Etudes économiques
Ouzbékistan

Ouzbékistan

Population 31,3 millions
PIB par habitant 2 133 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 8,0 7,8 5,7 6,0
Inflation (moyenne annuelle, %) 8,5 8,0 12,0 13,0
Solde public / PIB (%) (*) 0,8 0,4 0,5 1,0
Solde courant / PIB (%) 0,7 0,7 1,0 0,5
Dette publique / PIB (%) 10,7 16,3 17,0 17,0

(*) incluant le Fonds de Reconstruction et de Développement (p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources naturelles abondantes et diversifiées (gaz, or, coton, potentiel hydroélectrique)
  • Faible endettement et confortables réserves de change
  • Programme d’investissements publics ambitieux
  • Population de 32 millions d’habitants
  • Position stratégique entre la Chine et l’Europe (Nouvelle route de la soie)

POINTS FAIBLES

  • Faible diversification économique et dépendance à l’égard des cours des matières premières
  • Faible compétitivité
  • Secteur bancaire peu développé et pratique du crédit dirigé
  • Interventionnisme étatique et climat des affaires difficile
  • Régime autocratique

Appréciation du risque

Croissance soutenue par l’investissement

L’Ouzbékistan devrait rester en 2018 l’une des économies les plus dynamiques de la CEI, même si les chiffres de croissance officiels sont probablement surestimés. Les investissements publics, destinés à améliorer l’outil industriel et les infrastructures, notamment dans les domaines gazier, hydroélectrique et routier, devraient continuer à soutenir l’activité, notamment la construction. L’État pourrait être appuyé par les bailleurs multilatéraux et les investisseurs privés étrangers mis en confiance par les mesures prises par le nouveau chef de l’État, notamment la libéralisation du change et la création d’une zone économique spéciale (district d’Urgut). L’industrie (machines, équipements automobiles, agro-alimentaire) et les services (près de 45 % du PIB) devraient également rester porteurs. La contribution des exportations (près de 20 % du PIB) pourrait être améliorée par la progression continue du prix des produits d’exportation (gaz, coton, or, premier produit d’exportation). La demande extérieure pourrait être un peu plus soutenue (notamment de Chine, de Russie et du Kazakhstan). Cependant, comme dans le même temps les importations de biens d’équipement et de métaux destinés aux infrastructures et aux installations industrielles progresseront sensiblement, la contribution des échanges devrait être nulle. La consommation des ménages (plus de 50 % du PIB) devrait être soutenue par la progression modérée des dépenses sociales et des salaires de l’importante sphère publique, ainsi que la poursuite de la reprise des transferts des expatriés en Russie et au Kazakhstan (ils seraient près de deux millions) compensant l’impact négatif de la hausse des prix sur les revenus réels. L’inflation devrait demeurer élevée, alimentée par la dépréciation continue du soum, la forte progression du crédit, l’augmentation périodique des prix des services publics (eau, gaz, électricité) visant à les aligner sur les prix du marché, ainsi que par la hausse des prix alimentaires entretenue par la défaillance du négoce et de la distribution.

 

Des comptes publics et extérieurs légèrement excédentaires

En 2018, le gouvernement devrait poursuivre sa politique de soutien à l’activité par l’augmentation de la dépense publique. Pour autant, le solde public demeurerait légèrement excédentaire et la dette publique faible grâce à la ponction (de montant inconnu) réalisée sur le Fonds souverain depuis la chute des prix des hydrocarbures et la survenance de la récession en Russie en 2014. Néanmoins, l’augmentation des recettes provenant des secteurs exportateurs devrait permettre de réduire progressivement ce prélèvement, tout comme les réformes visant à augmenter l’efficacité de la dépense publique.

Le solde commercial restera proche de l’équilibre. La progression des exportations compensera peu ou prou celle des importations, tandis que la hausse des transferts des travailleurs expatriés devrait permettre de maintenir un léger excédent du solde courant. La récurrence de ce dernier explique les confortables réserves de change (24 mois d’importations environ, or inclus) qui mettent le pays à l’abri des tensions financières.

Le système bancaire, peu développé, est étroitement contrôlé par l’État, notamment pour sa politique de prêts, ce qui fragilise la qualité des portefeuilles. Néanmoins, il pourrait bénéficier de l’abandon en septembre 2017 de l’ancrage du soum au dollar, avec à la clef sa dépréciation de 50 % et son alignement sur le cours au noir. Si la confiance des agents dans la gestion future de la monnaie s’installe, ils continueront de convertir auprès des banques leurs avoirs en devises étrangères, qui ne peuvent plus servir de moyen de paiement domestique, participant à la dédollarisation de l’économie. Quoiqu’il en soit, le secteur serait soutenu par le gouvernement en cas de difficultés.

 

Un régime autoritaire, mais soucieux d’attirer les investisseurs étrangers

Le décès, en septembre 2016, d’I. Karimov, président depuis l’indépendance du pays en 1991, a conduit son premier ministre Shavkat Mirziyoyev à la tête de l’État après sa confortable élection (89 % des voix) en décembre 2016. À l‘image de son prédécesseur, il devrait maintenir un État fort. Néanmoins, mettant fin à une décennie d’isolationnisme, il se rapproche des pays voisins, notamment du Kirghizstan et du Tadjikistan, avec lesquels des accords sur la gestion de l’eau, les voies de communication, le réseau électrique et les litiges frontaliers ont été conclus ou sont en cours de négociation. De même, un rapprochement avec la Russie est intervenu, mais qui ne devrait pas faire ombrage à celui avec l’Occident et aux bonnes relations avec la Chine. L’essentiel semble être le développement économique. De fait, le président semble favorable à des réformes économiques destinées à attirer les investisseurs. Ainsi, en témoigne l’abandon de l’ancrage du som au dollar et de la plupart des mesures de contrôle des changes. Cependant, l’ouverture économique est encore timide. L’abandon de l’ancrage ne préjuge pas du mode de gestion future du change. Le secteur public demeure prépondérant et peu efficace. Les tracasseries administratives et douanières persistent. Les performances en termes de corruption, de réglementation et d’efficacité gouvernementale restent mauvaises. Les risques liés à la montée des mouvements islamistes devraient perdurer. Par ailleurs, la pauvreté, le chômage et les restrictions des libertés offrent un terreau favorable à la contestation d’une population très jeune (près de la moitié est âgée de moins de 25 ans), que le pouvoir fera tout pour contrôler.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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