Etudes économiques
Iran

Iran

Population 780,5 millions
PIB par habitant 5 027 $US
E
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

major macro economic indicators

 

 

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) -1,5 13,4 3,3 3,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 11,9 9,0 11,5 10,9
Solde public / PIB (%)* -1,8 -2,2 -2,1 -2,2
Solde courant / PIB (%) 2,3 3,9 4,1 4,0
Dette publique / PIB (%) 42,3 34,5 32,1 30,8

* Calendrier iranien de mars à mars (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de gaz et de pétrole (respectivement aux second et quatrième rangs mondiaux)
  • Très faible endettement extérieur
  • Positionnement stratégique dans la sous-région

POINTS FAIBLES

  • Forte inflation
  • Tensions sociales
  • Environnement des affaires peu favorable

Appréciation du risque

Fin de l’effet de rattrapage

L’effet de rattrapage qui a fait suite à la levée des sanctions internationales en 2016 s’est progressivement atténué en 2017. La hausse des exportations pétrolières bien que favorisées par le traitement préférentiel de l’OPEP a été moins importante que l’année précédente. La croissance a été cependant entretenue par le dynamisme de l’activité hors pétrole en particulier dans le secteur manufacturier et ce en dépit des performances toujours négatives du secteur de la construction. Ce dernier tend cependant à ralentir moins vite mais pénalise la croissance de l’investissement dont la contribution à l’activité a été négative. La stabilisation de l‘inflation a permis, cependant, de soutenir la consommation des ménages de même que la hausse du taux d’emploi. La croissance devrait légèrement se renforcer en 2018, tirée par la consommation et l’investissement domestique alors que les investissements étrangers diminueraient. La décision américaine de revenir sur l’accord nucléaire iranien et les possibles sanctions qui en résulteraient pourrait en effet limiter l’afflux d’IDE. Les mesures prises par la banque centrale afin d’assainir le système bancaire permettrait une reprise du crédit qui a bénéficié de la baisse des taux d’intérêt en 2017. Mais, l’accroissement des incertitudes pourrait conduire cette dernière à limiter son soutien à l’activité afin de contrer la dépréciation du rial iranien sur le marché des changes. Aussi, la réunification entre le taux de change officiel et le taux de marché prévue pour 2018 serait compromise. La production pétrolière devrait se stabiliser, l’Iran s’étant engagé à ne pas augmenter sa production de plus de 90 milles b/j. La hausse du prix du baril en 2018 favoriserait cependant les exportations.

 

Un budget ambitieux pour 2018

Les comptes publics sont restés en déficit en 2017. Les revenus pétroliers ont certes augmenté mais ils étaient en deçà des anticipations du gouvernement. Les subventions qui ont progressé ont continué de peser sur les dépenses. L’objectif du gouvernement de revenir à l’équilibre en 2018 semble difficilement réalisable puisqu’il se base sur une hypothèse de croissance 6 %. Les comptes publics devraient très probablement continuer d’enregistrer un déficit en 2018. Les revenus pétroliers continueraient de bénéficier de la hausse des prix du pétrole mais la contribution de l’imposition hors pétrole resterait limitée. Les dépenses devraient rester comparables à celle de l’année passée mais elles seraient allouées prioritairement à la poursuite de l’assainissement du secteur bancaire et dans une moindre mesure aux transferts sociaux. Le poids du remboursement des arriérés accumulés pendant les sanctions serait cependant moins important et le gouvernement pourrait tirer profit du rapatriement des fonds gelés à l’étranger. Le déficit public serait financé par des bons du trésor iranien émis sur le marché domestique. Bien que le niveau d’endettement public soit faible, le montant de la dette publique totale c’est à dire comprenant la dette des entreprises publiques n’est pas défini et pourrait être plus important que ceux communiqué par les autorités.

La hausse des exportations pétrolières observée depuis 2016 a permis de consolider l’excédent courant. Les importations continuent cependant d’être pénalisées par le risque qui pèse sur les banques étrangères et en particulier européenne de sanctions américaines. Les restrictions quant à l’utilisation du dollar dans les transactions commerciales est aussi une limite au développement des échanges et ces restrictions pourraient être renforcées. La politique de coopération du gouvernement reste cependant très dynamique. Ce dernier qui entend diversifier ses partenaires commerciaux multiplie les accords de coopération aussi bien avec les pays d’Europe de l’Est que ceux d’Asie.

 

Contestation populaire en Iran et menaces de sanctions américaines

Le Président Hassan Rohani a été reconduit pour un deuxième mandat lors des élections présidentielles de mai 2017. La campagne électorale a été principalement axée sur les enjeux économiques mais en dépit d’une amélioration des fondamentaux, le gouvernement a fait face fin 2017 à un large mouvement de contestation qui a débuté dans la ville de Machhad. Portés par les milieux ruraux et populaires qui ne bénéficient que faiblement des retombées positives de la reprise économique, les rassemblements qui dénoncent l’austérité budgétaire, le coût de la vie élevé et la corruption se sont multipliés dans tout le pays et ont été suivis par une vague d’arrestations. Dans un contexte de ralentissement de l’activité, la position du gouvernement est fragilisée et tiraillée entre une réponse répressive caractéristique du régime et le respect de l’électorat modéré qui a porté Rohani au pouvoir. Les contestations contre le président en exercice devraient en outre renforcer la position de certains conservateurs opposés à l’accord sur le nucléaire et affaiblir les franges modérées de l’échiquier politique d’autant plus que les dernières déclarations du guide suprême vont dans le sens d’une méfiance croissante vis-à-vis de l’extérieur. En affirmant vouloir se retirer du plan d’action conjoint, les prises de position des États-Unis menacent également la permanence de l’accord nucléaire. Enfin, la confrontation indirecte avec l’Arabie Saoudite devrait avoir une incidence sur la politique intérieure et étrangère puisqu’une recrudescence des tensions ferait peser un risque accru sur la stabilité de l’ensemble de la région.

 

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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