Etudes économiques
Slovaquie

Slovaquie

Population 5,4 millions
PIB par habitant 16 499 $US
A2
Evaluation des risques pays
A2
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 3,8 3,3 3,3 4,0
Inflation (moyenne annuelle, %) -0,3 -0,5 1,2 1,8
Solde public / PIB (%) -2,7 -1,7 -1,2 -0,9
Solde courant / PIB (%) 0,2 -0,7 0,3 0,2
Dette publique / PIB (%) 52,5 51,9 50,9 49,7

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Appartenance à la zone euro
  • Plateforme de production pour l’industrie automobile et électronique européenne
  • Comptes publics et extérieurs corrects
  • Solidité du système financier dominé par des groupes étrangers

POINTS FAIBLES

  • Petite économie dépendante des investissements et marchés européens
  • Forte concentration sectorielle des exportations : automobile et électronique grand public
  • Dépendance à la Russie pour 70 % de son énergie (gaz, pétrole, uranium)
  • Inégalités régionales de développement / retard à l’est (infrastructures et formation)
  • Insuffisance de la recherche et du développement
  • Manque de main d’œuvre qualifiée et important chômage de longue durée 

Appréciation du risque

Vive croissance fondée sur la demande interne

En 2018, la croissance sera dynamisée par l’investissement (privé et public), bien que la principale contributrice de la croissance reste la consommation des ménages. Ces derniers devraient encore profiter de la progression de l’emploi et de la baisse du chômage, qui entraîneront les rémunérations vers le haut. Les salaires seront également tirés par le manque croissant de main d’œuvre qualifiée dans les secteurs automobile et informatique à l’ouest et au centre du pays, ainsi que par la hausse du salaire minimum (passant de 435 à 480 euros). En outre, la faiblesse de l’endettement des ménages (70 % du revenu disponible), conjuguée aux taux d’intérêt bas, permettront de soutenir l’immobilier résidentiel. Néanmoins, la progression du revenu disponible sera ralentie par la hausse de l’inflation, du fait de l’augmentation des prix alimentaires et de l’énergie. L’investissement public sera dynamisé par une plus grande absorption des fonds européens, dans la mesure où le pays n’a utilisé que 5,3 % des 15 milliards d’euros disponibles dans le cadre du programme 2014-2020. Le secteur de la construction bénéficiera largement de la hausse des projets d’infrastructure, ainsi que de la bonne santé du marché immobilier résidentiel. En outre, l’investissement privé continuera d’être porté par les IDE dans l’automobile et l’énergie, avec la construction d’une usine Jaguar Land Rover dans l’ouest du pays et l’extension d’usines PSA, Kia et VW. Les exportations seront soutenues par la bonne orientation de la demande dans les principaux partenaires commerciaux et par l’intégration croissante du pays dans la chaine de valeur européenne. Ainsi, la contribution des échanges à la croissance restera positive et augmentera dans le sillage de la hausse des capacités de production.

 

Des comptes publics et extérieurs satisfaisants

Le déficit public, déjà modéré, devrait poursuivre sa lente baisse. L’effort sera modeste et reposera surtout sur l’augmentation des recettes. En premier lieu, celles-ci profiteront de la croissance. Elles devraient aussi bénéficier de la lutte contre l’évasion fiscale avec l’introduction d’une taxe sur les délocalisations d’entreprises, ainsi que sur les slovaques domiciliés à l’étranger. En contrepartie, les déductions concernant l’impôt sur le revenu et sur les sociétés (notamment pour les dépenses de R&D) seront augmentées. En outre, les dépenses devraient progresser modérément, malgré la reprise de l’investissement public et une nouvelle hausse significative des salaires des fonctionnaires. Dans ce contexte, le poids de la dette publique resterait significatif, mais en dessous du seuil ciblé par le Pacte de stabilité et de croissance (60 % du PIB). La dette est libellée en euros et n’est donc pas vulnérable au risque de change. La solidité du secteur bancaire dominé par des groupes autrichiens et italiens et dont les ressources sont constituées par des dépôts locaux participe au maintien d’un coût d’emprunt peu élevé.

Le solde du compte courant devrait rester en léger excédent. Malgré la progression des importations entraînée par la vivacité de la demande intérieure, la balance commerciale resterait excédentaire, grâce au dynamisme des ventes de véhicules et pièces automobiles, de matériel électronique, informatique et électrique, et du transport routier. Néanmoins, le manque de diversification des produits exportés et des destinations d’exportation, exposera le solde commercial à un retournement du secteur automobile et de la demande en zone euro (60 % des exportations). Les rapatriements d’intérêts et de dividendes, contrepartie de la forte présence des investisseurs étrangers, notamment dans l’automobile, ne devraient être que partiellement compensés par les remises des émigrés slovaques. La dette extérieure est élevée. Elle représentait, en 2017, 90 % du PIB, dont un tiers pour l’État et un autre tiers lié aux IDE. Ces investissements, par nature de long terme, limitent le risque d’une sortie massive de capitaux.

 

Un gouvernement de coalition hétéroclite face à une opposition divisée

Robert Fico est à la tête du gouvernement depuis 2012. Cependant, suite aux élections de mars 2016, lui et son parti de centre-gauche, SMER-SD (membre du parti socialiste européen), ont perdu leur majorité absolue au parlement et ont dû s’allier au Parti National (conservateur) et au Parti du Pont « Most » (centre-droit). Cette coalition dispose d’une majorité étroite (79 sièges sur 150). En outre, au cours de l’été 2017, le Parti National a menacé de quitter le gouvernement, provoquant une renégociation du pacte de coalition. Ce nouvel accord, resté secret, pourrait ralentir la politique de centre-gauche du gouvernement, notamment la lente consolidation budgétaire fondée sur la hausse des prélèvements sur les hauts revenus et les secteurs réglementés. De plus, les nombreuses divergences (accueil des réfugiés, position vis-à-vis de l’Europe, etc.) menacent la stabilité de la coalition et obligeront le SMER à trouver des compromis. Néanmoins, même si le soutien populaire dont jouit le SMER s’est réduit (25 % des suffrages en 2017 contre 44 % en 2012), les autres partis (sept partis siègent au parlement en plus du SMER) ne semblent pas en mesure de fournir une alternative, du moins à court terme. La corruption ainsi que les fortes inégalités entre régions sont les défis majeurs, car elles figurent parmi les plus marquées dans la zone euro. Cependant, le climat des affaires demeure satisfaisant. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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