Etudes économiques
Malaisie

Malaisie

Population 31,6 millions
PIB par habitant 9 374 $US
A3
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

   2015  2016  2017(p)  2018(p)
Croissance PIB (%) 5,0 4,2 5,3 5,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,1 2,1 3,7 2,9
Solde public / PIB (%) -2,8 -3,0 -3,0 -2,7
Solde courant / PIB (%) 3,0 2,4 2,5 2,3
Dette publique / PIB (%) 57,9 56,2 55,2 54,2

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Exportations diversifiées
  • Dynamisme du secteur des services
  • Bonnes infrastructures, R&D élevée
  • Soutien de l’investissement à travers le développement du marché financier local et un accès élargi aux IDE
  • Flexibilité du change
  • Revenu par habitant élevé

POINTS FAIBLES

  • Économie dépendante de la demande externe
  • Forte dépendance des recettes budgétaires aux performances du secteur gazier et pétrolier
  • Endettement du secteur privé très élevé
  • Érosion de la compétitivité prix de l’économie liée à un coût du travail élevé
  • Persistance des disparités régionales
  • Antagonismes ethnique et religieux

Appréciation du risque

La croissance devrait rester élevée

Déjà forte en 2017, la croissance devrait maintenir ce rythme en 2018. L’activité restera portée par ses déterminants internes, ainsi que par la bonne orientation des exportations (75 % du PIB). Celles-ci bénéficieraient du dynamisme de la demande extérieure ainsi que de la reprise modérée des prix des hydrocarbures, qui représentent 20 % des exportations. En outre, le secteur de l’énergie (gaz naturel liquéfié et pétrole) profitera en 2018 de l’arrivée à maturité de nombreux projets, même si la dynamique des investissements s’est tassée, du fait de la persistance des prix bas. Le pays exporte également des produits manufacturés à forte valeur ajoutée, tels que des semi-conducteurs et d’autres produits électroniques (39 % des exportations), pour lesquels la demande mondiale est dynamique. L’investissement dans ce secteur sera soutenu par ces bonnes perspectives, d’autant que le pays bénéficie d’une intégration croissante dans la chaîne de valeur régionale. Les secteurs liés au tourisme devraient continuer à se développer, mais subiraient toujours les effets des deux catastrophes aériennes de la Malaysian Airlines intervenues en 2014 et 2015, ainsi qu’un contexte sécuritaire moins favorable que ses concurrents locaux, tel que la Thaïlande.

Malgré le niveau d’endettement élevé des ménages (88 % du PIB), la consommation privée restera le principal contributeur à la croissance. L’appréciation graduelle du ringgit permettrait de réduire le coût des biens importés et de contenir l’inflation, alors que le niveau de chômage serait toujours au plus bas. Les ménages bénéficieraient également de la baisse de l’impôt sur le revenu, ainsi que de l’augmentation des salaires des fonctionnaires. Par ailleurs, la politique monétaire toujours accommodante et l’accroissement des dépenses publiques en période pré-électorale soutiendront également la croissance. L’économie du pays reste néanmoins vulnérable à un ralentissement de la demande chinoise, son principal partenaire commercial.

 

Consolidation budgétaire en cours

La consolidation budgétaire reste un des objectifs prioritaires du gouvernement, qui ambitionne d’atteindre l’équilibre budgétaire en 2020. En 2018, le déficit budgétaire devrait continuer à se réduire. La hausse des recettes, liée à une meilleure collecte de l’impôt et des taxes (notamment de la TVA introduite en 2015), à l’accroissement des revenus miniers et au dynamisme de la demande domestique, permettrait de compenser l’augmentation de certaines dépenses. Celles-ci concernent, notamment, la hausse des investissements dans les infrastructures, ainsi que la baisse des impôts sur les ménages modestes, en partie limités par la baisse des subventions. Le redressement du solde budgétaire permettrait de réduire la dette publique qui restera à un niveau élevé. Cette dette est essentiellement constituée de Sukuk (obligations de droit musulman), ainsi que d’obligations classiques.

