Etudes économiques
Djibouti

Djibouti

Population 1,1 millions
PIB par habitant 3 103 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 8,4 7,5 -2,0 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,1 3,3 1,5 2,6
Solde public / PIB (%) -2,8 -1,6 -4,4 -2,5
Solde courant / PIB (%) 18,0 14,9 -2,9 1,8
Dette publique / PIB (%) 69,9 66,5 73,1 67,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Position géostratégique à l’entrée de la mer Rouge et soutien de la communauté internationale
  • Émergence du pays en tant que plateforme commerciale, logistique et militaire régionale
  • Afflux d’importants investissements directs étrangers
  • Processus de modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires, zones franches
  • Au cœur du projet de route de la soie de la Chine
  • Seul accès à la mer pour l’Éthiopie, où transite 90 % de son commerce

POINTS FAIBLES

  • Risque élevé de surendettement
  • Dépendance croissante à l’égard de l’Éthiopie et de la Chine
  • Importante économie informelle : grande pauvreté et chômage endémiques
  • Aridité du climat
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

La dépendance aux activités de ré-export rend la reprise incertaine

L’économie s’est contractée en 2020 en raison de la crise sanitaire. En réponse à l’épidémie, le gouvernement a décrété des restrictions aux frontières, ainsi que l'interruption des déplacements vers (et de) Djibouti-ville. Les travailleurs non essentiels ont été confinés et les mesures de distanciation physique encouragées. L’économie, principalement centrée sur les services de transport et de logistique (85% du PIB), qui profitait du décollage économique de son voisin, l’Ethiopie, dont une grande part des échanges passe par Djibouti, a souffert de la méforme de cette dernière. Avec l’allègement de certaines restrictions depuis mai 2020 et l’ouverture des frontières en juillet 2020, une reprise est intervenue. Sa poursuite, en 2021, dépendra de la vivacité des activités du port et de zone franche, donc des performances économiques de ses partenaires commerciaux. Afin de combler les besoins en hydrocarbure du pays, une nouvelle jetée est en construction dans le port de Damerjog dans le cadre du développement d’une zone franche industrielle depuis 2018 pour un montant total de USD 3,8 milliards (environ 100% du PIB) dont le remboursement auprès de la Chine est réparti sur 15 ans. Djibouti a pour ambition de devenir un hub commercial régional. Cependant, il est confronté à la concurrence régionale qui pourrait profiter de la décision de justice en faveur du groupe émirati DP World contre Djibouti à propos de la gestion du port à conteneurs de Doraleh depuis 2018. La population, largement dépendante de l’économie informelle (70% des emplois), devrait, pourtant, profiter de la création d’emplois découlant des investissements extérieurs. Le taux de chômage (près de 50 %) devrait connaître une baisse qui pourrait stimuler la consommation privée (près de 60 % du PIB). Toutefois, cette dernière risque de souffrir d’une hausse des prix des denrées alimentaires et du pétrole en 2021 lié à une hausse de la demande.

 

Consolidation budgétaire retardée et solde courant détérioré

Les dépenses pour lutter contre la crise du COVID-19, à hauteur de 2,4% du PIB, ont creusé le déficit budgétaire. Alors que les dépenses d’investissement ont diminué, celles de santé et de sécurité sociale augmentaient. Cet épisode a provisoirement stoppé l’assainissement budgétaire qui devrait reprendre en 2021. Le financement des infrastructures, ces dernières années, a lourdement pesé sur les comptes publics, faisant émergé un risque élevé de surendettement. La dette publique, presque entièrement extérieure, est essentiellement due à la Chine (55 % en 2018). Malgré la restructuration du prêt chinois relatif au chemin de fer avec l’Éthiopie en septembre 2018 qui a permis de rallonger la durée de remboursement et d’abaisser le taux, le service de la dette devrait augmenter. En mai 2020, le FMI a approuvé un prêt de USD 43,4 millions pour aider les autorités à faire face à la crise de la COVID-19, ainsi qu’un allégement de la dette au titre du fonds fiduciaire « Assurance et Riposte aux Catastrophes » pour dégager des ressources supplémentaires.

L’excédent courant a disparu en 2020 en raison de la contraction du commerce mondial et de son impact négatif sur la vente de services entourant l’activité de ré-export avec l’Ethiopie dont le pays est dépendant (80% des exportations). De plus, hors réexportation, la baisse des importations, liée aux mesures de confinement et à la récession économique, n’a pas compensé la baisse des exportations (bétails). En 2021, le solde courant redeviendrait légèrement positif. Les importations de biens d’équipement devraient continuer de diminuer en phase avec les investissements en infrastructures. Mais, la reprise des échanges mondiaux pourrait insuffisamment redynamiser le commerce avec l’Ethiopie et les exportations de services. La hausse des rapatriements de profits des investissements étrangers, atténuera le surplus de la balance des revenus, entretenu par la présence de bases militaires étrangères et l’aide internationale, en hausse depuis la crise du COVID-19. De plus, les réserves de change détenues par la banque centrale sont particulièrement faibles, atteignant 1,4 mois d’importations.

 

Poursuite du plan de développement Vision 2035 dans un climat d’incertitude

Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999, devrait remporter les élections présidentielles en avril 2021, aidé par la politique de non-participation de ses opposants. Le pays devrait se concentrer, à court terme, sur la sécurité alimentaire des plus démunis, suite à l’invasion de criquets dont l’agriculture est victime. De plus, le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du plan de développement Vision 2035, qui a pour double objectif de tripler le revenu par tête et d’améliorer les indicateurs de développement social et humain. Malgré la volonté de transformer le pays, l’environnement des affaires reste médiocre, souffrant notamment de la faiblesse de la gouvernance et de la corruption (classé 126e sur 190 d’après Transparency International). Le lourd endettement du pays pourrait nuire aux relations commerciales avec la Chine, principale créancière. Les relations bilatérales plus étroites, symbolisées par l’installation d’une base militaire chinoise en 2017, pourraient impliquer les autorités djiboutiennes dans le jeu diplomatique entre les différents pays ayant des intérêts et des bases militaires dans la région. De plus, la reprise des relations diplomatiques entre l’Érythrée et l’Éthiopie pourrait peser sur les perspectives du pays, si l’Éthiopie venait à négocier des accords permettant de s’affranchir de sa dépendance à Djibouti pour ses échanges commerciaux.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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