Etudes économiques
Sri Lanka

Sri Lanka

Population 21,7 millions
PIB par habitant 4 099 $US
C
Evaluation des risques pays
B
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

 

 

  2017 2018 2019 (e) 2020 (p)
Croissance PIB (%) 3,4 3,2 2,7 3,5
Inflation (moyenne annuelle, %) 6,6 4,3 4,1 4,5
Solde public / PIB (%) -5,5 -5,3 -5,7 -5,4
Solde courant / PIB (%) -2,6 -3,2 -2,6 -2,8
Dette publique / PIB (%) 77,4 83,3 83,0 82,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

  • Production agricole diversifiée (thé, riz, noix de coco, caoutchouc)
  • Localisation stratégique au centre des routes commerciales entre l’Asie et le Moyen-Orient
  • Intérêts indien, chinois et japonais
  • Tourisme en forte croissance
  • Réussites dans l’éducation, la santé et la réduction de la pauvreté

POINTS FAIBLES

  • Vulnérabilité de la production agricole aux désastres climatiques, dépendance au tourisme
  • Faibles dépenses publiques en capital du fait du lourd service de la dette
  • Dépendance aux financements extérieurs de court terme
  • Manque d’infrastructures
  • Facteurs de tensions inter-ethniques entre Cinghalais et Tamouls

Appréciation du risque

La reprise du tourisme rétablira la croissance en 2020

La croissance du Sri Lanka a en 2019 subi le lourd contrecoup des attentats d’avril, qui ont fait plus de 250 victimes dans la capitale. Les arrivées de touristes ont décliné de 41,6 % au second trimestre 2019, et ont grippé tout le secteur des services (23 % du PIB). Les consommations privée et publique ont toutes deux reculé, ainsi que l’investissement en capital fixe. Ce choc est transitoire, et s’estompera au bout d’un an, ce qui permet d’affirmer un renforcement de la croissance en 2020. La production industrielle a aussi été affectée, mais s’est redressée plus rapidement, grâce notamment à l’activité dans la construction. La production agricole a, elle, bénéficié de conditions climatiques favorables, et les exportations ont contribué positivement à la croissance, profitant de la dépréciation de l’an dernier.

 

La création de crédit a connu un ralentissement au premier semestre 2019, en raison du ralentissement de l’économie et des anticipations affaiblies des investisseurs. Cette modération a compensé l’élévation des prix alimentaires, et l’inflation est restée aux niveaux anticipés pour 2019. La reprise escomptée de l’activité, les réductions du taux directeur et le plafonnement des taux des banques privées stimuleront le crédit en 2020, sans accélérer l’inflation : les prix alimentaires devraient en effet se stabiliser, et les prix énergétiques connaîtront des tendances baissières.

 

Dette publique élevée

Au premier semestre 2019, les finances publiques sri-lankaises ont connu une nouvelle dégradation : le choc sur le tourisme et la baisse des importations ont réduit les revenus de l’état et aggravé les déficits, conduisant au non-respect du critère de solde primaire visé. Le FMI a néanmoins renouvelé sa confiance en l’État, fermé les yeux sur le non-respect du critère, et rallongé d’un an son soutien au pays. Une nouvelle tranche de crédit de 164 millions USD a été accordée en juin 2019, ce qui porte à 1,31 milliard USD le total des déboursements du programme (1,4 % du PIB). Le pays continue son programme de réformes qui inclut le recours à des taxes indirectes, la création prochaine d’une agence de gestion de la dette publique et la mise en place d’une règle budgétaire. Étant donné la forte croissance attendue, le déficit devrait donc se réduire en 2020. La dette publique est élevée, et pèse lourd sur le budget de l’État : le paiement d’intérêts a valu 44 % des revenus de 2019. Les besoins de financement sont élevés, la dette est coûteuse et la dépendance à l’extérieur est forte. Elle est pour moitié en devises, et donc exposée au risque de dépréciation. Sur la période 2020/2023, le service de la dette représentera 19,3 milliards USD, alors que les réserves de change s’élevaient en novembre 2019 à 7,8 milliards USD, soit quatre mois et demi d’importations, un niveau insuffisant à ce jour.

 

Le déficit courant s’est réduit, grâce à une amélioration du solde commercial : les exportations ont crû de 4,7 % grâce aux ventes de vêtements, tandis que les mesures de restriction des importations ont permis de réduire ces dernières de 16,1 %. Ces améliorations ont compensé la réduction des revenus touristiques et des remises des migrants. En 2020, le déficit se creusera de nouveau : la reprise des revenus touristiques ne suffira pas à compenser une hausse des importations dues à la croissance et à l’allègement des restrictions aux importations.

 

Retour au pouvoir du clan Rajapaksa

Les élections présidentielles ont donné Gotabaya Rajapaksa – ancien militaire populaire pour avoir mis fin à la guerre civile en 2009 – vainqueur, avec 52,25 % des voix. Sa victoire, sur un programme nationaliste et sécuritaire, est symptomatique des tensions ethniques toujours vivaces au Sri Lanka : le président a eu le soutien de la majorité ethnique cingalaise, mais n’a reçu que peu de voix tamoules. La nomination du frère et ancien président Mahinda Rajapaksa, qui avait mené entre 2005 et 2015 une ligne nationaliste, centralisatrice et autoritaire, fait craindre un recul sur les réussites du gouvernement précédent en termes de corruption, de séparation des pouvoirs et de libertés de la presse. La lutte anti-terroriste est centrale pour le président, et des améliorations sécuritaires sont attendues. Sur la politique économique, le président a réalisé de larges baisses d’impôts (division par deux de la TVA et de l’impôt sur les sociétés de construction notamment), et promis une augmentation des subventions aux agriculteurs. Le risque de creusement du déficit en 2020 subsiste, à la discrétion des politiques : d’autres mesures populistes pourraient être prises en vue des élections parlementaires d’avril 2020, requises pour reprendre la majorité des mains de l’opposition. Le Sri Lanka a progressé au classement Doing Business 2020 de la Banque Mondiale, et occupe la 99ème place.

 

Les relations avec la Chine ont connu un grand renforcement sous les deux mandats de Mahinda Rajapaksa, et pourraient s’approfondir de nouveau dans les années à venir. Le conflit d’influence sino-indien reste important, mais les projets indiens ont stagné, alors que la Chine a aidé la famille Rajapaksa à échapper aux enquêtes internationales sur les crimes de guerre commis en 2009, et détient environ un quart de la dette publique. La Chine est très impliquée dans le développement du Sri Lanka, et finance par exemple le Colombo Financial District, à hauteur d’1,4 milliard USD ; plus gros investissement étranger dans le pays. La question de la dépendance à ces financements se pose : alors qu’il était devenu impossible de rembourser la dette contractée pour financer le port d’Hambantota, les autorités ont été contraintes de céder ce dernier pour 99 ans à la Chine.

 

 

Dernière mise à jour : Février 2020

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