Etudes économiques
Ghana

Ghana

Population 29,6 millions
PIB par habitant 2 217 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 8,1 6,3 6,6 5,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 12,4 9,8 8,6 8,1
Solde public * / PIB (%) -4,8 -7,2 -6,0 -4,8
Solde courant / PIB (%) -3,4 -3,3 -3,3 -3,5
Dette publique / PIB (%) 55,6 57,6 60,2 60,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *Coûts d’assainissement du secteur financier en 2018 et 2019 inclus.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (or), agricoles (cacao), pétrolières et gazières
  • Démocratie installée
  • Environnement des affaires attractif, favorable aux IDE
  • Soutien financier international

POINTS FAIBLES

  • Lacunes en matière d’infrastructures (énergie, transport)
  • Dépendance aux cours des matières premières (or, pétrole, cacao)
  • Fragilité du secteur bancaire

Appréciation du risque

Une dynamique de croissance soumise aux aléas des hydrocarbures

En 2020, la croissance devrait être légèrement moins forte, en lien avec l’évolution du secteur des hydrocarbures. La contribution de la balance commerciale, moteur majeur de l’accélération de l’activité depuis 2017, devrait ainsi s’affaiblir, les gains de production de pétrole et de gaz étant plus limités et les prix du pétrole plus bas. Alors que la production de cacao devrait continuer d’être affectée par la lutte contre le virus de la pousse de cacao gonflée, les exportations de fèves devraient également souffrir. En revanche, les exportations d’or pourraient bénéficier du réaménagement de la mine d’or d’Obuasi, où les opérations avaient été arrêtées en 2014, et d’une remontée des cours alimentés par les incertitudes économiques mondiales. La croissance sera soutenue par la consommation et l’investissement publics qui devraient s’inscrire en hausse en année électorale. La dépense publique visera particulièrement la réalisation du programme One District, One Factory, bénéficiant aux activités manufacturières, principalement celles de l’agro-industrie. Les contraintes de financement pourraient néanmoins limiter l’apport de ces relais de croissance. Les investissements privés dans les infrastructures (routières et ferroviaires notamment), mais aussi dans les industries manufacturières, les secteurs des mines (bauxite) et des hydrocarbures (champ pétrolifère de Pecan) devraient soutenir le secteur de la construction. Toutefois, une nouvelle vague de sorties de capitaux, qui pourraient être déclenchées, par exemple, par des dérapages budgétaires à l’approche des élections, pourrait peser sur les perspectives du secteur, la dépréciation du cédi faisant gonfler le coût des intrants. Un tel scénario pourrait également éroder la contribution d’une consommation privée qui devrait par ailleurs bénéficier de la reprise de l’octroi du crédit et de la tendance désinflationniste. Les services, et notamment les services financiers, en reprise après l’assainissement du secteur, devraient ainsi rester dynamiques.

 

2020, année des risques budgétaires ?

En 2020, l’impact du coût du sauvetage du secteur financier, qui a pesé sur les finances publiques lors des derniers exercices, devrait s’estomper, soutenant une réduction du déficit budgétaire. Les recettes devraient poursuivre leur progrès, notamment grâce à l’introduction des systèmes numériques de paiement de l’impôt. Mais les difficultés à contenir la masse salariale de l’État (environ un tiers des dépenses) et le poids du service de la dette (absorbe un tiers des revenus) continueront notamment de peser sur le déficit, rognant sur la dépense d’investissement en capital. Outre les engagements vis-à-vis du secteur financier, ceux des entreprises publiques du secteur de l’énergie, en proie à des problèmes de trésorerie et à l’inefficacité de leurs opérations, pourraient aggraver le déficit. Alors que les dérapages budgétaires en année électorale ont régulièrement touché les finances publiques, la loi de responsabilité fiscale (décembre 2018), qui plafonne le déficit budgétaire à 5 % du PIB, devrait être mise à l’épreuve avec les élections 2020. Ces risques continuent de faire peser un risque de surendettement non négligeable. L’exposition de la dette extérieure (environ 50 % du total) au risque de change et le poids des prêts commerciaux (50 % de la dette extérieure) constituent des sources de vulnérabilité supplémentaires.

En 2020, le déficit courant devrait modérément se creuser, en raison d’une légère détérioration de la balance commerciale. Le solde des revenus devrait également se détériorer, en lien avec les paiements du service de la dette. Malgré l’apport positif du compte des transferts, alimentés par les envois de fonds d’expatriés, le déficit des services continuera de peser sur le solde global. Bien que le déficit courant soit essentiellement financé par les IDE, le cédi pourrait continuer de subir des pressions consécutives à des sorties de capitaux au titre des investissements de portefeuille. Les pressions récurrentes sur le cedi ont contribué à l’érosion des réserves de change qui se sont néanmoins reconstituées à un niveau équivalent à plus de quatre mois d’importations en 2019 à la faveur de l’émission d’un Eurobond en mars 2019, qui a alourdi l’endettement.

 

Un duel 2020 sur un air de déjà-vu

Le président Nana Akufo-Addo, issu du Nouveau parti patriotique et élu en décembre 2016, devrait être candidat à sa réélection à l’occasion des élections de novembre 2020. Face à lui, il retrouvera John Mahama, son prédécesseur, défait lors du scrutin de 2016, qui a été désigné pour porter la candidature du Congrès national démocratique. Malgré les efforts des autres partis d’opposition pour défaire la bipolarisation de la vie politique, la victoire devrait bien se jouer entre les deux partis qui dominent la scène politique depuis 1992. Le climat politique pourrait se tendre à l’approche de l’échéance comme en attestent des cas (isolés) de violence entre partisans des deux camps lors d’élections partielles en 2019. L’annonce d’un coup d’État déjoué en septembre 2019 suggère que le risque de violence politique existe. Néanmoins, malgré des rivalités parfois féroces entre les deux principaux partis, l’ancrage du respect des normes constitutionnelles depuis près de trois décennies suggère qu’il serait difficile d’obtenir le soutien populaire pour renverser l’ordre institutionnel et remettre en cause la stabilité politique du pays. Malgré les taux de croissance élevés, le manque de progrès en matière de réduction de la pauvreté et de lutte contre la corruption restent des sujets de frustration populaire qui devraient dominer la campagne présidentielle. L’environnement des affaires reste relativement favorable par rapport à ses pairs régionaux (118e sur 190 pays), malgré la persistance du déficit d’infrastructures et de lourdeurs administratives.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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