Etudes économiques
Népal

Népal

Population 28,1 millions
PIB par habitant 1 034 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 8,2 6,6 7,0 6,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,4 4,1 4,5 6,1
Solde public * / PIB (%) -3,1 -6,6 -4,3 -4,3
Solde courant / PIB (%) -0,4 -8,1 -8,3 -10,0
Dette publique / PIB (%) 26,0 30,2 32,6 34,9

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale 2020 de juillet 2019 à juin 2020.

POINTS FORTS

  • Flux fiables d’envois de fonds soutenant la consommation, principal moteur de la croissance
  • Expansion du secteur des services, en particulier du tourisme
  • Soutien financier et technique de l’Inde et de la Chine
  • Important bénéficiaire de l’aide internationale
  • Transformation politique favorisant toujours plus la stabilité

POINTS FAIBLES

  • Enclavé, faible accessibilité
  • Catastrophes naturelles et événements climatiques extrêmes, économie toujours affectée par les séismes de 2015
  • Manque d’infrastructures, pénurie d’électricité et de carburant, panier d’exportation non diversifié (vêtements et agriculture)
  • Tensions entre la Chine et l’Inde qui pourraient rendre les relations difficiles avec ces pays
  • Dépendance excessive à l’égard de l’économie indienne, notamment par un ancrage à sa monnaie

Appréciation du risque

L’instabilité climatique frappe l’agriculture, mais la croissance reste solide

En 2020, l’essor dû à la reconstruction qui a commencé après le tremblement de terre de 2015 continuera de faiblir. Le ralentissement sera principalement causé par un choc négatif sur l’offre dans le secteur agricole (70 % de l’emploi et un tiers du PIB), qui ne devrait contribuer qu’à hauteur de 1 % de la croissance (au lieu de 1,5 %). Les inondations estivales ont lourdement pesé sur la production rizicole et les glissements de terrain ont rendu inopérantes les voies d’approvisionnement terrestres existantes, entraînant une baisse des rendements pour 2019 et 2020 et stimulant l’inflation des produits alimentaires de 2-3 % en 2018 à 6-7 % la fin 2019. Cela sera compensé par une augmentation des investissements publics et une accélération des transferts de fonds, dont le pays dépend fortement (27 % du PIB). Avec la levée des restrictions migratoires imposées aux travailleurs à destination de la Malaisie et la dépréciation de la roupie par rapport au dollar américain, les flux de transferts de fonds pourraient rebondir à leur niveau de 2016, à savoir 30 %. Les envois de fonds constituent le socle de la consommation privée, qui, avec 80 % du PIB, est la pierre angulaire de la demande globale et le principal moteur de la croissance. Le marché intérieur du travail reste dominé par l’emploi informel, dont dépendent environ un tiers des travailleurs. Le tourisme, dont le potentiel reste sous-exploité, est appelé à se développer avec l’habilitation de l’aéroport international Gautam Buddha. Les mesures législatives de 2019, y compris les lois favorisant les partenariats public-privé et améliorant la réglementation de la zone économique spéciale, devraient stimuler l’investissement étranger, qui reste faible à 1 % du PIB. Le ralentissement inattendu de l’économie indienne (qui absorbe 50 % des exportations) est un nouveau risque pour les performances à l’exportation.

 

L’instabilité macrofinancière se profile derrière l’aggravation des déficits jumeaux

Pour 2020, le gouvernement prévoit d’achever plusieurs projets d’investissement en cours (notamment le projet hydroélectrique Upper Tamakoshi), de sorte que la FBCF publique devrait augmenter sensiblement, de 7,5 à 10 % du PIB. De plus, le passage à une administration fédérale exerce une pression croissante sur les dépenses publiques, qui devraient augmenter sensiblement, en passant de 28 à 40 % du PIB. Toutefois, il est devenu fréquent que des budgets trop ambitieux soient annoncés et révisés à la baisse lors des revues semestrielles en raison d’une mauvaise exécution. En fait, les budgets des administrations locales restent encore très imprévisibles, car l’infrastructure administrative n’est pas entièrement développée et le manque de personnel persiste. La mobilisation des recettes continuera de s’améliorer, mais il est peu probable qu’elle suive le rythme des dépenses, ce qui implique un déficit plus élevé.

Le déficit de la balance courante, qui s’est fortement creusé en 2018, devrait encore augmenter malgré les mesures visant à limiter la croissance des importations. Le Népal est fortement dépendant de l’Inde (65 % des importations et 57 % des exportations) et de la Chine. Le déficit commercial restera élevé car la production népalaise manque de diversité et de compétitivité. On peut également s’attendre à une légère augmentation de la valeur des envois de fonds, en particulier de ceux en provenance de Malaisie. À près de 100 % du PIB, le niveau du crédit privé est anormalement élevé pour un pays en développement, motivant l’activation de mesures macroprudentielles. Si bien que que l’aggravation rapide du déficit de la balance courante et la croissance excessive du crédit intérieur soient des signes précurseurs classiques de l’instabilité macrofinancière, la dette publique est faible et les réserves, couvrant 8 mois d’importations, sont suffisantes.

 

Le nouveau gouvernement est de bon augure pour la stabilité politique

Le Népal connaît actuellement une transformation importante marquée par la transition vers une structure fédérale de gouvernement. Depuis les élections de 2017/2018, le Parti communiste népalais (NCP), dirigé par le Premier ministre Sharma Oli, est majoritaire dans les deux chambres. Cette nouvelle stabilité est de bon augure pour la perspective de réformes favorables aux entreprises, comme en témoigne la création du « Guichet unique » au ministère de l’Industrie pour améliorer la transparence réglementaire. La mise en place d’institutions publiques locales fonctionnant correctement reste un défi, comme en témoigne la sous-exécution systématique du budget. Sur le plan géopolitique, le pays poursuit un réalignement progressif en direction de la Chine et s’éloigne de l’Inde. Le pays reste une zone d’influence contestée entre les deux géants de la région : il est le troisième principal bénéficiaire de l’aide indienne et fait également partie de l’initiative chinoise Belt and Road. Toutefois, l’inquiétude croissante à l’égard de l’ampleur de l’endettement envers la Chine pourrait limiter les nouveaux projets de construction. Le pays continue d’être confronté à des faiblesses en matière de gouvernance, notamment celle de l’état de droit, la détérioration continue de la liberté d’expression, les tensions ethniques, les niveaux élevés de pauvreté et les effets persistants du séisme catastrophique de 2015.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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