Etudes économiques
Liban

Liban

Population 4,5 millions
PIB par habitant 12 013 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 1,7 1,5 1,0 1,3
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,8 4,8 6,5 3,5
Solde public / PIB (%) -8,8 -6,0 -9,7 -10,5
Solde courant / PIB (%) -21,7 -22,8 -25,6 -25,5
Dette publique / PIB (%) 145,5 146,8 150,0 152,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Soutien financier de la diaspora
  • Potentiel gazier
  • Système bancaire robuste

POINTS FAIBLES

  • Forte exposition aux tensions géopolitiques régionales
  • Fractionnement politique selon des critères confessionnels
  • Dette publique très élevée
  • Fortes divergences politiques entraînant de l’instabilité

Appréciation du risque

La croissance restera fragile

La croissance libanaise devrait repartir légèrement à la hausse, après un ralentissement en 2018 dû, notamment, à la perte de confiance, tant des investisseurs étrangers que des ménages libanais, en raison de l’incertitude politique. Bien que faible, l’amélioration des perspectives de croissance pour 2019 reposera sur la résilience du tourisme et du secteur bancaire. Malgré un tassement de la croissance du crédit, le système bancaire, pilier de l’économie libanaise, restera robuste, notamment du fait des importants transferts de la diaspora. Par ailleurs, l’apaisement du conflit syrien pourrait profiter aux exportations libanaises. Le secteur gazier devrait contribuer à la croissance, grâce aux investissements dont il va bénéficier. En effet, le gouvernement libanais a signé, avec un consortium international mené par Total, deux accords d'exploration et de production de gaz offshore, qui devraient aboutir à un début d’exploration en 2019. Cependant, le contexte politique pourrait encore peser sur la croissance en 2019, en entravant la consommation privée. L’aide financière promise par les bailleurs de fonds internationaux, qui devrait être engagée, notamment, dans des projets d’infrastructures, tarde à être déboursée en raison de ce contexte politique instable. Cette situation pourrait peser sur le déjà faible investissement public (1,4 % du PIB en 2017).

Après avoir grimpé en 2018, suite à l’augmentation de différentes taxes, l’inflation ralentira en 2019. Le retour de nombreux réfugiés syriens dans leur pays d’origine atténuera les pressions haussières sur les prix dans l’immobilier, tandis que le maintien attendu du prix du pétrole, modérera l’inflation importée.

 

Une dette et des déficits jumeaux importants

Après leur augmentation en 2018, les recettes budgétaires, principalement issues des taxes (16 % du PIB en 2017), devraient se stabiliser en 2019. Dans le même temps, les dépenses devraient croître légèrement, du fait de l’évolution de la masse salariale du secteur public et du paiement des intérêts de la dette. Ces derniers, qui représentaient près de 10 % du PIB et un tiers des dépenses en 2017, continueront de peser grandement sur les finances publiques. Avec un solde primaire équilibré, ce sont ces intérêts qui conduiront, de nouveau, à un déficit public conséquent. Les subventions versées à l’entreprise Électricité du Liban (9 % des dépenses totales en 2017) continueront d’être une source importante de dépense pour l’État. La dette publique, majoritairement domestique, devrait ainsi dépasser le niveau de 150 % du PIB en 2019 et faire du Liban le 3e pays le plus endetté au monde, après le Japon et la Grèce.

S’agissant des comptes extérieurs, le déficit courant ne devrait pas évoluer. Malgré une hausse des exportations, composées, notamment, de véhicules à moteur (18 % des exportations) et d’or (13 %), le déficit de la balance des biens se creusera. En effet, les importations augmenteront également, dans un contexte de prix soutenu du pétrole (près de 20 % des importations), et resteront bien plus importantes que les exportations. Dans le même temps, la balance des services verra son excédent augmenter, notamment en raison du tourisme. Les transferts des expatriés (6 % du PIB en 2017) continueront de minorer le déficit courant. Ce dernier sera financé par l’entrée d’investissements étrangers (21 % du PIB en 2017), majoritairement composés d’investissements de portefeuille, ainsi que par que les réserves de change. Ces dernières, qui équivalaient à 14 mois d’importations en 2017, devraient donc se réduire. De plus, le contexte de remontée des taux d’intérêt ajoutera une pression supplémentaire sur les réserves, contre laquelle il faudra lutter, la livre libanaise étant ancrée au dollar. L’abandon de ce régime impacterait fortement le secteur privé, dans un pays où la dette extérieure, majoritairement libellée en dollars et dont 90 % est privée, approchait le niveau de 200 % du PIB en2017.

 

L’instabilité pèse sur la vie politique libanaise

Le président Michel Aoun, ancien général chrétien, doit faire face à une forte instabilité politique. Déjà présente, elle s’est intensifiée après les élections législatives qui se sont tenues en mai 2018. Le Premier ministre Saad Hariri, leader de la communauté sunnite, est sorti affaibli de ces élections. En effet, son parti, le Courant du Futur, a perdu près de la moitié de ses sièges au Parlement, tandis que l’alliance dite du « 8 mars », formée autour du mouvement chiite et du Courant patriotique libre (maronite) du président Michel Aoun, est créditée de la majorité. La nouvelle répartition des sièges au Parlement a obligé le Premier ministre à former un nouveau gouvernement. Or, cette formation ravive les tensions entre les différents partis politiques, dans un système politique libanais où le pouvoir est partagé selon des critères confessionnels. Une proposition de gouvernement, avancée le 29 octobre 2018, a ainsi été refusée par un parti chiite, le Hezbollah, qui réclamait une plus grande représentation des sunnites ne faisant pas partie du Courant du Futur. Même si un gouvernement devrait être formé en 2019, cette situation traduit un paysage politique fortement divisé.

En plus de renforcer les fractures sectaires et politiques, l’influence croissante du Hezbollah, parti soutenu par l’Iran qui apporte une aide militaire au régime syrien, tend les relations du Liban avec ses traditionnels alliés. En 2018, les États du Golfe et les États-Unis ont ainsi renforcé les sanctions à l’encontre de hauts responsables de ce parti chiite. Les performances électorales du Hezbollah renforcent également les tensions avec le voisin israélien.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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