Etudes économiques
Montenegro

Montenegro

Population 0,6 million
PIB par habitant 8 763 $US
C
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,7 5,1 3,0 -6,1
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 2,6 1,0 1,8
Solde public / PIB (%) -6,9 -6,3 -3,6 -1,0
Solde courant / PIB (%) -16,1 -17,2 -18,0 -16,0
Dette publique / PIB (%) 73,6 78,8 89,0 82,0

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Potentiel touristique (mer, montagne)
  • Potentiel hydroélectrique
  • Usage de l’euro
  • Accord d’association et de stabilisation avec l’UE
  • Négociations en vue de l’adhésion à l’Union européenne

POINTS FAIBLES

  • Marché de petite taille, démographie défavorable (38 % de la population installée à l’étranger)
  • Dépendance au tourisme (8 % de l’emploi) et aux capitaux extérieurs
  • Déficit commercial vertigineux
  • Adoption unilatérale de l’euro excluant tour soutien de la BCE et réduisant l’efficacité de la politique monétaire
  • Production électrique reposant largement (50 %) sur du charbon subventionné
  • Réseaux routier et électrique déficients
  • Chômage structurel élevé : 14 % de chômeurs, dont 60 % depuis plus de deux ans, manque de personnel qualifié
  • Économie informelle importante (25 % de la population active) et faible taux de participation des femmes (56 %)
  • Importance du vote ethnique et absence d’alternative politique
  • Environnement institutionnel médiocre : corruption, indépendance des médias, crime organisé et politisation de la justice nuisant à l’exécution des contrats et au traitement de l’insolvabilité

Appréciation du risque

Le ralentissement se poursuit dans le sillage de l’investissement

En 2020, l’activité perdra encore en dynamisme. Si l’investissement privé (20 % du PIB) dans les infrastructures touristiques et énergétiques, tant étranger que domestique, devrait conserver sa vigueur, l’investissement public (10 % du PIB) devrait reculer en raison de l’achèvement de la construction du premier tronçon de 41 km entre Podgorica et Mateševo de l’autoroute devant relier le port de Bar à Boljare, à la frontière serbe (6 % du PIB à elle seule en 2019). À l’inverse, la consommation privée continuera de contribuer modérément, mais positivement, à la croissance. La stagnation des salaires (sauf dans les secteurs liés au tourisme comme le commerce, l’hébergement, la restauration et la construction) devrait être compensée par la progression de l’emploi et du crédit. La contribution des échanges extérieurs deviendrait positive en raison de la poursuite du boom touristique et de la forte diminution des importations liées à la construction de l’autoroute.

 

Poursuite de la consolidation budgétaire, avec la fin (provisoire ?) du chantier autoroutier

Grâce aux efforts budgétaires significatifs entrepris depuis 2017, le déficit public s’est considérablement réduit. Un excédent primaire (c.-à-d. hors intérêts de la dette) est même attendu en 2020 qui pourrait atteindre 1,5 % (3 % hors dépenses liées à l’autoroute). Néanmoins, la dette publique, qui s’est envolée avec l’emprunt (15 % de l’encours total) souscrit auprès de China Eximbank pour le financement de l’autoroute, reste très lourde. Ce chantier, au coût total équivalent au quart du PIB, réalisé par China Road & Bridge avec une sous-traitance locale de 30 %, est financé à 85 % par un prêt en dollars US sur 20 ans au taux de 2 % avec une période de grâce de six ans. La part extérieure de la dette publique (84 %) est libellée en dollars. Son allègement et sa viabilité dépendent, en particulier, du maintien de la discipline budgétaire. La TVA, première source de revenu (31 %), pâtit de nombreuses exemptions. Les réductions fiscales destinées à attirer les investissements étrangers dans le tourisme, comme l’application de la TVA réduite à 7 % pour les hôtels de luxe, sont coûteuses. Les dépenses courantes, au premier rang desquelles les salaires et les pensions, laissent peu de place à l’investissement (inférieur à 5 % du PIB), alors que les lacunes en matière d’éducation et de santé persistent. Le système de retraite est déficitaire – plus de 2 % du PIB en 2018, financé par l’État – en raison des nombreux départs en préretraite. La prévision pourrait être modifiée par l’aléa haussier pesant sur les dépenses à l’approche des élections législatives de 2020. Enfin, un doute existe quant à l’achèvement de l’autoroute et son mode de financement. Si la réalisation de la phase 2 ne coûterait que l’équivalent de 5 % du PIB, celle de la totalité des 136 kilomètres manquant représenterait 25 %.

Le déficit courant restera très important du fait de celui abyssal des échanges de marchandises (45 % du PIB). Les exportations, essentiellement des dérivés du pétrole et de l’aluminium du Kombinat Aluminijuma à Podgorica sont largement effacées par les importations liées aux investissements, mais aussi celles de produits alimentaires et de pétrole. Les touristes russes, serbes et bosniaques génèrent un excédent représentant 20 % du PIB et les remises des expatriés (surtout en provenance de Serbie, Croatie et Turquie) un excédent de 5,7 %. Au final, le déficit courant est financé par les IDE (10 % du PIB) et l’endettement (12 %), sans oublier les entrées non déclarées de capitaux investis en résidences secondaires. Le pays espère accroître les IDE grâce à son programme Citoyenneté contre investissement lancé en 2019. Moyennant 350 000 euros minimum, jusqu’à 2 000 investisseurs étrangers pourront, d’ici fin 2021 disposer du passeport monténégrin offrant la possibilité de voyager sans visa dans nombre de pays. La dette extérieure (168 % du PIB fin 2018), dont un quart correspond à des prêts intragroupes, évoluera à l’image de sa part publique (37 % du total), tout en dépendant de la croissance et des recettes touristiques.

 

Milo Djukanovic et le DPS toujours au pouvoir

Milo Djukanovic, leader historique du Parti démocratique socialiste (DPS) issu de l’ancien parti communiste, a remporté l’élection présidentielle d’avril 2018 dès le premier tour. Auparavant, dans la lignée de toutes les élections depuis 1991, le DPS était arrivé en tête lors des législatives de 2016 (36 sièges sur 91), loin devant le principal parti d’opposition, le Front démocratique (18 sièges), pro-russe et proserbe, dont des dirigeants ont été condamnés pour implication dans la tentative du présumé coup d’État de la même année. À la faveur d’un – finalement temporaire – retrait de la vie politique de Djukanovic en 2016, Duško Marković a pris la tête d’un gouvernement de coalition réunissant le DPS et des partis ethniques minoritaires. Le gouvernement a mené à terme le processus d’adhésion à l’OTAN et poursuit les négociations d’adhésion à l’UE. En dépit d’une érosion du soutien populaire et des critiques contre une loi prévoyant de retirer la propriété des biens détenus par l’église orthodoxe de Serbie (largement majoritaire dans la population), les prochaines législatives de l’automne 2020 pourraient donner la victoire aux mêmes en l’absence d’alternative crédible.

 

Dernière mise à jour : Mai 2020

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