Etudes économiques
Macédoine Ex-République yougoslave de

Macédoine Ex-République yougoslave de

Population 2,1 millions
PIB par habitant 5 264 $US
B
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,8 2,4 1,7 2,8
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,3 -0,2 1,2 1,8
Solde public / PIB (%) -3,5 -2,6 -3,2 -2,9
Solde courant / PIB (%) -2,0 -3,0 -2,8 -2,7
Dette publique / PIB (%) 46,5 47,8 49,0 51,0

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Intégration dans la chaîne de production allemande
  • Proximité avec les usines d’Europe centrale
  • Compétitivité salariale
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux
  • Transferts élevés des travailleurs expatriés (19 % du PIB)
  • Ancrage du denar à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Chômage structurel élevé et déficit de formation
  • Économie informelle importante
  • Infrastructures de transport insuffisantes
  • Endettement significatif du secteur privé (93 % du PIB à fin 2014)
  • Paysage politique conflictuel
  • Tensions entre majorité slave et minorité albanaise

Appréciation du risque

Accélération de la croissance

La stabilisation de la scène politique intérieure devrait mettre fin au creux conjoncturel biennal et générer une augmentation de la croissance. Les investisseurs privés, notamment étrangers, rendus prudents par la longue crise politique, devraient reprendre confiance. L’investissement public conserverait son dynamisme avec la construction d’infrastructures autoroutières et ferroviaires (corridor VIII entre l’Albanie et la Bulgarie et corridor X entre la Serbie et la Grèce) grâce à des financements de la BEI et de la BERD. Le secteur industriel et la construction bénéficieraient de cette dynamique. La consommation privée conserverait sa vigueur. Elle serait favorisée par la progression de l’emploi et celle des transferts d’expatriés. Le crédit aux ménages resterait favorisé par une politique monétaire accommodante et la bonne santé du secteur bancaire. Enfin, les exportations de pièces automobiles (câbles, circuits électroniques), de produits chimiques, de plastique, de textile, de matériaux de construction, de verre alimentaire bénéficieront de l’embellie européenne. Cependant, comme, dans le même temps, les importations de biens d’équipement liés à la reprise de l’investissement augmenteront, la contribution des échanges à la croissance devrait être assez faible.

 

Lente amélioration des comptes publics, déficit courant significatif

Les inondations d’août 2016 et le creux conjoncturel ont stoppé la consolidation budgétaire qui reprendrait cette année. L’amélioration sera lente. Les recettes sont obérées par l’évasion fiscale, le niveau élevé de l’économie informelle et un taux d’imposition unique des revenus et des bénéfices de 10 %. De plus, afin d’attirer et de retenir les investissements étrangers, ces derniers bénéficient d’une exonération fiscale pendant 10 ans et d’un accès gratuit aux services publics. 80 % des dépenses publiques sont peu flexibles, car elles concernent les salaires, les pensions, les transferts sociaux et les intérêts de la dette. Le déficit récurrent et la garantie souveraine des emprunts contractés par les entreprises publiques pour la construction d’infrastructures sont à l’origine de l’endettement public significatif, croissant, détenu à 69 % par des créanciers étrangers et libellé en euro auquel est ancrée la monnaie locale, le denar.

Le déficit de la balance commerciale restera élevé (18,8 % du PIB en 2016). L’accroissement des exportations des entreprises étrangères liée au développement de leurs capacités locales de production et à la reprise en zone euro sera contrebalancé par l’augmentation des achats de biens d’équipement et de consommation. Les remises des travailleurs émigrés (16 % du PIB), l’excédent des services et, dans une moindre mesure, les dépenses des visiteurs en provenance de Turquie, de Bulgarie ou de Serbie couvrent en partie le déficit commercial et celui des revenus d’investissements étrangers. Au final, le déficit courant restera couvert par les investissements nets étrangers. La dette extérieure (73,5 % du PIB) relève pour les 2/3 du secteur privé, notamment dans le cadre des investissements étrangers. Sa part à court terme n’en constitue qu’un quart et est largement couverte par les réserves de change qui représentent quatre mois d’importations.

 

Agitation politique potentiellement dissuasive pour les investisseurs

Il aura fallu attendre mai 2017 pour que les élections anticipées de décembre 2016 débouchent sur la formation d’un gouvernement de coalition composée des socio-démocrates (SDSM) du nouveau premier ministre Zoran Zaev, disposant de 49 sièges sur 120 au Parlement, et des partis représentant la minorité albanaise. Cette dernière, constitutive du quart de la population et concentrée au nord et à l’ouest, a obtenu de son partenaire une extension de l’usage de l’albanais à tout le pays, au-delà des zones où elle excède 20 % de la population. Les conservateurs du VMRO-DPMNE dirigés par Nicola Gruevski, bien que disposant de 51 sièges et du soutien du président macédonien, ont finalement dû accepter leur défaite après onze années au pouvoir, leur allié traditionnel albanais, le TUI, leur faisant défaut. Ceci a mis fin à une période d’agitation politique débutée au printemps 2015, suite à la diffusion d’enregistrements audio impliquant des membres de la coalition gouvernementale précédente dans des affaires de corruption et de trucage des élections, puis des manifestations de la communauté albanaise dont la répression s’est soldée par 22 morts.

Le pays restera confronté à plusieurs défis : la solidité de la coalition gouvernementale, la polarisation ethnique accrue de la société et le processus d’adhésion du pays à l’Union européenne et à l’OTAN. Sur ce dernier point, la Grèce a apporté son soutien à cette double adhésion, alors qu’elle y était opposée, car refusant de voir son voisin s’appeler Macédoine, nom qui désigne une région grecque. Cette situation incite les investisseurs à la prudence. Si, au sein des Zones de Développement industriel et Technologique (zones franches), les entreprises étrangères profitent d’avantages fiscaux considérables et de salaires peu élevés, elles sont confrontées au manque de main d’œuvre qualifiée, à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse des moyens dédiés à la recherche et au développement, à la lenteur des paiements domestiques et de la justice, ainsi qu’à la corruption. L’activité des entreprises étrangères, à l’origine de la plus grande partie des exportations, profite peu au tissu entrepreneurial local qui reste peu développé.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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