Etudes économiques
Mozambique

Mozambique

Population 28,8 millions
PIB par habitant 392 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 6,6 3,8 3,5 4,8
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 19,2 17,5 10,5
Solde public / PIB (%)* -7,2 -5,7 -4,8 -4,5
Solde courant / PIB (%)* -40,3 -38,2 -42,2 -39,6
Dette publique / PIB (%) 94,7 127,5 128,1 125,6

* Dons inclus (p) : prévision  

POINTS FORTS

  • Situation géographique privilégiée : longue façade maritime, proximité avec le marché sud-africain
  • Importantes richesses minières (charbon), agricoles et hydroélectriques
  • Immenses ressources gazières découvertes au large des côtes en 2010
  • Soutien des bailleurs de fonds et des investisseurs étrangers (IDE) pour le financement des infrastructures minières et gazières (suspendu depuis novembre 2016)

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification ; dépendance aux cours des matières premières (aluminium, charbon)
  • Insuffisance des infrastructures de transport et portuaires qui contraint toujours les capacités d’exportation de matières premières
  • Importance de l’économie informelle (40 % du PIB)
  • Système bancaire contraint par les besoins de financement du gouvernement
  • Faiblesse de la gouvernance
  • Conditions climatiques difficiles avec des inondations fréquentes 

Appréciation du risque

Une croissance plus élevée soutenue par le secteur minier

En 2018, la croissance sera plus dynamique, mais restera affectée par la crise qui touche le pays depuis la suspension des aides multilatérales suite à la révélation, en avril 2016, d’un important montant de dette (1,4 milliard de dollars, soit environ 10,7 % du PIB) dissimulé par le gouvernement. Ainsi, les contraintes de financement du gouvernement pénaliseront l’avancée des nombreux projets d’infrastructure, régulièrement retardés, à l’image du pont de Maputo-Catembe initialement prévu en 2017. En outre, les importants besoins de financement de l’État entraînent une saturation du secteur bancaire, au détriment du financement des acteurs privés. Néanmoins, l’extraction minière, notamment de charbon et d’aluminium, portera l’augmentation de l’activité, en raison du dynamisme des IDE entrants et de la reprise modérée des cours. La demande accrue pour les pierres précieuses, ainsi que l’entrée en production en 2017 de la première mine de graphite du pays, permettront de diversifier les exportations du pays. De plus, les exportations de l’industrie extractive bénéficieront de l’augmentation des capacités de la ligne ferroviaire reliant les mines du centre du pays au port de Nacala, dont le terminal dédié au charbon a été étendu. Le dynamisme de la demande extérieure, notamment en zone euro (40 % des exportations), soutiendra également les exportations. Le maintien du cessez-le-feu entre la faction armée du principal parti d’opposition (Renamo) et le gouvernement permettra, s’il perdure, aux agriculteurs du centre du pays d’écouler à nouveau leur marchandise dans le pays et à l’étranger. En effet, l’agriculture restera un secteur clé du Mozambique, puisqu’il représente 21 % du PIB et emploie près 75 % de la population active. Enfin, la consommation privée devrait être plus dynamique en lien avec les bonnes performances du secteur agricole, mais sera freinée par une inflation toujours élevée, bien qu’en nette diminution.

 

Des efforts importants de maîtrise des finances publiques dans un contexte de baisse des financements

Depuis la forte détérioration du solde budgétaire en 2014, le gouvernement poursuit sa politique de consolidation budgétaire. Cette position fiscale pourrait être difficile à tenir en raison de la suspension actuelle de l’aide internationale, qui finançait 20 % des dépenses de l’État. La mise en œuvre de mesures visant à élargir la base d’imposition et à améliorer le recouvrement des impôts ainsi que les efforts sur les dépenses ne permettraient toujours pas d’améliorer significativement le solde budgétaire. En outre, la tenue d’élections locales en 2018 rendra difficile la réduction des dépenses courantes. Les dépenses d’investissement pourraient, alors, être sacrifiées. En parallèle, l’endettement public (majoritairement externe) atteint un niveau record et le gouvernement a fait défaut en janvier 2017 sur le paiement des intérêts de sa dette. La restructuration espérée de celle-ci, vraisemblablement conditionnée à la mise en œuvre de mesures plus poussées de consolidation budgétaire, serait salutaire pour le pays, qui a également perdu l’accès aux marchés internationaux. Même si le dialogue avec les bailleurs de fonds reprend, les garanties du gouvernement sur les emprunts des entreprises publiques accroissent le risque de défaut souverain.

Le déficit courant, lié aux immenses besoins d’importations du pays pour développer ses infrastructures (gaz, transport), devrait rester élevé en 2018. Le dynamisme des exportations de produits miniers (aluminium et charbon) ne suffira toujours pas à réduire le déficit commercial très conséquent. Toutefois, le déficit courant sera financé par l’afflux massif d’IDE dans le secteur minier, renforcé par les opportunités induites par la future production de gaz naturel liquéfié, prévue pour 2022. En outre, la banque centrale devrait continuer à intervenir sur les marchés afin de maintenir l’ancrage flottant du metical au dollar, grâce à une légère augmentation des réserves de change (2,3 mois d’importations), liée à ces flux d’IDE.

 

Une situation politique fragile et des faiblesses en matière de gouvernance

Depuis les élections législatives d’octobre 2014, le Frelimo, parti au pouvoir depuis 1994, doit faire face à une opposition très vive de la principale force d’opposition, le Renamo, tant au sein du parlement que sur le terrain sous forme de guérilla dans certaines provinces où il est solidement installé et revendique l’exercice du pouvoir provincial. Il paraît néanmoins probable qu’un accord de paix soit signé entre les deux factions, dans la mesure où le Renamo semble vouloir profiter de la baisse de la popularité du Président Nyusi pour gagner sur le terrain politique lors des élections locales en 2018, puis présidentielles en 2019. En effet, le mécontentement de la société civile demeure une source d’instabilité politique, en raison de l’inflation toujours élevée, conjuguée à un haut niveau de corruption. L’environnement des affaires reste difficile au Mozambique. Ses performances selon les indicateurs de gouvernance de la Banque Mondiale sont globalement inférieures à celle de ses principaux voisins (à l’exception du Zimbabwe). Le pays recule dans le classement, en particulier en ce qui concerne, le respect des lois (176e rang sur 209 pays en 2016 contre 129e en 2010), la lutte contre la corruption et la stabilité politique.

 

Dernière mise à jour : janvier 2018

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