Etudes économiques
Salvador

Salvador

Population 6,3 millions
PIB par habitant 4227 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 2,3 2,4 2,3 2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,7 0,6 0,9 2,3
Solde public / PIB (%) -3,2 -2,4 -2,5 -3,3
Solde courant / PIB (%) -3,6 -3,4 -3,7 -3,3
Dette publique / PIB (%) 58,7 59,9 61,1 62,2

 

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Relative diversification économique
  • Accords de libre-échange avec l’Amérique Centrale et les États-Unis (CAFTA-DR), ainsi qu’avec le Mexique et l’UE
  • Soutien financier des institutions multilatérales
  • Démographie forte

POINTS FAIBLES

  • Forte criminalité et insécurité liées au trafic de drogue
  • Manque de ressources naturelles
  • Vulnérabilité climatique et sismique
  • Insuffisance des infrastructures et de l’investissement
  • Dépendance envers les États-Unis (48 % des exportations)
  • Fragilité structurelle des comptes publics et extérieurs
  • Inégalités et pauvreté importantes

Appréciation du risque

Mollesse de la croissance

En 2018, la croissance du Salvador serait la plus faible parmi les pays d’Amérique Centrale. L’activité serait encore pénalisée par l’atonie de la croissance américaine, à laquelle l’économie salvadorienne est fortement corrélée. De plus, la faiblesse de l’épargne nationale et de la croissance du crédit, ainsi que la poursuite de la politique budgétaire restrictive freineront la croissance, d’autant plus que les effets positifs des récoltes exceptionnelles de 2017 se dissiperont. L’agriculture restera malgré tout l’un des secteurs porteurs de croissance, au même titre que l’industrie textile. En outre, l’investissement privé souffrirait de la criminalité et de la faiblesse du pouvoir d’achat des ménages. À cela s’ajoutent des fragilités structurelles (petite taille du marché, inégalité de revenus, pauvreté en ressources naturelles, corruption) qui affaibliront encore l’attractivité du pays comme destination d’investissement, en particulier par rapport à ses voisins, comme le Costa Rica. De plus, la rentabilité des petites entreprises salvadoriennes souffre des extorsions opérées par les gangs, diminuant ainsi leur profit et leur capacité d’investissement.

La consommation, principal moteur de la croissance du pays, souffrira aussi de la forte criminalité, et elle devrait faire face à la progression de l’inflation, malgré la stabilité des prix du pétrole. Enfin, le pays fait partie des 4 pays d’Amérique latine les plus vulnérables aux risques climatique et sismique, mais la faiblesse de l’investissement ne permet pas la construction des infrastructures nécessaires pour en limiter les conséquences.

 

Aggravation de la situation budgétaire

Compte tenu de la croissance modérée et du faible niveau d’investissement, la capacité du gouvernement à mobiliser l’instrument fiscal pour d’accroître ses revenus est limitée. En outre, les dissensions politiques entre le gouvernement du président Salvador Sánchez Cerén (FMLN, gauche) et l’Assemblée, dominée par ARENA (Alianza Republicana Nacionalista, droite), bloquent les réformes nécessaires à la réduction du déficit, qui s’aggraverait à nouveau en 2018. Les réductions de dépenses budgétaires devraient rester limitées, car plus de la moitié du budget est consacré aux programmes sociaux et aux retraites chers à la population. La paralysie législative a empêché le gouvernement d’obtenir les recettes nécessaires au paiement des sommes dues aux fonds de pension locaux (57 millions de dollars) en avril 2017, entraînant le premier défaut du pays en plus de vingt ans. Le paiement a finalement été effectué, mais la tension croissante entre les deux forces politiques augmente les risques liés au service de la dette publique en 2018. Comme un rapprochement entre le FMLN et ARENA semble peu probable, et que les financements extérieurs restent limités, la situation financière du pays resterait précaire. La persistance du déficit contribue à l’accroissement continu de la dette publique au-delà des 60 % du PIB, un niveau inquiétant pour une économie dollarisée.

Le déficit courant, qui s’est creusé en 2017, ne devrait pas connaître d’amélioration significative. Dépendantes de la santé de l’économie américaine (48,2 % des exportations), les exportations augmenteraient moins vite que les importations. Celles-ci seraient en hausse, notamment avec la progression, bien que modérée, des prix pétroliers. Le déficit commercial resterait donc important (19 % du PIB). Le compte financier serait encore pénalisé par la faiblesse des IDE, les investisseurs étrangers restant méfiants face à la criminalité. En revanche, les transferts de la diaspora salvadorienne, notamment en provenance des États-Unis, devraient garder leur niveau élevé (18 % du PIB).

 

Difficultés législatives et structurelles

Le président S. Sanchez Cerén, qui devrait rester au pouvoir jusqu’en juin 2019, ne peut pas compter sur une majorité à l’Assemblée, dominée par l’opposition. Sa popularité est en baisse et fait craindre la défaite de son parti aux prochaines élections législatives de mars 2018, puisque des réformes urgentes seraient nécessaires pour réduire la pauvreté et la criminalité dans un contexte de faible croissance.

Les homicides liés aux gangs diminuent, notamment grâce aux mesures extraordinaires mises en place en 2016 et prolongées en février 2017 jusqu’en 2018 (application de l’état d’urgence dans sept prisons où sont concentrés les membres de gangs, déploiement de militaires en milieux ruraux). Deux des grands gangs (MS-13 et Barrio 18) ont exprimé leur volonté d’entamer des négociations avec le gouvernement, qui a jusqu’ici refusé. Le Salvador reste le pays n’étant pas en guerre le plus violent au monde, et l’environnement des affaires est donc fortement dégradé.

Bien que le FMLN entretienne des liens historiques avec les régimes de gauche radicale de la région, le président veille à maintenir de bonnes relations avec les États Unis, premier partenaire commercial du pays.

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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