Etudes économiques
Macédoine du Nord

Macédoine du Nord

Population 2,1 millions
PIB par habitant 6 109 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 2,7 3,6 -4,4 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,5 0,8 0,9 1,5
Solde public / PIB (%)* -1,8 -2,0 -6,7 -4,5
Solde courant / PIB (%) -0,1 -2,8 -3,4 -2,5
Dette publique / PIB (%)** 40,6 40,1 50,2 50,5

(e) : Estimation (p) : Prévision *Y compris entreprise publique en charge des routes nationales **Y compris garanties publiques

POINTS FORTS

  • Accord d’association et de stabilisation avec l’UE, candidat à l’adhésion depuis 2003
  • Intégration dans la chaîne de production manufacturière européenne
  • Proximité avec les usines d’Europe centrale et croisement de deux corridors européens
  • Compétitivité salariale
  • Soutien des bailleurs de fonds européens
  • Transferts élevés des travailleurs expatriés
  • Ancrage du denar à l’euro

POINTS FAIBLES

  • Faible taux de participation (47%), chômage structurel élevé et manque de productivité dus à l’inadaptation de la formation
  • Économie informelle importante liée au manque d’efficacité du gouvernement et à la lourdeur de la réglementation
  • Émigration soutenue vers l’UE de la jeunesse confrontée à un chômage de 35%
  • Forte euroisation (40% des dépôts bancaires et du crédit)
  • Infrastructures de transport, d’énergie, de santé et d’éducation insuffisantes
  • Paysage politique polarisé
  • Tensions entre majorité slave et minorité albanaise

Appréciation du risque

La demande intérieure et extérieure motrice de la reprise

En 2020, l’économie s’est contractée en raison de la crise du COVID-19. La consommation des ménages, source clé de croissance ces dernières années (75% du PIB), a été fortement impactée par les mesures strictes de confinement en place de mars 2020 à fin juin 2020. Après avoir baissé (16,2% au T1 2020) suite aux réformes du marché du travail ces dernières années, le niveau de chômage a atteint 20% à la fin 2020, provoquant une perte de revenu chez les ménages. Combinée avec la baisse des transferts des expatriés, cette perte de revenu a pesé sur la consommation (baisse estimée à 4% en 2020). La baisse de la demande de l’Union Européenne, qui représente 75% des exportations du pays, a pesé sur le commerce extérieur. Une baisse de l’investissement d’environ 10% est à déplorer en 2020.

La reprise s’est amorcée au second semestre 2020, malgré les mesures sanitaires encore contraignantes, soutenue par une politique fiscale et monétaire accommodante, ainsi que le début de négociations en vue de l’accession à l’Union européenne. Les mesures de relance comprennent, notamment, des allégements fiscaux pour les entreprises, des subventions à certains secteurs (agricole, tourisme) et des aides pour emprunter à des taux préférentiels. La Banque nationale de la République de Macédoine du Nord (NBRNM) a réduit son taux directeur à deux reprises depuis le début de la crise, d'un montant cumulé de 50 points de base, pour le ramener à 1,5 % en mars 2020 afin de stimuler l’activité économique à travers l’octroi de crédits aux ménages et aux entreprises. La reprise devrait se poursuivre en 2021, en phase avec celle qui interviendra dans l’Union, particulièrement en Allemagne (50% des exportations). Le pays pourrait, alors, bénéficier de la confiance renforcée des investisseurs depuis la résolution du conflit avec la Grèce, alors que les projets d’investissements (financés par la BERD ) aideront à la compétitivité et l’intégration du pays dans la région (transport et énergie).

 

Coup d’arrêt à la consolidation budgétaire

Avec la hausse des dépenses de santé et de sécurité sociale, le déficit public s’est nettement creusé en 2020. Les recettes ont diminué en raison de la baisse de l’activité économique. En face, les différents plans de relance, ont représenté EUR 1 milliard (8% du PIB). Afin de suppléer à la baisse des rentrées fiscales, le recours à l’endettement a augmenté, éloignant la perspective de la stabilisation de la dette dont le service représente 12 % du PIB. La consolidation budgétaire est rendue malaisée par l’évasion fiscale liée à l’informalité de l’économie (estimée entre 30 et 40 % des revenus et à 18 % de l’emploi) liée aux insuffisances de l’administration fiscale et de l’inspection du travail. Les dépenses courantes liées à l’aide sociale, aux salaires et aux pensions laissent peu de place à l’investissement public. Enfin, les avantages accordés aux investisseurs étrangers (exonération fiscale pendant dix ans et accès gratuit aux services publics) sont coûteux.

Concernant les comptes extérieurs, le déficit courant s’est creusé en 2020. Il devrait légèrement diminuer, à mesure que les exportations retrouveront leur niveau d’avant crise en 2021, même si le rebond de la demande intérieure et des importations contrebalancera. L’excédent des revenus issu des transferts et des apports d’espèces des expatriés (15% du PIB), ainsi que celui des services (tourisme et transport), permettent de compenser en partie le déficit commercial (15% du PIB) et les rapatriements de revenus issus des investissements étrangers. Le déficit courant est financé par les investissements étrangers. La dette extérieure (80,3 % du PIB à juin 2020) comprend un quart d’engagements liés aux investissements étrangers, le solde se répartissant entre le public et le privé. Les réserves de change représentaient plus de quatre mois d’importations en 2020.

 

Lointaine adhésion à l’UE

Initialement prévues en novembre 2020, les élections législatives de juillet anticipées 2020 ont été marquées par la courte victoire de la coalition formée autour de l’Alliance sociale-démocrate de Macédoine (SDSM) et du parti albanais BESA. Zoran Zaev conserve ainsi son poste de premier ministre. L’accord de coalition avec le parti principal albanais DUI prévoit qu’il cédera son poste à un membre de la minorité albanaise pour une période de cent jours à l’expiration d’une période de quatre ans, avant les prochaines élections. La participation était plus faible qu’en 2016 en raison de l’épidémie, mais aussi à cause du désaveu de la population envers la classe politique accusée de corruption et d’inaction face à la stagnation économique. Le nouveau mandat devrait être marqué par la volonté du pays d’intégrer l’Union Européenne. En plus de devenir le 30e État membre de l'OTAN en mars 2020, un accord politique a été conclu pour entamer les négociations d'adhésion à l'UE. En novembre 2020, la Bulgarie a bloqué les discussions entre les ministres de l'UE sur la candidature de la Macédoine du Nord et retarde ainsi le début des négociations. Au-delà, le lancement des négociations devrait prendre du temps, car conditionné par de nombreuses réformes dans les domaines de l’État de droit, de l’indépendance de la justice et de la lutte contre la corruption. En matière d’environnement des affaires, si, au sein des Zones de développement industriel et technologique (zones franches), les entreprises étrangères profitent d’avantages fiscaux considérables et de salaires peu élevés, en dehors, elles sont confrontées au manque de main-d’œuvre qualifiée, à l’insuffisance des infrastructures, à la faiblesse de la recherche et du développement, à l’indépendance relative de la justice, ainsi qu’à la corruption et au crime organisé.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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