Etudes économiques
Soudan

Soudan

Population 40,8 millions
PIB par habitant 1123 $US
E
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 3,0 1,4 -2,3 -2,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 17,8 32,4 61,8 49,2
Solde public / PIB (%) * -1,6 -1,5 -3,5 -3,3
Solde courant / PIB (%) -7,6 -10,5 -14,2 -13,1
Dette publique / PIB (%) 99,5 121,6 167,5 165,1

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Dons inclus.

POINTS FORTS

  • Position stratégique entre le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Ouest
  • Relative stabilisation des relations diplomatiques avec le Soudan du Sud
  • Effort d’ajustement budgétaire entrepris dans le cadre d’un suivi assuré par le FMI
  • Allègement des sanctions imposées par les États-Unis en 1997

POINTS FAIBLES

  • Dette extérieure non viable
  • Manque d’investissements dans les infra­-
    structures
  • Lacunes importantes en termes d’environnement des affaires et de gouvernance
  • Persistance de l’insécurité personnelle et alimentaire
  • Niveau élevé du chômage (notamment des jeunes) et de la pauvreté
  • Revendications d’appartenance au Soudan du Sud dans les régions pétrolifères du Sud et tensions dans la région pétrolifère du Darfour

Appréciation du risque

La récession se poursuit

En 2018, l’économie est entrée en récession, et ce, malgré la levée de la quasi-totalité des sanctions américaines en 2017. D’importants déséquilibres, liés à la perte des trois quarts des exportations pétrolières, suite à l’indépendance du Soudan du Sud en 2011 continuent de peser sur l’économie. En 2019, la croissance devrait de nouveau être négative. Le manque d’intégration au commerce international et la faiblesse de l’environnement des affaires limiteront l’investissement privé, alors que de nouvelles mesures d’austérité devraient peser sur l’investissement public. L’inflation, qui a fortement augmenté en 2018, du fait du retrait de subventions et des dévaluations de la livre soudanaise, devrait se maintenir à un niveau élevé. Elle continuera de peser sur la consommation privée, qui représente près de 80 % du PIB. Cette inflation et ces dévaluations, associées à la faible confiance envers le système bancaire ont conduit à une crise de liquidité. Cette dernière pourrait encore entraver le commerce, dans un pays où la majorité des transactions se font en argent liquide. Toutefois, le secteur pétrolier devrait bénéficier de l’amélioration des relations avec le Sud-Soudan. En effet, un accord permettrait, en 2019, de relancer la production de champs pétroliers dans la zone du Heglig, revendiquée par son voisin du sud. De plus, s’il aboutit, l’appel d’offres pour l’exploration de gisements, que les autorités devraient lancer en 2019, pourrait soutenir la production à l’avenir. L’économie du Soudan, premier producteur mondial de gomme arabique, continuera de dépendre du secteur agricole (30 % du PIB). Par ailleurs, la production d’or devrait porter le secteur minier.

 

Laborieuse réduction des déficits public et extérieur

En octobre 2018, le gouvernement a annoncé un plan de réformes économiques. Ce dernier a pris effet pour 15 mois et inclut un certain nombre de mesures d’austérité budgétaire, telles que la suppression d’exonérations de taxes douanières et réduction des dépenses courantes. Côté recettes, la reprise de la production pétrolière au Soudan du Sud devrait soutenir leur croissance, le pays voisin utilisant, contre redevances, les équipements pétroliers du Soudan afin d’exporter sa production. Néanmoins, le déficit public ne devrait pas considérablement se réduire en 2019. Les dépenses courantes ne représentant pas une part conséquente des dépenses totales et l’informalité de l’économie étant importante, l’efficacité du plan devrait être limitée. De plus, la récession viendra de nouveau peser sur les recettes. Le déficit public restera donc à un niveau qui nécessite le recours aux financements de la banque centrale, une méthode qui favorise l’inflation. Le pays, qui n’a pas accès aux marchés internationaux, devrait également avoir recours à des prêts concessionnels. Le poids de la dette publique demeurera lourd, et pourrait être accru par de nouvelles dévaluations, une grande partie étant libellée en dollars. Par ailleurs, la Chine a annoncé qu’elle annulerait une partie de la dette publique. La dette extérieure est essentiellement constituée d’arrieres.

S’agissant des comptes extérieurs, le massif déficit courant devrait légèrement se résorber. Malgré la dépréciation de la livre soudanaise, les importations demeureront conséquentes, car ces dernières sont constituées de biens de première nécessité. Les exportations non pétrolières (or, gomme arabique, bétail, sésame) devraient néanmoins croître. L’excédent de la balance des services profitera de l’utilisation croissante des équipements pétroliers par le Soudan du Sud. Néanmoins, la forte dette publique, essentiellement extérieure, induit des paiements importants d’intérêts, qui pèseront sur le solde des revenus. En dépit de la volonté des acteurs du secteur pétrolier d’attirer des IDE, ils ne seront pas suffisants pour financer le déficit courant. Le niveau des réserves de change étant déjà faible, l’aide financière internationale sera donc nécessaire et les pressions sur la livre soudanaise devraient persister.

 

La crise pèse sur le climat social

Le président Omar Al-Béchir, du National Congress Party (NCP), engagé dans un programme de consolidation budgétaire, va devoir faire face aux contestations de la population. Ces dernières ont fait reculer le gouvernement, qui a augmenté les subventions sur la farine en novembre 2018. Néanmoins, un mois plus tard, des manifestations, provoquées par la décision du gouvernement d’augmenter le prix du pain, ont fait plusieurs morts, témoignant de tensions sociales croissantes. Elles sont, plus globalement, consécutives au manque de changement politique significatif, aux mesures d’austérité, et à la hausse de l’inflation. Toutefois, le président reste en bonne position pour les élections de 2020 face à une opposition fragmentée et manquant d’organisation pour présenter une alternative crédible. Un amendement de la constitution, qui lui permettrait de rester à la tête du pays lors d’un 3e mandat, devrait être approuvé, le NCP étant majoritaire au Parlement. De plus, les revendications d’appartenance au Soudan du Sud généreront encore des conflits armés dans les régions soudanaises du Sud-Kordofan et du Nil bleu. Il en sera de même dans la région du Darfour, où la question de la marginalisation économique et sociale des minorités ethniques persiste.

En 2017, les États-Unis ont levé la quasi-totalité des sanctions, mais ont maintenu le pays sur leur liste noire du terrorisme. En 2018, la première puissance mondiale a salué les engagements en matière de coopération contre le terrorisme, de respect des droits de l’homme, mais a également indiqué attendre des efforts en matière de démocratie, afin de retirer le Soudan de cette liste. Le maintien sur cette liste handicape le pays, freinant les investisseurs internationaux et acteurs financiers à garantir les transactions commerciales.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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