Etudes économiques
Irak

Irak

Population 38,1 millions
PIB par habitant 5 882 $US
E
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) -2,5 -0,6 3,9 -6,6
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,2 0,4 -0,3 1,0
Solde public / PIB (%) -1,6 7,9 -5,6 -6,9
Solde courant / PIB (%) 1,8 6,9 3,2 1,3
Dette publique / PIB (%) 58,9 49,2 53,3 56,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Quatrième plus grande réserve prouvée de pétrole brut dans le monde ; deuxième producteur de l’OPEP et sixième producteur mondial
  • Faibles coûts d’extraction du pétrole
  • Forte croissance de la population active
  • Soutien financier international (FMI et prêts bilatéraux)

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée et fortement dépendante du secteur pétrolier
  • Tensions fortes entre la majorité chiite au pouvoir et le reste de la population
  • Tensions avec le Kurdistan autonome et important contributeur au secteur pétrolier
  • Coût de la reconstruction et des aides aux victimes suite au conflit armé
  • Faible poids du secteur privé, hors hydrocarbures, dans le PIB
  • Faiblesse et étroitesse du secteur bancaire
  • Déficience des institutions, ainsi que des systèmes éducatif, sanitaire et de protection sociale
  • Corruption endémique

Appréciation du risque

Une reprise freinée par de multiples facteurs

Officiellement terminée en décembre 2017, la guerre contre l’État islamique a laissé un lourd bilan humain et matériel, qui continue de peser sur l’économie irakienne. La Banque Mondiale estime le besoin de financement pour la reconstruction à 88 milliards USD. Malgré les engagements de la communauté internationale à y contribuer à hauteur de 30 milliards USD, les financements extérieurs de projets restent encore limités (moins d’un milliard USD en 2018), même s’ils devraient croître en 2020. Cela s’explique en grande partie par le manque de capacités institutionnelles du pays.

La reprise économique est fortement liée à l’augmentation de la production de pétrole, notamment en 2019, favorisée par la montée en régime des champs de Majnoun et Halfaya. Les capacités de production continueront à progresser en 2020, grâce à de nouveaux développements, dont l’extension du champ de Kirkouk. Néanmoins, cette expansion de la production sera largement freinée par l’application, bien que partielle, des limitations de l’OPEP, qui devraient perdurer en 2020. En parallèle, l’activité non pétrolière participe, bien que modestement, au rebond de la croissance. Ainsi, la construction restera dynamique en 2020, grâce à la hausse des investissements publics visant à restaurer les infrastructures. Toutefois, le taux d’exécution des dépenses en capital demeure encore limité. En outre, la production agricole devrait progresser, tout comme la production d’électricité, dont l’expansion est une priorité du gouvernement. Pour lutter contre les pénuries d’électricité chroniques et diminuer les importations en provenance d’Iran, l’objectif est d’améliorer le réseau existant et de construire de nouvelles centrales afin, à terme, de presque doubler les capacités de production. Par ailleurs, l’augmentation marquée des dépenses publiques à partir de 2019, notamment la masse salariale, contribue à raviver la consommation des ménages. Cependant, elle restera pénalisée par de multiples facteurs, comme la faiblesse du système bancaire ou le manque d’emplois dans le secteur privé hors pétrole, un secteur qui souffre de la mauvaise gouvernance et de la corruption. Enfin, la nouvelle dégradation de la situation politique et sociale, depuis octobre 2019, fait peser de lourdes incertitudes à court terme, ce qui pourrait affecter fortement un environnement des affaires déjà très difficile.

 

Des comptes publics et extérieurs soumis aux exportations pétrolières

Dans la lignée de 2019, les comptes publics resteront très dégradés en 2020. Composés à 90 % de recettes pétrolières, les revenus de l’État devraient être stables, la hausse de la production étant compensée par une légère baisse du prix du baril. Dans le même temps, les dépenses continueront de progresser, mais de manière bien moins importante qu’en 2019, où elles avaient bondi d’environ 20 %. La masse salariale a fortement augmenté par rapport à 2018 et demeure le principal poste du budget, avec un peu plus de la moitié des dépenses. La répartition du budget entre les provinces reste un sujet de discorde important, en particulier avec la région autonome du Kurdistan, bien qu’un accord a été trouvé avec cette dernière fin 2019. Il conditionne le versement de sa part du budget fédéral à la remise au gouvernement central d’une partie de sa production pétrolière. Corollaire de cette dégradation des comptes publics, la dette publique devrait augmenter. Si son poids dans le PIB reste limité, et qu’elle est encore majoritairement concessionnelle et à long terme, l’évolution de sa structure génère un risque. En effet, le gouvernement se refinance actuellement en empruntant sur le marché domestique, sur de courtes maturités et à des taux élevés, ce qui augmentera le service de la dette dans les années à venir.

En 2020, le surplus du compte courant devrait continuer à s’amenuiser. L’excédent commercial se dégraderait légèrement, compte tenu de la croissance des importations induite par les investissements publics et de la stagnation des recettes pétrolières. Dans le même temps, la balance des services (principalement pétroliers) restera déficitaire. Ainsi, les réserves de change de la banque centrale devraient légèrement s’effriter en 2020, représentant environ 9 mois d’importations, un niveau confortable qui permet de maintenir l’ancrage du dinar irakien au dollar.

 

La protestation populaire fait vaciller le pouvoir

Depuis octobre 2019, le pays est traversé par une vague de manifestations de grande ampleur. Les protestataires dénoncent la corruption endémique, la déficience des services publics, le manque d’opportunités d’emplois, ou encore les interférences de l’Iran dans la politique irakienne. Plus globalement, ils estiment ne pas profiter des richesses tirées du pétrole et réclament la refonte du système politique. Les manifestations ont été violemment réprimées par les forces de sécurité irakiennes, mais parfois aussi par des milices pro-Iran, aboutissant à la mort de plus de 400 personnes en moins de deux mois. Cédant à la pression populaire, ainsi qu’à celle émanant de l’influent ayatollah Ali al-Sistani, le Premier ministre Adel Abdul-Mahdi a présenté sa démission au Parlement le 30 novembre 2019, à peine plus d’un an après sa nomination. Cette démission renforce l’incertitude politique qui plane sur le pays et complique le processus de reconstruction, d’autant que les manifestants semblent être décidés à poursuivre le mouvement.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page
  • Français
  • English