Etudes économiques
Djibouti

Djibouti

Population 1 million
PIB par habitant 2787 $US
C
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 5,1 5,5 6,0 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,6 0,1 2,6 2,9
Solde public / PIB (%) -4,5 -2,9 -1,5 -0,5
Solde courant / PIB (%) -3,6 15,9 -0,3 -3,0
Dette publique / PIB (%) 71,2 72,2 70,9 68,6

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Position géostratégique à l’entrée de la mer Rouge et soutien de la communauté internationale
  • Émergence du pays en tant que plateforme commerciale, logistique et militaire régionale
  • Afflux d’importants investissements directs étrangers
  • Processus de modernisation des infrastructures portuaires et ferroviaires, zones franches
  • Au cœur du projet de route de la soie de la Chine
  • Seul accès à la mer pour l’Éthiopie, où transite 90 % de son commerce.

POINTS FAIBLES

  • Risque élevé de surendettement
  • Dépendance croissante à l’égard de l’Éthiopie et de la Chine
  • Importante économie informelle : grande pauvreté et chômage endémiques
  • Aridité du climat
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

La réexportation entretient une croissance forte

En 2020, la croissance devrait rester forte. Elle sera soutenue par les exportations de services de transport, de logistique et de télécommunication, grâce aux retombées des investissements réalisés, visant à faire du pays un pôle commercial, logistique et numérique majeur de la région. L’émergence des exportations provenant des industries légères naissantes, telles le montage de chaussures, la transformation agroalimentaire et les matériaux de construction, situées dans les zones franches, pourrait accroître la valeur des exportations locales. D’autres investissements auront vocation à développer la production de sel, la pêche, les énergies renouvelables, ainsi que le tourisme, et devraient être assurés par le secteur privé. Cependant, leur rythme pourrait pâtir d’une crainte des investisseurs, conséquence, notamment, de la mise à l’écart par le gouvernement du groupe des EAU DP World dans la gestion du nouveau terminal de conteneurs du port de Doraleh et la nationalisation de ses parts (un tiers du capital) en attendant un arrangement financier. En outre, l’environnement opérationnel contraignant dans les secteurs de l’électricité, des télécommunications et de l’éducation, pourrait limiter l’investissement privé et la compétitivité. La population, largement dépendante de l’économie informelle, devrait, pourtant, profiter de la création d’emplois découlant des investissements extérieurs. Le taux de chômage (près de 50 %) devrait connaître une baisse qui pourrait stimuler la consommation privée (près de 60 % du PIB). Toutefois, cette dernière risque de souffrir d’une hausse des prix des denrées alimentaires locales.

 

Détérioration du déficit courant

L’assainissement budgétaire devrait se poursuivre en 2020. Le financement des infrastructures, ces dernières années, a lourdement pesé sur les comptes publics et, devant le risque élevé de surendettement, la réduction du déficit sera la priorité des autorités. Alors que les dépenses d’investissement devraient diminuer, la hausse des dépenses courantes connaîtra une décélération. Les retombées des investissements effectués, ainsi que la meilleure collecte des recettes fiscales devraient générer une augmentation des recettes de l’État, mais insuffisantes pour retrouver l’équilibre budgétaire. La dette publique, presque entièrement extérieure, est essentiellement due à la Chine (55 % en 2018). Malgré la restructuration du prêt chinois relatif au chemin de fer avec l’Éthiopie en septembre 2018 qui a permis de rallonger la durée de remboursement et d’abaisser le taux, le service de la dette devrait augmenter, freinant l’effort de consolidation budgétaire.

Le déficit courant devrait se détériorer en 2020 en raison du ralentissement du commerce mondial et de son impact négatif sur l’activité de ré-export (106 % du PIB en 2018) dont l’économie est fortement dépendante. Par contre, le déficit courant hors réexportation (- 0,75 % du PIB en 2018) devrait très légèrement s’améliorer grâce aux exportations de services (33 % du PIB en 2018) qui continueront de croître, et aux importations, majoritairement constituées de biens d’équipement, qui se stabiliseraient, les investissements les plus importants ayant déjà été réalisés. Cependant, la hausse des rapatriements de profits des investissements étrangers, atténuera le surplus de la balance des revenus, entretenu par la présence de bases militaires étrangères. Les IDE (5,8 % du PIB en 2018) et les financements internationaux financeront le déficit courant et assureront l’ancrage du franc djiboutien au dollar. Les réserves de change détenues par la banque centrale devraient se stabiliser, à trois mois d’importations.

 

Poursuite du plan de développement Vision 2035

Ismaïl Omar Guelleh, au pouvoir depuis 1999 et réélu en 2016 pour un mandat de cinq ans, a procédé en mai 2019 à un remaniement pour donner les priorités des dernières années de son mandat. Le gouvernement poursuivra la mise en œuvre du plan de développement Vision 2035, qui a pour double objectif de tripler le revenu par tête et d’améliorer les indicateurs de développement social et humain. Il ambitionne de moderniser l’administration, notamment en renforçant la gestion et la surveillance des entreprises d’État, à développer le capital humain et le secteur privé et à ouvrir certaines des industries protégées à la concurrence. Malgré la volonté de transformer le pays, l’environnement des affaires reste médiocre (112e place au classement Doing Business 2020), souffrant notamment de la faiblesse de la gouvernance et de la corruption (classé 124e sur 148 d’après Transparency International). Le fort endettement du pays pourrait nuire aux relations commerciales avec la Chine, principale créancière. Les relations bilatérales plus étroites, symbolisées par l’installation d’une base militaire chinoise en 2017, pourraient impliquer les autorités djiboutiennes aux enjeux diplomatiques entre les différents pays ayant des intérêts et des bases militaires dans la région. En outre, elles pourraient pâtir de l’éventuelle nouvelle concurrence portuaire (Somalie, Érythrée). La reprise des relations diplomatiques entre l’Érythrée et l’Éthiopie pourrait peser sur les perspectives du pays, si l’Éthiopie venait à négocier des accords permettant de s’affranchir de sa dépendance à Djibouti pour ses échanges commerciaux.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page
  • Français
  • English