Etudes économiques
Gabon

Gabon

Population 1,8 millions
PIB par habitant 7 692 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 4,3 4,0 3,2 4,0
Inflation (moyenne annuelle) 4,5 0,1 2,5 2,5
Solde budgétaire / PIB (%) 2,7 -1,2 -2,8 -2,7
Solde courant / PIB (%) 8,1 -2,3 -5,3 -4,7
Dette publique / PIB (%) 32,2 44,0 47,5 46,5

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • 5ème producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne ; 2ème producteur africain de bois ; place de 1er producteur mondial de manganèse convoitée
  • Efforts de diversification de l’économie entrepris dans le cadre du plan « Gabon émergent »

POINTS FAIBLES

  • Economie fortement tributaire du secteur pétrolier
  • Réapparition de déficits budgétaires et courants
  • Coût élevé des facteurs de production, lié à l’insuffisance des infrastructures (transport et électricité)
  • Chômage élevé et pauvreté endémique
  • Contexte politique dégradé

Appréciation du risque

Une conjoncture pétrolière défavorable qui pèse sur la croissance

L’activité a continué à ralentir en 2016 du fait d’une conjoncture pétrolière toujours morose, bien que la hausse des dépenses destinées à apaiser les tensions sociales avant l’élection présidentielle et les financements étrangers aient soutenu quelque peu la consommation et l’investissement. Ce dernier pourrait toutefois avoir été affecté par les troubles qui ont suivi l’annonce, fin août 2016, de la réélection, contestée, du président Ali Bongo. Les investissements réalisés dans les industries de traitement des minerais et de la transformation du bois ainsi que dans le secteur agricole (huile de palme et hévéa) devraient toutefois se traduire par un renforcement de la croissance à compter de 2017. La situation politique et des grèves à répétition dans le secteur pétrolier devraient néanmoins limiter ce rebond de croissance. L’inflation a augmenté en 2016, en lien avec la hausse de la masse salariale mais devrait demeurer sous contrôle en 2017.
Le pays se trouve confronté à un déclin progressif de sa production d’or noir du fait de l’épuisement de ses réserves de brut. La production tend à décliner depuis près de vingt ans et devrait continuer à reculer dans les années à venir, même si l’amélioration des techniques d’extraction et la découverte de nouveaux gisements de taille modeste sont susceptibles de limiter l’ampleur de la baisse. La chute des cours et de la production freine les capacités d’investissement de l’Etat et ralentit l’effort de diversification et de modernisation de l’économie entrepris par les autorités dans le cadre du Plan Stratégique Gabon émergent (PSGE), lancé en 2010.

Des progrès sont à réaliser sur le plan de l’efficacité des investissements tandis qu’un certain nombre d’obstacles à la croissance restent à lever (manque de fiabilité de l’approvisionnement en électricité, rigidité du marché du travail et manque de qualification de la main-d’œuvre, incertitudes entourant la sécurité des contrats). Enfin, les dividendes de la croissance sont encore loin d'être partagés par toutes les couches de la société. En dépit de ressources naturelles abondantes et d’un revenu par habitant parmi les plus élevés d’Afrique subsaharienne, la pauvreté reste endémique et le chômage élevé.

 

Des comptes publics et extérieurs dans le rouge

Les comptes publics ont vu leur excédent fondre à compter de 2010 du fait de la hausse massive des investissements publics liée à la mise en œuvre du PSGE. Ils ont plongé dans le rouge en 2015 en raison de la baisse des recettes pétrolières, qui a parallèlement contraint les autorités à réduire les dépenses publiques. La diminution continue des recettes pétrolières en 2016, alors que les dépenses ont progressé du fait de la tenue des élections et de la préparation de la Coupe d’Afrique des Nations (2017), ont entraîné un nouveau creusement du déficit. Ce dernier devrait toutefois se stabiliser en 2017 par rapport au PIB grâce à la légère remontée des cours du baril. La dette publique demeure à un niveau modéré mais a fortement augmenté ces dernières années, passant de 19,7 % en 2012 à 44 % du PIB en 2015 en raison de l’émission d’euro-obligations et de la dépréciation du franc CFA. En outre, le Gabon a vu ses coûts d’emprunt augmenter sur les marchés financiers.
En 2015, le pays a également affiché son premier déficit courant en dix-sept ans du fait du repli marqué des exportations d’or noir (ramenées à 77 % des exportations totales) et ce, malgré la contraction des importations liée à la baisse de la demande publique et des prix mondiaux des produits de base. Les exportations ont continué à décliner en 2016, toujours affectées par la faiblesse des ventes de pétrole, compensant largement la hausse des ventes de manganèse et de bois. En 2017, le déficit courant devrait se contracter légèrement grâce à la remontée modérée des prix du brut et à la progression continue des exportations non pétrolières.
La dernière visite des équipes du FMI à Libreville en février 2017 ont permis de lancer les discussions pour l’octroi d’une Facilité Elargie de Crédit (FEC) afin de soutenir les difficultés du Gabon à court-terme.

 

Une grave crise post-électorale

La réélection contestée d’Ali Bongo en août 2016 a déclenché des heurts violents entre les supporters du candidat de l’opposition, Jean Ping, et les forces de sécurité (deux jours d’émeutes, des morts et des centaines d’arrestations). La Cour constitutionnelle a confirmé la victoire du président sortant en septembre, ce qui n’a pas empêché les observateurs de l’Union européenne de continuer à dénoncer la faiblesse du système électoral gabonais. Un calme relatif est revenu, depuis, dans le pays mais le paysage politique est à reconstruire alors que les élections législatives prévues en décembre 2016 ont été reportées à juillet 2017. L’ouverture d’un dialogue politique national d’un mois en mars 2017 par l’administration d’Ali Bongo ne semble pas susceptible de changer la donne. Un dialogue national similaire, organisé par le père de l’actuel président, Omar Bongo, après sa réélection contestée en 1993, avait surtout permis au chef de l’Etat de conforter son assise.
Le mécontentement social reste, par ailleurs, nourri par les inégalités et les carences en matière de fourniture de services de base. La grève des enseignants depuis le mois d’octobre 2016 pour réclamer, primes, arriérés de salaires et la construction de nouvelles salles de classe se heurte à un gouvernement qui reconnaît le bien-fondé des revendications mais affirme ne pas avoir assez d’argent accéder à ces requêtes. Un appel à la grève générale de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP) en mars 2017 est venu s’ajouter aux grèves à répétition du début d’année. Enfin, le développement à long terme du pays demeure contraint par la faiblesse de la gouvernance.

 

Dernière mise à jour : Avril 2017

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