Etudes économiques
Mozambique

Mozambique

Population 31,2 millions
PIB par habitant 488 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2018 2019 2020 (e) 2021 (p)
Croissance PIB (%) 3,4 2,3 -0,8 2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,9 2,8 3,0 3,6
Solde public / PIB (%) -5,1 -1,5 -7,1 -5,6
Solde courant / PIB (%) -29,9 -19,6 -32,8 -38,8
Dette publique / PIB (%) 110,1 108,4 120,4 122,0

(e) : Estimation (p) : Prévision

POINTS FORTS

  • Situation géographique privilégiée : longue façade maritime, proximité avec le marché sud-africain
  • Importantes richesses minières (charbon), agricoles et potentiel hydroélectrique
  • Immenses ressources gazières découvertes au large des côtes en 2010

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification ; dépendance aux cours des matières premières (aluminium, charbon)
  • Insuffisance des infrastructures de transport et portuaires qui contraint toujours les capacités d’exportation de matières premières
  • Système bancaire contraint par les besoins de financement du gouvernement
  • Environnement politique et sécuritaire instable
  • Faiblesse de la gouvernance
  • Conditions climatiques difficiles

Appréciation du risque

Le développement des gisements gaziers comme moteur de la reprise

Alors que le pays tentait de se remettre du ralentissement induit par la crise de la dette cachée et par les dégâts des cyclones tropicaux en 2019 (Idai, Kenneth), la crise déclenchée par la pandémie de la COVID-19 a plongé l’économie dans sa première année pleine de récession en 28 ans. En 2021, elle devrait renouer avec la croissance, grâce à la reprise progressive de l’activité. Le redressement de la demande extérieure devrait soutenir un rebond des exportations, particulièrement de charbon et d’aluminium (environ la moitié du total). Ralentie en 2021, la mise en œuvre des projets d’exploitation des réserves offshore de gaz naturel liquéfié (GNL) devrait pourtant soutenir l’investissement privé, qui sera probablement l’un des principaux moteurs d’activité. Le développement des nouveaux gisements de GNL pourrait néanmoins être freine par l’insécurité liée à l’insurrection islamiste dans la région clef de Cabo Delgado, au nord du pays et au large de laquelle se trouve d’importantes réserves gazières. Le lourd fardeau de la dette et la position budgétaire détériorée par les mesures d’urgence pour faire face à la pandémie seront des obstacles à l’investissement public. Alors que les mesures de distanciation sociale ont pesé sur la consommation, celle-ci devrait se redresser en 2021. Cette reprise sera soutenue par la politique monétaire plus accommodante de la banque centrale. Néanmoins, alors qu’environ 70 % des emplois dépendent de l’agriculture, les conditions de sécheresse prévalant sur une partie du territoire et les déplacements de population forcés par l’insécurité dans le Cabo Delgado resteront des contraintes majeures sur la demande intérieure.

 

Comptes publics et extérieurs sous grande pression

Les dépenses supplémentaires liées à la pandémie de COVID-19 ont accentué les défis budgétaires d’un pays déjà en proie à de grandes difficultés. Les efforts d’assainissement budgétaire, qui avaient permis au pays de renouer avec un excédent primaire (balance budgétaire excluant les paiements d’intérêts) avant la pandémie, devraient redémarrer en 2021, permettant au déficit de se réduire. Néanmoins, ces efforts seront entravés par la prolongation des dépenses liées au COVID-19, la masse salariale de l’Etat (plus de 50 % des recettes de l’Etat), les dépenses de défense pour contenir l’insécurité et le service de la dette. Sur ce dernier point, malgré l’accord de restructuration avec les détenteurs de l’Eurobond en défaut de paiement, le stock d’arriérés reste élevé. Le pays bénéficiera néanmoins de l’initiative de suspension du service de la dette du G20 jusqu’à juin 2021. Le financement du déficit largement induit par la crise s’appuiera sur les fonds d’urgence des bailleurs de fonds internationaux et l’endettement domestique. Le déjà lourd fardeau de la dette s’en trouvera augmenté d’autant.

En 2021, l’ample déficit courant restera entretenu par l’impact des grands projets de GNL sur le déficit commercial. Les importations d’équipements visant à leur réalisation, environ 20 % du total en 2019, pèseront sur la balance des biens, tandis que les services d’ingénierie seront responsables d’un très large déficit du compte des services. Les déficits des balances des biens et des services devraient ainsi se creuser avec la reprise de la mise en œuvre de ces projets. Bien que plus anecdotique, le déficit du compte des revenus, sera aussi grevé par les rapatriements de profits des investissements. Le déficit courant sera légèrement atténué par l’excédent du compte des transferts, principalement entretenu par la coopération internationale courante. Les IDE, notamment liés à la réalisation des projets, financeront une grande partie du déficit. Néanmoins, alors que recours à l’endettement extérieur depuis le défaut de l’Eurobond (janvier 2017) reste difficile, l’important déficit courant devrait entretenir les pressions sur le metical, qui a déjà perdu plus de la moitié de sa valeur en une décennie.

 

Un environnement sécuritaire et social toujours plus fragile

Suite aux élections générales d’octobre 2019, le Front de libération du Mozambique (Frelimo) a obtenu 184 des 250 sièges de l’Assemblée et son candidat Filipe Nyusi, un second mandat présidentiel, confirmant la domination du parti sur la scène politique depuis l’indépendance du pays en 1975. Néanmoins, entaché d’accusations de fraudes, ce scrutin a également confirmé les tensions héritées de la guerre civile post-indépendance (1975-1992) avec la Résistance nationale du Mozambique (Renamo). En dépit d’un accord de paix signé entre les deux partis en août 2019, cette dernière, qui avait répudié l’accord de paix de 1992 pour reprendre les armes entre 2013 et 2016, a vu certaines de ses factions armées se dissocier. Celles-ci seraient notamment responsables d’attaques dans les provinces de Sofala et Manica, au centre du pays. A ces tensions domestiques séculaires, s’ajoutent l’insurrection islamiste dans la province du Cabo Delgado qui sévit depuis 2017 et a gagné en intensité en 2020. Les Chabab mozambicains (sans lien avec le groupe islamiste somalien), qui ont prêté allégeance à l’Etat Islamique, ont notamment pris le contrôle de la ville portuaire stratégique Macimboa da Praia en août 2020. Dans le même temps, le climat social est très fragile : les difficultés des autorités à contenir la pandémie de COVID-19 se sont ajoutées aux frustrations liées à la corruption, à la mauvaise gestion des finances publiques et à la prévalence de la pauvreté.

L’environnement politique instable et la corruption participent à la perception d’un climat des affaires difficile.

 

Dernière mise à jour : Février 2021

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