L’excédent courant devrait légèrement diminuer en 2018 en raison de la réduction de l’excédent commercial. Celui-ci serait pénalisé par la rapide augmentation des importations, en lien avec le dynamisme de la demande domestique, qui ne sera que partiellement compensée par le regain des exportations. La balance des revenus resterait déficitaire, du fait des rapatriements de bénéfices des sociétés étrangères. De même, le déficit de la balance des transferts devrait perdurer, en raison des remises de travailleurs étrangers en direction de leur pays d’origine. Le déficit des services devrait légèrement baisser, en lien avec l’afflux croissant de touristes.

La dette extérieure est élevée (67 % du PIB) et majoritairement libellée en devises étrangères. Toutefois, le niveau élevé des réserves de change (près de 7 mois d’importations) permettrait de limiter ce risque, ainsi que de faire face à d’éventuelles sorties de capitaux liées à un resserrement rapide de la politique monétaire américaine. Par ailleurs, le secteur bancaire demeure suffisamment capitalisé et liquide, même si le niveau élevé d’endettement des ménages constitue un risque.

 

Malgré les scandales, le Premier ministre devrait rester en place

Les élections générales auront lieu au printemps 2018, anticipées de quelques mois par rapport à la date initiale, prévue en août. La coalition de droite Barisan Nasional (BN), avec à sa tête le Premier ministre Najib Razak, devrait rester au pouvoir, compte tenu des divergences au sein de l’opposition. En effet, malgré de nombreux appels à la coopération, la coalition de centre-gauche Pakatan Hrapan (PH) et le Parti islamique malaysien (PAS), devraient se présenter désunis aux élections, réduisant leurs chances de succès. De plus, les bonnes performances économiques du pays devraient consolider la légitimité du Premier ministre, dont le parti domine la vie politique du pays depuis son indépendance en 1957. Avant la tenue des élections, le gouvernement a également multiplié les aides à destination des minorités ethniques du pays et des ménages les plus modestes, notamment dans les zones rurales. En effet, le pays est constitué principalement de malais (64 % de la population) de religion musulmane, mais aussi de chinois, d’indiens et d’autochtones (Orang Asli, Dayak, etc). Toutefois, les soupçons qui pèsent sur le Premier ministre ainsi que son cabinet, accusés d’avoir détourné une partie des actifs du fonds souverain du pays (1MDB) à destination de leurs comptes bancaires personnels, pourraient être exploités par les forces d’opposition lors de la campagne électorale.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

Paiement

Le virement bancaire, les espèces et le chèque sont des moyens de paiement d’usage courant en Malaisie. De même le réseau bancaire national permet d’effectuer des paiements en ligne. La lettre de crédit est également communément utilisée.

Depuis 2017, la Banque centrale impose que 75 % des paiements réalisés en devises étrangères soient convertis en ringgit malaisien à réception. Les transactions effectuées en Malaisie doivent être effectués en ringgit.

 

Recouvrement des créances

Phase amiable

Des prises de contact permettent régulièrement d’engager des négociations et de parvenir à des accords à l’amiable en réponse à un litige et/ ou créances. Si l’acheteur n’offre pas de réponse, une visite du site et des recherches en ligne sont effectuées d’office afin de déterminer l’état de l’activité de l’acheteur et son statut légal. S’il persiste à ignorer ou à négliger les tentatives de règlement amiable de l’affaire, le fournisseur peut entamer une procédure judiciaire, pour recouvrer les paiements correspondant aux biens vendus et livrés. Il convient néanmoins de s’assurer que l’acheteur possède des actifs suffisants pour satisfaire la créance avant le lancement de la procédure.

 

Système des tribunaux malaisiens

La hiérarchie des tribunaux en Malaisie est constituée, dans l’ordre croissant, par le tribunal d’instance (Magistrates’ Court, « tribunal des magistrats »), le « tribunal des sessions » (« Sessions Court »), la Haute cour (« High Court »), la Cour d’appel (« Court of Appeal »), puis enfin la Cour fédérale de Malaisie (« Federal Court of Malaysia »). La Haute cour, la Cour d’appel et la Cour fédérale sont des cours supérieures, tandis que le tribunal des magistrats et le tribunal des sessions sont des tribunaux subordonnés. Il existe également plusieurs autres tribunaux en dehors de cette hiérarchie, par exemple, tribunaux du travail, maritimes, de la Charia ou des affaires islamiques.

