Etudes économiques
Macédoine Ex-République yougoslave de

Macédoine Ex-République yougoslave de

Population 2,071 millions
PIB par habitant 4870 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017(p)
Croissance PIB (%) 3,5 3,7 2,1 3,2
Inflation (moyenne annuelle) -0,3 -0,3 -0,2 0,9
Solde budgétaire / PIB (%) -4,2 -3,5 -3,6 -3,4
Solde courant / PIB (%) -0,5 -2,1 -2,5 -1,7
Dette publique / PIB (%) 38,0 38,0 40,0 42,0

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Intégration dans la chaîne de production allemande
  • Proximité avec les usines d’Europe centrale
  • Compétitivité salariale
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux
  • Transferts élevés des travailleurs expatriés (19 % du PIB)
  • Ancrage du denar à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Chômage structurel élevé et déficit de formation
  • Economie informelle importante
  • Infrastructures de transport insuffisantes
  • Endettement significatif du secteur privé (93 % du PIB à fin 2014)
  • Paysage politique conflictuel
  • Tensions entre majorité slave et minorité albanaise
  • Négociations d’adhésion à l’UE et l’OTAN assujetties au contentieux avec la Grèce sur le nom du pays

Appréciation du risque

Une croissance robuste

L’activité économique a décéléré en 2016 sous l’effet de l’instabilité politique qui a échaudé les investisseurs. Bien que tributaire de la stabilisation de la vie politique, la croissance devrait augmenter en 2017. Son principal moteur serait l’investissement public. En effet, celui-ci enregistrerait un rebond en raison de projets d’infrastructures autoroutières. Ainsi, le secteur industriel et la construction bénéficieraient de cette dynamique. En outre, le secteur agricole recouvrerait des inondations de l’été 2016. La consommation privée conserverait son dynamisme. Elle serait favorisée par la progression de l’emploi, bien que les programmes d’emplois publics subventionnés puissent connaître un léger affaiblissement après les récentes élections anticipées. De plus, l’inflation remonterait légèrement, en lien avec la hausse modérée du prix des matières premières. En outre, l’investissement des entreprises, notamment étrangères, restera conditionné par la normalisation de la vie politique. Enfin, les exportations de pièces automobiles (câbles, circuits électroniques), de produits chimiques, de plastique, de textile, de matériaux de construction, de verre alimentaire bénéficieront de la croissance européenne modérée. Comme, dans le même temps, les besoins en importations de biens d’équipement seront importants, la contribution des échanges à la croissance devrait être assez faible.

 

Une amélioration des comptes publics et extérieurs

En 2016, le gouvernement a dû revoir à la hausse les dépenses publiques, suite aux inondations. Bien qu’une consolidation fiscale se profile en 2017, le solde public resterait déficitaire. Les recettes sont obérées par l’évasion fiscale, le niveau élevé de l’économie informelle et un taux d’imposition unique des revenus et des bénéfices de 10 %. De plus, afin d’attirer et de retenir les investissements étrangers, ces derniers bénéficient d’une exonération fiscale pendant 10 ans et d’un accès gratuit aux services publics. 80 % des dépenses publiques concernent les salaires, les pensions, les transferts sociaux et les intérêts de la dette et sont donc peu flexibles. Le déficit récurrent et les emprunts contractés par les entreprises publiques pour la construction d’infrastructures sont à l’origine de l’endettement élevé, croissant et surtout libellé en euro. Néanmoins, les autorités se sont engagées à respecter dès le début de 2017 des plafonds très ambitieux de déficit et d’endettement de respectivement 3 et 60 %. Ces cibles semblent difficilement atteignables.

Bien que structurellement déficitaire, le solde de la balance commerciale devrait s’améliorer. Les exportations des entreprises étrangères installées dans le pays augmenteraient grâce à la consolidation de leurs capacités de production et à la reprise de demande de la zone euro, fournissant un contrepoids au renchérissement des importations (hausse de la facture énergétique). Les remises des travailleurs émigrés, l’excédent des services et, dans une moindre mesure, les dépenses des visiteurs en provenance de Turquie, de Bulgarie ou de Serbie couvriraient en partie le déficit commercial. Au total, le déficit courant s’amenuiserait en 2017.

 

Une vie politique agitée potentiellement dissuasive pour les investisseurs

La Macédoine subit une instabilité politique depuis le printemps 2015, suite à la diffusion d’enregistrements audio impliquant des membres de la coalition gouvernementale précédente dans des affaires de corruption et de trucage des élections, puis des manifestations de la communauté albanaise dont la répression s’est soldée par 22 morts. Rapidement, les Etats-Unis et l’Union européenne sont intervenus. Un compromis est intervenu en juillet 2015, prévoyant la nomination d’une procureure spéciale dotée d’une équipe et chargée d’enquêter sur les enregistrements, la fin du boycott parlementaire par l’opposition et la tenue d’élections législatives anticipées. Celles-ci ont eu lieu en décembre 2016, mais n’ont pas pu résoudre la crise politique. En effet, le parti chrétien-démocrate VRMO-DPMNE (au pouvoir depuis 2006) a remporté le scrutin de justesse, mais n’a pas pu former de gouvernement faute de majorité, son allié traditionnel albanais, le TUI, lui faisant défaut. Les sociaux-démocrates du SDSM, arrivés second lors des élections ont obtenu le soutien des partis albanais, parvenant à former une coalition majoritaire. Toutefois, le Président refuse de lui confier la formation du gouvernement (mars 2017), au motif que l’appui des partis albanais a été obtenu en faisant officiellement de l’albanais la seconde langue. Aussi, le pays restera confronté à de nombreux défis : la crise migratoire, la polarisation ethnique accrue de la société et le processus d’adhésion du pays à l’Union européenne et à l’OTAN. L’efficacité des pressions européennes et américaines est réduite par le véto grec à l’adhésion du pays à l’Union européenne et à l’OTAN. Athènes refuse de voir son voisin s’appeler Macédoine, nom qui désigne une région grecque. Cette situation incite les investisseurs à la prudence. Si, au sein des Zones de Développement industriel et Technologique (zones franches), les entreprises étrangères profitent d’avantages fiscaux considérables et de salaires peu élevés, elles sont confrontées au manque de main d’œuvre qualifiée, à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse des moyens dédiés à la recherche et au développement, à la lenteur des paiements domestiques et de la justice, ainsi qu’à la corruption. L’activité des entreprises étrangères, à l’origine de la plus grande partie des exportations, profite peu au tissu entrepreneurial local qui reste peu développé.

 

Dernière mise à jour : Mars 2017

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