Etudes économiques
Tchad

Tchad

Population 12,2 millions
PIB par habitant 810 $US
D
Evaluation des risques pays
E
Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2016 2017 2018 (e) 2019 (p)
Croissance PIB (%) -6,4 -3,1 3,5 3,6
Inflation (moyenne annuelle, %) -1,1 -0,9 2,1 2,6
Solde public / PIB (%) -2,0 -0,2 1,3 0,6
Solde courant / PIB (%) -9,2 -5,6 -4,2 -5,5
Dette publique / PIB (%) 52,4 52,5 49,2 45,4

 

(e) : Estimation. (p) : Prévision.

POINTS FORTS

 

  • Exploitation de nouveaux gisements pétroliers
  • Potentiel de développement du secteur agricole (50 % du PIB)

POINTS FAIBLES

  • Taux de pauvreté très élevé (40 % de la population en 2019 selon le World Bank)
  • Dépendance excessive à l’égard du pétrole (environ 20 % du PIB et 60 % des exports)
  • Climat des affaires défavorable à l’éclosion du secteur privé et corruption élevée
  • Enclavement géographique
  • Dégradation des conditions de sécurité, tant au niveau national que des pays voisins (rôle de Boko Haram)
  • Assèchement inquiétant du lac Tchad, avec des effets négatifs sur le coton, la pêche et l’environnement

Appréciation du risque

Croissance et efforts structurels

Le pays a connu une succession d’évènements positifs en 2018, dont les retombées devraient continuer à se faire sentir en 2019 avec une consolidation du rebond de l’économie. Le cours élevé du prix du pétrole, dont le pays est exportateur, continuera de participer à la croissance en 2019. Souhaitant profiter de cette conjoncture positive, ainsi que du dégagement d’une marge budgétaire plus importante (grâce au rééchelonnement, en 2018, de la dette due à l’entreprise minière Glencore), pour exploiter au maximum son potentiel, le pays a décidé le financement de sept nouveaux projets pétroliers en plus de ceux déjà en cours, dont celui de la raffinerie de Rig-Rig qui devrait entrer en production courant 2019. Pour assainir ses finances publiques, comme demandé par le FMI, le gouvernement a acté la vente de CotonTchad, entreprise cotonnière publique en grande difficulté financière, à Olam International, société nippo-singapourienne. Le dessein de cette cession est aussi de relancer un secteur à la dérive, dont la production a atteint son plus bas depuis 75 ans en 2017 (à 25 000 tonnes de cotons-graines), avec un objectif de 300 000 tonnes en 2023. Le secteur cotonnier et, de manière plus générale, l’agriculture, mise à mal par l’assèchement rapide du lac Tchad, sont au cœur du Plan quinquennal de développement (2017-2021). La hausse de la production et des rendements agricoles devrait participer à la relance de l’économie par les canaux de la consommation privée (75 % de la population active travaille dans l’agriculture et 85 % de la population totale en dépend) et de l’exportation, qui devrait connaître une deuxième année d’expansion, grâce, notamment, au léger mieux de l’économie nigériane, dynamisant la demande extérieure.

Le rééchelonnement de la dette et l’aide financière du FMI permettent d’alléger la pression budgétaire

Pour la deuxième année consécutive, le solde public sera excédentaire en 2019 permettant, encore, d’alléger la dette. Les recettes pétrolières devraient augmenter, profitant de la conjoncture mondiale et de la hausse de la production. Ces revenus, qui étaient, jusqu’à présent, utilisés à 90 % pour payer le service de la dette (1,36 milliard USD) due à Glencore, pourront être utilisés pour financer l’investissement, notamment grâce au rééchelonnement de la dette obtenu début 2018. Le FMI, rassuré par l’assouplissement de la pression budgétaire, a décidé, peu après, de débloquer le décaissement de la suite de la FEC négociée avec le pays en 2017. En contrepartie, il a été demandé au gouvernement de poursuivre les réformes d’assainissement budgétaire, avec, notamment, une meilleure gestion de la masse salariale, ce qui a eu pour conséquence la cession de CotonTchad.

Le compte courant devrait se dégrader légèrement. Bien que la balance commerciale soit structurellement légèrement positive (grâce à l’exportation de pétrole, de bétail et de coton), elle est largement contrebalancée par le déficit de la balance des services (notamment pétroliers), dont le poids est nettement plus important (il tend vers les 20 % du PIB). La détérioration du solde courant devrait être atténuée par le maintien à un niveau élevé des transferts (10 % du PIB en 2017), principalement effectués par les expatriés, et par l’effet positif sur la balance des revenus du rééchelonnement de la dette avec Glencore. Le financement de ce léger déficit devrait être assuré par la bonne tenue des IDE nets (4 % du PIB). Les réserves de devises, bien qu’elles continueront à augmenter, resteront à un niveau faible (environ 2,5 mois d’importations), potentiellement risqué.

La lutte contre l’insécurité, principale priorité

Les élections législatives, qui devaient se tenir en novembre 2018, après avoir été annulées en 2017 faute de moyens financiers, ont, de nouveau, été reportées à mai 2019.

La situation sociale et sécuritaire reste extrêmement fragile. Le groupe terroriste Boko Haram, qui s’est reconstitué après sa défaite militaire, reste très actif dans l’ouest du pays, avec notamment l’assassinat de 17 paysans en juin et de six en septembre 2018. Ces exactions provoquent des mouvements de population internes qui viennent s’ajouter aux arrivées de migrants venant des pays environnants (Soudan, République centrafricaine) en conflit. Le pays a donc décidé de jouer un rôle important dans la lutte contre le terrorisme en prenant part à la force G5 Sahel et en faisant de l’insécurité un thème central de sa présidence de la CEMAC de 2017 à 2022. La hausse des dépenses de sécurité ajoutée aux demandes d’efforts budgétaires du FMI ont engendré des retards de paiement dans les salaires des fonctionnaires, ce qui a eu pour conséquence des mouvements de grève et de contestation en 2018. La situation pourrait donc continuer à se tendre en 2019 en cas de retour de la pression budgétaire.

Ces incertitudes sur la situation sociale et sécuritaire pèsent considérablement sur l’environnement des affaires, le pays se classant 181e sur 190 au Doing Business 2019.

 

Dernière mise à jour : Février 2019

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