 

Système juridique malaisien

Le système juridique malaisien est basé sur le système de la Common Law anglaise. La constitution écrite, basée sur le modèle de Westminster, se trouve au cœur du système juridique malaisien. La compétence et les prérogatives des tribunaux dans le cadre de la hiérarchie des tribunaux malaisienne sont prévues principalement dans la loi intitulée « Courts of Judicature Act 1964 (Act 91) » pour les juridictions supérieures et dans la loi intitulée « Subordinate Courts Act 1948 (Act 92) » pour les juridictions inférieures.

Les créances portées devant le tribunal des magistrats sont limitées à 100 000 MYR, tandis qu’un tribunal des sessions pourra connaître des affaires civiles dont le montant en litige ne dépasse pas 1 000 000 MYR. Lorsque le montant réclamé ne dépasse pas 5 000 MYR, la demande doit être déposée auprès de la division des petits litiges du tribunal des magistrats. Toutefois, la présence d’un avocat n’est pas autorisée.

 

Procédure judiciaire

Une créance impayée a normalement un délai de prescription de six ans à partir de la survenance de la cause de la demande (par exemple, violation de contrat). Le créancier doit remettre une assignation au débiteur dans les six mois qui suivent l’émission de l’assignation. Après la remise de l’assignation, le défendant dispose de quatorze jours (ou 21 jours si l’assignation a été remise en dehors de la juridiction malaisienne) pour déposer un mémorandum de comparution (« Memorandum of Appearance ») auprès du tribunal, afin d’indiquer son intention de comparaître devant le tribunal et de se défendre contre l’action intentée.

Avant qu’une assignation ne puisse être émise, elle doit être motivée par le dépôt d’une requête ou par une demande générale, c’est-à-dire une déclaration concise précisant la nature de la réclamation et la réparation ou le recours demandé. Lorsque l’assignation ne s’appuie que sur une demande générale, la requête doit être remise avant l’expiration d’un délai de quatorze jours après comparution du défendeur.

Lorsque le défendeur a comparu, il est tenu de présenter sa défense au plaignant dans un délai de quatorze jours après expiration du délai de comparution ou après remise de la requête si celle-ci intervient plus tard. Le défendeur peut déposer une demande reconventionnelle dans le cadre de l’action engagée par le plaignant. Le plaignant doit remettre au défendeur sa réponse et, le cas échéant, sa défense contre la demande reconventionnelle dans un délai de quatorze jours après réception de la défense et de la demande reconventionnelle.

La procédure peut être close ou achevée en référé ou jugée et résolue à un stade précédant le procès.

Procédure accélérée

Si le défendeur ne se présente pas devant le tribunal, le plaignant peut demander que soit rendu un jugement par défaut. En général, lorsque le défendeur comparaît, présente une défense et dépose toutes les pièces requises en soutien de son dossier, tout est prêt pour le procès. Si la défense semble clairement insuffisante, le plaignant peut demander que soit rendue une décision en référé à l’encontre du défendeur. Pour éviter cela, le défendeur doit démontrer que le litige donne matière à un procès ou qu’il existe une autre raison pour que se tienne un procès.

 

Exécution d’une décision de justice

Ordonnance de saisie-exécution

Une ordonnance de saisie-exécution peut concerner les biens mobiliers et immobiliers aussi bien que les valeurs mobilières. Lorsque les biens à saisir sont des biens immobiliers garantis, la saisie doit faire l’objet d’une ordonnance interdisant au débiteur judiciaire de transmettre, vendre ou louer les biens en question.

