Etudes économiques
Macédoine du Nord

Macédoine du Nord

Population 2,1 millions
PIB par habitant 5 474 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 2,9 0,0 2,6 3,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,2 1,3 1,8 2,0
Solde public / PIB (%) -2,7 -2,7 -2,8 -2,6
Solde courant / PIB (%) -2,7 -1,3 -1,0 -1,6
Dette publique / PIB (%) 40,0 39,3 42,0 44,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Intégration dans la chaîne de production allemande
  • Proximité avec les usines d’Europe centrale
  • Compétitivité salariale
  • Soutien des bailleurs de fonds internationaux
  • Transferts élevés des travailleurs expatriés
  • Ancrage du denar à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Chômage structurel élevé et déficit de formation
  • Économie informelle importante
  • Infrastructures de transport insuffisantes
  • Endettement significatif du secteur privé (93 % du PIB à fin 2014)
  • Paysage politique conflictuel
  • Tensions entre majorité slave et minorité albanaise

Appréciation du risque

L’accélération de la croissance se poursuit

Après une stagnation en 2017 induite par la baisse des investissements privés et publics à la suite d’une crise politique, la croissance a rebondi en 2018 et restera sur cette trajectoire ascendante en 2019. La demande, intérieure et extérieure, stimulera l’activité économique. La légère accélération de l’inflation, en raison d’une hausse des prix des biens alimentaires, ne pénalisera pas la consommation des ménages, qui continuera de progresser, portée par la création d’emplois, l’augmentation du salaire minimum, ainsi que de l’amélioration de la protection sociale. La demande émanant des pays européens, principaux partenaires commerciaux, en particulier l’Allemagne (40 % des exportations totales), gardera sa vigueur et entretiendra les exportations de pièces automobiles, de produits chimiques, et de matériaux de construction. Par ailleurs, les investissements privés progresseront, notamment dans le secteur de l’énergie, profitant d’une situation politique plus stable et de la nouvelle loi sur l’énergie (impliquant des mesures pour la libéralisation du marché de l’électricité à partir de 2019). De même, l’investissement public gagnera en dynamisme grâce aux nouvelles aides de la BERD, dont 7 millions d’euros seront attribués à la construction d’une centrale électrique photovoltaïque et 10 millions d’euros à l’amélioration et l’augmentation de la fourniture de services publics, en particulier des transports. L’activité des entreprises sera, en outre, portée par un accès au crédit favorisé avec le maintien d’une politique monétaire accommodante.

 

Une rigueur budgétaire entravée par l’informalité

Le déficit public devrait légèrement se réduire avec la poursuite de la politique de rigueur. Le gouvernement ambitionne de consolider le régime des retraites et de promouvoir l’équité sociale. Ceci se traduira par une augmentation du taux de cotisation sociale et du taux d’imposition sur les revenus du capital, ainsi que l’amélioration du ciblage des programmes d’aide sociale, sous la forme d’une suppression de l’allocation parentale pour le troisième enfant, remplacée par un revenu minimum garanti sous condition de ressources. Toutefois, l’efficacité de la politique budgétaire demeure contrainte par l’évasion fiscale et le niveau élevé de l’économie informelle, en conséquence de quoi les pouvoirs publics peinent à réduire le déficit. Son accumulation successive, couplée aux avantages accordés aux investisseurs étrangers (exonération fiscale pendant 10 ans et accès gratuit aux services publics), est responsable de la montée de la dette. Cette dernière, bien qu’en grande partie contractée auprès de non-résidents (70 % du total en 2017), libellée en euros, n’entraîne pas de risque de change, la monnaie nationale bénéficiant d’un ancrage sur l’euro.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant devrait se creuser en raison d’une détérioration de la balance commerciale. Les exportations progresseront moins rapidement que les importations de pétrole raffiné et de biens d’équipement, augmentant avec les projets de construction. Néanmoins, l’excédent des services (3,5 % du PIB en 2017) et les transferts des travailleurs expatriés (16 % du PIB) compensent en grande partie le déficit commercial. Le déficit courant est financé par les investissements étrangers (ils équivalaient à 2,5 % du PIB en 2017). La dette extérieure brute (80 % du PIB en juin 2018), est à relativiser, les deux tiers relevant d’engagements privés liés aux investissements étrangers, elle ne représente que 28,4 % du PIB en net. Les réserves de change élevées (quatre mois d’importations en 2017) permettent de couvrir sa part à court terme, qui constitue un quart du total.

 

L’adhésion à l’Union européenne et l’OTAN au cœur des objectifs

L’Alliance sociale-démocrate de Macédoine (SDSM), menée par le Premier ministre Zoran Zaev, est au pouvoir depuis mai 2017, marquant la fin de deux années de crise politique. Le SDSM a formé une coalition incluant des partis représentant la minorité albanaise, le DUI, et l’AA, et dernièrement le DPA, renforçant sa majorité au Parlement (67 sièges sur 120). L’opposition, incarnée par le VMRO-DPMNE, ancien parti au pouvoir, a perdu en popularité à la suite des accusations à l’encontre de l’ancien Premier ministre, Nikola Gruevski, pour abus de pouvoir, fraude électorale et association criminelle (il a, depuis, quitté le pays pour rejoindre la Hongrie). L’objectif du gouvernement se concentre toujours sur l’adhésion à l’Union européenne et l’OTAN. Ceci est à l’origine de la pacification des relations avec la Grèce. Cette dernière, refusant de voir son voisin s’appeler Macédoine, alors que ce nom désigne déjà une région grecque, avait bloqué le processus de la double adhésion. Le Parlement a, donc, voté en septembre 2018 en faveur d’un nouveau nom : « République de Macédoine du nord », validé par la Grèce. Les négociations en vue de l’adhésion pourront, ainsi, reprendre lors du sommet européen de juin 2019, mais restent conditionnées par la capacité du gouvernement à continuer ses réformes, afin de pallier les problèmes structurels caractérisant la Macédoine. Si, au sein des zones de développement industriel et technologique (zones franches), les entreprises étrangères profitent d’avantages fiscaux considérables et de salaires peu élevés, elles sont confrontées au manque de main-d’œuvre qualifiée, à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse des moyens dédiés à la recherche et au développement, à la lenteur des paiements domestiques et de la justice, ainsi qu’à la corruption.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

Haut de page
  • Français
  • English