Etudes économiques
Niger

Niger

Population 22,4 millions
PIB par habitant 414 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

PRINCIPAUX INDICATEURS éCONOMIQUES

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 4,9 6,5 6,3 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 2,4 2,7 -1,4 2,2
Solde public * / PIB (%) -5,7 -4,1 -4,3 -3,0
Solde courant * / PIB (%) -15,7 -18,1 -20,0 -22,8
Dette publique / PIB (%) 54,4 53,8 55,8 54,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Cinquième producteur mondial d’uranium en 2018
  • Exportateur net de produits pétroliers et d’or
  • Effort d’investissement dans l’agriculture et les infrastructures
  • Membre de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO)
  • Soutien financier des prêteurs multilatéraux

POINTS FAIBLES

  • Économie vulnérable aux chocs climatiques et aux fluctuations des cours des matières premières
  • Économie encore largement dépendante d’une agriculture de subsistance
  • Croissance rapide de la population, grande pauvreté (IDH le plus faible du monde), situation de crise alimentaire chronique
  • Système de perception des taxes et des droits de douane déficient
  • Corruption endémique et importance du secteur informel
  • Frontières poreuses favorisant l’immigration illégale et les trafics
  • Détérioration de la situation sécuritaire et attaques terroristes

Appréciation du risque

L’investissement comme principal moteur de la croissance

Grâce à l’investissement, la croissance devrait être rapide en 2020. Le soutien financier international devrait permettre à l’investissement public de contribuer largement à la croissance à travers le financement de nombreux projets. C’est, cependant, l’investissement privé qui serait le principal moteur, les projets étant surtout financés par ce biais. Il se développera également grâce à la croissance du crédit bancaire et au respect du programme du FMI, rassurant les investisseurs. Les secteurs de la construction et des services (télécommunications, en particulier) devraient ainsi devenir les principaux récipiendaires avec l’intensification des projets, tels que la construction du barrage hydro-agricole de Kandaji, la réhabilitation de l’aéroport de Niamey ou encore la construction de la cimenterie de Garadawa. Les investissements privés et les dons dans les infrastructures en lien avec l’industrie extractive seront également en augmentation. En particulier, la construction d’un oléoduc de 2 000 km par la China National Petroleum Corporation, pour acheminer du pétrole brut jusqu’au port de Seme Terminal au Bénin, serait un moteur de l’investissement, et permettrait au Niger d’en devenir exportateur d’ici 2022. La production de pétrole brut est actuellement limitée par la capacité de la raffinerie nationale à 20 000 barils par jour ainsi que par l’absence d’oléoduc.

La consommation des ménages devrait se montrer dynamique, grâce à l’augmentation des revenus agricoles. Ce secteur (80 % de l’emploi et 40 % de la production nationale) bénéficiera, en effet, des investissements publics, au titre du plan 3N (les Nigériens nourrissent les Nigériens) visant à améliorer la productivité et la valeur ajoutée agro-sylvo-pastorales, ainsi que la gestion de l’eau. Notamment, le projet d’irrigation dans les régions d’Agadez, Tahoua, Dosso, Tillabéry (soutenu financièrement par l’Association internationale de développement) devrait permettre l’accroissement des rendements et des revenus agricoles.

 

Des déficits jumeaux financés par l’aide internationale

Le déficit public devrait continuer de se résorber. Le pays est engagé dans la consolidation de ses comptes publics, condition sine qua non à l’octroi, par le FMI, d’une Facilité élargie de crédit sur trois ans en 2017, à hauteur de 120 millions de DTS (2 % du PIB nigérien) qui expirera en janvier 2020. Des réformes fiscales, telles que la modernisation de l’administration et la mise en place d’une TVA sur les services bancaires, devraient permettre d’augmenter les recettes, malgré une corruption particulièrement pesante dans les administrations fiscale et douanière. Enfin, la réintroduction de la taxe sur les appels internationaux élargirait aussi la marge de manœuvre budgétaire. Les dépenses, principalement dirigées vers l’investissement public, resteront élevées. La limitation des dépenses courantes sera compliquée par la détérioration du climat social et sécuritaire. Les dons (40 % des dépenses publiques), prêts concessionnels et les émissions sur le marché de l’UEMOA financeront le déficit budgétaire ainsi que l’amortissement de la dette publique.

Le déficit courant, dû aux besoins de développement du pays, devrait continuer à se creuser en 2020, les importations massives de biens d’équipement pesant sur le déficit commercial. Le déclin progressif des secteurs extractifs contraindra l’augmentation des exportations, la production d’uranium (15 % des exportations) pâtissant de la faiblesse des prix et de l’augmentation des coûts face à l’épuisement des réserves (en témoigne la fermeture prochaine de l’une des deux mines du pays). La balance des revenus, structurellement déficitaire, devrait encore se creuser avec le développement des investissements étrangers ces dernières années. Les transferts, des expatriés et d’aide budgétaire, se maintiendront, mais seront trop faibles pour empêcher la détérioration du déficit courant. Ce déficit sera financé pour deux tiers par des dons et prêts projets, et par des IDE.

 

Une situation sécuritaire et sociale dégradée

La situation politique nigérienne est caractérisée par la mainmise du président Mahamadou Issoufou (Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNDS)) sur les différentes institutions depuis la victoire de son parti aux élections présidentielle et législatives de 2016. L’opposition est très critique vis-à-vis des actions du président, et bien que marginalisée, elle est susceptible de catalyser la grogne populaire, née, en 2018, de l’opposition à la loi de finances prévoyant l’augmentation de la pression fiscale pour répondre aux attentes du FMI. Le calendrier électoral annoncé (les élections municipales, législatives et présidentielle se tiendront en novembre 2020) est perçu comme visant à biaiser les résultats. Toutefois, la principale menace réside dans une situation sécuritaire très dégradée, les groupes terroristes de la région (Boko Haram, AQMI, Al-Murabitoun) trouvant au Niger un terreau fertile de recrutement (fort taux de pauvreté et peu de perspectives) et des frontières poreuses favorables à leurs actions. La coopération internationale devrait continuer à se renforcer, même si les difficultés de financement de la force G5 Sahel (sur les 414 millions USD promis, seul le quart a effectivement été versé) ne lui ont pas permis de contenir les troubles observés dans les pays voisins (notamment au Nigéria). Le HCR décompte plus de 350 000 réfugiés et déplacés au Niger. Cette situation sécuritaire incertaine pèse sur le climat des affaires (132e du classement Doing Business 2020), avec un risque d’enlèvement ciblant les ressortissants étrangers toujours élevé.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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