Etudes économiques
Laos

Laos

Population 6,6 millions
PIB par habitant 2394 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 7,4 6,9 6,8 6,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 2,0 2,3 2,7
Solde public / PIB (%) -2,7 -5,9 -5,3 -5,2
Solde courant / PIB (%) -16,8 -17,0 -18,8 -19,1
Dette publique / PIB (%) 65,5 67,3 71,6 75,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes : minerais (cuivre, or, bauxite, fer, zinc), pétrole et matières premières agricoles (maïs, riz, canne à sucre, caoutchouc, manioc, soja, café)
  • Développement de la filière hydroélectrique
  • Investissements étrangers dans le secteur des matières premières et de l’énergie
  • Intégration régionale (ASEAN) et adhésion à l’OMC 

POINTS FAIBLES

  • Déficit courant massif
  • Faibles réserves en devises
  • Lacunes en termes de gouvernance et niveau de pauvreté élevé
  • Secteur bancaire fragile
  • Risque souverain significatif en raison d’un stock de dette élevé
  • Sensibilité au cours des matières premières et à la conjoncture régionale

Appréciation du risque

Une croissance toujours soutenue mais de nouveau en léger repli

En 2018, l’activité pourrait continuer de ralentir légèrement, bien que la croissance reste très dynamique. L’économie laotienne devrait, néanmoins, profiter de la légère reprise du prix des matières premières au premier rang desquelles les produits miniers. Par ailleurs, la construction bénéficiera de l’essor du secteur hydroélectrique qui contribue pour près de 20 % aux exportations. Trente-cinq centrales sont en cours de construction alors que plusieurs projets ont été lancés depuis fin 2016. En dépit de mesures de consolidation budgétaire, le développement des infrastructures se poursuit. Le pays, qui fait face à de très importantes lacunes en la matière, est engagé dans des projets visant à améliorer les connexions ferroviaires et routières avec les pays de la région. Ces connexions permettraient de profiter de la situation géographique du pays (frontalier avec 5 autres pays) pour devenir un carrefour commercial dans la région. De plus, un cinquième aéroport doit être construit et le pays développe ses capacités hôtelières. Ainsi, la croissance des entrées de touristes devrait rester élevée notamment en provenance de Chine. L’origine des touristes restera très concentrée, 80 % des touristes étant originaire de Thaïlande, de Chine ou du Vietnam. Le secteur agricole – peu moderne – restera dominant : il représente 25 % du PIB et emploie plus de 70 % de la population active.

Enfin, la consommation des ménages devrait rester soutenue et bénéficiera de la progression du salaire minimum, mais elle pourrait souffrir de la consolidation budgétaire et de la légère hausse de l’inflation. De plus, le dynamisme de la production minière et hydroélectrique, la faible urbanisation ainsi que le secteur bancaire peu efficient ne permettraient toujours pas aux ménages de profiter de la forte croissance du pays.

 

L’endettement public important et la dépendance aux financements extérieurs exposent le pays à des chocs externes

En 2018, le déficit budgétaire resterait à un niveau élevé, malgré les mesures de consolidation budgétaire prises par le gouvernement. En effet, la collecte de l’impôt (15 % du PIB) est affectée par le niveau élevé de corruption et la faible imposition. Néanmoins, un contrôle accru des dépenses des différentes administrations est observé, permettant d’améliorer l’efficacité de la dépense.

En dépit de la légère progression des exportations d’électricité et de produits miniers, le déficit courant resterait massif. En effet, le pays importe près de deux fois plus de biens qu’il n’en exporte. Les importations sont principalement des produits pétroliers et des biens d’équipement, notamment à destination du secteur hydroélectrique et de la construction. Cependant, les exportations du pays devraient bénéficier du développement des projets électriques (80 % de l’électricité produite au Laos est exportée) et de la reprise de l’activité en Thaïlande, principal partenaire commercial du pays.

Dans le même temps, l’expansion du tourisme devrait en partie compenser les rapatriements de dividendes des sociétés étrangères impliquées dans l’exploitation des ressources naturelles. Le pays reçoit également des transferts des travailleurs expatriés et de l’aide extérieure. En outre, les IDE sont en plein essor en raison des grands projets initiés par des sociétés privées, notamment chinoises et sont la contrepartie des importations de biens d’équipement.

Néanmoins, l’endettement extérieur du pays est important et le pays est dépendant de ses voisins pour le financement de ses projets d’infrastructures, notamment de la Chine. Par ailleurs, les réserves de change restent insuffisantes, couvrant moins de deux mois d’importations et rendant le pays et sa monnaie, le kip, dont le cours est étroitement contrôlé par la banque centrale, vulnérables à un choc externe. Enfin, le secteur bancaire notamment sa partie publique, reste fragile compte tenu du manque de supervision et d’une capitalisation insuffisante. Au regard de sa forte progression ces dernières années, le risque de crédit est toujours à surveiller.

 

Stabilité politique malgré des défis majeurs en termes de développement et de gouvernance

La présence d’un parti unique, le Parti Populaire Révolutionnaire Laotien (PPRL), d’inspiration communiste, assure la stabilité politique du pays. En avril 2016, la transition du pouvoir à une nouvelle équipe gouvernementale dirigée par Thongloun Sisoulith s’est faite dans la continuité. Néanmoins, le sous-développement du pays demeure, malgré la forte croissance économique observée ces dernières années. Cette situation s’explique par l’avènement d’une économie fortement tournée vers le marché extérieur et favorisant les IDE (ce qui a permis au pays d’adhérer à l’OMC) mais qui profite peu à la population, dans la mesure où les pouvoirs publics favorisent davantage les dépenses en infrastructures au détriment des dépenses de santé et d’éducation. Par ailleurs, malgré certains progrès, notamment en matière d’informations financières, il subsiste des lacunes importantes en termes de gouvernance, en témoigne le niveau élevé de la corruption.

 

Last update : janvier 2018

Haut de page
  • Français