services (télécommunications). La croissance du secteur tertiaire sera aussi tirée par une consommation privée qui, bien qu’en perte de vitesse, devrait rester vigoureuse. Malgré les probables progrès des exportations industrielles, la contribution de la balance commerciale devrait souffrir des difficultés de la filière cacao, dont les recettes représentent plus de 40 % des exportations totales. En effet, après deux saisons difficiles dans le sillage de la chute des cours de l’or brun en 2016-2017 et marquées par la procédure de liquidation judiciaire de l’un des principaux exportateurs du pays (SAF-Cacao), la lutte contre le virus de la pousse de cacao gonflée (cacao swollen shoot virus) et la politique d’arrachage des cacaoyers malades devraient se traduire par une baisse de la production lors de la campagne du cacao 2018-2019.

 

Poursuite de l’ajustement budgétaire, dégradation du déficit courant

En 2019, la poursuite des efforts d’ajustement dans le but d’atteindre le niveau du critère de convergence de l’UEMOA de 3 % du PIB en 2019 devrait permettre de réduire le déficit budgétaire qui s’était particulièrement creusé en 2017 à cause des conditions socio-économiques difficiles (baisse des prix du cacao, versements de primes pour répondre aux revendications sociales). L’atteinte de l’objectif passera notamment par une mobilisation accrue des recettes fiscales : le retrait graduel d’exonérations fiscales, la remise en place du droit d’enregistrement sur le cacao, l’introduction d’une taxe sur les noix de cajou ou encore l’amélioration des recettes de la TVA sont quelques-unes des mesures entreprises pour y parvenir. L’accélération des réformes de l’administration fiscale et douanière doit également permettre d’améliorer la mobilisation des recettes. Ces mesures s’accompagneraient d’efforts pour contenir la masse salariale et l’investissement public, avec notamment l’inscription des PPP au programme d’investissement public à compter de 2019. Les réformes du système fiscal continueront d’être soutenues par le FMI dans le cadre des programmes triennaux de la facilité élargie de crédit (FEC) et du mécanisme élargi de crédit (MEDC) dans lesquels est engagé le pays depuis fin 2016. Le niveau de la dette publique demeure modéré, en deçà notamment de la norme de l’UEMOA de 70 %, et les indicateurs de soutenabilité et de liquidité indiquent un risque de surendettement mesuré.
Le déficit de la balance des transactions courantes devrait se dégrader en 2019 dans le sillage de la détérioration de l’excédent commercial. Ce dernier devrait principalement souffrir d’un repli des exportations de l’or brun et, surtout, de la croissance des importations de consommation et d’investissement, tirées par le dynamisme de la demande interne. Les déficits des comptes des services, des transferts et des revenus, relativement stables continueront de faire pencher la balance courante dans le rouge. Malgré cette détérioration, les prêts projets et les IDE devraient permettre de financer ce déficit.

 

La scène politique mobilisée par les élections présidentielles 2020

Si la réélection sans heurts du président Alassane Ouattara en 2015 a témoigné d’une certaine normalisation du climat politique après les violences qui avaient suivi l’élection 2010, la stabilité politique du pays affiche quelques signes de fragilité à l’approche des élections 2020. Des déclarations ambiguës sur les intentions de M. Ouattara de se présenter pour un troisième mandat, en principe interdit par la Constitution de 2016, ont provoqué de vives réactions et, malgré les démentis qui s’en sont suivis, ont attisé les tensions entourant la succession du président. Le retrait du Parti démocratique de la Côte d’Ivoire et de son chef de file, l’ex-président Henri Konan Bédié (1993-1999) du parti unifié, le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix, lancé en juillet 2018 par Alassane Ouattara dans l’optique des élections présidentielles, met notamment en exergue l’intensification des querelles politiques. En août 2018, la libération de Simone Gbagbo, vice-présidente du Front populaire ivoirien et femme de l’ex-président Laurent Gbagbo (2000-2010) encore incarcéré par la CPI au moment de l’écriture, a ravivé les ambitions de son parti, ouvrant ainsi la voie à une lutte entre les trois forces politiques qui se disputent le pouvoir depuis trois décennies lors des présidentielles 2020. Dans le même temps, alors qu’une partie de la population estime ne pas recevoir les dividendes de la robuste croissance connue par le pays depuis 2012, les mutineries au sein de l’armée et les nombreuses grèves de fonctionnaires qui avaient éclaté en 2017 ont témoigné d’un climat social tendu. Les évènements des dernières années constituent des rappels que la réconciliation nationale post-2011 est toujours en cours.

 

Dernière mise à jour : février 2019

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