Etudes économiques
Sierra Leone

Sierra Leone

Population 7,4 millions
PIB par habitant 488 $US
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Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 6,3 3,7 3,7 5,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 10,9 18,2 15,6 13,1
Solde public / PIB (%) * -8,0 -8,5 -6,0 -4,4
Solde courant / PIB (%) -17,3 -20,0 -25,7 -23,0
Dette publique / PIB (%) 54,8 63,9 79,1 93,3

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Importantes ressources minières (fer, diamant, rutile, or)
  • Production de café, riz, cacao
  • Soutien financier du FMI
  • Potentiel touristique
  • Une activité portuaire importante amenée à se développer

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité aux conditions climatiques
  • Forte dépendance aux cours des matières premières
  • Corruption, droits de propriété insuffisamment protégés
  • Difficultés d’accès au crédit pour les petites et moyennes entreprises
  • Infrastructures insuffisantes, défaillance du système de santé
  • Risque de résurgence de l’épidémie de virus Ebola
  • Extrême pauvreté, chômage important

Appréciation du risque

Amélioration des perspectives de croissance

Après la stagnation de la croissance en 2018, principalement liée à la fermeture de la plus grande mine de fer du pays, celle de Tonkolili, en raison de ses coûts élevés de production et de la faible qualité de son minerai, l’activité économique devrait reprendre de la vigueur en 2019. L’agriculture, qui demeure le pilier de l’activité économique (60 % du PIB et de l’emploi en 2017), poursuivra son expansion. Cependant, l’activité des industries extractives pourrait rester contrainte par la faible progression de la production de minerai de fer, aucune date de réouverture n’ayant été avancée pour l’exploitation de Tonkolili. La mise en production de la mine de fer Marampa permettra, néanmoins, d’en limiter les conséquences. Même si le site de Tongo ne devrait être mis en exploitation qu’à la fin de l’année 2019, la production de diamant devrait évoluer favorablement. Ces performances contrastées dans le secteur minier devraient se traduire par une contribution restreinte à la croissance. De plus, cette dernière continuera de souffrir de contraintes d’approvisionnement en électricité, du manque d’infrastructures et de l’environnement des affaires défavorable. Le tourisme pâtira particulièrement de cette situation, alors que la Chine a annulé, en 2018, le financement d’un nouvel aéroport près de la capitale.

Bien qu’elle diminuera, l’inflation restera au-dessus du critère de convergence établi par la zone monétaire ouest-africaine (taux d’inflation annuel de 10 % maximum). Elle constituera de nouveau un frein à la consommation des ménages, particulièrement pour les plus de 70 % de Sierra-Léonais vivant avec moins d'un dollar par jour. Dans ce contexte, la banque centrale du pays devrait poursuivre le resserrement de la politique monétaire, entamé à la fin de l’année 2016, dans le but de limiter sa progression.

 

L’assainissement des finances publiques au coeur du nouvel accord avec le FMI

En 2017, la Sierra Leone s’était engagée à mettre en place un certain nombre de réformes dans le cadre d’un programme avec le FMI. Le pays n’ayant pas respecté ses engagements, l’accord a été annulé. Toutefois l’élection de Julius Maada Bio, en mars 2018, semble constituer un tournant dans les relations avec l’institution internationale. En effet, peu de temps après son investiture, ce dernier a libéralisé le prix du carburant et celui du riz, dans le but de réduire les dépenses publiques, comme le FMI l’avait recommandé. Un nouveau programme au titre d’une facilité élargie de crédit a ainsi été signé par le nouveau gouvernement en novembre 2018. Les principaux objectifs de ce programme d’environ trois ans sont d’assurer la viabilité budgétaire du pays, ainsi que d’améliorer les perspectives de croissance. C’est dans ce contexte que, en 2019, l’assainissement des comptes publics se poursuivra par l’amélioration de la collecte des recettes. Cela se fera, notamment, par l’élargissement de l’assiette d’imposition, ainsi que le renforcement du droit fiscal. Les pouvoirs publics agiront également sur les dépenses courantes, en freinant l’évolution des dépenses engagées dans la défense, ainsi qu’en limitant la croissance de la masse salariale du secteur public, tandis que les dépenses allouées à l’éducation devraient croître. Néanmoins, la réduction du déficit budgétaire ne suffira pas à freiner l’alourdissement de la dette publique. Cette dynamique s’explique par la réduction des aides financières internationales, qui a conduit à une croissance rapide de l’endettement non concessionnel auprès de créanciers nationaux, et donc à l’augmentation du montant des intérêts et des arriérés. Le nouvel accord du FMI pourrait néanmoins limiter l’augmentation de la dette dans les prochaines années.

En 2019, bien que le déficit commercial reste conséquent, son évolution sera favorable. En effet, les exportations seront portées par le diamant (13 % des exportations en 2017), ainsi que par l’économie non minière, en particulier le secteur primaire (le cacao représentait 23 % des exportations en 2017). Le pays demeure néanmoins dépendant des importations d’énergie, de biens d’équipement et de produits alimentaires, le système agricole étant essentiellement tourné vers l’exportation. Le déficit des services, ainsi que celui des revenus, liés à la présence des investisseurs étrangers, pèseront également. Le déficit courant sera essentiellement financé par les investissements étrangers, sous forme d’IDE et d’investissements en portefeuille.

 

Climat tendu sur la scène politique interne

Après deux mandats consécutifs, Ernest Bai Koroma (All People’s Congress, APC), a dû renoncer à la présidence. Le 31 mars 2018, Julius Maada Bio, le candidat du Sierra Leone People’s Party (SLPP), a été élu pour lui succéder, signe de la volonté d’un renouvellement politique. Ancien militaire, J. Maada Bio a déjà occupé le pouvoir en tant que vice-président après un coup d’État en 1996. Désormais président, il affiche pour priorité l’accès à l’éducation, ainsi que la lutte contre la corruption. Dans cette optique, le Parlement a approuvé l’ouverture d’une enquête suite aux accusations de corruption relatives à certains membres du précédent gouvernement. Ces investigations risquent de créer des tensions entre les deux partis, alors que le président doit collaborer avec l’APC, qui a remporté la majorité des sièges au Parlement lors des élections législatives, également organisées en mars. De plus, le gouvernement pourrait de nouveau faire face à la contestation de la population, dans un contexte de consolidation budgétaire et de pauvreté qui offrent matière à la frustration sociale. En 2018, la libéralisation des prix du carburant avait provoqué une vague de manifestation.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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