Etudes économiques
Lituanie

Lituanie

Population 2,8 millions
PIB par habitant 16 731 $US
A3
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,3 3,9 3,4 2,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 0,7 3,7 2,6 2,2
Solde public / PIB (%) 0,3 0,5 0,5 0,4
Solde courant / PIB (%) -1,2 0,7 0,6 -0,5
Dette publique / PIB (%) 40,1 39,7 37,1 34,4

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro (2015) et à l’OCDE (mai 2018)
  • Comptes publics et extérieurs solides
  • Système bancaire dominé par trois établissements scandinaves
  • Zone de transit entre l’UE et Russie / enclave de Kaliningrad
  • Diversification de l’approvisionnement énergétique (terminal gazier de Klaïpeda, potentiel en gaz de schiste, liaisons électriques avec Pologne et Suède)

POINTS FAIBLES

  • Marché du travail tendu : diminution de la population active (émigration des jeunes qualifiés) et chômage structurel élevé
  • Forte économie souterraine (26 % du PIB)
  • Forte disparité de revenus entre la capitale et la province, notamment le nord-est, où la pauvreté subsiste
  • Valeur ajoutée limitée des exportations (produits minéraux, bois, agroalimentaire, meubles, matériel électrique)
  • Érosion de la compétitivité par insuffisance des gains de productivité

Appréciation du risque

Décélération de la croissance vers son potentiel

La vigueur retrouvée de l’économie en 2017/18 devrait se tasser en 2019, marquant le début de la convergence de la croissance vers son potentiel. Le relâchement de la tension sur le marché du travail (grâce à une légère hausse de l’immigration et une baisse du niveau d’emploi) et la faible croissance de la productivité, en l’absence de réformes structurelles, devraient modérer la hausse des salaires et, donc, la consommation privée, principale contributrice à la croissance (deux tiers du PIB). La réforme fiscale, qui introduira l’imposition progressive, devrait favoriser les ménages les plus pauvres, ce qui, grâce à leur propension marginale à consommer plus élevée, devrait atténuer la décélération de la consommation. Le niveau des rémunérations, par rapport à la productivité, restera malgré tout assez élevé, notamment le salaire minimum, ce qui influencera négativement la compétitivité des entreprises, impactant les performances des exportations. À cela s’ajoute la montée des tensions commerciales internationales qui pourrait aussi avoir un impact négatif sur les exports (80 % du PIB) entraînant une contribution négative de la balance commerciale à la croissance. L’investissement (près de 20 % du PIB), qui avait connu une croissance dynamique ces dernières années, grâce aux entreprises et à la facilité d’accès au crédit, devrait donc lui aussi connaître un ralentissement de son expansion. La moindre confiance des entreprises, la difficulté à trouver des travailleurs qualifiés, l’informalité de certains secteurs et la perspective d’une croissance modérée, dans le contexte de tensions internationales, sont autant de facteurs pouvant aussi expliquer cette décélération qui devrait, malgré tout, être atténuée par une meilleure absorption des financements de l’UE dirigés vers la construction et le génie civil. Les dépenses publiques devraient peu évoluer et avoir un impact direct assez faible sur la croissance. Dirigées vers la réduction des inégalités et l’accroissement de la productivité, elles auront, malgré tout, une contribution positive par le canal de la consommation privée.

 

Déficit courant et excédent public légers

D’après le budget approuvé, le déficit du gouvernement central s’élèverait à 0,4 % du PIB. Les recettes augmenteraient de manière conséquente (17 %) grâce, notamment, aux fonds structurels européens (FESI), qui passeront de 0,6 % du PIB en 2017 à 2 % en 2019, mais moins que les dépenses qui devraient croître de 22 %. Ces dernières seront majoritairement dirigées vers l’éducation, la sécurité sociale, la santé et la réforme du système des retraites afin de réduire les inégalités et d’augmenter la productivité du travail, dans le but de construire le « Nouveau modèle social » recommandé par les institutions internationales pour libérer la croissance. La réforme fiscale, préconisant un report des cotisations des employeurs vers les salariés (qui serait compensé par un salaire plus élevé) et augmentant le revenu minimum imposable, va également dans ce sens. Le déficit budgétaire, si on lui ajoute le solde des municipalités et du système de sécurité sociale, devrait se transformer en excédent du solde public. L’objectif affiché est l’accumulation de réserves (jusqu’à 1,5 milliard d'euros en 2019) et la réduction de la dette publique, dont 80 % est détenue par des non-résidents et près de 30 % libellée en devise étrangère.

L’année 2019 devrait voir le compte courant devenir légèrement déficitaire. La demande atone de l’UE, la hausse de la demande domestique favorisant les importations et la baisse des importations russes réduisant considérablement les réexportations, détérioreront le déficit de la balance des biens. Le surplus global de la balance commerciale (2,3 % en 2017), engendré par le niveau élevé des exportations de services, particulièrement de tourisme et de transports routiers, devrait donc se réduire. Les transferts (1,8 % du PIB), principalement composés des versements des expatriés et des fonds européens, malgré leur maintien, ne devraient pas compenser le déficit des revenus (3,3 %), qui s’explique par le stock élevé d’IDE dans le pays (43 % du PIB). Ces derniers devraient croître, en 2019, de près de 2 % du PIB, un niveau équivalant aux investissements lituaniens de portefeuille à l’étranger. L’importance de la dette extérieure brute (81,6 % du PIB fin juin 2018) est à relativiser par sa composition – État (37 %), banque centrale (28 %), banques (14 %) et entreprises non financières (21 %) –, les actifs détenus à l’étranger par le pays (63 % du PIB) et son libellé en euro.

 

Une année d’élections pour dissiper l’incertitude politique

Le pays est dirigé depuis 2016 par le Premier ministre Saulius Skvernelis, affilié au parti centriste LVZS qui a, de manière inattendue, remporté les élections législatives de 2016. Malgré sa minorité (56 sièges sur 141au Parlement), il a pu accéder au pouvoir grâce à son alliance avec le LSDP (17 sièges). Depuis, ce dernier, bien que ses ministres soient restés au gouvernement, s’est retiré de la coalition. La potentielle instabilité créée par cette situation est modérée par le consensus qui règne dans la vie politique locale sur la volonté de réformes, en particulier celle du nouveau modèle social. Les élections présidentielles, qui se dérouleront en mai 2019, en même temps que les européennes et qu’un référendum visant à autoriser la double nationalité, afin de pallier les carences démographiques qui nuisent à l’économie, seront un bon indicateur du soutien de la population au pouvoir en place et à la réforme fiscale. Par ailleurs, le pays a intégré l’OCDE en mai 2018, confirmant sa bonne situation économique, également actée par la 14e place au classement Doing Business2019.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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