Etudes économiques
Maldives

Maldives

Population 0,348 millions
PIB par habitant 8969 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2014 2015 2016 (e) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 6,5 1,5 3,0 4,1
Inflation (moyenne annuelle) 2,5 1,4 2,1 2,6
Solde budgétaire / PIB (%) -9,4 -8,7 -13,7 -18,4
Solde courant / PIB (%) -3,9 -9,4 -11,9 -14,1
Dette publique / PIB (%) 66,3 73,1 83,1 96,0

 

(e) Estimations (p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Relations bilatérales croissantes avecla Chine
  • Potentiel touristique des atolls inhabités
  • Infrastructures aéroportuaires
  • Soutien de la part de la Banque Mondiale et de la Banque Asiatique de Développement (BAD)

POINTS FAIBLES

  • Dépendance à la conjoncture internationale due au faible degré de diversification de l’économie
  • Déficit budgétaire chronique et dynamique croissante de la dette publique
  • Instabilité politique
  • Vulnérabilité aux catastrophes naturelles et aux effets négatifs du changement climatique

Appréciation du risque

Reprise de la croissance grâce aux touristes européens

La croissance économique, fortement dépendante de celle du secteur du tourisme (24% du PIB) devrait poursuivre en 2017 la reprise entamée en 2016. Elle sera portée en particulier par la croissance des arrivées de touristes européens qui permettraientt de compenser la baisse des arrivées en provenance de Russie et de Chine. Le dynamismedu tourisme sera soutenu par l’investissement massif dans les infrastructures et l’ouverture de nouveaux complexes. Trois projets coûtant environ 35% du PIB sont prévus au cours des trois prochaines années dont, en particulier, l’extension des capacités de l’aéroport de Malé qui devrait permettre de répondre à la tendance haussière des flux de touristes. Des retombées positives sont donc également attendues sur les secteurs connexes : transport, communication et construction. Ce dernier (9% du PIB), soutenu par les investissements publics et étrangers, devrait poursuivre sa croissance après des années de croissance lente entre 2009 et 2014. Le secteur de la pêche, important pourvoyeur d’emploi dans l’archipel, demeure archaïque. D’autre part, les Maldives continueront de bénéficier du soutien des bailleurs de fonds internationaux, notamment de la Chine, pour le développement de l’archipel via des projets d’infrastructures et de tourisme.
L’inflation devrait augmenter en 2017 soutenue par la légère hausse des cours de pétrole et de la consommation des ménages.

 

Des déficits public et courant alimentés par les investissements en infrastructure

Le programme d’investissement public devrait creuser le déficit budgétaire en 2017. Ce dernier augmente sous la pression des dépenses courantes (+300% sur les dix dernières années) telles que la hausse de la masse salariale du secteur public, des aides et subventions sociales. Bien que le gouvernement propose une baisse de ces dépenses courantes cela ne suffirait pas à compenser les dépenses supplémentaires d’investissement dans les infrastructures pour soutenir la croissance et accompagner la transition écologique. La principale source de revenus devrait être la nouvelle taxe de 25$ qui sera prélevée sur tous les passagers au départ de l’aéroport international Ibrahim Nasir. L’augmentation du droit de douane sur les cigarettes et sodas devrait également permettre une augmentation des recettes. En dépit de ces mesures, les recettes indiquées paraissent, comme en 2016, surévaluées. La persistance du déficit placent la dette publique sur une dynamique ascendante qui atteint un niveau inquiétant. Sans mesure budgétaire, elle deviendrait même insoutenable.

Le déficit courant continuerait à se creuser. L’isolement géographique du pays le contraint à importer massivement et grève la balance commerciale (des biens). Les importations devraient augmenter avec la demande croissante pour les matériaux de constructions dans le cadre des nouveaux investissements. Les exportations, essentiellement de poissons, demeureraient faibles. Les recettes touristiques qui entrent dans la balance des services constituent la principale contribution positive à la balance courante. Avec quelques 100 000 expatriés (officiellement) sur l’île peuplée de 340 000 âmes, les flux de transferts courants nets demeureraient également déficitaires. Ainsi, l’archipel a un besoin de financement externe significatif qui rend le pays dépendant du soutien des bailleurs de fonds internationaux. Néanmoins, les réserves se maintiennent (équivalentes à 3-4 mois d’importations en 2016) grâce à la croissance du tourisme et aux importants flux d’IDE. Ces deux sources permettent de réduire la pression sur la devise maldivienne et donc le risque de crise de change. La situation pourrait toutefois se détériorer rapidement si le dynamisme du secteur touristique s’enrayait (à cause, par exemple, d’une dégradation de la situation sécuritaire).

 

Dégradation de l’environnement politique

Depuis l’élection en 2013 du Président Abdullah Yameen, demi-frère de l’ancien Président Gayoom (de 1978 à 2008), la démocratie semble de plus en plus fragile. De nombreuses arrestations ont eu lieu comme la condamnation à 13 ans de prison de l’ancien président M. Nasheed, opposant notoire au président actuel, accusé de terrorisme et désormais exilé en Grande-Bretagne. Ces arrestations arbitraires ont entrainé de nombreuses manifestations citoyennes, fermement réprimées. A l’été 2016, le gouvernement de M. Yameen a imposé des restrictions supplémentaires sur les démonstrations et actions politiques jugées insultantes envers l’Islam, donnant dans les faits les outils au président de réprimer toutes les dissensions. L’opposition pourrait néanmoins venir de son propre camp : M. Gayoomsemble en effet vouloir se distancer de son demi-frère et a, pour l’instant, refusé d’appuyer la candidature de M. Yameen pour un second mandat présidentiel en 2018, et ce, en dépit des décisions des tribunaux à son encontre dont celle de lui retirer la présidence du Parti Progressiste des Maldives.
L’achipel des Maldives, menacé de suspension par le Commonwealth, a décidé de quitter de son plein gré en octobre 2016 l’organisation intergouvernementale. Par ailleurs, l’islamisation du pays se renforce avec de nombreux maldiviens choisissant de rejoindre les rangs de l’Etat Islamique. Si les complexes touristiques ont jusqu’ici été épargnés, une désaffection de cette destination n’est pas à exclure en cas de dégradation de la situation sécuritaire. La corruption et l’autoritarisme grandissant du régime pourrait également dissuader les IDE qui représentent 10% du PIB. L’archipel pâtit donc d’un climat des affaires dégradé (135éme rang sur 190 au classement Doing Business 2017 de la Banque Mondiale).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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