Etudes économiques
Russie

Russie

Population 143,4 millions
PIB par habitant 9 243 $US
B
Evaluation des risques pays
C
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 0,7 -2,8 -0,2 1,0
Inflation (moyenne annuelle) 7,8 15,5 7,0 4,2
Solde budgétaire / PIB (%) * -1,1 -3,4 -3,7 -2,6
Solde courant / PIB (%) 2,8 5,2 1,7 2,6
Dette publique / PIB (%) 15,6 15,9 17,0 17,1

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Abondantes ressources naturelles (pétrole, gaz et métaux)
  • Main d’œuvre qualifiée
  • Faible endettement public et réserves de change confortables
  • Puissance régionale et énergétique affirmée

POINTS FAIBLES

  • Accentuation du caractère rentier de l’économie
  • Secteur bancaire privé fragile
  • Faiblesse des infrastructures aggravée par un investissement très faible
  • Démographie déclinante
  • Lacunes persistantes dans l’environnement des affaires

Appréciation du risque

Modeste rebond après deux années de récession

La croissance russe devrait être positive en 2017, mais faible. L’activité du secteur d’hydrocarbures devrait peu progresser : le niveau de production a atteint fin 2016 un niveau record (11,2 millions bl/j) alors que le manque d’investissements et la maturité de nombreux champs pétroliers limitent les perspectives d’augmentation des capacités de production. Par ailleurs, la Russie s’est engagée depuis fin novembre 2016 vis-à-vis des pays de l’OPEP, à baisser sa production de 300.000 bl/j jusqu’en mars 2018. Le secteur manufacturier (agro-alimentaire, chimie/ pharmacie, automobile) pourrait profiter d’une légère reprise de la demande intérieure. L’investissement privé, en repli depuis 2013, montre des signes de reprise au 1er trimestre (+2,3% en ga). La consommation privée devrait être soutenue par une lente progression des revenus des ménages liée notamment à une politique budgétaire un peu moins restrictive. Les revenus réels pourraient également continuer à bénéficier de la modération de l’inflation.

La hausse des prix a nettement ralenti début 2017 (4,1% en avril), s’approchant de la cible de 4% de la banque centrale (CBR), autorisant un assouplissement de la politique monétaire (taux ramené de 11 % à 9 % entre mai 2016 et juin 2017). La relative stabilité du rouble devrait permettre le maintien d’un niveau modéré d’inflation.  

En l’absence de réel progrès dans le conflit à l’est de l’Ukraine, les sanctions économiques ciblant les échanges et l’accès aux financement de la Russie imposées par l’UE, ont été maintenues jusqu’au 31 juillet 2017. La possibilité d’une levée, totale ou partielle de celles appliquées par les Etats-Unis, un temps évoquée après l’arrivée de D. Trump à la présidence, semble s’être éloignée. L’accès du pays aux financements internationaux restera donc limité, contraignant le rebond de la croissance.

 

Amélioration du solde budgétaire et du solde courant

Les recettes fiscales devraient progresser en 2017 grâce à la modification des modalités de taxation du secteur des hydrocarbures  et des profits des compagnies publiques. La hausse modérée des prix du pétrole favoriserait aussi les revenus de l’Etat. De nouvelles privatisations (la banque VTB et l’armateur Sovcomflot notamment), après celles d’Alrosa et Bashneft en 2016, contribueraient également à l’amélioration des finances publiques. Le projet de budget 2017, prévoit une hausse des dépenses sociales, compensée par une baisse des autres postes. L’objectif est de réduire progressivement le déficit, tout en soutenant la demande dans la perspective des élections présidentielles de 2018, sans alimenter l’inflation.

L’Etat, dont l’endettement reste faible, dispose de confortables réserves de change (11 mois d’importations environ à fin avril 2017), auxquelles s’ajoutent les actifs des fonds souverains totalisant près de 90  milliards d’USD (environ 6 % du PIB) à fin avril 2017.

L’excédent courant devrait augmenter à la faveur de la hausse des recettes d’exportation d’hydrocarbures (environ 2/3 du total), qui devrait toutefois être modeste compte tenu de l’absence de forte hausse des cours et de l’engagement de baisse de production. La reprise de la demande intérieure, même modérée, pourrait par ailleurs se traduire par une progression des importations, limitant l’amélioration du solde courant.

Le cours du rouble, soutenu par un prix du pétrole plus élevé qu’en 2016 et des rendements relativement attractifs (carry trade), ne devrait pas s’apprécier fortement en 2017. Les autorités ont lancé un programme d’achat de devises pour reconstituer les réserves et limiter l’appréciation du rouble qui réduit, en monnaie nationale, des recettes budgétaires du secteur pétrolier. Une appréciaion du dollar, une nouvelle baisse des prix du pétrole ou des sorties de capitaux (hausse de près de 10 Mds$ des échéances de dette extérieure en 2017) pèseraient sur le rouble.

La situation du secteur bancaire semble se stabiliser suite aux mesures d’assainissement du secteur prises par la banque centrale, qui ont conduit à la fermeture de 130 établissements entre janvier 2016 et fin avril 2017.

 

Une situation politique qui devrait rester stable et un environnement des affaires toujours déficient

La crise en Ukraine a joué un rôle fédérateur au sein de la population russe et renforcé la popularité de V. Poutine. Les élections législatives de septembre 2016 ont confirmé la prédominance du parti présidentiel, Russie Unie (54 % des voix) mais avec un faible taux de participation (48 % contre 60 % en 2011). Le mécontentement existe, comme en témoignent les manifestations en mars et juin 2017, mais le contrôle de l’Etat sur les medias et internet limite considérablement les capacités d’organisation et d’expression des mouvements d’opposition. A. Navalny, militant anti-corruption qui apparaissait comme une figure susceptible d’incarner les différents mouvements d’opposition, sous le coup de diverses procédures judiciaires ne pourra pas se présenter aux élections présidentielles de mars 2018.

Les lacunes en matière de gouvernance et le manque de transparence des entreprises affaiblissent fortement l’environnement des affaires. Le classement de la Russie se dégrade selon la plupart des indicateurs de la Banque Mondiale, notamment en termes de qualité de réglementation et ne progresse pas concernant la lutte contre la corruption. 

 

Dernière mise à jour : Juin 2017

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