Etudes économiques
Nicaragua

Nicaragua

Population 6,5 millions
PIB par habitant 2 031 $US
D
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,7 -3,8 -5,0 -2,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 3,9 5,0 5,6 4,2
Solde public / PIB (%) -1,6 -3,1 -3,1 -3,6
Solde courant / PIB (%) -4,9 0,6 2,3 1,8
Dette publique * / PIB (%) 33,9 37,2 39,0 40,2

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Comprend uniquement le gouvernement central, ce qui inclue l’organisme de sécurité sociale

POINTS FORTS

  • Ressources minérales (or) et agricoles (café, sucre, viande)
  • Appartenance aux zones de libre-échange Amérique centrale/États-Unis et Amérique centrale/UE
  • Flux importants de remises des expatriés

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité forte aux catastrophes naturelles
  • Insuffisances en matière de santé, d’éducation et persistance de la pauvreté
  • Insuffisance des infrastructures (énergie, transport)
  • Dépendance à l’aide internationale
  • Dépendance vis-à-vis des États-Unis, économie fortement dollarisée
  • Corruption (151/180 au classement Transparency International)
  • Environnement des affaires largement en-deçà de la moyenne régionale (142/190 pays dans le Doing Business 2020)

Appréciation du risque

Une reprise entravée par une politique fiscale d’austérité

En 2020, l’économie nicaraguayenne se contractera à nouveau, affectée par l’absence de solution à la crise politique sévissant depuis avril 2018 et les mesures fiscales restrictives mises en place en 2019. La confiance des entreprises a été fortement entamée par les réformes de la sécurité sociale et de l’impôt de février 2019 qui ont mené à une hausse des coûts de production : augmentation des cotisations patronales et plus forte taxation des recettes, face à une demande interne très affaiblie. Avec une baisse des dépôts bancaires de 29,4 % entre mai 2018 et mai 2019 et une hausse des prêts non performants, le risque de crise bancaire n’est pas à minimiser. La contraction du crédit devrait commencer à se faire sentir pour les entreprises, menant à des problèmes de financement. Cela devrait affecter l’investissement des entreprises alors que nombreuses d’entre elles ont déjà rogné sur leur marge pour éviter de transmettre la hausse des coûts de production aux consommateurs déjà à la peine avec une forte inflation. Le passage du taux de dévaluation annuelle autorisée du cordoba par rapport au dollar de 5 à 3 % sur décision de la banque centrale fin 2019 devrait atténuer l’effet sur les prix de la hausse de la TVA décidée en février 2019 en limitant la dévaluation de la monnaie. Cette décision aura des effets ambigus sur la consommation des ménages, la revalorisation des pensions des retraités étant indexée sur cette fluctuation. Le taux de chômage en forte augmentation (estimé à 8,5 % en 2019) continuera de contraindre les revenus des ménages, les rendant encore plus dépendants des remises des expatriés. Ces remises devraient être moins dynamiques, affectées par le ralentissement de l’économie aux États-Unis dont proviennent 56 % de ces flux. Ce ralentissement américain devrait aussi affecter les exportations des zones franches, notamment les composants électriques et les produits textiles. Du point de vue de l’offre, les secteurs de la construction et du tourisme continueront d’être les plus affectés par la crise et l’affaiblissement de la demande interne, tandis que l’agriculture et le secteur minier devraient profiter de l’augmentation des cours de l’or et du café prévue pour 2020.

 

Des comptes publics affectés par le cercle vicieux de la crise et de l’austérité

Alors que les comptes publics ont été durement affectés par la crise, l’administration de Daniel Ortega est passée outre l’opposition populaire pour réformer la sécurité sociale et la fiscalité en février 2019. Ces réformes d’austérité devraient aggraver une situation déjà difficile sans résoudre les problèmes de déficit. En effet, l’augmentation des contributions des entreprises (de 19 à 22,5 % et 21,5 % pour les grosses et petites entreprises) et des employés (de 6,25 à 7 %) à l’organisme de sécurité sociale ne devrait pas permettre de compenser la baisse du nombre de contributeurs. La hausse des taxes sur les cigarettes et la bière, la fin d’exemption de TVA sur certains produits, ainsi que l’augmentation de la taxe sur les recettes des entreprises (de 1 à 2 ou 3 % du total des ventes selon la taille de l’entreprise) ne devraient pas permettre de collecter autant de recettes qu’escompté. Le retard du gouvernement à publier une évaluation de ces mesures prévue dans le projet de loi, accroît le doute. Le déficit public devrait donc être plus important que prévu en 2020 alors même que l’obtention de financement international reste incertaine. L’adoption du Nicaragua Human Rights and Anticorruption Act par le sénat américain fin 2018 oblige les États-Unis à poser leur véto pour tout octroi de prêt multilatéraux au Nicaragua. Le pays sera donc dépendant des prêts obtenus auprès de la Banque centroaméricaine d’intégration économique (BCIE) qui lui a octroyé 585 millions USD fin 2019 pour le développement d’infrastructures.

Dans ce contexte, la principale source de devises étrangères restera les remises des expatriés qui, associées à une contraction des importations face à la baisse de la demande interne, permettront un nouveau surplus courant en 2020. Les exportations devraient être dynamisées par les produits agricoles et miniers, notamment grâce à la forte augmentation du prix de l’or et la hausse des cours du café. Les investissements directs étrangers resteront très faibles, les investisseurs rendus frileux par la crise politique et les sanctions américaines. Ce manque de financement extérieur mettra sous tension les réserves de la banque centrale, alors même que sa décision de restreindre le taux de dévaluation autorisé du cordoba face au dollar devrait être synonyme de plus d’intervention sur le marché des changes.

 

Une crise politique dans l’impasse

Alors que le soulèvement populaire commencé en avril 2018 a été réprimé avec force Daniel Ortega (Frente Sandinista de Liberacion Nacional) au pouvoir depuis 2016, une sortie de crise est peu probable. Les négociations entre le pouvoir et l’opposition sous l’égide de l’Église catholique sont dans l’impasse alors que continue la répression par des milices des manifestants demandant le départ de Daniel Ortega et de sa femme, la vice-présidente Rosario Murillo. Il est probable que Daniel Ortega se présente pour un nouveau mandat aux élections de novembre 2021 ou que sa femme se porte candidate pour lui succéder. Dans ce contexte, les relations avec la communauté internationale devraient rester tendues alors même que le pays se doit de trouver de nouveaux alliés face aux difficultés rencontrées par les autres membres de l’Alliance bolivarienne (Venezuela, Cuba, Bolivie). Les relations avec Taïwan devraient jouer un rôle très important, alors que se joue avec la Chine un jeu d’influence dans la région.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

Haut de page
  • Français
  • English