Etudes économiques
Nigeria

Nigeria

Population 178,7 millions
PIB par habitant 2 763 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 6,3 2,7 -1,5 0,8
Inflation (moyenne annuelle) 8,0 9,0 15,0 17,0
Solde budgétaire / PIB (%) -1,8 -3,7 -4,4 -5,0
Solde courant / PIB (%) 0,2 -3,1 -5,2 -3,8
Dette publique / PIB (%) 12,4 14,8 21,0 26,0

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Première puissance africaine en termes de PIB et pays le plus peuplé d’Afrique
  • Importantes ressources en hydrocarbures et large potentiel agricole
  • Endettement public et extérieur relativement faible

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance aux revenus pétroliers (90 % des exportations, 75 % des recettes fiscales)
  • Insuffisance des capacités de production/ distribution d’énergie
  • Tensions ethniques et religieuses
  • Insécurité, corruption contraignant l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Après la récession de 2016, la croissance devrait être très faible en 2017

La production pétrolière, fortement affectée en 2016 par le sabotage des infrastructures pétrolières par des mouvements rebelles dans le Delta du Niger, pourrait augmenter en 2017, si la situation sécuritaire se stabilise dans cette région. Une légère hausse des cours du pétrole, conjuguée à une progression de la production, devrait ainsi permettre une contribution positive de la balance commerciale à la croissance. L’activité dans la construction, traditionnellement dynamique au Nigéria, pourrait également accélérer légèrement en 2017, sous réserve de la mise en œuvre du programme d’investissements publics, qui a pris du retard en 2016. L’activité manufacturière devrait en revanche continuer à souffrir d’un approvisionnement erratique en électricité ainsi que du contrôle des changes limitant l’importation de différentes catégories de biens.

L’investissement privé pourrait être découragé par une demande interne peu porteuse et le maintien de taux relativement élevés (14 % depuis juillet 2016), compte tenu de la persistance des tensions inflationnistes. La consommation privée devrait rester freinée par la hausse des prix, entretenue par le coût des biens importés (pétrole et biens alimentaires) et accentuée par une probable nouvelle dévaluation du naira.

 

Le déficit budgétaire devrait se creuser et le solde courant s’améliorer modestement

Le projet de budget 2017 prévoit une progression de 13 % des dépenses, orientées vers les investissements. Il est établi sur la base d’une hypothèse conservatrice du cours du pétrole (42,5 USD/bl) mais d’un niveau de production proche de celui de 2015 (2,2 millions  bl/j), supposant l’arrêt des attaques des installations dans le Delta du Niger. Le gouvernement compte sur la hausse des revenus provenant du secteur hors pétrole, qui devraient couvrir les 2/3 des revenus du budget fédéral, grâce notamment à un meilleur taux de recouvrement. Cet objectif paraît cependant ambitieux dans un contexte de faible activité économique. Le déficit budgétaire devrait se creuser en 2017, étant précisé que la dégradation des finances publiques pourrait être atténuée en cas de dévaluation, permettant une augmentation de la contrevaleur en nairas des recettes pétrolières libellées en dollars.

Le déficit courant apparu en 2015 et qui s’est creusé en 2016, pourrait se réduire en 2017. Les exportations de pétrole (90 % du total) devraient progresser sous l’effet conjugué de la hausse du volume et des prix. Les importations ne devraient pas augmenter fortement en raison d’une demande privée peu dynamique et des difficultés persistantes d’accès aux devises étrangères. Leur valeur pourrait toutefois augmenter si la monnaie nationale était dévaluée.

Les pressions à la baisse sur le naira ont contraint la banque centrale (CBN) à mettre fin à l’ancrage de sa monnaie au dollar en juin 2016, entraînant une perte immédiate de 30 % du cours. La CBN conserve la possibilité d’intervenir sur les marchés et a maintenu le contrôle des changes imposé mi-2015 sur une quarantaine de produits, sans empêcher la poursuite de la dépréciation (près de 30 % supplémentaires face au dollar à fin novembre 2016). Malgré une hausse attendue des recettes d’exportations, la faiblesse des entrées de capitaux étrangers devrait continuer à peser sur le cours du naira. La CBN pourrait être contrainte, pour préserver ses réserves en constante diminution (de 32 milliards d’USD début 2015 à moins de 24 milliards en octobre 2016, soit de l’ordre de 4 mois d’importations) décider une nouvelle dévaluation en 2017.

La baisse des cours du pétrole et les effets de la dépréciation ont fortement affecté les banques, comme en témoigne la hausse des prêts non performants (près de 12 % mi-2016 contre 5 % fin 2015). Certains établissements, pourraient être contraints de fermer en l’absence de recapitalisation.

 

Situation sécuritaire tendue et risques d’instabilité sociale

La victoire de Muhammadu Buhari et de son parti All Progressive Congress (APC) aux élections de 2015 a marqué une alternance au pouvoir, après la domination du Parti Démocratique Populaire (PDP) depuis 1999. Le nouveau président a fait de la lutte contre la corruption l’une de ses priorités. L’attente de la population est grande vis-à-vis du nouveau président, en particulier dans ce domaine. Une mise en œuvre trop lente des réformes, mais aussi le manque de progrès économiques pourraient alimenter le mécontentement d’une population confrontée à une forte hausse des prix et du chômage. L’organisation de manifestations contre la banque centrale en novembre 2016, témoigne de l’exacerbation des tensions, sources potentielles d’instabilité sociale.

La situation sécuritaire demeure très fragile dans le nord-est du pays en proie aux attaques du mouvement islamiste radical Boko Haram. Dans la région du Delta du Niger, zone de production en pétrole, des rebelles réclament un meilleur partage des ressources et s’attaquent aux installations pétrolières.

Le Nigéria ne réalise pas de progrès importants en matière de gouvernance selon les indicateurs Banque Mondiale, en particulier concernant la lutte contre la corruption (186ème sur 209 pays en 2015).

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

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