Etudes économiques
Egypte

Egypte

Population 94,8 millions
PIB par habitant 2495 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 4,2 5,3 0,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,2 23,3 21.6 14,0
Solde public / PIB (%) -12,5 -10,9 -9,8 -8,5
Solde courant / PIB (%) -6,0 -6,6 -3,2 -3,0
Dette publique / PIB (%) 96,6 98,4 88,7 87,9

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique
  • Dette extérieure gérable (30 % du PIB dont 17 % publique)
  • Soutien politique et financier des monarchies du Golfe et de pays occidentaux
  • Programme d’appui du FMI
  • Gisements gaziers importants

POINTS FAIBLES

  • Pauvreté (40 % de la population) et chômage élevés
  • Récurrence des problématiques sécuritaires dans le Sinaï
  • Déficits jumeaux
  • Système bancaire vulnérable au risque souverain
  • Faiblesse des exportations manufacturières

Appréciation du risque

Accélération de l’activité en 2019

La croissance égyptienne s’est renforcée en 2018. L’investissement mais aussi des exportations de bien et de services plus compétitives sont restés les principaux moteurs de l’activité. Les réformes économiques engagées depuis 2016, avec l’appui du FMI, ont permis de restaurer la confiance des investisseurs, en particulier dans le secteur énergétique. L’activité devrait continuer d’accélérer en 2019, portée par la reprise du tourisme, des exportations qui resteront bien orientées et la poursuite des investissements publics et privés. Suite à la découverte du champ géant de Zhor par Eni (groupe pétrolier italien) en 2015, l’Égypte ambitionne de devenir une plaque tournante de l’industrie gazière en Méditerranée. La production gazière qui représente 65 % des besoins énergétiques du pays devrait connaître un net rebond en 2019. Les autorités ont annoncé la fin de leur importation de GNL suite à l’achèvement de la phase deux du projet West Nile Delta en eaux profondes au nord d’Alexandrie qui devrait augmenter la production de 700 millions de mètres cubes par jour. Afin de donner un nouvel élan aux investissements dans le secteur, le gouvernement prépare un nouveau modèle de contrat basé sur une rémunération plus attractive pour les compagnies pétrolières. La croissance dans le secteur des hydrocarbures devrait bénéficier au secteur manufacturier qui a montré des signes d’amélioration en 2018. La consommation devrait continuer de croître, mais à un rythme plus modéré, pénalisée par une hausse du prix de l’énergie et par l’arrêt des subventions sur les carburants et l’électricité en 2019.

Une consolidation budgétaire qui se poursuit

Les efforts de consolidation budgétaire dans le cadre du programme du FMI ont conduit à une diminution progressive du déficit public. L’augmentation de la TVA, la modération de la masse salariale, la hausse des taxes douanières, ainsi qu’une baisse des subventions ont permis aux autorités de dégager un surplus du solde primaire, malgré une hausse des prix du pétrole plus importante que prévu. Le déficit public devrait continuer de diminuer en 2019, mais l’objectif que s’est fixé le gouvernement reste très optimiste. Il espère ramener le solde public à -8,4 % et le solde primaire à +2 %. La forte croissance combinée à une meilleure collecte fiscale devrait, certes, favoriser une hausse des recettes budgétaires en 2019, laissant, ainsi, plus de marge de manœuvre pour augmenter les dépenses d’investissement (+40 %). La hausse des dépenses qui inclut, en outre, certaines concessions faites aux fonctionnaires, devrait être compensée en partie par une baisse des subventions et par l’ouverture du capital de certaines entreprises publiques. La suppression des subventions sur le carburant en 2019 et sur l’électricité à l’horizon 2020/21 devrait avoir un effet négatif sur l’inflation. La banque centrale égyptienne pourrait être contrainte d’augmenter ses taux d’intérêt faisant mécaniquement monter le coût du service de la dette majoritairement domestique. En outre, l’augmentation de l’endettement externe accroît l’exposition au risque de change dans un contexte de tension sur le marché des changes émergents.

Après une période d’ajustement, la situation des comptes extérieurs s’est nettement améliorée. Le gain de compétitivité lié à la dépréciation de la livre a permis de dynamiser les exportations (principalement du pétrole). La reprise du tourisme devrait se poursuivre notamment suite au rétablissement de la liaison aérienne entre la Russie et l’Égypte suspendue en 2015. La hausse de la production gazière devrait, en outre, aider les autorités à contenir la facture d’importations énergétiques en dépit de la hausse du cours du baril de brut. Le déficit courant continuera d’être financé par l’excédent du compte financier qui profite de la hausse des IDE et des investissements de portefeuille. Le régime de change étant flottant, le pays n’est plus à l’abri des pressions sur les devises émergentes qui pourraient nuire à la stabilité de la livre.

Sissi réélu pour quatre ans

En avril 2018, le maréchal Abdelfattah El Sissi a été reconduit à la tête de l’État égyptien en remportant l’élection présidentielle avec 97 % des voix. Sans réelle opposition, le maréchal ne fut confronté qu’à un unique opposant, Moussa Mostafa Moussa qui affichait son soutien au président sortant. Le faible taux de participation, autour de 41 %, a reflété le manque d’enjeux de cette élection. Elle devrait lui permettre de poursuivre la politique menée lors de ses précédents mandats, aussi bien économique, que sécuritaire. Alors que toute contestation est réduite au silence, le régime continue de renforcer son appareil sécuritaire avec comme raisons invoquées la stabilisation de la situation au Sinaï et à la frontière libyenne. Même s’il est souvent dénoncé pour son non-respect des droits humains, le régime égyptien reste un pivot de la stabilité régionale et de la lutte contre le terrorisme. Le maréchal ambitionne de redonner au pays son rôle de premier plan au Moyen-Orient en maintenant des relations étroites avec l’Europe et les États-Unis mais aussi en renforçant ses liens avec la Russie. Le pays entend aussi s’appuyer sur ses soutiens dans le différend qui l’oppose à l’Éthiopie qui envisage de construire un barrage en amont sur le Nil, privant l’Égypte d’une partie de ses ressources en eau.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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