Etudes économiques
Nicaragua

Nicaragua

Population 6,2 millions
PIB par habitant 2151 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

   2015  2016  2017(e)  2018(p)
Croissance PIB (%) 4,9 4,7 4,9 2,9
Inflation (moyenne annuelle, %) 4,0 3,5 3,9 6,5
Solde public* / PIB (%) -2,2 -2,4 -2,3 -3,0
Solde courant / PIB (%) -9,0 -8,6 -6,2 -8,0
Dette publique / PIB (%) 45,6 45,0 47,0 48,0

* y.c dons (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minérales (or) et agricoles (café, sucre, viande)
  • Appartenance aux zones de libre-échange Amérique centrale/Etats-Unis et Amérique centrale/UE
  • Politique économique prudente
  • Stabilité du système financier
  • Soutien de la communauté internationale
  • Faible taux de criminalité par rapport aux autres pays de la région

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité forte aux catastrophes naturelles (cyclones, sismicité)
  • Insuffisances en matière de santé, d’éducation et persistance de la pauvreté
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transport)
  • Déficit courant structurellement élevé
  • Dépendance à l’aide internationale
  • Lacunes institutionnelles : concentration du pouvoir au sein de l’exécutif et du parti sandiniste, corruption
  • Plus faible environnement des affaires d’Amérique centrale (127/190 d’après le classement Doing business 2017)

Appréciation du risque

Une croissance fortement impactée par les troubles politiques

Caractérisée par une croissance jusque-là supérieure à la moyenne des pays d’Amérique centrale, l’activité économique en 2018 souffrira des retombées du vaste mouvement d’opposition au président Ortega, qui a débuté en avril 2018. Le secteur touristique est fortement impacté par les affrontements violents et l’insécurité, tandis que le blocage des routes par les manifestants perturbe fortement le transport de marchandises, contraignant, notamment, les secteurs de la vente en gros et au détail. Le secteur du BTP subira lui aussi les conséquences de la crise avec un retard à prévoir dans les projets d’infrastructures et une baisse des investissements. Les investisseurs étrangers, jusque-là plutôt rassurés par la stabilité du régime de Daniel Ortega, devraient se montrer plus réticents face à la montée de l’incertitude politique. Du point de vue de la demande, bien que soutenue par l’afflux de remises des expatriés (+9,3% au T1 2018 par rapport à la même période en 2017), la consommation privée devrait aussi souffrir des conséquences de la crise. Le taux de chômage devrait en effet augmenter (4,2% en 2018 selon la Banque centrale), tandis que l’inflation sera en hausse, notamment à travers l’accroissement des prix de l’énergie et des biens alimentaires. La demande externe devrait, quant à elle, rester assez dynamique, soutenue par la croissance de l’activité aux Etats-Unis, principale destination des exportations.

 

Des comptes publics et courant plus fragiles

Les finances publiques devraient elles aussi souffrir des conséquences de la crise politique qui réduit les perspectives de croissance pour l’année 2018. Les besoins financiers de la sécurité sociale (INSS), dont la viabilité est aujourd’hui menacée, pèsent sur les comptes publics et les perspectives de réforme semblent s’éloigner après que le dernier projet a mis le feu aux poudres en avril 2018. Annulé depuis, il prévoyait d’augmenter les contributions tout en réduisant les bénéfices. La réduction des flux financiers en provenance du Vénézuéla, et une possible approbation du NICA Act (Nicaragua Investment Conditionality) par le Congrès américain contraindrait les possibilités de financement extérieur. En effet, si ce projet de loi était voté, les Etats-Unis conditionneraient les futurs prêts au Nicaragua à l'adhésion du pays aux principes démocratiques, ce qui aurait un impact sévère sur les finances publiques et enverrait un signal négatif auprès des investisseurs. Une prolongation de la crise politique jusqu’à la fin de l’été pourrait menacer la soutenabilité de la dette publique, à 80% détenue par des investisseurs étrangers. La part externe  représentait 38% du PIB au T1 2018.

Le déficit courant devrait, quant à lui, augmenter en 2018. Les exportations (alimentaire, textile, machinerie et équipements) seront fortement impactées par la crise politique et les contraintes de production dans le pays, alors que les importations (produits manufacturés, pétrole, alimentaire) devraient continuer à croître en lien avec l’évolution de la demande interne. Les flux financiers en provenance du Venezuela baisseront davantage, tandis que l’accès aux prêts officiels multilatéraux de nature fortement concessionnelle pourrait diminuer (cf. NICA Act). En revanche, les transferts des immigrés seront toujours importants. Ils resteraient néanmoins exposés à une éventuelle politique migratoire américaine plus restrictive qui pourrait venir réduire ces flux (50 % provenant des US).  

 

Un risque politique en hausse face à la répression meurtrière des mouvements de contestation

Après avoir remporté un troisième mandat consécutif lors des élections présidentielles de novembre 2016, le président Daniel Ortega du parti Frente Sandinista de Liberacion Nacional (FSLN) bénéficiait jusqu’à début 2018 d’une forte popularité. Toutefois, la tentative de réforme du système de retraite, abandonnée depuis, a déclenché un vaste mouvement de contestation à la mi-avril 2018. La répression des manifestations, causant plus d’une centaine de morts, a durci le conflit. Les négociations de conciliation organisées par l’Eglise catholique peinent à déboucher sur un véritable accord, tandis que le gouvernement continue de réprimer les manifestants qui demandent le départ du président Ortega et de la vice-présidente Murillo, sa femme. Le contrôle des différentes institutions par les sandinistes et l’absence d’une alternative dans le camp de l’opposition donnent cependant un avantage au couple présidentiel, qui est encore susceptible de finir son mandat jusqu’aux prochaines élections en 2021.

Sur le plan extérieur, les relations avec le Costa Rica et la Colombie restent caractérisées par des tensions, en particulier avec le Costa Rica en raison d’un différend portant sur les frontières maritimes et terrestres. La décision de la Cour internationale de justice en février 2018 en faveur du Costa Rica, acceptée par les deux parties, devrait cependant permettre d’apaiser les tensions une fois le paiement des compensations réalisé. Le gouvernement  devra enfin faire face aux pressions montantes de la communauté internationale afin de le pousser à négocier une sortie de crise avec les manifestants. Les Etats-Unis ont notamment mis en place en juin 2018 des restrictions de visa pour les personnalités officielles proches du pouvoir.

 

Dernière mise à jour : Juin 2018

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