Etudes économiques
Liberia

Liberia

Population 4,5 millions
PIB par habitant 728 $US
D
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 2,5 1,2 0,4 1,2
Inflation (moyenne annuelle, %) 13,2 23,5 24,5 20,5
Solde public * / PIB (%) -5,1 -5,4 -6,0 -6,4
Solde courant / PIB (%) -23,4 -23,4 -21,2 -21,0
Dette publique / PIB (%) 36,9 42,2 48,7 54,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dernière année fiscale du 1er juillet 2019 au 30 juin 2020.

POINTS FORTS

  • Diversité des ressources naturelles (caoutchouc, fer, or, diamant, pétrole)
  • Soutien financier de la communauté internationale
  • Membre de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)

POINTS FAIBLES

  • Infrastructures déficientes
  • Dépendance aux cours des matières premières
  • Pauvreté et chômage importants, éducation et santé défaillantes
  • Récente épidémie d’Ebola, réapparition possible
  • Démocratie récente et fragile, forte corruption
  • Environnement des affaires difficile
  • Secteur informel prépondérant

Appréciation du risque

Croissance en berne et forte inflation

Après une année 2019 laborieuse pour l’économie libérienne, la croissance se relèvera modestement en 2020, tirée par la relative résilience du secteur primaire et de l’investissement. Elle demeurera toutefois largement en deçà du rythme observé lors de la période pré-Ébola (environ 7 %). Le secteur minier continuera d’être le premier moteur de la croissance, essentiellement grâce à la production d’or, qui génère près de la moitié des exportations, devant le fer. L’agriculture et la sylviculture (un tiers du PIB), qui emploient 60 % de la population, seraient résilientes, du fait de la hausse des capacités de production de caoutchouc et d’huile de palme. L’investissement public progresserait, porté par des prêts concessionnels des organisations internationales. En ce sens, la Banque Mondiale a validé un nouveau partenariat pour la période 2019/2024, dont les aides seraient, entre autres, consacrées à la construction d’infrastructures et la réhabilitation des routes.

Principalement liée à la dépréciation du dollar libérien face au dollar américain, l’inflation restera très forte et contraindra lourdement la consommation privée, mais elle pourrait progressivement décélérer, à la faveur de prix du pétrole bas et du resserrement de la politique monétaire. En effet, la banque centrale a introduit un nouveau cadre d’intervention en février 2019, incluant un mécanisme de Facilité de dépôt permanent ainsi que l’émission de titres, afin d’éponger l’excès de liquidité et de l’intégrer au sein du système bancaire. En plus d’essayer de réduire l’inflation, l’objectif est de lutter contre la prépondérance de l’économie informelle (plus de 90 % de la monnaie détenue circule en dehors du système bancaire) et de la dollarisation (90 % des crédits et 80 % des dépôts), qui affaiblit l’efficacité de la politique monétaire.

 

Un financement des déficits toujours dépendant de l’aide étrangère

Le déficit public devrait continuer d’augmenter sur l’année fiscale 2020, en dépit des efforts annoncés par le gouvernement visant à réduire la masse salariale publique, premier poste de dépense à hauteur de 65 % du budget. Les dépenses en capital (12 % du PIB) progresseront, principalement pour financer les projets de développement en lien avec le programme « Pro-Poor ». Dans le même temps, les revenus domestiques devraient être stables, autour de 14 % du PIB, soit la même part que les aides internationales, également stables. Ainsi, la dette publique continuera de s’accroître à un rythme soutenu, atteignant en 2020 près du double de son poids de 2016. La part extérieure est majoritaire, à hauteur de 70 % du total, presque exclusivement sous forme multilatérale et concessionnelle, mais la part domestique a récemment augmenté, du fait des emprunts auprès de la banque centrale.

Le déficit courant, toujours considérable malgré l’importance des aides internationales, devrait être stable en 2020. D’un côté, le lourd déficit commercial (18 % du PIB en 2018) continuera de diminuer grâce au recul des importations, induit par la forte dépréciation tendancielle du dollar libérien face au dollar américain (1 USD valait 97 dollars libériens en juillet 2017, contre 210 en octobre 2019), ainsi qu’à une progression modeste des exportations. Mais, d’un autre côté, les rapatriements de bénéfices demeureront élevés, tandis que le ralentissement mondial, notamment aux États-Unis, affectera les remises des expatriés vers le Libéria et, par ricochet, les réserves de change de la banque centrale. Le déficit courant sera financé par des IDE (11 % du PIB), des prêts multilatéraux concessionnels et par l’utilisation des réserves de change, qui représenteront moins de deux mois d’importations en 2020.

 

Un président vivement contesté

L’ex-footballeur George Weah a été élu président en décembre 2017, ce qui, après deux guerres civiles successives (1990/97 et 1999/2003), représente la première transition démocratique et pacifique entre deux présidents élus depuis 73 ans. Au travers de son programme « Pro-Poor », le président Weah a affirmé sa volonté de remédier au manque d’infrastructure, de promouvoir l’accès aux services publics de base, ou encore de lutter contre la corruption.

Néanmoins, la faiblesse de l’économie, l’inflation galopante, ainsi que les problèmes récurrents de corruption, nourrissent les protestations de la population. Des manifestations se sont ainsi organisées depuis fin 2018, principalement dans la capitale Monrovia, recevant le soutien de certains partis d’opposition à partir de juin 2019. En particulier, la gouvernance de la banque centrale est fortement questionnée, compte tenu des récentes découvertes concernant le manque de contrôle sur la gestion de la monnaie, ouvrant la possibilité à de potentielles transactions illégales. Malgré la réaction du président, qui a notamment demandé au gouverneur de démissionner, la défiance envers les institutions risque de s’accentuer encore davantage.

L’environnement des affaires, pénalisé par la faiblesse des infrastructures et du droit de propriété légal (qui vient seulement d’être partiellement introduit par le nouveau gouvernement), reste difficile (175e sur 190 au classement Doing Business).

 

Dernière mise à jour : Février  2020

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