Etudes économiques
Malte

Malte

Population 0,5 million
PIB par habitant 30 608 $US
A2
Evaluation des risques pays
A3
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 6,7 6,8 5,1 -7,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,3 1,7 1,7 1,8
Solde public / PIB (%) 3,4 2,0 0,5 0,8
Solde courant / PIB (%) 10,5 9,8 7,6 6,2
Dette publique / PIB (%) 50,3 45,2 42,3 39,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Au carrefour entre le canal de Suez et Gibraltar, importante plaque tournante du transbordement méditerranéen
  • Comptes publics et extérieurs excédentaires, dette publique détenue par les résidents
  • Un tourisme florissant (2 millions de visiteurs annuels pour 430 000 habitants)
  • Main-d’œuvre productive, anglophone, en augmentation et à revenu élevé, faible fiscalité

POINTS FAIBLES

  • Flux financiers entrants/sortants importants (finance offshore, industrie des jeux d’argent en ligne, programme d’acquisition de nationalité en contrepartie d’investissements)
  • Infrastructures routières médiocres
  • Enseignement supérieur inadéquat ; pénurie de main-d’œuvre hautement qualifiée,
  • Lenteur du processus juridique ; clientélisme et corruption

Appréciation du risque

Une performance remarquable soutenue par la construction et une industrie du jeu en ligne dynamique

Malte a été l’un des premiers pays au monde à mettre en place un cadre juridique spécialisé pour les jeux de hasard en ligne (poker virtuel, jeux de casino, paris sportifs) et la gestion des bases de données. Il en est résulté un rééquilibrage structurel significatif de l’économie au profit des exportations de services, le jeu en ligne ayant atteint 13 % du PIB et 30 % des recettes d’exportation. Le gouvernement suit une stratégie similaire dans les domaines de la technologie du blockchain – activités liées aux actifs financiers virtuels et aux actifs cryptés en particulier – et de l’IA. Ceci, ainsi qu’un boom touristique et un programme de citoyenneté par l’investissement (IIP) exigeant une contribution de 650 000 EUR et un investissement immobilier de 350 000 EUR, a entraîné une forte expansion qui a atteint un pic en 2018 et qui continuera son ralentissement progressif en 2020. Le processus de transition vers une économie à forte valeur ajoutée attire un flux constant de talents étrangers, ce qui stimule la productivité des facteurs de production. Néanmoins, 35 % des entreprises citent le recrutement d’une main-d’œuvre qualifiée comme leur préoccupation la plus urgente, de sorte que le marché du travail restera tendu avec un taux de chômage de l’ordre de 4 %. Pour répondre à la demande soutenue de nouveaux logements, la construction continuera d’alimenter les investissements, qui devraient croître de 6 %. En 2020, la demande intérieure représentera 80 % de la croissance (contre 17 % en 2016) à mesure que les salaires, désormais indexés sur l’inflation grâce à une indemnité tenant compte du coût de la vie, entrent dans un processus de convergence. Néanmoins, un différentiel de compétitivité favorable par rapport aux autres destinations méditerranéennes persistera, soutenant le secteur du tourisme (15 % du PIB et un tiers de l’emploi). À court terme, ce secteur sera exposé au ralentissement en Italie et aux conséquences du Brexit, ces marchés représentant respectivement 22 et 25 % des arrivées. Les exportations de composants électroniques, électriques et optiques (les principaux produits manufacturiers), mais aussi de médicaments génériques et de produits de la mer devraient également ralentir en même temps que l’économie européenne.

 

La banque centrale intervient pour maîtriser les prix de l’immobilier

L’immigration et le programme IIP ont entraîné une pénurie récurrente de logements et une inflation concomitante du prix des actifs immobiliers. Avec une croissance des prix de l’immobilier de l’ordre de 15 % par an, la banque centrale de Malte a commencé à mettre en œuvre des mesures macroprudentielles (exigences réglementaires qui s’activent pendant les périodes d’expansion financière) afin de contenir la croissance du crédit hypothécaire. Par conséquent, la capacité des banques à prêter aux emprunteurs à risque a été limitée. Depuis la crise, les banques concentrent de plus en plus leurs actifs dans le secteur immobilier : les prêts à la construction, à l’accession à la propriété et à l’immobilier représentent près de 70 % des prêts au secteur privé. Cela s’est fait au détriment des prêts aux entreprises, les obligeant à compter les unes sur les autres pour répondre à leurs besoins de financement. La moitié du financement par l’emprunt des entreprises se fait sous forme de prêts interentreprises, contre 25 % avant la crise. Dans cette configuration, les risques économiques deviennent plus corrélés, car les chocs subis par un secteur peuvent influer sur les conditions de liquidité des autres secteurs. Bien que le secteur financier soit important par sa taille (400 % du PIB), la prédominance de la banque offshore (la moitié des actifs) diminue l’exposition aux risques financiers mondiaux.

 

Éclaboussé par l’affaire Caruana Galizia, le premier ministre démissionne

Suite à l’implication de plusieurs ministres dans l’assassinat en 2017 de la journaliste Daphné Caruana Galizia, le premier ministre Joseph Muscat a annoncé sa démission. Alors que le Parti Travailliste (37 sièges sur 67) qu’il dirigeait est susceptible de rester au pouvoir même en cas d’élection avancée, nous ne connaissons pas le coût politique total du scandale de Caruana. En outre, l’UE surveille de près le pays en matière de transparence, de corruption et de blanchiment d’argent. La BCE a récemment révoqué la licence de la Banque Pilatus pour non-respect de la réglementation européenne en matière de lutte contre le blanchiment d’argent. Le régime IIP doit donc appliquer des normes plus strictes, les recettes correspondantes représentant désormais environ 1 % du PIB, contre 2 % au cours des premières années du programme. Ces recettes, ainsi que le cycle conjoncturel favorable, ont contribué à la réduction de la dette publique, qui représente en 2020 46 % du PIB si l’on compte les garanties publiques. Néanmoins, le gouvernement continuera d’afficher un excédent (0,8 % du PIB), en raison de la modération des dépenses salariales et de l’amélioration du recouvrement des impôts et de la gestion des entreprises publiques. Afin d’alléger les contraintes de capacité, l’investissement en capital du gouvernement augmentera de nouveau pour atteindre 3,4 % du PIB, contre 3 % en 2019. L’excédent de la balance courante devrait rester important, à 9 % du PIB, soutenu par un excédent significatif pour les services (tourisme, jeux en ligne, transbordement) s’élevant à 35 % du PIB et compensant largement le déficit commercial. La zone franche portuaire de Marsaxlokk continuera d’être un point clé sur les routes du transbordement en Méditerranée.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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