Etudes économiques
Montenegro

Montenegro

Population 0,6 million
PIB par habitant 8 826 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 5,1 3,6 -12,0 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,6 0,4 -0,1 0,7
Solde public / PIB (%) -6,2 -2,4 -10,4 -4,9
Solde courant / PIB (%) -17,0 -15,2 -14,2 -13,6
Dette publique / PIB (%) 71,9 79,3 90,8 88,1

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique (mer, montagne) et hydroélectrique
  • Usage de l’euro qui facilite les échanges et qui contribue à une relative stabilité financière
  • Soutien international, notamment de l'Union européenne (UE) et du Fonds monétaire international (FMI)
  • Accord d’association et de stabilisation avec l’UE et négociations en vue de l’adhésion
  • Membre du marché régional commun lancé fin 2020, regroupant les six pays de la région des Balkans occidentaux souhaitant adhérer à l’UE et visant à éliminer entre eux, d’ici 2024, les barrières au commerce et à coordonner les politiques d’investissement
  • Membre de l’OTAN depuis 2017

POINTS FAIBLES

  • Marché de petite taille et démographie défavorable (38% de la population installée à l’étranger)
  • Faible diversification de l’économie et forte dépendance au tourisme (25% du PIB en comptant les activités directes et indirectes), se traduisant par un déficit commercial très élevé
  • Production électrique reposant largement (50%) sur du charbon subventionné
  • Adoption unilatérale de l’euro excluant tout soutien de la Banque centrale européenne (BCE) et toute indépendance de la politique monétaire
  • Pauvreté élevée (20% de la population) sur fond de chômage élevé (15% en 2019), faible niveau d’éducation et d’informalité (25% de la population active)
  • Gouvernance médiocre (corruption, faible indépendance des médias, crime organisé et politisation du système judiciaire qui nuit à l’exécution des contrats et au traitement de l’insolvabilité)
  • Malgré des investissements, réseaux routier et électrique déficients, entravant la connectivité régionale

Appréciation du risque

Une reprise timide et incertaine qui dépendra du tourisme

Le Monténégro a connu en 2020 sa plus forte récession depuis vingt ans. Le tourisme a subi de plein fouet les conséquences de la fermeture des frontières de mars à juin 2020. Les nuitées ont baissé de 80% sur un an sur le premier semestre de 2020. Bien que les frontières aient été rouvertes dès début juillet 2020, les restrictions en vigueur et la dégradation de la situation sanitaire dans le pays ont fait de la haute saison, de juin à septembre, la pire jamais enregistrée. En ajoutant la chute des transferts des expatriés (10% du PIB) de Serbie, Croatie et Turquie (deux tiers des transferts), la consommation privée (71% du PIB) et les services (72% du PIB, 80% des emplois) ont plongé. La hausse du chômage et de la pauvreté devrait être ralentie par les nombreuses mesures, comme les subventions salariales pour les secteurs les plus touchés (tourisme et agriculture), en vigueur depuis mars 2020 et qui pourraient être reconduites en 2021. Elles ne devraient pas suffire à relancer la consommation, d’autant plus que les travailleurs informels n’y ont pas accès. Le retour des touristes sera nécessaire à la reprise et complétera le plan de relance 2021-2024 (26% du PIB) qui cible divers secteurs, tels que le tourisme, l’agriculture ou l’énergie.

L’investissement (27% du PIB), moteur de la croissance ces dernières années, devrait ralentir en 2021, tout en bénéficiant du report des projets qui auraient dû être achevés en 2020. C’est le cas de l’autoroute reliant Bar, au Monténégro, à Boljare, en Serbie. La date limite pour l’achèvement du premier tronçon de 41 km, réalisé par la China Road and Bridge Corporation (CRBC) et reliant Podgorica à Matesevo, a été repoussée à juin 2021. Il vise à stimuler le commerce de biens dont la balance devrait rester largement déficitaire, même si elle s’est légèrement réduite en 2020. La baisse des importations (63% du PIB), avec le retard des investissements qui ont réduit celles de machines et équipements (15,5% du total) et de pétrole (7%), a plus que compensé celle des exportations, notamment d’aluminium (22%).

