Etudes économiques
Transports

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Amérique Latine
Amérique du Nord
Europe centrale et de l'est
Europe de l'Ouest
Asie émergente
Moyen-Orient & Turquie
Changer de secteur

Forces

  • Secteur qui profite de la baisse du prix du pétrole
  • Utilisation croissante des transports aériens en Asie, grâce à l’émergence des classes moyennes.

Faiblesses

  • Secteur routier : secteur hypertrophié
  • Secteur du fret maritime : surcapacités des acteurs
  • Secteur aérien : menacé en Europe par la concurrence des pays du golf

Evaluation des risques

Les faits marquants
Prix du transport maritime

Prix du transport maritime
(Indices BDI et SCFI)

A l’image du redressement judiciaire du 10ème acteur mondial, Hanjin Shipping, en août 2016, le secteur du fret maritime a considérablement souffert en 2016. Cette faillite historique est six fois plus importante (547,606 EVP-équivalent vingt pieds) que la faillite de la compagnie Us Lines en novembre 1986 (première compagnie à faire faillite). Ces difficultés sont d’abord liées à la faiblesse du commerce mondial, dont la croissance a été inférieure à 2% en 2016 (contre 3,5% en moyenne entre 2012 et 2014). Ce niveau historiquement bas est inférieur à celui de la croissance mondiale (2,5% selon Coface). De plus, d’importantes surcapacités au sein du secteur pressurisent les prix. En 2016, la capacité mondiale a augmenté de 1,3 milliard d'EVP en raison notamment des des investissements des cinq plus grandes compagnies maritimes (Maersk Line, MSC, CMA CGM, Cosco et Evergreen), qui représentent 55% de l'offre mondiale (72% pour les dix premiers). Ces surcapacités exposent les acteurs du secteur à une guerre tarifaire, qui menace les plus fragiles. Enfin, avec des prix bas du pétrole en 2016, la pression s’intensifie sur les prix du frêt maritime, comme le confirme la baisse de l’indice SFCI[1] de 20% entre 2014 et 2016.

En 2016, le trafic aérien est demeuré soutenu. Selon l’association du transport aérien (IATA), les compagnies aériennes ont dégagé une marge bénéficiaire nette moyenne de 5,1% (contre 4,6% en 2015). La forte demande du secteur passager (+6,7% en 2015 et +6,9% estimé en 2016) devrait compenser la croissance décevante du fret aérien (+1,9% en 2015 contre +3% estimé en 2016).

[1]Taux à l'export (Shanghaï) du marché de transport de conteneurs.

Demande

La croissance de l’activité mondiale ne sera pas assez soutenue en 2017 (2,7% selon Coface contre 2,5 en 2016) pour dynamiser la demande dans le secteur des transports maritime, ferroviaire, routier et aérien. Ce dernier devrait voir la croissance du nombre de passagers augmenter de 5,1% en 2017 selon IATA (contre 5,9% en 2016).

En Europe de l’Ouest, les entreprises du transport routier bénéficieront d’un rebond des volumes de trafics au premier semestre 2017. En France, ce rebond devrait être entraîné par le secteur de la construction attendu en croissance de +2,5% en 2016 selon Coface. Aux Etats-Unis, le niveau modéré de la croissance du PIB pénalisera le secteur. En Amérique latine, la croissance de l’activité sera mieux orientée. Cependant, les infrastructures de transport sont encore peu développées, augmentant considérablement le coût de fret et réduisant mécaniquement les capacités de la demande. Selon l'Indice de l'infrastructure du forum économique mondial, sur 144 pays, le Chili est le pays le mieux positionné de la zone (49ème), suivi du Mexique (65ème), du Brésil (76ème), de l'Argentine (84ème), de la Colombie (88ème) et du Pérou (89ème).

