Etudes économiques
Energie

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Résilience des majors aux fluctuations de prix
  • Maintien d’une demande globalement dynamique attendue en 2019, qui pourrait soutenir les prix du pétrole à 75 USD le baril en moyenne.
  • Efforts des compagnies pétrolières pour rationaliser leur production

Faiblesses

  • Niveaux d’endettement élevés, en particulier pour les compagnies pétrolières de schistes
  • Forte volatilité des cours du pétrole brut
  • Surcapacité de certaines sociétés de services pétroliers et gaziers

Evaluation des risques

Les faits marquants
PRIX MENSUEL MOYEN (USD) DU BRENT : TENDANCE POSITIVE MAIS DES NIVEAUX RELATIVEMENT BAS

PRIX MENSUEL MOYEN (USD) DU BRENT :
TENDANCE POSITIVE MAIS DES NIVEAUX
RELATIVEMENT BAS

Les prix mensuels moyens du Brent à fin octobre 2018 avaient augmenté de 28 % par rapport à fin décembre 2017, avant de chuter en fin d’année. Avant que les perspectives de demande mondiale se détériorent, les préoccupations géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, conjuguées à la hausse de la consommation, avaient provoqué une flambée des prix. L'accord OPEP+ sur la réduction de la production de pétrole de 1,8 million de barils par jour (mbpj) pour contenir les prix a été respecté par la Russie et l'Arabie Saoudite.

Le nombre de puits en activité aux États-Unis était toujours en croissance à fin octobre 2018 et s'établissait à 870 (contre 741, +17,4 % en glissement annuel). Par conséquent, la production de brut et d’autres liquides au troisième trimestre a augmenté de 24 % en glissement annuel. La hausse des prix a incité les producteurs américains à produire plus pour capter des liquidités.

Les faillites dans l’exploration et production aux États-Unis ont augmenté au cours des huit premiers mois de 2018 : 22 dépôts de bilan, contre 15 en 2017. De plus, le montant de la dette est en hausse de 138 % pour maintenir un niveau satisfaisant d’investissement dans les bassins. Néanmoins, les entrepreneurs pétroliers américains ont vu leurs faillites chuter : -70 % pour les dépôts de bilan. L'augmentation du nombre de puits a allégé le fardeau de ces derniers, qui ont été les plus durement touchés par la faiblesse des prix. Par ailleurs, les investissements mondiaux ont augmenté de 4 % en 2017 dans l’amont, selon l'Agence internationale de l'énergie (AIE) : un léger rebond dans une industrie qui a vu ses investissements diminuer de 40 % entre 2014 et 2016.

Demande

Selon l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA), la demande mondiale de pétrole devrait s'établir à 101,5 mbpj en 2019, soit une hausse de 1,4 % par rapport à 2018. La demande de gaz naturel devrait augmenter de 1,5 % en 2019, environ 3 886 milliards de mètres cubes, tirée par la Chine, la Thaïlande, Taïwan et l'Indonésie.

La demande européenne devrait stagner en 2019, à près de 14,4 mbpj (+0,5 %). Les raffineries ont profité de la forte baisse des prix du pétrole depuis juin 2014 pour améliorer leurs marges. L'utilisation des capacités de raffinage en Europe est restée stable en août 2018 en glissement annuel, mais les marges moyennes de craquage du Brent sont en perte de vitesse en raison de la hausse des cours. En outre, les prix du brut représentent une part importante de leur coût global – jusqu'à 50 % – s'ajoutant aux coûts opérationnels. En revanche, les coûts énergétiques représentent 28 % des dépenses totales des raffineries américaines. Enfin, la concurrence du Moyen-Orient exercera une pression sur les raffineries européennes.

La demande américaine de produits pétroliers devrait décélérer, avec une hausse de 1,1 % prévue en 2019 en raison de moindres perspectives économiques. Les marges de raffinage devraient continuer à diminuer, après un pic à 24 USD/b en juillet 2015. En septembre 2018, les marges moyennes dans le golfe du Mexique ont atteint 6,36 USD/baril contre 10,04 USD/baril en août. Les réformes fiscales du président Trump visant à réduire l'impôt des sociétés aideront les raffineries, mais la hausse des prix du brut et la fluctuation de la demande vont réduire les marges. Enfin, l'affaiblissement de la conjoncture économique en Amérique verra sa demande se contracter.

