Etudes économiques
Croatie

Croatie

Population 4,1 millions
PIB par habitant 14,870 $US
B
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,0 2,6 2,9 -9,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 1,6 1,0 1,4
Solde public / PIB (%) 0,8 0,2 -0,3 -0,1
Solde courant / PIB (%) 4,1 2,9 1,5 0,5
Dette publique / PIB (%) 77,8 74,5 71,0 68,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • 35% de l’électricité issue de sources renouvelables, 40 % importée
  • Attractivité touristique et longue façade maritime
  • Potentiel pétrolier et gazier
  • Ancrage de la kuna à l’euro (76 % des dépôts bancaires en euros ou indexés à l’euro), en vue de la participation au Mécanisme de change européen (MCE II) en 2020
  • 12,6 milliards d’euros de fonds structurels européens sur la période 2014-2020, soit 22 % du PIB 2018
  • Qualité des infrastructures

POINTS FAIBLES

  • Endettement privé et public encore élevé : le service de la dette publique représente 14 % du PIB
  • Lacunes institutionnelles : administration, santé et justice manquent d’efficacité, chevauchement des échelons administratifs, corruption
  • Traitement de l’insolvabilité long et peu efficace
  • Faible diversification industrielle / manque de compétitivité
  • Importance du chômage parmi les jeunes (23% en janvier 2019), faible participation des femmes
  • Émigration soustrayant de la main-d’œuvre qualifiée, diminution de la population

Appréciation du risque

Activité soutenue par la demande domestique

En dépit d’un léger ralentissement, l’économie devrait bénéficier d’une croissance satisfaisante en 2020, portée par la demande domestique. Avec l’apparition d’une pénurie de main-d’œuvre dans certains secteurs et la progression continue de l’emploi, la consommation des ménages (58 % du PIB) profite de la progression des salaires. S’ajoutent la baisse du taux normal de TVA de 25 à 24 %, celle de la TVA sur la restauration à 13 %, la réduction ou la suppression de l’imposition des revenus pour les moins de 30 ans, et l’augmentation des pensions et des rémunérations du secteur public. L’inflation resterait faible. Jointe à la stabilité de la kuna, cela devrait inciter la banque centrale à conserver sa politique accommodante. Cela concourra, avec la baisse des prêts douteux (9,4 % en octobre 2019) et la résolution de la faillite Agrokor, à la poursuite de la reprise du crédit. La consommation publique devrait aussi conserver sa vivacité. Par contre, l’investissement (21 % du PIB) pourrait perdre de sa vigueur. Pourtant, la mise en œuvre des fonds structurels européens s’accroît (76 % de l’enveloppe 2014-2020 utilisée à octobre 2019), bénéficiant tout autant au privé qu’au public. Les travaux du pont de Peljesac devant assurer une continuité routière entre le nord et le sud du littoral croate en enjambant l’accès maritime de la Bosnie, se poursuivent pour une livraison en 2022. Enfin, la contribution des échanges à la croissance pourrait redevenir négative du fait de la mauvaise performance économique des principaux marchés à l’exportation (produits pétroliers, bois, machines et matériel électrique), et de la concurrence accrue des autres destinations touristiques méditerranéennes. Les ventes de médicaments ne devraient pas être affectées. Dans le même temps, les importations seront dopées par la demande intérieure.

 

Allègement de la dette et incontournable tourisme

Les comptes publics devraient rester proches de l’équilibre en 2020, excédentaires si l’on exclut les intérêts de la dette. Il existe un petit risque de dérapage lié à la tenue des élections législatives en décembre 2020. Il est lié aux tensions sur les salaires, notamment pour les policiers, les enseignants et les soignants, ainsi qu’aux éventuelles aides à apporter aux chemins de fer et aux hôpitaux (très endettés). La mise en jeu des garanties fournies par l’État aux chantiers navals Uljanik (4 500 emplois, 25 % du capital appartenant à l’État), en faillite et à la recherche d’un partenaire, ne bouleverserait pas la situation, car les plus importantes ont déjà été actionnées. De plus, le pays, qui exerce la présidence européenne au 1er semestre 2020, aura en tête l’entrée dans le mécanisme de change MCE II, l’union bancaire et l’espace Schengen. Dans ces conditions, l’excédent primaire (c.-à-d. hors intérêts), la croissance soutenue et le faible niveau des taux (spread de 0,8 à 1,2 % avec le Bund à octobre 2019) suffisent pour entraîner un allègement supplémentaire de la dette liée pour 65 % à l’euro et dont la part domestique (63 %) est détenue en grande partie par les banques filiales de groupes européens. Toutefois, l’amélioration repose beaucoup sur l’effet bénéfique de la croissance sur les recettes, notamment de la consommation via la TVA et de l’emploi à travers les cotisations sociales. Le poids de la conjoncture dans la performance relativise le bon résultat, ce qui est corroboré par la persistance du déficit structurel (0,8 % en 2019) qui fait abstraction de cet aspect.

L’excédent courant continuera de se réduire en 2020 en phase avec le creusement du déficit des échanges de biens (19 % du PIB en 2019). Le dynamisme des exportations et du tourisme est surpassé par la vigueur des importations liée à la difficulté pour l’industrie locale de répondre à la demande interne et au contenu élevé en importations des exportations. L’excédent des services lié aux recettes touristiques (20 %) ne devrait plus pouvoir le compenser. Par ailleurs, la somme des transferts des expatriés et des fonds européens (4 % du PIB) égale à peu près les sorties nettes de dividendes et d’intérêts. Les investissements directs étrangers (3 % du PIB) répondent aux besoins de développement du tourisme et des ressources en énergie, tout en alimentant les réserves de change (8 mois d’importations). Ces dernières, ainsi que l’ancrage de la kuna à l’euro, renforcé par l’adhésion au mécanisme de change MCE II, minorent le risque de change lié à la dette extérieure. Surtout libellée en euro, la dette extérieure (70 % du PIB fin 2019 contre 75 % un an plus tôt) représente un risque pour les entreprises non financières (53 % de l’encours, dont 1/4 au titre de prêts intragroupes), l’État (38 %), ainsi que pour les banques (9 %).

 

Fragilité gouvernementale et relations de voisinage tendues

À la suite de la dislocation de la coalition formée avec le parti réformiste et centriste MOST (« le Pont »), le Premier ministre et chef de l’Union démocratique (HDZ) de centre droit Andrej Plenkovic est parvenu à en former une nouvelle avec les libéraux du Parti populaire (HNS) et le soutien d’élus indépendants en juin 2017. Disposant de 82 sièges (dont 55 pour HDZ) sur 151, elle est secouée par l’opposition entre le Premier ministre et l’aile nationaliste du HDZ, et par les velléités de départ du HNS (4 sièges). La victoire du social-démocrate Zoran Milanovic à la présidentielle de janvier 2020 face à la sortante issue du parti au pouvoir est un signal important dans la perspective des élections législatives prévues pour décembre 2020.

Au niveau international, on note les relations tendues avec la Serbie, avec la Bosnie à propos de sa composante croate et du pont de Peljesac, ainsi que le refus de la sentence de la Cour permanente d’arbitrage accordant un accès à la mer à la Slovénie dans la baie de Piran dont cette dernière pourrait se servir pour refuser l’accès à l’espace Schengen.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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