Etudes économiques
Madagascar

Madagascar

Population 24,9 millions
PIB par habitant 401 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 3,1 4,2 4,2 4,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 7,4 6,6 7,8 6,8
Solde public / PIB (%) -3,3 -4,0 -5,9 -5,2
Solde courant / PIB (%) -1,9 0,3 -4,7 -5,3
Dette publique / PIB (%) 41,3 38,7 41,5 43,5

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Importantes réserves minérales (pierres précieuses, nickel, cobalt) et pétrolières.
  • Potentiel du secteur agricole, premier producteur mondial de vanille
  • Développement du secteur touristique
  • Dette publique majoritairement à conditions concessionnelles

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à l’égard des produits agricoles et miniers
  • Réseaux routier, hydraulique et électrique insuffisants
  • Dépendance à l’aide étrangère
  • Instabilité politique chronique 

Appréciation du risque

La reprise post-crise politique, freinée par les aléas climatiques, reprend sa marche

En 2017, la croissance, freinée par le passage violent du cyclone Enawo, alors que l’île se remettait à peine de la sécheresse provoquée par le phénomène climatique El Niño, a stagné. Toutefois, l’élan retrouvé depuis la crise politique (2009-2013) devrait reprendre sa marche en 2018. Après deux années de mauvaises récoltes, l’activité du secteur agricole, qui représente près d’un quart du PIB, devrait être plus porteuse. Dans le secteur secondaire, l’agro-industrie bénéficiera, notamment, de la montée en puissance des usines sucrières de Nosy-Be et Morondava. De son côté, l’industrie textile devrait continuer à jouir de la réintégration de Madagascar à l’African Growth and Opportunity Act (AGOA). Ce secteur devrait également être l’un des principaux bénéficiaires de l’adhésion de l’île à l’Afreximbank en juin 2017. Les perspectives pour le secteur du tourisme s’éclaircissent également après avoir souffert de la mauvaise publicité offerte par la crise politique, bénéficiant, de plus, d’une dynamique de croissance plus positive en Europe (dont est originaire la majorité des touristes). Identifié pour son potentiel dans le Plan National de Développement 2015-2019 (PND), le tourisme bénéficie de l’afflux d’investissement public. L’investissement dans le cadre du PND, visant à développer les infrastructures, devrait donc continuer à tirer la croissance, également dans le secteur de la construction. L’activité dans ce secteur bénéficiera aussi des travaux de reconstruction consécutifs au passage d’Enawo. L’adhésion de l’île à la Banque asiatique de développement pour les infrastructures (AIIB) pourrait également permettre de soutenir de nouveaux projets. En revanche, malgré la baisse de l’inflation, en lien avec l’inflexion attendue des prix des biens alimentaires, la consommation des ménages devraient rester contrainte. Toujours élevée, elle se fera ressentir, alors que plus de 80 % de la population vit sous le seuil de pauvreté. Malgré des perspectives globalement plus positives, la montée des tensions et de l’incertitude politique à l’approche des élections 2018 constitue un risque significatif dans un pays qui se remet à peine d’une crise politique majeure.

 

Des déficits jumeaux toujours élevés

Le déficit public, bien que toujours élevé, devrait se réduire en 2018. Les comptes publics bénéficieraient d’une hausse des revenus, grâce à l’accélération de l’activité et à de nouveaux progrès dans la perception de l’impôt. Une hausse des dons, qui serviront, notamment, à financer des projets d’infrastructure, devrait également soutenir une augmentation globale des recettes. De leur côté, les dépenses courantes, bien que toujours élevées, devraient baisser en 2018. En effet, ces dernières ont été particulièrement importantes en 2017 avec le versement de subventions, en particulier à la société nationale d’eau et d’électricité (Jirama), à cause des évènements climatiques. Cette baisse des dépenses courantes sera néanmoins largement compensée par une hausse des dépenses en capital, qui pourraient excéder les 10 % du PIB en 2018. En année électorale, un dérapage budgétaire qui creuserait le déficit n’est, néanmoins, pas à exclure. Les institutions internationales, qui avaient interrompu leurs aides entre 2009 et 2014, y seront particulièrement attentives. Ce sera le cas du FMI, qui soutient l’île à hauteur de 305 millions de dollars dans le cadre d’un programme FEC. L’endettement public, étant donné son caractère essentiellement concessionnel, reste engagé sur une trajectoire soutenable.

Le déficit courant devrait se creuser en 2018 malgré le soutien du FMI et la probable hausse des transferts des expatriés. La valeur des importations excèderaient toujours celle des exportations, pénalisée par une baisse de compétitivité de ces dernières. En particulier, la vanille, dont Madagascar est le premier producteur mondial, est en crise : les aléas climatiques, non content d’avoir accouché de deux campagnes de récolte décevantes en 2016 et 2017, ont provoqué une flambée des prix (au-delà de 600 $/kg en mars 2017 contre environ 100 $⁄kg en 2015) pour une vanille de qualité moindre. La campagne de récolte 2017-2018 ne se profile guère sous de meilleurs auspices. Le cours du nickel, premier produit d’exportation de Madagascar, demeurerait relativement bas. Le rapatriement des dividendes aux non-résidents, particulièrement dans le secteur minier, grèvera encore la balance des revenus.

 

Des élections 2018 sous tension

L’agenda politique sera dominé par les élections présidentielles et législatives qui devront se tenir avant décembre 2018. Ce sera la seconde élection présidentielle après celle de 2013 qui avait permis de mettre fin à quatre ans de crise politique, déclenchée par un coup d’État en 2009. Le président H. Rajaonarimampianina qui a souvent dû faire face à la gronde sociale dans un pays qui souffre de la pauvreté, de la corruption et d’infrastructures déficientes, devra certainement batailler pour rester en place. L’organisation des élections présidentielles présente donc un risque non négligeable : l’épineuse question de l’éligibilité des candidats potentiels M. Ravalomanana et A. Rajoelina devra notamment être tranché et pourrait, le cas échéant, susciter controverses et protestations. Un éventuel report des élections en 2019, envisagé par le gouvernement, pourrait également mettre le feu aux poudres.

L’environnement des affaires, souffrant de l’inefficacité du gouvernement et, surtout de la corruption, demeure très dégradé. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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