Etudes économiques
Togo

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Population 7,5 millions
PIB par habitant 590 $US
C
Evaluation des risques pays
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Environnement des affaires
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Synthèse

principaux Indicateurs économiques

  2015 2016 2017(p) 2018(p)
Croissance PIB (%) 5,4 5,0 5,2 5,3
Inflation (moyenne annuelle, %) 1,8 0,9 -0,6 1,6
Solde public / PIB (%) -8,9 -9,6 -5,1 -2,6
Solde courant / PIB (%) -11,3 -9,8 -9,1 -8,4
Dette publique / PIB (%) 75,6 79,1 78,0 74,1

(p) : prévision

POINTS FORTS

  • Ressources minières (phosphate, clinker) et agricoles (café, cacao, coton)
  • Doté du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest, potentiel pour devenir un hub régional
  • Investissements public et privé dans les infrastructures
  • Réformes structurelles en cours (finances publiques, système bancaire, secteurs des phosphates et du coton)

POINTS FAIBLES

  • Fortes tensions sociopolitiques
  • Environnement des affaires déficient
  • Forts taux de pauvreté et de chômage
  • Sous-investissement en matière d’éducation et de santé publique

Appréciation du risque

 

Consolidation de la croissance

 

Comme en 2017, la croissance 2018 devrait continuer à récolter les bénéfices de l’investissement public massif sur la période 2012-2016. Les réformes négociées avec le FMI dans le cadre d’un programme FEC permettrait notamment de consolider la croissance. L’activité demeurera soutenue par le secteur de l’agriculture qui représente environ 30 % du PIB. Le dynamisme de ce secteur est imputable à l’exécution relativement réussie du Programme National d’Investissement Agricole et de Sécurité Alimentaire (PNIASA). Lancé en 2011, le PNIASA a, notamment, permis aux agriculteurs de s’équiper pour améliorer les rendements. Les ambitions du secteur agricole devrait continuer à être porteuse en 2018 grâce à la création de l’agropole pilote de Kara. Dans le secteur secondaire, le début programmé de l’exploitation, par les sociétés Elenilto et Wengfu, d’un gisement de phosphate susceptible de produire, à terme, 5 millions de tonnes par an servira le redressement de la filière. L’ouverture de la cimenterie d’Awandjelo en juillet 2017 permettra de porter la production annuelle de ciment au-delà des deux millions de tonnes dès 2018. Le transport de marchandises continuera à contribuer positivement à la croissance malgré la baisse attendue de l’investissement public pour enrayer la dynamique de la dette. Ce secteur bénéficiera, en effet, des gains d’efficacité consécutifs à l’investissement dans l’amélioration du réseau routier et de l’expansion des port et aéroport de Lomé. Les meilleures infrastructures combinées à la présence du seul port en eau profonde d’Afrique de l’Ouest à Lomé feront du Togo une destination privilégiée de l’investissement privée en 2018 dans la sous-région. Le port de Lomé devra néanmoins faire face à la concurrence émergente du port en eau profonde de Kribi (Cameroun). Le soutien de l’Afreximbank devrait également permettre de financer des projets d’infrastructures permettant de continuer à soutenir, les secteur des transports et de la construction. L’investissement privé pourrait, toutefois, souffrir d’une détérioration du climat politique.

En 2018, l’inflation devrait augmenter mais restera modéré, conformément à la tendance des autres pays de l’UEMOA.

 

Efforts de réduction des déficits jumeaux soutenus par la communauté internationale

En 2018, le gouvernement devrait poursuivre l’ajustement budgétaire entamé en 2017 pour enrayer la spirale d’endettement. Les réformes de l’administration fiscale, parmi lesquelles la création de l’Office Togolais des Recettes en 2015, devraient notamment permettre d’augmenter les revenus. Surtout, les dépenses en capital qui ont soutenu la croissance au cours du cycle 2012-2016 devraient continuer à baisser pour revenir à un niveau plus soutenable. Les réformes entreprises et les soutiens apportés par le FMI, au titre de la FEC pour un montant de 241,5 millions de dollars, et par l’UE, avec le versement d’un appui budgétaire de 10 millions d’euros, pourraient catalyser les dons en provenance des bailleurs de fonds internationaux. En 2018, la dette publique devra confirmer la trajectoire descendante entamée en 2017 pour espérer repasser rapidement sous le seuil de la norme communautaire de l’UEMOA, fixée à 70 %.

Le déficit courant devrait se réduire grâce à la régression du déficit commercial. Une hausse des exportations de ciment, de clinker et de phosphate est notamment attendue. Le contexte sous-régional, globalement plus favorable et les investissements récents dans les infrastructures de transport soutiendraient la réexportation. La baisse des dépenses d’investissement devraient faire baisser la facture des importations, compensant ainsi des prix du pétrole attendues en légère hausse. La balance des transferts, principalement ceux des travailleurs expatriés, devrait encore apporter une contribution positive au solde courant.

 

La rue accentue la pression sur F. Gnassingbé

Président depuis 2005 et le décès de son père Eyadéma Gnassingbé (président de 1967 à 2005), Faure Gnassingbé, réélu pour un troisième mandat en 2015, reste en possession de tous les leviers du pouvoir et peut appuyer sa légitimité sur les solides performances économiques et l’amélioration des relations avec les bailleurs de fonds internationaux. Bénéficiant du soutien de l’armée et de la police, Faure Gnassingbé a pu réprimer les appels à la démocratisation qui se multiplie, dans un contexte de tensions sociales élevées et avivées par la prévalence du chômage et de la pauvreté. À l’été 2017, la mobilisation contre le régime de F. Gnassingbé, parfois violemment réprimée, s’est intensifiée. Une réforme constitutionnelle, prévoyant la limitation du nombre de mandats présidentiels et l’instauration d’un scrutin présidentiel à deux tours, n’a pas calmé l’ardeur des manifestants car ce texte, non-rétroactif, permettrait à F. Gnassingbé de briguer deux mandats supplémentaires.

Sur le plan des relations extérieures, le Togo bénéficie de son statut de membre de l’UEMOA et de la CEDEAO afin de s’établir comme un hub régional. Toutefois, malgré les réformes entreprises et des progrès notables réalisés, l’environnement des affaires restent insuffisant, notamment par rapport à ses voisins et concurrents de l’UEMOA.

Engagé dans les différentes missions de la paix de l’ONU et de l’UA, le Togo tient également à jouer un rôle pour améliorer la sécurité sur le continent. 

 

Dernière mise à jour : Janvier 2018

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