Etudes économiques
Guinée

Guinée

Population 12,7 millions
PIB par habitant 670 $US
C
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 4,5 6,6 6,7 6,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,2 8,2 8,5 8,1
Solde public / PIB (%) -8,9 -1,0 -1,8 -1,6
Solde courant / PIB (%) -15,1 -16,3 -15,1 -15,0
Dette publique / PIB (%) 53,0 52,6 50,3 49,1

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Un tiers des réserves mondiales de bauxite
  • Gisements de fer, d’or, de diamant, d’uranium et de pétrole encore largement inexploités
  • Potentiel hydro-électrique important
  • Amélioration graduelle du climat des affaires par des efforts de réformes

POINTS FAIBLES

  • Dépendance aux cours des produits miniers et de l’énergie
  • Manque d’infrastructures, notamment dans le secteur électrique
  • Environnement des affaires difficile

Appréciation du risque

Les investissements privés dans le secteur minier et publics dans le secteur agricole favoriseraient une croissance soutenue

Après les chocs de l’épidémie Ebola et de la chute des cours des matières premières, l’activité économique a rebondi en 2016 et atteindrait 6,9 % du PIB en 2018. Le secteur minier, particulièrement l’extraction de bauxite et d’or, soutiendra la croissance grâce à la progression de la demande mondiale, malgré le ralentissement de l’économie chinoise, et à une hausse de 50 % de la production de bauxite en 2017 (propulsant la Guinée au quatrième rang mondial). Le secteur devrait également profiter des investissements internationaux : le projet chinois Simandou, qui donnera accès àl’un des plus grands gisements de fer de haute qualité inexploités au monde, et les projets, émirati (EGA) et britannique (Alufer), visant à augmenter l’exploitation de mines de bauxite. Par ailleurs, l’agriculture et le secteur manufacturier demeureront des piliers de l’activité économique du pays. L’investissement public participera aussi à la vigueur de la croissance. Dans le cadre du Plan national de développement économique et social (PNDES), plan quinquennal 2016-2020, le président Condé est parvenu à lever, en novembre 2017, $20 milliards de financements auprès d’États, notamment la Chine, de banques internationales de développement, et d’investisseurs privés. Le FMI soutient l’initiative au titre d’une facilité de crédit élargie. L’État projette de développer les infrastructures (routes, chemin de fer Conakry-Bamako-Bobo Dioulasso), d’augmenter la production électrique par la construction de barrages et la productivité dans le secteur agricole, ainsi que de développer les industries de transformations. Ces projets participeront à créer de l’emploi et donc à stimuler la consommation. Celle-ci demeurera, cependant, pénalisée par la faiblesse du pouvoir d’achat, intensifiée par l’inflation. L’inflation est en grande partie importée du fait de la forte dépréciation du franc guinéen en 2016, mais résulte aussi de l’augmentation des prix de l’alimentation, alors que ceux-ci représentent 38 % de l’indice des prix à la consommation.

 

Stabilité des déficits public et courant

Le déficit budgétaire devrait se réduire légèrement en 2018 grâce à l’amélioration de la collecte des impôts, de la hausse à la TVA et aux recettes fiscales générées par le secteur minier. Pourtant, les recettes publiques peinent à atteindre 15 % du PIB. La recherche de financement, et les partenariats public-privé, pour assurer les investissements publics limiteront effectivement ce déficit. Le poids de la dette devrait aussi légèrement diminuer en raison de la consolidation budgétaire. Néanmoins, le risque de surendettement reste à surveiller du fait de la vulnérabilité du pays à des chocs externes, notamment sur les matières premières.

Le déficit courant restera constant en 2018. La bonne performance des exportations, grâce à la hausse de la production de bauxite et des prix de l’aluminium, sera contrebalancée par une augmentation des importations, induite par la légère remontée des prix de l’énergie, l’importance des investissements en capitaux, et la légère remontée de la consommation privée. Le déficit des services demeurera élevé en raison des coûts élevés, liés aux importations, de transport et d’assurance, et à la demande croissante pour les services techniques (savoir-faire, technologie, R&D). Par ailleurs, le déficit de la balance primaire s’accentuera, en conséquence directe de l’augmentation des rapatriements de dividendes des compagnies minières. Dans l’ensemble, le déficit s’explique aussi par la détérioration des termes de l’échange depuis 2016.

 

Le climat politique est relativement stable

L’année 2017 a été marquée par une certaine instabilité politique. Un parti de la coalition gouvernementale a rejoint l’opposition en protestation contre les délais dans l’organisation d’élections locales, laissant Alpha Condé sans majorité parlementaire. Le président est finalement parvenu à rallier un autre parti, en offrant à son leader un poste de conseiller présidentiel. Cette recomposition, et les divisions au sein de l’opposition, devraient garantir à la coalition d’Alpha Condé la victoire des élections législatives prévues pour septembre 2018. Par ailleurs, alors que 55 % de la population vivent sous le seuil de pauvreté, les coupures d’électricité quotidiennes ont entraîné une instabilité sociale et des émeutes à la fin de l’année 2017.

Le président a engagé un processus de réformes pour atteindre une croissance inclusive et à deux chiffres à l’horizon 2020. L’objectif est d’augmenter la capture de la valeur ajoutée tirée de la transformation des matières premières abondantes en Guinée. Avec la réforme des codes minier et forestier ainsi que de nouvelles législations sur les partenariats public-privé et contre la corruption, l’État entend améliorer le climat des affaires. En effet, la Guinée a gagné, en 2017, dix places dans le classement Doing Business, occupant aujourd’hui la 150e place. Ayant accueilli la présidence de l’Union Africaine en 2017, Alpha Condé a insisté pour diffuser à l’échelle du continent un vent de réformes quant à la gouvernance économique et la transparence. Enfin, le Président établit des liens diplomatiques et commerciaux avec des pays du Golfe arabo-persique et la Chine, soulignés par lasérie d’investissements chinois et émirati dans le secteur minier, notamment.

 

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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