Procédure de saisie-arrêt

Le créancier judiciaire peut demander la saisie de sommes que le débiteur judiciaire est censé recevoir d’une tierce partie. Si la personne qui fait l’objet de l’ordonnance de saisie-arrêt ne se présente pas devant le tribunal, l’ordonnance devient exécutive. Si cette personne se présente devant le tribunal, celui-ci peut rendre une décision en référé ou ordonner la tenue du procès.

 

Citation à comparaître du débiteur judiciaire

L’objectif de cette citation est de donner au débiteur judiciaire l’occasion de rembourser sa dette selon un échelonnement adapté à ses moyens. Le débiteur lui-même peut demander cette procédure. En vertu de l’Ordonnance 14 (« Order 14 »), le défendeur peut accepter la réclamation du plaignant et proposer un remboursement échelonné ; le tribunal peut accorder cette demande si le plaignant donne son accord.

 

Procédure de faillite

Si le jugement total de la créance est supérieur à 30 000 MYR, la procédure de faillite peut être déclenchée si le débiteur judiciaire ne respecte pas le jugement ou la décision rendu(e) à son encontre. Une fois qu’un débiteur est déclaré en faillite, d’autres créanciers ont également le droit de déposer un formulaire de production de créance et une procuration pour avoir le droit d’avoir une part de la distribution du patrimoine du débiteur. La distribution du patrimoine est effectuée en fonction de l’ordre de priorité des créanciers.

 

Procédure d’insolvabilité

Plusieurs procédures d’insolvabilité et de restructuration sont disponibles. Au titre de la loi sur les sociétés, la procédure d’insolvabilité disponible comprend :

• la liquidation judiciaire obligatoire et volontaire des sociétés

• la désignation d’administrateurs judiciaires et de gestionnaires d’entreprise

• des mécanismes de restructuration

 

Liquidation judiciaire

Dans le cas d’une liquidation judiciaire obligatoire, le tribunal peut liquider une société sur la base d’un certain nombre de motifs au titre de la loi sur les sociétés. Le plus fréquent de ces motifs est l’incapacité de la société à payer ses créances. Le créancier engage ce processus en déposant une demande de liquidation auprès du tribunal. Le cas échéant, le tribunal désigne un liquidateur chargé de superviser le processus de liquidation.

Une liquidation volontaire peut relever de l’initiative d’un membre de la société ou d’un créancier. En cas de liquidation volontaire sur initiative d’un membre de la société, les actionnaires peuvent volontairement procéder à la liquidation de leur propre société si celle-ci est solvable. Une fois que les actionnaires ont nommé un liquidateur, les dirigeants de la société perdent tout contrôle et ne peuvent plus ni transmettre des parts, ni altérer le statut des membres de la société. Si le liquidateur découvre que la société est insolvable, il est tenu de convertir la liquidation volontaire sur initiative d’un membre de la société en liquidation volontaire sur initiative des créanciers.

 

Désignation d’administrateurs judiciaires et de gestionnaires d’entreprise

L’administrateur judiciaire désigné par le tribunal poursuit l’activité de la société de façon normale ou prend contrôle et possession des actifs de la société. Un administrateur judiciaire nommé par des porteurs de débentures sur la base des conditions de la convention de débentures (administrateur privé), pourra prendre possession des actifs de la société, sous réserve de la charge flottante qui s’est depuis cristallisée dans la débenture.

Mécanismes de restructuration

Il existe trois mécanismes de restructuration :

• Convention : une société peut signer une convention avec l’approbation d’une majorité simple des créanciers sous réserve qu’ils représentent 75 % de la valeur de la dette. Après approbation de la convention par les créanciers, le tribunal doit donner son aval avant qu’elle puisse être mise en œuvre. Le débiteur peut demander au tribunal une ordonnance suspendant toute procédure à son encontre pendant qu’il met en œuvre la convention.

• Administration spéciale : un administrateur spécial est désigné. Il agit dans l’intérêt public.

• Tutelle : la société d’assurance-dépôts de Malaisie (« Malaysia Deposit Insurance Corporation ») prend le contrôle d’une institution financière non viable ou fait l’acquisition et prend le contrôle de prêts non productifs qui font obstacle entre l’institution financière, les emprunteurs et les fournisseurs de garantie.

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