Etudes économiques
Oman

Oman

Population 4,2 millions
PIB par habitant 18 970 $US
B
Evaluation des risques pays
A4
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 0,3 1,8 0,0 3,7
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,6 0,9 0,8 1,8
Solde public / PIB (%) -14,0 -7,9 -6,7 -8,4
Solde courant / PIB (%) -15,6 -5,5 -7,2 -8,0
Dette publique / PIB (%) 46,4 53,4 59,9 63,9

(e) : estimé (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Situation stratégique dans le détroit d’Ormuz
  • Plaque tournante régionale majeure en matière de réexportation
  • Efforts mis en œuvre pour diversifier l’économie en dehors du pétrole
  • Politique extérieure équilibrée
  • Reprise de la dynamique de croissance, bien que progressivement

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance vis-à-vis du pétrole
  • Un déficit budgétaire important qui a un effet d’éviction sur le secteur privé
  • Baisse des recettes pétrolières qui pèse sur les déficits jumeaux
  • Incertitude politique liée à la succession du sultan Qaboos

Appréciation du risque

La croissance reprend très progressivement

Après n’avoir enregistré aucune croissance en 2019, Oman devrait renouer avec une croissance positive en 2020. Toutefois, cette dernière restera inférieure à sa moyenne de 4,5 % pour la période 2005/2014. L’effet de base jouera un rôle favorable. Néanmoins, la faiblesse des prix du pétrole empêchera la croissance d’atteindre sa moyenne de long terme. Bien qu’il ne soit pas membre de l’OPEP, Oman a réduit sa production de pétrole d’environ 25 000 barils par jour (b/j) en moyenne pour atteindre 970 000 b/j en 2019, et ce suite à l’accord conclu en 2017 par les pays membres et non membres de l’OPEP. Avec une baisse de la production prolongée jusqu’en mars 2020, et peut-être au-delà, les perspectives de croissance restent modérées. La faiblesse des recettes pétrolières a également un impact sur le secteur non pétrolier, car ce dernier dépend des dépenses publiques pour maintenir son niveau d’activité. La situation précaire des comptes publics limitera les nouveaux investissements, car c’est le gouvernement qui demeure la principale force d’investissement du pays. Néanmoins, dans le cadre de leur plan de diversification économique Vision 2040, les autorités pourraient choisir d’investir dans plusieurs secteurs tels que les infrastructures et la pétrochimie. La faiblesse des prix du pétrole serait également un frein à la demande privée à travers la confiance des consommateurs et des entreprises. En outre, de nouvelles réformes en matière de subventions pourraient avoir une incidence négative sur la consommation privée. Les exportations nettes augmenteront légèrement au cours des prochains trimestres. Les efforts déployés par Oman pour améliorer ses infrastructures et ses secteurs touristique et pétrochimique par le biais des importations peuvent être considérés comme des contributions futures à l’augmentation des exportations de produits manufacturés et de services. La position d’Oman en tant que plaque tournante commerciale majeure dans la région joue un rôle important pour les exportations omanaises de produits pétrochimiques et de métaux, ainsi que pour la réexportation.

 

Des finances publiques tendues, une dette en hausse

Le déficit budgétaire devrait se creuser en 2020, après avoir atteint près de 7 % du PIB en 2019. Le FMI calcule que le prix du pétrole pour atteindre l’équilibre budgétaire du Sultanat est de 87 USD le baril. En dessous de ce seuil, le déficit budgétaire s’aggrave. Près de 60 % du total des recettes budgétaires provient du pétrole, et près de 80 % du total des dépenses publiques est consacré aux dépenses courantes, notamment les salaires du secteur public, le paiement des intérêts et les subventions. Le gouvernement a de nouveau reporté à 2021 l’introduction prévue d’une TVA de 5 %, selon le prospectus de son euro-obligation de juillet. Bien qu’elle puisse être considérée comme ayant un effet positif sur les ventes de détail, l’absence d’augmentation substantielle des recettes non pétrolières peut peser sur les paiements effectués par le gouvernement à d’autres secteurs, en particulier celui de la construction. De plus, toute réduction des projets d’investissement pèserait sur les entreprises. Actuellement, le risque associé au financement du déficit budgétaire reste faible. En dépit de son rating de qualité inférieure, le Sultanat d’Oman parvient à accéder aux marchés internationaux, ce qui devrait continuer en 2020. En revanche, toute réduction de l’appétit pour le risque à l’échelle mondiale et l’absence d’un programme de réformes structurelles clair pourraient réduire la demande des investisseurs, ce qui ferait augmenter le coût des emprunts pour le gouvernement. En outre, l’importance des emprunts publics a un effet d’éviction pour les entreprises. À la mi-2019, le rythme de croissance des prêts au secteur privé restait inférieur à 2 % en glissement annuel. Le poids de la dette publique dans le PIB continuera donc de croître. La faiblesse des prix du pétrole continuera de peser sur la balance courante du Sultanat d’Oman. Si le gouvernement limite les dépenses consacrées aux projets d’infrastructure, la demande d’importations pourrait diminuer, ce qui limiterait l’aggravation du déficit de la balance courante. Le Sultanat d’Oman a financé son déficit de la balance courante par une combinaison d’investissements directs étrangers, de réserves et de dette. En 2018, les IDE à Oman représentaient 5 % du PIB. Les réserves brutes de la banque centrale sont estimées à 16 milliards USD, ce qui assure la couverture d’un volume d’importations en baisse progressive (selon les estimations, près de cinq mois d’importations en 2020 contre sept mois en 2016). La dette extérieure d’Oman se situe déjà à un niveau élevé et devrait atteindre près de 110 % du PIB en 2020.

 

La succession reste une question politique clé

Le Sultan Qaboos, le souverain de longue date du Sultanat, a une santé fragile et aucun héritier. La succession reste donc une source d’incertitude politique. En cas de désaccord au sein de la famille royale sur le choix d’un successeur dans les trois jours suivant son décès, les autorités ouvriront une lettre indiquant le nom du successeur. La transition peut créer une période d’instabilité temporaire. La politique équilibrée que le Sultanat d’Oman applique depuis des années dans la région devrait se poursuivre. Le risque d’un débordement de la guerre au Yémen au-delà de ses frontières persiste. Mais si cela se produit, le Sultanat pourra alors faire appel à l’aide militaire de ses alliés internationaux.

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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