Etudes économiques
Jamaïque

Jamaïque

Population 2,7 millions
PIB par habitant 5 826 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 1,6 1,1 -10,5 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,7 3,9 5,0 5,5
Solde public / PIB (%)* 1,2 0,9 -3,0 -1,5
Solde courant / PIB (%) -1,9 -2,0 -6,2 -5,0
Dette publique / PIB (%)* 94,4 93,9 102,0 95,0

(e) : Estimation (p) : Prévision *Année fiscale 2020 = 1er avril 2020 au 31 mars 2021

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles (bauxite, sucre, banane, café) et touristiques
  • Soutien financier des organismes multilatéraux
  • Importants transferts de la diaspora
  • Stabilité du cadre démocratique

POINTS FAIBLES

  • Économie peu diversifiée
  • Vulnérabilité aux chocs externes (climat, conjoncture américaine, matières premières)
  • Dette publique très élevée et service de la dette inhibant la croissance
  • Forte criminalité, pauvreté

Appréciation du risque

Reprise progressive de la croissance

La croissance économique de la Jamaïque s’est fortement contractée en conséquence de la crise de la COVID-19, mais aussi des inondations cycloniques en 2020. En 2021, la reprise de la croissance devrait être lente et progressive. La chute d’activité enregistrée en 2020 est surtout due à la baisse du tourisme qui représente 31,1% du PIB et 32,8% de l’emploi. Les restrictions de déplacement induites par la crise sanitaire, ainsi que la fermeture des frontières de l’île ont fortement impacté les recettes touristiques (56,7% des exportations totales). Le tourisme devrait se redresser lentement en 2021, malgré la levée graduelle des restrictions depuis juin, car le virus est toujours présent et les obstacles pourraient perdurer. Le secteur agricole (6,6% du PIB) a, lui aussi, été impacté en 2020, d’abord par la baisse de demande du secteur de l’hôtellerie et de la restauration. Les agriculteurs se sont retrouvés avec des stocks de produits frais non vendus entraînant d’importantes difficultés financières. Le gouvernement a ainsi alloué 6,8 millions de dollars afin que les agriculteurs puissent faire face. Cela pourrait ne pas suffire, les récoltes de fin d’année ayant souffert des inondations. En 2021, ce secteur devrait reprendre son développement et retrouver son niveau d’avant crise. Le secteur minier (4,1% du PIB avec la bauxite et son dérivé, l’alumine), surtout affecté par le passage des cyclones en fin d’année et l’arrêt de la raffinerie Jisco Alpart, devrait bénéficier de la reprise de la demande et des cours. Cependant, la rénovation de l’usine Jisco Alpart, repoussée en raison de la COVID-19, prolongera sa fermeture en 2021.

La consommation des ménages (76% du PIB) a fortement reculé en 2020 en raison de la baisse d’activité et de la hausse du chômage (12% en 2020 contre 7% en 2019). Les mesures prises par le gouvernement pour soutenir l’économie et la consommation ont été très légères Les transferts de fonds des expatriés ont, néanmoins, crû, en raison des économies réalisées avant la crise, et des aides gouvernementales des pays d’accueil (notamment aux Etats-Unis, où travaillent la majorité). En 2021, la consommation des ménages devrait modestement se redresser. Après s’être contractés en 2020, les investissements privés dans le tourisme, conséquents avant la crise, devraient soutenir la reprise en 2021. En effet, bien que certains projets aient pris du retard, le soutien massif du gouvernement à ce secteur renforce la confiance des investisseurs qui pourraient davantage investir en 2021. De plus, le gouvernement cherche à investir dans les infrastructures à travers des partenariats publics-privés, comme par exemple la modernisation de l’aéroport de Sangster à Montego Bay ou la construction d’autoroutes.

 

Amélioration des déficits courant et public

Le solde public, traditionnellement excédentaire en raison de la politique d’austérité, est devenu déficitaire en 2020. En effet, afin de faire face à la crise le gouvernement a dû considérablement assouplir sa politique budgétaire et augmenter ses dépenses dans un contexte de baisse des recettes. En 2021, le solde public devrait revenir proche de l’équilibre en raison du retour à l’austérité. Le gouvernement est aux prises avec un endettement public colossal, alourdi par la crise, à l’image du service de la dette (environ 14 % du PIB, dont 6 % consacrés aux intérêts en 2019) qui continue d’accaparer la ressource publique.

Le déficit courant s’est lui aussi creusé en 2020, pénalisé par la dégradation du déficit commercial suite à la défection des touristes. Afin de le financer et de subvenir aux besoins financiers urgents induits par la crise, le FMI a accordé une aide de 520 millions de dollars. Cette année, il devrait légèrement reculer en raison du retour partiel des touristes, sans retrouver son niveau d’avant crise du fait de la reprise des importations et de la modeste hausse des prix du pétrole. De plus, la hausse des exportations sera marquée par la reprise modérée des partenaires, comme les États-Unis ou la zone Euro.

 

Holness reste au pouvoir

Bien que le taux d’abstention ait atteint un record (63%) en raison de la crise sanitaire, le premier ministre Andrew Holness et son parti (The Jamaica Labour Party, JLP) se sont imposés pour un second mandat lors des élections législatives de septembre 2020. Ils ont remporté ces élections avec une majorité écrasante, leur donnant 17 sièges supplémentaires par rapport à 2016. Holness continuera de bénéficier d’un soutien populaire en raison de sa gestion efficace de la crise. Cela devrait lui permettre de poursuivre la consolidation budgétaire entreprise sous les auspices du FMI depuis 2013, après un léger assouplissement en 2020 en conséquence de la crise. Cependant, les défis auxquels faisaient face le gouvernement subsistent. D’une part, le gouvernement devra renforcer son action pour lutter contre la criminalité, qui reste le principal fléau. D’autre part, la perception de la corruption et du manque de transparence semble se renforcer dans l’opinion, surtout après le scandale sur l’utilisation abusive de fonds publics, impliquant notamment un ancien ministre.

Sur le plan géopolitique, le gouvernement devrait privilégier les relations avec les États-Unis, principal partenaire commercial et source de transferts de fonds des travailleurs expatriés. Il devrait également concentrer ses efforts sur la coopération régionale, notamment pour lutter contre la criminalité et le trafic de drogue.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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