Concernant les compagnies aériennes, les perspectives de « Brexit » et les attaques terroristes ont affecté la demande de nuitées en Europe. Pour la première fois depuis 2009, le bénéfice annuel d’Easy Jet a chuté en 2016. Aux Etats-Unis, après avoir contribué à la croissance à hauteur de 1,7% en 2016, la consommation des ménages devrait nettement ralentir en 2017 (1,3% de contribution selon Coface) et peser sur le trafic aérien de passagers, qui devrait croitre de seulement +2,6% en 2017 selon la IATA.  L’Amérique du Sud devrait connaître une forte croissance de ses capacités dans le transport aérien de +7,5% en 2016 (+5,6% en 2015), en raison d’une demande plus soutenue et d’un renforcement des liaisons avec l’Amérique du Nord. Néanmoins, la région demeure affectée par les mauvaises conditions économiques et politiques, en particulier dans la plus grande économie régionale, le Brésil, même si sa croissance  devrait être mieux orientée en 2017 (+0,4% selon Coface). En Asie, l’émergence des classes moyennes est favorable au secteur aéronautique. Par exemple en Chine, la part des ménages gagnant plus de 35 000 dollars par an devrait tripler d’ici 2022 et tirer la croissance du secteur. En Inde le nombre d‘utilisateurs du transport aérien devrait quintupler en 20 ans (selon airbus). Le ralentissement du commerce mondial devrait fortement impacter le secteur du transport maritime, et plus particulièrement les petites sociétés, concentrées pour la plupart en Asie.

Offre

Les surcapacités au sein du secteur maritime, qui draine 80% du commerce mondial, continueront d’affecter défavorablement le secteur en 2017. Les compagnies aériennes profiteront des prix  toujours bas du baril de pétrole. Après avoir généré des bénéfices record en 2015 et 2016 (respectivement 35,3 et 35,6 milliards de dollars), ces derniers sont attendus en baisse de 16%, à 29,8 milliards en 2017.  Ces résultats demeurent néanmoins 2,5 fois supérieurs à la moyenne des bénéfices générés entre 2010 et 2014 selon IATA.

Si les compagnies aériennes européennes ont su profiter de la baisse du carburant en 2016, ces dernières continuent de pâtir d’une restructuration tardive du secteur (règlementation, infrastructures déficientes). Avec 10 ans de retard sur leurs homologues américaines (présence de barrières nationales dans les télécoms en Europe…), elles devraient généraliser l’internet à bord des avions courant 2017 (alors que 86% de la flotte américaine en été équipée en 2015). Les compagnies européennes, qui devraient à peine générer 20% des bénéfices mondiaux en 2017, devraient pâtir de la hausse des prix du pétrole. Avec des recettes par passagers nettement inférieures à leurs concurrents américains (7,84 $ contre 22,4 $ en 2016).

En Amérique du Nord, les compagnies aériennes auraient généré 60% des bénéfices mondiaux totaux en 2016, bénéficiant de la baisse des prix du pétrole, mais également des effets de la restructuration du secteur depuis une dizaine d’année. Avec les bénéfices enregistrés, elles pourraient continuer d’enrichir leur offre sur le prochain exercice. Les compagnies aériennes asiatiques devraient bénéficier des investissements d’infrastructures aéroportuaires, qui devraient être les plus élevés au monde entre 2016 et 2020. Ces derniers sont attendus à des niveaux moyens quatre fois plus élevés qu’en Europe.

En Europe de l’Ouest, et en France particulièrement, les entreprises du secteur du transport routier bénéficient  en 2016 de la faiblesse des charges de carburants. De fait, le nombre de procédures collectives continue de baisser (-1% sur un an en août 2016). En Europe de l’Est, le secteur du transport routier continue de pâtir de la diminution des volumes transportés depuis le début de l’année 2015. D’une part, ces volumes ont été affectés par la récession russe et l’embargo sur les denrées alimentaires provenant de l’Union européenne, face à la concurrence des entreprises des pays d’Europe centrale. D’autre part, les marchés d'Europe occidentale (Allemagne, France) ont mis en œuvre des mesures qui les protègent en 2015. En vertu d’une faible concurrence sur la zone, les prix devraient augmenter de 4% sur la zone en 2017.

 

Dernière mise à jour : décembre 2016

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