Etudes économiques
Kenya

Kenya

Population 48,0 millions
PIB par habitant 1 831 $US
A4
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,9 6,3 5,6 5,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,0 4,7 5,2 6,3
Solde public * / PIB (%) -8,8 -7,0 -7,5 -6,5
Solde courant / PIB (%) -6,2 -4,9 -4,3 -4,2
Dette publique / PIB (%) 56,1 59,2 59,8 60,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale du 1er juillet au 30 juin. Données 2020: AF 2019-2020.

POINTS FORTS

  • Première économie d’Afrique de l’Est et rôle pivot au sein de la Communauté d’Afrique de l’Est, premier marché commun africain
  • Agriculture diversifiée et développement des services (télécommunications et services financiers)
  • Amélioration du climat des affaires et de la gouvernance
  • Dynamisme démographique et émergence d’une classe moyenne

POINTS FAIBLES

  • Pays dépendant de l’énergie hydroélectrique et de l’agriculture pluviale
  • Persistance de goulets d’étranglement et pénurie de compétences
  • Instabilité liée au risque terroriste et aux divisions politiques, sociales et ethniques
  • Corruption persistante

Appréciation du risque

Une croissance robuste mais entravée

Après avoir été affectée par les conditions de sécheresse en 2019, la croissance, bien que toujours robuste, devrait de nouveau s’affaiblir en 2020. L’investissement public dans les infrastructures, de transport et d’énergie en particulier, devrait continuer à porter l’activité. Le déploiement et l’amélioration du réseau routier, l’extension de la ligne de chemin de fer entre Mombasa et Nairobi vers Naivasha et le développement du second terminal à conteneurs du port de Mombasa seront ainsi porteurs pour le secteur de la construction. Néanmoins, les contraintes budgétaires grandissantes, dont témoigne la suspension des dépenses d’investissement des administrations publiques et des organismes parapublics en juillet 2019, devraient se traduire par un ralentissement de ces activités. De même, elles pèseront sur la consommation publique, malgré le soutien de la mise en œuvre du plan « Big Four », axé sur l’industrialisation, la couverture maladie universelle, la sécurité alimentaire et le logement abordable. L’investissement privé devrait participer à la croissance grâce aux accords de PPP et aux aux réformes ayant permis d’améliorer le climat des affaires. Il devrait aussi bénéficier de la levée de la mesure de plafonnement des taux d’intérêt, qui contraignait la croissance du crédit. Les revenus des ménages pourraient être contraints par une inflation plus élevée et une baisse des transferts des travailleurs expatriés aux États-Unis et en Europe consécutive à la conjoncture mondiale moins favorable, et, ainsi, peser sur la contribution de la consommation privée. Les exportations devraient également souffrir de l’affaiblissement de la demande extérieure et affecter l’expansion du secteur touristique et de l’agriculture.

 

Le service de la dette au centre des préoccupations

En 2019/2020, le déficit budgétaire, même s’il se réduirait, devrait rester élevé. Du côté des dépenses, la hausse des paiements d’intérêts, qui absorbaient environ 22 % des recettes perçues à la conclusion du dernier exercice budgétaire, se traduira par une augmentation de la dépense courante, malgré un plan visant à limiter l'embauche dans le secteur public afin de contenir la masse salariale (17 % de la dépense). Si elle devrait continuer à être priorisée, la dépense d’investissement en capital devrait progresser à un rythme moindre. Les recettes devraient être soutenues par les mesures fiscales, comme l’augmentation de l’imposition sur la plus-value du capital. Néanmoins, la progression sera contrainte par une mobilisation des recettes domestiques déficientes. L’endettement, extérieur comme domestique, sera donc encore nécessaire au financement du déficit. Bien qu’encore essentiellement concessionnelle, l’augmentation de la dette commerciale, avec notamment les émissions d’Eurobonds, est à l’origine d’une inflation du service de la dette.

En 2020, le solde de la balance courante devrait rester quasiment stable et accuser un nouveau déficit. Le déficit commercial pourrait se stabiliser, la compression de la facture d’importations de biens d’équipements compensant une progression des exportations contraintes par l’environnement extérieur. Il devrait également entraver la progression des recettes touristiques et de l’excédent du compte des services. L’augmentation des paiements d’intérêts devrait participer à un creusement du déficit du compte des revenus. Le ralentissement de l’UE et des États-Unis, où se trouve la majorité des expatriés, devrait se répercuter sur l’excédent de la balance des transferts. L’attractivité du pays pour les IDE devrait permettre de financer le déficit au côté de la dette. Les réserves de change, suffisantes pour couvrir plus de 5 mois d’importations, pourraient permettre de soutenir un shillling kenyan, vulnérable aux sorties de capitaux compte tenu du stock d’investissement en portefeuille détenu par les étrangers.

 

Un environnement domestique fragile

En 2017, le président Uhuru Kenyatta a été réélu pour un second mandat à l’issue d’une élection disputée par le principal opposant Raila Odinga. Les tensions post-électorales se sont, néanmoins, apaisées à la faveur d’un accord de réconciliation entre les deux candidats, scellé en mars 2018. Malgré cette trêve, les divisions politiques, sociales et ethniques du pays restent irrésolues et pourraient de nouveau se révéler source d’instabilité dans le futur. La question de la succession d’Uhuru Kenyatta, qui ne peut constitutionnellement pas se présenter à un troisième mandat, comme candidat du Jubilee Party pourrait déjà lancer la course à la présidence 2022.

En outre, compte tenu de l’implication militaire du pays en Somalie, le Kenya reste une cible pour le terrorisme islamiste, particulièrement des Shebabs. L’attaque terroriste de Nairobi, qui a fait plus de 20 morts en janvier 2019, a illustré cette menace. Un différend maritime pourrait également détériorer la relation avec la Somalie. Par ailleurs, les querelles commerciales récurrentes avec la Tanzanie pourraient constituer un frein à l’intégration de la Communauté d’Afrique de l’Est, au sein de laquelle le pays joue un rôle pivot.

La perception du climat des affaires reste contrainte par l’instabilité politique chronique et les goulets d’étranglement infrastructurels, mais le pays poursuit les réformes de son environnement des affaires. Les progrès effectués se traduisent par le 56e rang mondial (sur 190 pays) et le 3e rang en Afrique subsaharienne. Les mesures visent notamment à réduire les délais de paiement, en s’assurant, par exemple, que le Trésor paie sous 60 jours ses fournisseurs.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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