Etudes économiques
Gabon

Gabon

Population 2,0 millions
PIB par habitant 7373 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,1 0,4 1,2 2,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,1 2,7 2,8 2,5
Solde public / PIB (%) -6,6 -3,4 -2,3 -1,4
Solde courant / PIB (%) -10,2 -2,8 -1,2 -1,0
Dette publique / PIB (%) 64,2 62,7 58,7 57,0

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • 5e producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne ; 2e producteur africain de bois ; place de 1er producteur mondial de manganèse convoitée
  • Efforts de diversification de l’économie entrepris dans le cadre du Plan stratégique Gabon émergent (PSGE)
  • Membre de la CEMAC

POINTS FAIBLES

  • Économie fortement tributaire du secteur pétrolier
  • Coût élevé des facteurs de production, lié à l’insuffisance des infrastructures (transport et électricité)
  • Chômage élevé et pauvreté endémique
  • Contexte politique et social difficile, corruption omniprésente
  • Stock d’arriérés domestiques et extérieurs pas encore apuré

Appréciation du risque

Une accélération de l’activité très graduelle

En 2019, la croissance devrait continuer à se relever progressivement de la crise précipitée par la chute des prix du pétrole. La stabilisation de la production pétrolière, combinée à l’orientation plus favorable des cours de l’or noir, devrait, notamment, soutenir l’activité. De plus, les travaux de révision du Code des hydrocarbures pourraient permettre d’accélérer les flux d’investissements privés. Ces derniers et l’achèvement de certains projets devraient également entretenir la dynamique des secteurs ciblés par le « Plan stratégique Gabon émergent » qui vise à réduire la dépendance au pétrole (environ 30 % du PIB en 2017). Les industries minières (manganèse particulièrement) et forestières devraient poursuivre leurs développements et contribuer à la croissance des exportations. En outre, l’agro-industrie, avec les filières des engrais et de l’huile de palme, devrait également être la cible de l’investissement. La demande de l’agro-industrie et le démarrage du programme agricole en PPP, intitulé GRAINE, qui prévoit de nouvelles plantations de palmiers à huile et le développement de cultures vivrières, devraient notamment soutenir le secteur primaire. En revanche, alors que les efforts d’ajustements budgétaires se poursuivent, le secteur de la construction, largement dépendant de l’investissement public, devrait continuer à connaître des difficultés. De même, les contraintes budgétaires devraient peser sur la consommation publique, mais aussi sur la consommation privée, compte tenu du rôle important de l’État comme employeur. En conséquence, la croissance des services devrait rester entravée.

Recul des déficits jumeaux

En 2019, le déficit budgétaire devrait continuer de se réduire, à la faveur de la poursuite des efforts de rigueur budgétaire dans le cadre du Plan de relance de l’économie. Les efforts de réduction de la masse salariale et d’allègement du train de vie de l’État devraient se traduire par une baisse des dépenses courantes. Les dépenses d’investissement, qui ont subi une forte diminution ces dernières années, devraient rebondir, notamment pour relancer les chantiers arrêtés. La hausse de ces dépenses resterait néanmoins contenue. Même si les progrès continueront probablement à être lents, les réformes visant à améliorer la mobilisation des recettes fiscales et douanières devraient se traduire par une hausse des recettes non pétrolières. L’évolution du prix et de la production de l’or noir pourrait également soutenir les recettes budgétaires. Les problèmes d’exécution budgétaire, qui ont forcé les autorités à passer un budget rectificatif en 2018, pourraient néanmoins continuer de ralentir la consolidation. Les dérapages budgétaires des dernières années se sont notamment traduits par l’incapacité des autorités à apurer les arriérés extérieurs et domestiques. Les emprunts extérieurs, l’appui budgétaire et le financement du FMI permettront de financer ce déficit. Après avoir rapidement augmenté à cause des importants investissements, le ratio de dette sur PIB est engagé sur une trajectoire descendante. La part importante de dette extérieure (70 % du total) et de dette libellée en devises étrangères (plus de 60 % du total) reste toutefois source de vulnérabilité.

En 2019, le déficit du compte courant devrait continuer à se réduire, bénéficiant principalement de la hausse des recettes d’exportations liées au pétrole. Les exportations hors pétrole, principalement de manganèse et de bois, devraient également contribuer à la progression de l’excédent commercial. Le compte des services devrait rester déficitaire, grevé par les services aux entreprises. Le déficit des revenus pourrait augmenter, en lien avec une hausse des rapatriements de profits des entreprises pétrolières. Enfin, les remises de travailleurs étrangers installés au Gabon devraient entretenir le léger déficit du compte des transferts. Les versements du FMI dans le cadre du programme FEC devraient continuer à financer le déficit du compte courant et contribuer à l’augmentation des réserves de change de la CEMAC.

La convalescence du président inquiète le pays

Depuis la réélection tumultueuse du président Ali Bongo Ondimba en 2016 et les violences qui avaient secoué le pays, les vives tensions politiques se sont progressivement estompées. Les divisions de l’opposition et l’isolation du principal opposant, Jean Ping, qui continue de se proclamer président élu, ont notamment joué en faveur du pouvoir. Le dialogue national, organisé en 2017, a abouti, en janvier 2018, à une révision constitutionnelle, la septième depuis 1991. Bien qu’accordant quelques concessions à l’opposition, comme l’introduction d’un second tour pour les scrutins présidentiels et législatifs, le texte permet également au président de candidater à un nombre illimité de mandats. Après deux reports et deux ans d’attente, les élections législatives ont, enfin, pu se tenir en octobre 2018. Face à une opposition divisée et affaiblie, de surcroît après l’appel au boycott de M. Ping, le Parti démocratique gabonais (PDG) du président Bongo a obtenu la majorité absolue dès le premier tour. La forte abstention (plus de 40 %) minore la portée du succès du PDG. Peu après les élections législatives, les soucis de santé rencontrés par le président Ali Bongo Ondimba, qui l’ont contraint à une convalescence à Riyad et au Maroc, ont relancé le débat sur sa succession et ravivé les ambitions de l’opposition. Une apparente tentative de coup d’État le 7 janvier 2019, bien que déjouée, témoigne du trouble suscité par son absence. Dans ce contexte, les coupes dans la masse salariale et d’éventuelles suppressions de postes dans la fonction publique pourraient susciter des troubles sociaux. Le climat des affaires reste peu compétitif (169e sur 190 pays dans le classement Doing Business 2019), notamment en raison de la faiblesse des infrastructures, de la corruption et de la difficulté d’entreprendre.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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