Etudes économiques
Tanzanie

Tanzanie

Population 50 millions
PIB par habitant 1034 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) 7,0 7,1 6,6 6,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 5,2 5,3 3,6 4,7
Solde public / PIB (%) * -3,5 -1,5 -2,2 -3,4
Solde courant / PIB (%) -4,4 -2,9 -3,5 -4,5
Dette publique / PIB (%) 39,5 41,1 41,6 42,7

(e) : Estimation. (p) : Prévision. * Année fiscale du 1er juillet - 30 juin. Données 2019 : AF18-19.

POINTS FORTS

  • Richesse minière (or, cuivre)
  • Potentiel gazier grâce aux réserves offshore découvertes en 2010
  • Potentiel touristique (parcs nationaux, littoraux)
  • Stratégie de coopération régionale
  • Soutien international sous la forme de prêts concessionnels
  • Développement des instruments de politique monétaire

POINTS FAIBLES

  • Forte dépendance au cours de l’or
  • Vulnérabilité de l’agriculture (29 % du PIB et 65 % de l’emploi) aux conditions climatiques
  • Insuffisance des infrastructures, en particulier dans les domaines de l’électricité et des transports
  • Politique industrielle inconsistante et environnement des affaires déficient
  • Tensions religieuses entre Zanzibar et le continent

Appréciation du risque

L’investissement public porte la croissance

En 2019, la croissance devrait rester robuste, tirée par l’investissement public en infrastructure dans le cadre du Plan quinquennal national de développement. Les projets de développement de centrales hydroélectriques, d’extension des ports de Dar es Salaam et de Mtwara, ainsi que la construction d’un réseau ferroviaire devraient, entre autres, être mis en œuvre. La première phase des travaux du réseau ferroviaire, une ligne reliant Dar es Salaam à Morogoro, pourrait même être achevée avant la fin de l’année 2019. Outre l’activité dans le secteur de la construction, cet investissement public devrait également permettre de soutenir ceux de l’énergie et des transports. En revanche, l’interdiction d’exporter certains minerais à l’état brut, les modifications importantes apportées à la législation minière, un environnement des affaires moins favorable que ses pairs d’Afrique de l’Est et les retards persistants dans le remboursement de la TVA devraient peser sur la croissance de l’investissement privé, particulièrement dans le secteur minier. L’activité de la filière aurifère et, en conséquence, les exportations (l’or est le principal produit d’exportation) continueront de souffrir du litige opposant les autorités et l’entreprise Acacia Mining, qui détient et opère trois mines majeures du pays (Bulyanhulu, Buzwagi et Mara-Nord). Les exportations devraient néanmoins bénéficier d’une progression des recettes touristiques, grâce notamment à l’expansion de la compagnie aérienne nationale (Air Tanzania). Si épargnée par les aléas climatiques, la production agricole, et particulièrement les cultures d’exportations, devrait continuer à progresser. Enfin, la consommation privée devrait bénéficier de l’inflation relativement basse et de la remontée progressive de la croissance du crédit.

 

La dépense publique creuse les déficits jumeaux

Le déficit budgétaire devrait continuer à se creuser avec l’augmentation des dépenses d’investissement en capital dans les infrastructures. Dans le budget 2018/19, une augmentation de près de 30 % de ces dépenses est ainsi prévue, tandis que la hausse des dépenses courantes, qui représentent plus de 60 % de la dépense totale, devrait être plus mesurée. Du côté des recettes, le gouvernement continue d’ériger en priorité l’élargissement de l’assiette fiscale (les recettes domestiques représentent seulement 15 % du PIB), mais les progrès restent, pour l’instant, lents. Les autorités envisagent notamment l’intensification de l’utilisation des systèmes de collecte électroniques pour progresser dans ce domaine. Compte tenu des besoins de financement plus importants générés par les projets d’infrastructure, le niveau de la dette, et notamment sa partie commerciale (environ 20 % du total), devrait continuer à augmenter. Le niveau de la dette reste néanmoins limité et le risque de surendettement contenu.

Le déficit du solde courant devrait suivre la même trajectoire que celle du déficit budgétaire, avec une balance commerciale qui continuera de peser. Alors que la faiblesse des exportations minières devrait persister, la balance commerciale devrait se détériorer, principalement en lien avec l’augmentation des importations de biens d’équipement nécessaires à la réalisation des projets d’infrastructure. L’augmentation des services liés à la réalisation de ces projets devrait limiter la hausse de l’excédent du solde des services, malgré la tendance haussière des recettes touristiques. Si les transferts issus de la coopération internationale courante ont décliné au cours des dernières années, l’excédent du solde des transferts sera entretenu par les envois de fonds des travailleurs expatriés. Le déficit de la balance des revenus restera grevé par les rapatriements de profits des entreprises. Si les IDE participent au financement du déficit courant, les prêts bilatéraux et multilatéraux resteront nécessaires.

 

Le « Bulldozer » tient fermement le pouvoir en main

Depuis l’élection en 2015 du président John Magufuli, issu du parti Chama cha Mapinduzi (CCM), au pouvoir depuis 1977, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le virage autoritaire du gouvernement. Un nombre grandissant de journalistes et de membres de l’opposition a notamment été arrêté depuis son arrivée au pouvoir. En 2018, des lois introduisant une licence (au prix élevé) pour les blogueurs ou interdisant la publication de statistiques sans l’accord de l’institut statistique ont renforcé la perception d’un verrouillage de plus en plus important de l’espace d’expression. Surnommé Tingatinga (le « Bulldozer » en swahili) depuis son passage au ministère des Travaux publics entre 2010 et 2015, le président semble néanmoins assister à l’effritement de sa popularité. D’après un sondage publié en juillet 2018, l’approbation de son action est tombée de 96 % à 55 % en l’espace de deux ans. Le style et les décisions de John Magufuli alimentent également les divisions au sein du CCM. Néanmoins, en installant des alliés à des postes clefs au gouvernement et au sein du parti, le Président tente de se prémunir contre l'émergence d'une menace au sein de son propre parti. Son style de gouvernance et les politiques peu favorables aux investisseurs suscitent une défiance grandissante des bailleurs de fonds et dégradent la perception d’un environnement des affaires qui reste contraignant (144e sur 190 pays dans le classement Doing Business).

Bien que rejeté par la Cour est-africaine de justice, le recours en justice de militants séparatistes de l’île de Zanzibar, déposé en février 2018, pour contester la légalité de l’union avec le pays montre que les velléités sécessionnistes, ou du moins les appels à plus d’autonomie pour l’île, restent un sujet de tensions.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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