Coface s'attend à ce que la croissance du PIB chinois atteigne 6,2 % en 2019 du fait du ralentissement des exportations. En conséquence, la consommation annuelle d'énergie de la Chine devrait croître à un rythme plus lent (+3,4 %), passant de 13,8 mbpj à 14,3 mbj en 2019, selon l'EIA. Néanmoins, alors que la guerre commerciale se déroule actuellement, les sociétés commerciales chinoises favorisent le pétrole brut du Moyen-Orient par rapport à celui des États-Unis. Les raffineries chinoises continueront d'importer du brut d'Iran malgré les sanctions américaines, en raison de l'expansion du marché à terme de Shanghai, qui fournit des contrats basés sur le renminbi – une monnaie non concernée par les sanctions américaines, qui ne visent que les contrats en dollars américains. De plus, les États-Unis ont accordé des dérogations temporaires à la Chine pour l'importation de pétrole iranien.

L'Inde sera à nouveau l'un des principaux pays consommateurs de pétrole en 2019 en termes de croissance, mais avec une progression moins forte de la demande (+4,6 % en 2019 après +5,5 % en 2018), soutenue par l’évolution du parc automobile. L'Inde bénéficiera de dérogations pour l'importation de pétrole iranien pour une durée limitée, accordées par les États-Unis, le pays étant dépendant du pétrole brut iranien.

Offre

L'offre pétrolière selon l'EIA devrait augmenter de 2 % en 2019 à 102 mbpj, après 2,4 % en 2018. Ceci est attribué à un environnement de prix meilleur pour les producteurs de schiste américains, compensant les limitations de l'accord OPEP+. La Russie et l'Arabie saoudite devraient convenir d'une nouvelle réduction de la production en 2019 pour stabiliser les prix. Les investissements de l'EIA (+ 5 % en 2018) dans le secteur sont encore inférieurs aux niveaux d'avant 2014. Les compagnies pétrolières ciblent des gisements moins risqués (les deux tiers du montant des dépenses d'investissement), pour compenser le déclin de leurs gisements. L'offre de gaz naturel devrait augmenter de 1,1 % en 2019 pour atteindre 3 880 milliards de m3, en raison de l'augmentation de la production américaine de gaz naturel liquéfié (GNL) qui fait concurrence au gaz qatari.

Selon l'EIA, la production de pétrole aux États-Unis devrait atteindre un niveau record de 12,08 mbpj en 2019, contre 10,09 en 2018 (+11 %). Le nombre de puits a doublé depuis mi-2016, pour atteindre 864 (dont 91 % sont des puits horizontaux). La production américaine a été stimulée par l'augmentation de la productivité des puits (+20 % de production à fin juin 2018). Les perspectives d'investissement dans le pétrole de schiste seront limitées par les besoins de financement des entreprises, comme en témoignent les 50 milliards USD d'obligations spéculatives émises sur les marchés en 2018 (le double du total de 2016). Selon une enquête Reuters de mars 2018, près d'un tiers des personnes interrogées s’est engagé à verser des dividendes en 2018 pour attirer les investisseurs, les prix du pétrole étant en hausse. La marge nette du secteur pétrolier américain au troisième trimestre 2018 s'établit à 6 % contre 1 % il y a un an, et ce ratio devrait atteindre 7 % à fin de 2018.

Les entreprises d'Europe de l'Ouest ont connu de bons résultats financiers en 2018 après une année 2016 morose. L’amont a bénéficié de la hausse des cours du Brent. La progression des bénéfices a stimulé les perspectives des entreprises européennes au troisième trimestre 2018 : la marge nette a atteint 6,5 %, soit une hausse de deux points de pourcentage sur un an. Les compagnies pétrolières profitent de la hausse des prix du pétrole, mais les niveaux actuels sont encore trop bas pour inciter leurs clients à se développer sur des champs pétroliers coûteux.

Les producteurs chinois sont à la traîne de leurs concurrents occidentaux en termes de marge nette : 2,4 % au T3 2018. La baisse du volume de production et la baisse des valeurs des réserves ont affecté le secteur. La production pétrolière de la Chine en 2019 devrait stagner, selon l'EIA : 4,8 mbpj contre 4,78 mbpj en 2018.

 

Dernière mise à jour : février 2019

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