Etudes économiques
Sierra Leone

Sierra Leone

Population 6,3 millions
PIB par habitant 696 $US
D
Evaluation des risques pays
D
Environnement des affaires
Changer de pays
Comparer les pays
Vous avez déjà sélectionné ce pays.
0 pays sélectionnés
Vider
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Ajouter un pays
Comparer

Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2014 2015  2016(p) 2017 (p)
Croissance PIB (%) 4,6 -20,6 4,9 5,0
Inflation (moyenne annuelle) 8,3 9,0 9,7 9,0
Solde budgétaire / PIB (%) -7,8 -9,6 -8,0 -6,0
Solde courant / PIB (%) -18,2 -15,5 -16,2 -16,3
Dette publique / PIB (%) 35,0 43,8 48,1 47,2

 

(p) Prévisions

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (fer, diamant, rutile, or)
  • Production de café, riz, cacao
  • Potentiel touristique
  • Soutien financier international
  • Une activité portuaire importante amenée à se développer

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux conditions météorologiques
  • Forte dépendance aux cours des matières premières
  • Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés
  • Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola
  • Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé
  • Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises
  • Extrême pauvreté, chômage important

Appréciation du risque

Une économie qui redémarre progressivement après deux chocs exogènes majeurs

Confronté à l’épidémie du virus Ebola (3 600 morts et une perte de revenus estimée à 29% du PIB en 2015) et à la chute des cours du minerai de fer (50% des exportations) en 2014/2015, la croissance du pays a retrouvé de l’allant en 2016. L’économie poursuivrait son accélération graduelle en 2017 avec une reprise progressive de la production du minerai de fer et des investissements, notamment dans les infrastructures. Stimulé en 2016 par la reprise des opérations dans la mine de Tonkolili, le secteur du fer devrait profiter en 2017 du lancement de la production par la compagnieChina Kingho Energy Groupqui avait signé un mémorandum d’accord avec le gouvernement pour 6 milliards de dollars d’investissement dans des projets d’infrastructures et miniers. La hausse de la production de fer resterait néanmoins limitée en 2017, avec une remontée lente des cours du minerai de fer et un environnement des affaires global qui freinerait l’investissement. Outre le secteur minier, les projets d’infrastructures tireraient la croissance en 2017. De nouveaux investissements dans l’agriculture devraient également relancer un secteur durement touché pendant l’épidémie. Le secteur du tourisme, en pleine expansion jusqu’à la flambée de maladie à virus Ebola (le nombre d’arrivées de touristes internationaux avait été multiplié par 2,5 entre 2007 et 2013), freiné par le risque politique, les stigmates de l’épidémie et le retrait des organisations d’aides internationales, ne devraient pas rebondir substantiellement. De plus, le risque de résurgence de l’épidémie d’Ebola et politique ainsi que le chômage dissuaderont certains investisseurs. Enfin, les mesures d’austérité budgétaire, la pauvreté et le chômage élevés ne permettront pas de stimuler la demande interne.

L’inflation a légèrement augmenté en 2016, alimentée par la hausse des prix de l’alimentation qui fait suite à une dépréciation du Leone face aux principales devises (-26% face au dollar entre janvier et novembre 2016). La reprise progressive de l’économie devrait néanmoins permettre d’atténuer les pressions à la baisse sur le Leone. En revanche, la suppression des subventions pétrolières devraient faire grimper les prix, conduisant, au final, à une baisse limitée de l’inflation.

 

Un gouvernement déterminé à assainir les finances publiques

Le déficit budgétaire devrait se réduire en 2017 grâce à des mesures d’austérité. Le président a ainsi annoncé un ambitieux plan de coupes budgétaires qui s’élèveraient à 69 millions de dollars entre octobre 2016 et avril 2017. Les efforts de collection d’impôt notamment sur la taxe à 15% sur les biens et services devraient se traduire par une augmentation modérée des recettes en 2017. Les efforts concernant les dépenses ont commencé en novembre 2016 avec la suppression des subventions pétrolières qui garantissaient aux sierra-léonais les prix les plus bas de la sous-région. Le gouvernement devrait poursuivre dans les prochains mois en réduisant les coûts des opérations gouvernementales : interdiction des achats de fournitures de bureau et de voitures ou encore suppression des heures supplémentaires rémunérées. Si ces mesures satisferont certainement les investisseurs et les institutions de Bretton Woods, telles que le FMI, elles devraient peser sur les plus démunis. Après avoir rapidement augmenté ces dernières années, le poids de la dette publique devrait s’alléger légèrement mais resterait à un niveau élevé.

Le déficit courant resterait important en 2017 car la reprise des exportations serait toujours pénalisée. D’autre part, le pays restera tributaire des importations de produits alimentaires et d’énergie. La balance commerciale demeurera largement déficitaire et pèsera sur le déficit courant qui devrait néanmoins se stabiliser. 

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      

Stabilité politique et sociale fragile à l’approche des élections présidentielles 2018

A l’approche de l’élection présidentielle de 2018, le président Ernest Bai Konoma, du parti All People’s Congress (APC), pourrait être tenté d’obtenir un troisième mandat, en dépit de l’interdiction constitutionnelle d’en servir plus de deux. La rhétorique de l’APC et des soutiens du président indiquent en effet, qu’une telle possibilité n’est pas à exclure.  A l’image d’autres pays d’Afrique Subsaharienne ayant subi pareille tentatives, des oppositions violentes pourraient éclater si le Président Konoma venait à tenter de garder la mainmise sur le pouvoir. Après l’épidémie d’Ebola, le gouvernement fait, de plus, face à des tensions sociales croissantes en raison de la hausse de la pauvreté, du chômage et du manque d’infrastructures qui a limité la possibilité d’une réponse adaptée de la part du gouvernement pour endiguer la propagation du virus. Les allégations récurrentes de corruption impliquant le gouvernement dans un contexte d’austérité budgétaire, susceptible de toucher les foyers les plus pauvres, pourraient alimenter les tensions. Le risque d’instabilité sociale et politique à court terme se répercute sur l’environnement des affaires déjà difficile (148ème sur 190 économies selon l’étudeDoing Business 2017 de la Banque Mondiale). L’afflux de dons dans un pays largement tributaire de l’aide internationale devrait rester important en 2017. La Chine notamment continuera d’augmenter son influence grâce à ses investissements dans les infrastructures de transports, comme le projet d’aéroport international à Mamamah et dans le secteur des ressources naturelles.

 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2017

Haut de page
  • Français
  • English