L’atonie de la demande interne en 2020 a engendré une légère déflation. La reprise en 2021 pourrait dégager une faible inflation, alors que l’absence de marge manœuvre de la banque centrale ne permet pas une réelle impulsion du crédit au secteur privé. La tendance est à la consolidation du secteur bancaire puisque, pour supporter les coûts croissants de conformité, les deux plus grandes banques, CKB et Podgoricka Banka (totalisant 40% des actifs), devraient fusionner d’ici début 2021. Les bons niveaux de capitalisation et de liquidité du secteur, ainsi que la part raisonnable de prêts non performants (5% du total en août 2020), ne seront pas de trop pour faire face à la baisse de la profitabilité et aux moratoires sur les remboursements de prêts jusqu’à août 2021, notamment dans le tourisme et l’agriculture.

 

Les finances publiques se fragilisent

Les plans de relance de 2020 (11% du PIB) ont considérablement creusé le déficit. Il sera financé par les fonds restants de l’euro-obligation de 593 millions USD émise fin 2019 et par de nouveaux emprunts domestiques et extérieurs, notamment auprès du FMI (84 millions USD) et de l’UE (130 millions USD). Ils ont fait fortement augmenter le ratio dette publique/PIB, sur lequel pèse déjà le prêt de l’Eximbank chinoise pour financer le premier tronçon d’autoroute (17% du PIB) et dont le remboursement commencera en 2021. L’incertitude quant au renouvellement d’une euro-obligation de 270 millions USD arrivant à échéance en mars 2021 ou le paiement des dettes des entreprises publiques, comme pour l’opérateur ferroviaire en 2020, ne sont pas négligeables. Le gouvernement a aussi fait le choix d’un partenariat public-privé avec CRBC pour financer le deuxième tronçon de 51 km reliant Bar et Podgarica (coût estimé à 5% du PIB). Renouer avec la consolidation budgétaire engagée en 2017 et s’abstenir d’investissements conséquents en 2021, comme le lancement du troisième et dernier tronçon de 136 km (coût estimé à 22% du PIB), devrait garantir la soutenabilité de la dette, principalement à moyen et long terme et libellée à 18% en devises.

Le déficit courant structurellement élevé devrait légèrement se réduire avec l’achèvement du premier tronçon et la possible reprise du tourisme. Les bailleurs de fonds multilatéraux ont pris le relais des IDE moins dynamiques, faisant fortement augmenter la dette externe à 191% du PIB, dont près d’un-quart constitue des prêts intragroupes et 37% est détenu par le secteur public. Les réserves de change restent à un bon niveau (1,2 milliards USD en septembre 2020, 5 mois de couverture d’importations).

 

Une coalition instable met fin à l’hégémonie du parti dominant

Les élections législatives d’août 2020 ont marqué la première alternance avec la défaite du Parti socialiste démocratique du Monténégro (DPS), au pouvoir depuis 1991. Une coalition de partis d’opposition a remporté une très courte majorité (41 sièges sur 81). Elle pourrait, une fois l’unité de la crise passée, se révéler instable. La coalition est structurée en trois blocs hétérogènes : Pour le futur du Monténégro (ZBCG), populiste et conservateur, La Paix est notre nation (MNN), centriste, et Action réformée unie (URA), progressiste et écologique. Ces faiblesses pourraient être exploitées par le DPS et son leader historique, l’actuel président Djukanovic élu en avril 2018. Le résultat des élections suit la détérioration des relations du DPS avec l'Église orthodoxe serbe, majoritaire dans le pays. Malgré ses positions pro-serbe et pro-russe, le ZBCG, majoritaire dans la coalition, s’est engagé à rester dans l’OTAN et sur la voie de l’adhésion à l’UE. Des rapprochements avec la Russie et la Serbie ne sont pas à exclure.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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