Etudes économiques
Egypte

Egypte

Population 89 millions
PIB par habitant 3709 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014  2015 2016 (p) 2017 (p)
Croissance économique (%)** 2,2 4,2 3,8 3,9
Inflation (moyenne annuelle) 10,0 10,9 10,1 18,2
Solde budgétaire / PIB (%)* -12,9 -11,5 -12,1 -10,0
Solde courant / PIB (%) -0,9 -3,7 -5,8 -5,2
Dette publique / PIB (%) 86,3 89,0 94,6 93,8

 *(p) : Prévisions **Années fiscales de juillet à juillet.

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique
  • Dette extérieure gérable
  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et de pays occidentaux

POINTS FAIBLES

  •  Pauvreté (40 % de la population) et chômage élevés
  •  Déficits jumeaux
  •  Faible niveau des réserves de change
  •  Système bancaire vulnérable au risque souverain

Appréciation du risque

Stagnation de l’activité en 2017

Après un début d’année dynamique, l’économie égyptienne a commencé à montrer des signes d’essoufflement en 2016. La pénurie de devises et les mesures prises par la banque centrale pour y répondre ont freiné les importations de biens contraignant l’activité du secteur manufacturier. La croissance de la consommation qui reste le principal moteur de l’activité a été contrainte par l’érosion du pouvoir d’achat découlant de la forte hausse du niveau général des prix. La confiance des ménages s’est dégradée et a atteint un point bas en fin d’année. Les exportations sont restées pénalisées par la surévaluation de la livre égyptienne. De même, la baisse du nombre de touristes continue de heurter le secteur. En novembre 2016, les autorités égyptiennes ont adopté un ensemble de mesures économiques dont la libéralisation du marché des changes et le retrait de certaines subventions leur permettant de signer un accord de prêt de 12 Mds de dollars au titre du mécanisme élargi de crédit avec le FMI. En dépit du soutien du FMI, l’année 2017 devrait rester marquée par un environnement économique déprimé. Le passage d’un régime de change à parité fixe à un régime de change flottant en novembre 2016 devrait permettre de répondre à la pénurie de dollars qui comprimait l’économie, mais aurait pour conséquence une nette hausse de l’inflation. Les secteurs moteurs en 2016 qu’ont été la construction et la distribution devraient être entravés par les effets négatifs de l’inflation sur la consommation des ménages. Les dépenses publiques observeraient également un recul en raison des marges de manœuvre limitées des autorités. Le secteur touristique continuerait de se contracter, même si la liaison aérienne entre la Russie et l’Egypte serait rétablie. L’investissement privé devrait retrouver un nouveau souffle suite à la dévaluation de la livre égyptienne et l’attractivité de l’Egypte pourrait en être renforcée.

 

Une consolidation des dépenses publiques

Le programme d’aide du FMI devrait favoriser la consolidation des finances publiques entraînant une légère résorption du déficit public en 2017, alors que ce dernier s’était accru en 2016. Les salaires des fonctionnaires, les subventions et le service de la dette continuent d’être les premiers postes de dépenses de l’Etat et représentent 75 % des dépenses publiques. La modération de la masse salariale se poursuivrait grâce à une croissance des salaires plus faible. La hausse des prix des carburants permettrait de limiter les subventions. Les recettes devraient également légèrement s’accroitre. La légère reprise du secteur manufacturier attendue suite à la dévaluation de la livre égyptienne devrait aider à augmenter la part des impôts directs dans le financement du budget. La mise en place d’une TVA votée en août 2016 par le parlement contribuerait, en outre, à élargir l’assiette fiscale. Enfin, la majoration des taxes sur le tabac et l’alcool pourrait augmenter les recettes budgétaires de 0,8 point de PIB. La réduction du déficit public entraînerait une inflexion de la trajectoire de la dette publique, principalement domestique et dont le ratio au PIB a augmenté de 5 points en 2016 en raison des déficits cumulés. La libéralisation du système de change devrait favoriser l’arrivée de capitaux étrangers sur le marché et permettre d’augmenter le rendement des obligations de l’Etat égyptien. Enfin, l’accord signé avec le fond monétaire international devrait envoyer un signal positif aux autres bailleurs de fonds internationaux. En parallèle à l’aide du FMI, l’Egypte recevrait 1,5 Mds de dollars de financement en provenance de la Banque Africaine de développement, ainsi qu’une aide de 3 Mds de dollars de la Banque mondiale.

 

Des comptes extérieurs qui restent déficitaires

Le déficit du compte courant devrait se stabiliser en 2017. Les exportations pétrolières resteraient contraintes par la baisse du prix du pétrole et par les faibles performances du secteur, mais les exportations hors pétrole devraient bénéficier de la dépréciation de la livre égyptienne. La hausse de la compétitivité des exportations ne pourrait, cependant, que partiellement compenser la baisse des recettes touristiques qui continuerait de détériorer la balance des services. Les importations, entièrement libéralisées suite au changement de régime de change, devraient s’accroître. Les recettes issues du canal de Suez devraient également être bridées en écho au ralentissement du commerce mondial. Après avoir crû de 2 % en 2015/2016, les flux d’IDE devraient cependant continuer de se stabiliser et s’accroîtrait progressivement.

 

Un contexte sociopolitique qui reste tendu

Le climat social égyptien pourrait se détériorer en 2017. Bien qu’une part de la population reste solidaire avec le gouvernement, le risque de mouvements sociaux s’accroît face aux pénuries et à la hausse significative de l’inflation. Le pays continue, en outre, de faire face à la menace terroriste et reste en proie à la multiplication des attentats visant le Sinaï et le Caire. La dégradation de l’environnement social et sécuritaire risquerait de peser sur la reprise économique et, particulièrement, sur le retour des touristes et des investisseurs étrangers. A ce titre, une réforme du code d’investissement et une amélioration du climat affaires s’avèrent nécessaires en 2017, si le pays veut bénéficier des retombées positives de la dévaluation et faire des investissements étrangers un support à l’activité.

L’année 2016 est restée marquée par l’inflexion de la politique étrangère égyptienne et par la détérioration des liens avec le voisin saoudien qui s’est traduite par l’arrêt des aides et des livraisons de pétrole saoudien. Cette réorientation des relations diplomatiques égyptiennes devrait se faire au bénéfice de la Russie et des Etats Unis avec lesquels le président Sissi entend nouer des rapports privilégiés.  

 

Dernière mise à jour : janvier 2017

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