Etudes économiques
Libye

Libye

Population 6,34 millions
PIB par habitant 3 205 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) -10,2 -17,2 15,8 20,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 9,8 27,1 32,8 32,1
Solde public / PIB (%) -126,6 -102,6 -42,9 -23,3
Solde courant / PIB (%) -52,5 -22,3 1,7 9,8
Dette publique / PIB (%) 42,3 34,5 32,1 30,8

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes réserves de gaz et de pétrole
  • Très faible endettement extérieur
  • Positionnement stratégique en Méditerranée, proximité avec l’Europe 

POINTS FAIBLES

  • Division du pays en deux : l’ouest géré par le gouvernement de Tripoli reconnu par la communauté internationale, l’est sous la tutelle du gouvernement d’Al-Beïda soutenu par le maréchal Haftar.
  • Le sud du pays fait face à la à la prolifération des trafics (humain, arme, drogue)
  • Forte inflation
  • Tensions sociales, morcellement politique et tribal­­­­­­­­­
  • Environnement des affaires peu favorable

Appréciation du risque

Reprise de la production pétrolière

La croissance de l’activité est principalement imputable à la hausse de la production pétrolière suite à la reconquête de champs pétroliers à l’ouest et à la réouverture de certaines installations de production telles que Sharara. La production pétrolière a atteint son plus haut niveau depuis 2014, le seuil des 1 million de barils par jours ayant été franchi en 2017. Le pays dispose d’un accord préférentiel dans le cadre de l’OPEP lui permettant d’augmenter sa production sans être assujetti aux quotas. En dépit de l’obsolescence et de la destruction de certaines infrastructures, la production libyenne devrait se maintenir en 2018 à un niveau comparable à celui de l’année passée. Bien que les entreprises étrangères semblent faire un timide retour, la persistance des problématiques sécuritaires risque de ralentir cette tendance. Les flux d’IDE resteront très limités sans un éclaircissement de la situation politique et une pacification du territoire. En outre, l’économie non-pétrolière est restée pénalisée par le manque de ressources et la continuation des problématiques sécuritaires. Les problèmes de ravitaillement, la raréfaction des devises et le marché noir ont entrainé une hausse des prix renforcée par la suppression des subventions alimentaires. L’inflation devrait, cependant, se stabiliser. La hausse des exportations pétrolières limiterait, en effet, la pénurie de devises. Deux banques centrales se partagent le territoire et mènent des politiques parallèles, une à Tobrouk alliée au gouvernement d’union nationale, l’autre étant basée à Al-Beïda. Le rapprochement entre les différents protagonistes et l’ampleur de la dégradation des fondamentaux économiques devraient probablement encourager un accord de réunification entre les deux instances. L’ancrage du dinar libyen au cours du DTS devrait être maintenu mais une dévaluation est envisagée par la banque centrale de Tobrouk. La reprise de l’activité pétrolière devrait cependant avoir des effets positifs sur l’activité hors hydrocarbures.

 

Des déficits jumeaux abyssaux

La baisse des exportations pétrolières a fortement pénalisé les équilibres économiques du pays creusant aussi bien le déficit public que le déficit courant. La reprise de la production d’hydrocarbures devrait permettre une résorption progressive des déficits à moyen terme mais elle restera conditionnée à la résolution de la crise politique et aux mesures qui en découleront. Bien qu’elles aient augmenté en 2017, les recettes budgétaires ne couvrent pas d’importantes dépenses structurelles. En effet, la masse salariale représente 33 % du PIB à laquelle s’ajoutent les coûts liés aux subventions énergétiques. De même, étant donné que la Libye importe 80 % de sa consommation domestique, la hausse des exportations ne permettra pas de combler l’important déficit commercial.

 

La crise libyenne perdure

Après plusieurs tentatives infructueuses de médiation sous l’égide des Nation-Unies, la crise libyenne semble être de nouveau dans l’impasse. Minée par les fractures politiques héritées de la transition post-Khadafi, la Libye reste un territoire morcelé entre des régions de non droit, des parties sous influence tribale et les multiples des milices. Les avancées de l’accord de Skhirat conclu au Maroc en décembre 2015 qui avait conduit à la création d’un gouvernement de transition n’ont pas amené à une sortie de crise. La légitimité de ce gouvernement mené par Faïez Sarraj reste contestée par celui d’Al-Beïda soutenu par le maréchal Haftar. Alors que le premier est reconnu par la communauté internationale, le second dont l’homme fort reste le maréchal et chef de l’Armée de libération libyenne contrôle militairement la Cyrénaïque (est). Après plusieurs entrevues entre les deux parties au cours de l’année 2017, la nomination d’un nouvel émissaire des Nation unies, Ghassan Salamé, ouvre la voie à une possible réconciliation. La tâche s’annonce pour le moins difficile, mais l’objectif du plan Libye tel qu’il a été présenté par Mr Salamé serait d’amender l’accord de Skhirat de façon à trouver un compromis entre les deux grands blocs. Trois grandes étapes forment ce plan : la mise en place d’une constitution validée par référendum, l’organisation d’élections et un processus de réconciliation nationale à l’image de celui qui a eu lieu en Tunisie. L’envoyé spécial veut également réunifier les institutions libyennes, comme de la banque centrale scindée en deux. Le HNEC, la Commission électorale libyenne a lancé en décembre 2017 les inscriptions aux listes électorales pour des élections en 2018. L’enjeu de ce scrutin serait qu’il soit accepté par l’ensemble des parties impliqué dans la crise : les deux gouvernements de Tripoli et d’Al-Beïda, mais aussi les anciens Khadafistes et les royalistes. Pour le médiateur onusien, cela passe par une acceptation préalable des résultats issus du vote par les principales parties, faute de quoi les élections ne feront pas sur un consensus. D’autant plus que la question libyenne est revenue au cœur des préoccupations internationales avec les révélations concernant les trafics de migrants subsahariens dans la région en 2017. L’Union africaine avec l’appui de l’Union européenne et des Nations-Unies se sont s’engagées en collaboration avec l’OIM, l’Organisation internationale pour les migrations, à mettre en place un plan d’évacuation et de rapatriement vers les pays d’origine des migrants subsahariens. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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