Etudes économiques
Macédoine du Nord

Macédoine du Nord

Population 2,1 millions
PIB par habitant 6 100 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,2 2,7 3,1 -4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 1,4 1,5 1,8
Solde public * / PIB (%) -3,5 -1,7 -2,7 -3,4
Solde courant / PIB (%) -1,0 -0,2 -0,7 -1,2
Dette publique ** / PIB (%) 47,8 48,5 51,0 52,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision. *y compris entreprise publique en charge des routes nationales. **y compris garanties publiques.

POINTS FORTS

  • Accord d’association et de stabilisation avec l’UE, candidat à l’adhésion depuis 2003
  • Intégration dans la chaîne de production manufacturière européenne
  • Proximité avec les usines d’Europe centrale et croisement de deux corridors européens
  • Compétitivité salariale
  • Soutien des bailleurs de fonds européens
  • Transferts élevés des travailleurs expatriés
  • Ancrage du denar à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Faible taux de participation (47 %), chômage structurel élevé et manque de productivité dus à l’inadaptation de la formation
  • Économie informelle importante liée au manque d’efficacité du gouvernement et à la lourdeur de la réglementation
  • Émigration soutenue vers l’UE de la jeunesse confrontée à un chômage de 35 %
  • Forte euroisation (40 % des dépôts bancaires et du crédit)
  • Infrastructures de transport, d’énergie, de santé et d’éducation insuffisantes
  • Paysage politique polarisé
  • Tensions entre majorité slave et minorité albanaise

Appréciation du risque

Croissance toujours soutenue par la demande intérieure

En 2020, la demande intérieure continuera de soutenir la croissance. La consommation des ménages profitera de nouveau du dynamisme de l’emploi et de la progression des salaires, cette dernière s’expliquant par l’augmentation régulière du salaire minimum (30 % des salariés déclarés sont payés à ce niveau) et l’étroitesse du réservoir de main-d’œuvre qualifiée. L’investissement public conservera un bon niveau avec la poursuite du développement du réseau routier (avec l’aide de la BERD), tandis que son pendant privé sera dirigé vers l’énergie (libéralisation du marché de l’électricité depuis 2019) et le tourisme. La contribution des échanges extérieurs à la croissance devrait rester légèrement négative. Alors que les importations seront soutenues par la demande intérieure, les exportations de biens produits par les usines étrangères (50 % du total, avec les pièces automobiles, les produits chimiques et les câbles et machines électriques) et celles issues de l’économie domestique (fer, acier, vêtement, literie) seront contraintes par la faiblesse de la demande européenne et les contraintes de capacité. Le crédit aux ménages et aux entreprises devrait conserver une bonne progression, grâce à la bonne santé du système bancaire et à la faiblesse des taux (taux directeur : 2,25 % à novembre 2019). L’activité sera, en outre, portée par une politique budgétaire légèrement accommodante avec la tenue des élections.

 

Une consolidation budgétaire au point mort et entravée par l’informalité

Sous l’influence de la tenue des élections en avril 2020, et avec les nouveaux investissements routiers, le déficit public devrait se creuser, éloignant la perspective de la stabilisation de la dette dont le service représente 12 % du PIB. Cependant, sauf choc de croissance ou forte dépréciation du denar, elle est jugée soutenable. 68 % ont été placés auprès de créanciers étrangers, mais 80 % sont libellés en euros, ce qui, malgré l’ancrage à l’euro, l’expose au risque de change. La consolidation budgétaire est rendue malaisée par l’évasion fiscale liée à l’informalité de l’économie (estimée entre 30 et 40 % des revenus et à 18 % de l’emploi) liée aux insuffisances de l’administration fiscale et de l’inspection du travail. Les dépenses courantes liées à l’aide sociale, aux salaires et aux pensions laissent peu de place à l’investissement public (4 % du PIB). La gestion des entreprises publiques est peu transparente. Enfin, les avantages accordés aux investisseurs étrangers (exonération fiscale pendant dix ans et accès gratuit aux services publics) sont coûteux.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant devrait augmenter en lien avec le déficit commercial. Ce dernier (équivalent à 15 % du PIB en 2019) s’explique par l’insuffisance de la production manufacturière (15 % de la valeur ajoutée) qui ne peut répondre à la demande intérieure. Néanmoins, l’excédent des services (4 % du PIB) et, surtout, les transferts et apports d’espèces des expatriés (15 %) excèdent le déficit commercial auquel s’ajoute le déficit des revenus d’investissement (5 %). Le déficit courant est financé par les investissements étrangers (4 %). La dette extérieure (76 % du PIB à juin 2019) comprend un quart d’engagements liés aux investissements étrangers, le solde se répartissant entre le public et le privé. Nette de créances détenues sur l’étranger, elle ne représente que 24 % du PIB. Les réserves de change (plus de quatre mois d’importations fin août 2019) permettent de couvrir sa part à court terme, qui constitue 21 % du total.

 

Lointaine adhésion à l’UE

Lors du Conseil européen d’octobre 2019, malgré l’aval de la Commission et du Parlement européens, il n’y a pas eu l’unanimité requise pour l’ouverture des négociations en vue de l’adhésion de la Macédoine du nord à l’UE. Il a été convenu que le sujet serait remis à l’ordre du jour avant le sommet UE-Balkans occidentaux de mai 2020. Le Premier ministre Zoran Zaev avait lié l’ouverture des négociations au changement de nom du pays. Aussi, seulement deux ans et demi après son accession au pouvoir en mai 2017 suite à deux années de crise politique, il a appelé à des élections législatives en avril 2020, avec 8 mois d’avance. Son gouvernement a cédé la place début janvier à un gouvernement intérimaire composé de technocrates et de représentants des différents partis. La bataille entre la coalition sortante composée de l’Alliance sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) et les partis représentant la minorité albanaise, le DUI, l’AA et le DPA, et l’opposition, incarnée par le VMRO-DPMNE est incertaine. L’accord avec la Grèce sur le changement de nom du pays ne fait pas l’unanimité au sein de ce dernier. Cependant, les progrès institutionnels devraient empêcher le retour aux errements de 2014/2017. En matière d’environnement des affaires (scores respectifs de 57/100 et 80,7/100 dans le Global Competitiveness Report et Doing Business), si, au sein des Zones de développement industriel et technologique (zones franches), les entreprises étrangères profitent d’avantages fiscaux considérables et de salaires peu élevés, elles sont confrontées au manque de main-d’œuvre qualifiée, à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse de la recherche et du développement, à l’indépendance relative de la justice, ainsi qu’à la corruption et au crime organisé.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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